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Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685

Conséquences de la révocation de l’édit de Nantes en Normandie


jeudi 18 avril 2019, par Martine Hautot

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Parcourir en intégralité des registres paroissiaux peut sembler une tâche difficile et parfois fastidieuse mais elle réserve des découvertes qui dédommagent largement les efforts du chercheur et le plonge dans la petite et la grande histoire. C’est ainsi que j’ai découvert un acte d’abjuration dans le village du Thil en Normandie.

Nous sommes le 8 Décembre 1685. Deux mois plus tôt, le 18 Octobre 1685, l’édit de Nantes a été révoqué par le roi Louis XIV : Un seul roi, une seule loi, une seule foi, telle est la volonté exprimée par le monarque. La religion catholique a vocation à rassembler tous les français. Les protestants sont poussés à abjurer, c’est-à-dire à renoncer à leur foi, à moins qu’ils ne choisissent de gagner en cachette un pays qui les protège. Désormais tous les enfants doivent êtres baptisés dans la foi catholique. Pour donner plus de force à cette décision, le roi n’hésite pas à envoyer ses troupes, elles sont à Dieppe le 12 Novembre [1].

ADSM 3E00078 1684-1692 Thil-Manneville
Aujourd’hui huitième jour de décembre mil six cent quatre vingt cinq se sont présentés devant nous Louis Boullier prêtre curé du Thil madeleine chevalier femme de Jacques ouvry Jeanne ouvry leur fille âgée d’environ quinze ans comme aussi Jeanne Aleaume leur servante pour faire abjuration de lhérésie dans laquelle elles ont vécu jusqu’ à présent et en vertu du pouvoir à nous donné de la part de Monseigneur l’ Archevêque nous leur avons fait faire (abjuration)en la manière accoutumée en foy de quoi elles ont signé sur mon registre en présence de Jacques Groult et Bonaventure Le Normand et plusieurs autres
La marque de ladite madeleine le chevalier
La marque de ladite Jeanne Ouvry
La marque de ladite Jeanne Aleaume

Boullier

C’est dans ces circonstances qu’au Thil, (actuellement Thil-Manneville dans le département de Seine-Maritime), un village d’une centaine de feux appartenant au doyenné de Brachy et au baillage de Caux, à une quinzaine de kilomètres de Dieppe, trois femmes se présentent auprès du curé de la paroisse, Louis Boullier : Madeleine Chevalier femme de Jacques Ouvry, sa fille Jeanne Ouvry, âgée de 15 ans, et sa servante Jeanne Aleaume. Elles viennent abjurer, c’est-à-dire renoncer publiquement à l’ « hérésie » dans laquelle elles ont vécu jusque-là. Le curé autorisé par l’archevêque reçoit leur déclaration selon, dit-il, les formes habituelles (Nous n’en saurons pas plus !). Ce faisant, elles sont entourées de deux témoins Jacques Groult et Bonaventure Le Normand et de plusieurs autres villageois. Aucune de ces trois femmes ne sait signer, elles appliquent au bas de l’acte leur marque (qui n’est pas une croix !) et en dessous le curé appose sa signature : Boullier. Quand elles sortent de l’église, elles sont devenues des « nouvelles catholiques », des personnes, dans ce village presque exclusivement catholique, toujours un peu suspectes, soupçonnées de garder chevillée au corps leur foi protestante, ce qui était souvent le cas.

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Eglise du Thil

Qui sont ces femmes, d’où viennent-elles ?
A une dizaine de kilomètres du Thil, il y a un village appelé Luneray où vit l’une des plus anciennes communautés protestantes du pays de Caux. Dans ce pays de toiliers, la religion protestante apportée par le colporteur Venable qui a diffusé les idées de Calvin a trouvé un terreau favorable depuis plus d’un siècle.

Un temple y a été édifié qui a été détruit quelques années avant la révocation en 1681. C’est dans les registres de ce temple qu’il nous faut chercher ces trois femmes. Et effectivement nous y retrouvons d’abord Madeleine Chevalier. Son mariage avec Jacques Ouvry a été célébré au temple le 9 août 1665. Les deux époux y avaient été baptisés, Jacques le 29 Avril 1643, fils de Jacques Ouvry et de Rachel Duboc. Madeleine le 1er Octobre 1645, fille d’Isaac Chevalier et Marie Aleaume. Les prénoms de Rachel et d’Isaac signent l’appartenance religieuse.

Madeleine a donc 20 ans quand elle se marie et 40 quand elle se présente à la paroisse du Thil pour abjurer, entre temps elle a mis au monde au moins 8 enfants entre son mariage en 1665 et 1681, date où disparaissent les registres protestants [2].

Tous ses enfants ont été baptisés au temple de Luneray : 7 garçons et une fille Jeanne, la troisième de la fratrie, baptisée le 25 septembre 1669. Jeanne a donc 16 ans au moment de son abjuration. Par son acte de baptême, nous apprenons qu’elle est née le mercredi 25 du mois de septembre et a été baptisé au temple, le Dimanche suivant, que son père était toilier et qu’il habitait alors avec sa femme au hameau de Ronchay sur la paroisse de Luneray. Son parrain Jean Néel est également un toilier et sa marraine Jeanne Delabarre est la fille d’un maître-chirurgien de Greuville, un village proche de Luneray.

Plus tard la famille déménage, au hameau de Rocquigny, paroisse de Gueures, où naissent les deux derniers garçons et sans doute ensuite au Thil tout proche. Des origines et des parents de Jeanne Aleaume, la servante qui accompagne Madeleine, l’acte d’abjuration ne nous dit rien. Mais il semble probable qu’elle ait aussi fréquenté le temple de Luneray. On trouve effectivement dans ses registres deux enfants qui portent ce nom, l’une baptisée le 6 juillet 1667, l’autre le 1er février 1671, toutes deux filles du couple formé par Pierre Aleaume et Catherine Delaporte. On peut penser que, dans ce temps où la mortalité infantile était importante, seule la seconde a survécu.

Sait-on ce que sont devenues ces femmes après leur abjuration ? Pour Madeleine Chevalier, elle met au monde encore un garçon deux ans plus tard au Thil (Peut-être y-a-t-il eu d’autres naissances entre 1681, dernière naissance enregistrée au temple et 1687 première naissance enregistrée à l’église, mais comment en trouver trace ?).

ADSM 3E 00078 1684-1692 Thil-Manneville
Le vingt sixième jour de May mil six cents quatre vingt sept françois Bonaventure ouvry fils de Jacques et Madeleine Chevalier ses père et mère ayant fait par soy devant profession de la religion prétendument réformée le dit Jacques ayant fait abjuration de lheresie entre les mains de monseigneur l’archevêque et laditte madeleine le chevalier rentre mes mains par la permission de mon dit Seigneur le dit françois bonaventure est né et a été baptisé le vingt huit du dix mois par moy soussigné curé du dit lieu et nommé par françois bonaventure le normand et marie le houx parrain et marraine

Cet enfant est baptisé à l’église du village par le curé Boullier, celui même qui a reçu l’abjuration de Madeleine. D’ailleurs il n’omet pas de le rappeler quand il rédige son acte .En même temps nous apprenons que Jacques, l’époux de Madeleine, a également abjuré, mais entre les mains de l’archevêque.Y-a-t-il des règles différentes pour les hommes et pour les femmes ?L’enfant qui reçoit les prénoms de son parrain François Bonaventure Le Normand meurt deux ans plus tard. Ensuite il n’y a plus de traces de Madeleine et de son mari au Thil. D’après des documents notariaux, il semble que le couple soit reparti sur Luneray, hameau du Ronchay [3]. Ils devaient s’y sentir moins isolés : les registres paroissiaux y sont pleins de nouveaux catholiques qui font baptiser leurs enfants, seule manière de les inscrire dans la société.

Je n’ai pas retrouvé de trace de Jeanne, la fille de Madeleine. Peut-être est-t-elle restée célibataire ou sans enfant. Il y a en effet peu d’actes, en dehors des baptêmes, concernant les nouveaux catholiques dans les registres paroissiaux, ils s’abstenaient souvent du mariage à l’église, lui préférant parfois un contrat chez le notaire. Quant à la sépulture, pour qu’elle y soit inscrite, il fallait encore qu’ils aient accepté les derniers sacrements, à moins que leurs proches aient déclaré une mort subite. Nous pouvons suivre, par contre, deux frères de Jeanne qui ont pris des chemins différents : Jean, qui a quelques années de moins que Jeanne, vit à Luneray avec Judith Letillais, sans être passé par l’église mais il a pris soin d’ établir un contrat devant Maître Huard et Maître Pelletier de Brachy [4] tandis que Paul, dernier enfant du couple à être baptisé au temple en 1681, a choisi de se marier à l’église de Sassetot-le-Malgardé en 1716, on remarque toutefois qu’ aucun membre de sa famille ne figure parmi les témoins.

Reste l’autre Jeanne, celle qui nous a été présentée comme la servante de Madeleine et qui pourrait bien être en même temps de sa famille. (Beaucoup d’alliances croisées dans les familles protestantes !) Si nous suivons la piste évoquée précédemment d’une Jeanne, baptisée au temple en 1671, nous la retrouvons à Luneray, vivant avec Isaac Chevalier. Comme le couple ne s’est pas marié à l’église, leurs enfants, Isaac né en 1699, Pierre, né en 1702 et Marie-Catherine née en 1710, sont, lors de leurs baptême, présentés comme les enfants naturels d’Isaac Chevalier et de Jeanne Aleaume.

ADSM 4E 458 1700-1711 Luneray
Le 21e jour de Février 1710 marie Catherine fille naturelle d’Isaac Chevalier et de Jeanne alleaume nouveaux catholiques née d’aujourd’hui a été baptisé le parrain allexandre charon et marie le borgne la maraine

Ainsi la révocation de l’édit de Nantes a mis les protestants dans le pays de Caux comme dans les autres régions de France dans des situations humainement très difficiles à vivre, ce qui explique que certains ont préféré quitter leur pays. On trouve des Ouvry (ou ouvrix) installés en Angleterre.

Pour voir la situation de ceux qui sont restés en France s’améliorer sur le plan juridique, il faudra attendre l’édit de tolérance promulgué sous le règne de Louis XVI en 1787 et surtout la révolution qui instituera l’état-civil laïc, supprimant toute discrimination à caractère religieux.

Une dernière chose : le temple de Luneray a été reconstruit en 1812, sous Napoléon [5].

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Temple de Luneray

Notes

[1Mémoires d’Isaac Dumont de Bostaquet sur les temps qui ont précédé et suivi la révocation de l’édit de Nantes

[3ADSM 2E18/271

[4ADSM 2E 18/ 270

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22 Messages

  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 08:02, par François Lafrenière

    À partir de 1680 (et surtout entre 1684 et 1686), il est fréquent de trouver de tels actes d’abjurations dans les registres paroissiaux catholiques des régions où se trouvaient les tenants de la religion « prétendue réformée ». Elles sont souvent le résultat des « dragonnades », de plus en plus répressives (surtout au Languedoc mais pas que...). En effet, l’obligation, par ordre des intendants royaux, et surtout pour les familles protestantes, d’héberger des soldats (dragons) de l’armée royale ont incité plusieurs d’entre eux à se convertir afin de se soustraire à ces vexations (incluant vols et viols). L’intolérance religieuse ne date donc pas d’hier...

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    • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 08:36, par martine hautot

      Bonjour ,François
      Oui ,vous avez raison mais ce qui m’a étonné ici ,c’est que cet acte était dans les registres paroissiaux d’un village qui ne comptait pratiquement pas de protestants et que c’étaient trois femmes !Dans ce coin du pays de Caux ,les protestants se trouvaient principalement à Dieppe et dans les villages les plus proches de Luneray.Je pense que la situation était différente dans d’autres régions de France. Bonne journée,Martine

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  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 08:49, par Colette Boulard

    En lisant le sommaire de la gazette, une réaction : Ah, du Martine Hautot ! vite, vite !
    Un texte intéressant, clair, qui se déroule simplement comme allant de soi. Fausse simplicité qui n’est que présentation facilitant la compréhension du lecteur,rendant discret tout le travail de recherche puis de mise en forme de la synthèse obtenue. Merci, Martine !

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  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 08:50, par cath houl

    Bonjour Martine

    Je vous remercie de votre article qui me fait découvrir la situation en Normandie, après 1685 !

    Je me permets quelques commentaires en sus de vos indications.

    Les registres de 1788 sont extrêmement intéressants à lire en ce qui concerne les généalogies de la « prétendue religion de Calvin » : suite à l’édit de tolérance, les couples protestants viennent déclarer leur mariage auprès du représentant de la paroisse catholique, alors que celui-ci a en réalité a parfois été béni des années auparavant par un « ministre ». Le registre de Luzeray 1785-1789 permet de consulter de nombreuses déclarations de mariage. On y trouve la date effective du mariage et souvent l’indication du nombre d’enfants vivants. Les mariés devaient produire 4 témoins qui souvent savent signer (la lecture de la bible étant pratiquée couramment).

    Voir par exemple à Luzeray page 98/125.
    http://recherche.archivesdepartementales76.net/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_ad76%2Fdatas%2Fir%2Fserie_E_seigneuries_familles_notaires_etat_civil%2FFRAD076_IR_E_etat_civil%2Exml&page_ref=2143439&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=

    Je n’ai pas cherché d’ancêtres protestants en Normandie, mais dans le Trièves (Mens, Dauphiné)et le Languedoc ( Gard, Hérault).
    Le registre de Mens de 1788, 90% de la population étant calviniste, est rédigé par un juge de paix qui enregistre tous les mariages avec une grande précision, les dates de naissance des enfants vivants étant toutes indiquées. Dans cette région, il était fréquent que les couples aillent à Genève ou à Nyon en Suisse pour se marier, ou alors faisaient bénir leur mariage par un pasteur « au désert ».

    Vous parlez également des sépultures : A Mens, il est fréquemment indiqué dans le registre catholique après 1700 que la sépulture ecclésiastique a été refusée à la personne décédée pour n’avoir fait aucun devoir de catholicité et avoir laissé ignorer sa dernière maladie. On peut aussi comprendre à la lecture des actes que les protestants ont fait des démarches pour obtenir leur propre cimetière. Dans certains actes, on peut lire qu’en attente du cimetière, la personne a été enterrée dans le jardin de telle personne, avec parfois des précisions sur le lieu précis.

    A Lunel (Hérault), la situation est compliquée pour les enterrements après 1750, le curé refusant de procéder aux cérémonies. C’est le lieutenant général de police qui délivre l’autorisation d’inhumer, en présence de témoins.
    En voici un exemple :
    « L’an 1763 et [le] 17 juillet dans la salle de l’hôtel de ville de Lunel par devant nous Bar[thele]my Deferre lieutenant de maire faisant les fonctions de lieutenant général de police en l’absence de M Deleuthe maire, vu la requête à nous présentée par Marguerite Tregent veuve du sieur Pierre Barthelemy mangonnier de cette ville, [ ] à ce qu’il nous plaise [de] lui permettre de faire inhumer et enterrer le cadavre du dit Barthelemy son mari décédé ce jourd’hui dans sa maison d’habitation de Lunel, étant âgé de 58 ans et issu de parents N(?) auxquels la sépulture ecclésiastique n’est point accordée. Notre ordre de soit(?) montré au procureur du roi de la police pour y répondre par les conclusions d’icelui, qui n’empêchent la dite inhumation et aux acteurs Michel Besson et Malechane témoins administrés par la dite Tregent, qui après avoir prêté le serment requis la main sur le saint Evangile, nous ont affirmé être véritable que le dit Barthelemy est décédé ce matin, pour avoir vu son cadavre dans son lit de mort qu’ils ont très bien reconnu et ont signé. Besson Malechane et avons permis et permettrons à la dite Marguerite Tregent de faire inhumer et enterrer le cadavre de Pierre Barthelemy son mari, avec défense à toute personne de leur donner aucun trouble ni empêchement sous les peines de droit. Deferre lieutenant de maire » (voir l’acte en tout bas de page : http://archives-pierresvives.herault.fr/ark:/37279/vta718ae317d39ca15f/daogrp/0/layout:table/idsearch:RECH_a47368b2d87ee03b05bfd903e83aa50e#id:460979504?gallery=true&brightness=100.00&contrast=100.00¢er=1771.456,-1619.554&zoom=6&rotation=0.000

    Bref autant de régions, autant de diversités dans l’application de la loi, mais j’admire la constance de ces personnes qui ont tenu bon pendant des générations pour pratiquer la foi qui leur tenait à coeur.

    Bonnes suites de recherches !

    Catherine Houllemare

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    • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 11:13, par martine hautot

      Merci ,Catherine pour ces compléments très intéressants ,je ne suis pas spécialiste du protestantisme mais je suis sensible à l’histoire religieuse de notre pays . Je n’avais pas visité les actes plus tardifs de Luneray et je ne connaissais pas l’acte que vous présentez,mais qui est très révélateur. Je crois qu’ à Luneray ,il n’y a pas très longtemps ,il y avait encore deux cimetières:l’un pour les catholiques ,l’autre pour les protestants,ce qui est extrêmement rare en Normandie.Je n’ai dû entendre parler de protestants qu’une seule fois dans mon enfance à propos d’un mariage mixte auprés de Luneray qui faisait jaser !
      Cordialement,
      Martine

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      • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 11:36, par cath houl

        Ce n’est pas le seul acte, il suffit de tourner les pages en 1788 ! J’en ai pris un ... pas tout à fait au hasard car je voulais que le couple déclare la naissance d’enfants, mais il y en a un nombre certain ! Je viens de compter rapidement dans le registre de Luneray : les déclarations de mariages commencent à la page 50. Il y en a plus de 140, la plupart en 1788 mais quelques uns en 1789...

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      • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 11:37, par cath houl

        J’oubliais.. Pour l’instant je n’ai pas trouvé de Houllemare protestants... :-)

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  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 11:19, par Jean-Luc Lebas

    Bonjour Martine,

    Surpris par cet article, d’autant plus que j’ai une Catherine Chevalier fille de Pierre, baptisée 2/01/1662 dans mon arbre généalogique de cette paroisse Thil-Manneville !
    Je n’avais jamais imaginé qu’il pouvait y avoir des protestants, quoi-que... Cela va diriger mes recherches autrement. Merci pour ce coup de pouce indirect.
    continuez vos articles et coup de main régulier dans cette rubrique, ils sont tous excellents.
    Cordialement.
    Jean-Luc

    Répondre à ce message

    • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 11:50, par martine hautot

      Bonjour et merci de votre commentaire ,j’ai aussi des ancêtres sur le Thil,Alexis Quilan et Marguerite Feret qui se sont mariés au Thil en 1761.ILs n’étaient pas protestants.Ceux-ci étaient l’exception dans ce village.
      Bien cordialement,
      Martine

      Répondre à ce message

  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 19 avril 21:53, par rousselot

    Bonjour,
    une partie de ma famille est originaire du sud de l’Argonne (autour de Clermont). J’ai trouvé un acte d’abjuration. Il s’agissait du jardinier du château ; il décède quelques semaines plus tard. Mais ma curiosité n’est pas là :
    Plusieurs des familles de mon ascendance apparaissent « brutalement » dans les registres paroissiaux catholiques. Elles habitent le lieu depuis longtemps (exemple des laboureurs) et on voit toute la famille (grands parents, parents, enfants) d’un coup. Les aînés se prénomment Judith, Isaac, Noë (et aussi Ménélas, qui s’il n’appartient pas à l’ancien testament n’est pas très "catholique !)etc. Il y a tout lieu de penser qu’ils furent protestants. Mais où trouver d’éventuels registres ?? Merci de m’aider.
    François

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  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 20 avril 01:43, par Franck Boulinguez

    Bonsoir Martine,

    Je n’ai pas, le courage de me pencher sur les registres antérieurs à la révolution, me consacrant à la période comprise, grosso-modo, entre 1792 et aujourd’hui.
    Je suis plus NMD (où les indications de religion n’existent plus puisque cela devient l’état civil) que BMS...

    J’ai par contre lu cet article avec beaucoup d’attention et avec un grand plaisir.

    Saviez-vous tous, chers contributeurs et lecteurs, que l’Edit dit « de Nantes » qui devait réconcilier protestants et catholiques devrait s’appeler l’ « Edit de Véretz » ?

    Il a été rédigé par Daniel Chamier et Pierre Forget puis validé par le roi au Château de Véretz(37), commune ou je réside depuis plus de 10 ans maintenant et dont j’ai l’habitude de parler ici.

    Dès le lendemain du mariage de son fils César de Vendôme à Chenonceau(x), (fils qu’il a eu avec Gabrielle D’Estrées), Henri IV se rend à Nantes et promulgue cet Edit, le 30 avril 1598.

    Le côté religieux de cet Edit sera révoqué par Louis XIV en 1685.

    Ce qui nous laisse, nous pauvres historiens amateurs, une période d’une centaine d’année très...floue.

    Amicalement
    Franck

    Répondre à ce message

  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 20 avril 23:10, par Jacqueline GUERIN née ISNEL

    Merci Martine pour cet article très intéressant.
    A la recherche de mes ascendants dans la commune de Saint-Véran (05 Queyras) j’ai rencontré plusieurs fois des « actes » d’abjuration de la RPR. Ils étaient rédigés quelques jours avant un mariage ou au moment de l’inhumation ... je pense qu’à l’origine certains de mes ancêtres Saint-Véranais étaient des protestants, mais je n’ai pas encore pu le « prouver » ! Des protestants de Saint-Véran portant les patronymes de mes SOSA (ISNEL, JOUVE, VASSEROT, MATHIEU ... a minima des cousins) font partie des émigrés en Suisse et/ou Allemagne.
    Sur le site des AD05 on trouve un édifiant registre BMS d’actes protestants (2 E 162/2/13 - période 1788-1791)
    Lien https://archives.hautes-alpes.fr/ar...
    début de ce registre page de droite ... pour l’anecdote : la page de gauche est la fin d’un registre « catholique » où l’on voit en haut les signatures du mariage de Jean ISNEL et Marguerite JOUVE mes Sosa 48 et 49 ! de « bien belles » signatures !

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  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 21 avril 18:32, par Elsie Zastrizny

    Bonjour Martine et merci pour votre très intéressant article qui confirme qu’il y a eu des protestants dans bien des région de France. Majoritaire dans certaines régions comme le Poitou, le Béarn et surtout les Cévennes, le protestantisme a néanmoins connu un certain développement dans d’autres régions. Même en Auvergne, région farouchement catholique, on trouve çà et là des noyaux réformés : près d’Issoire, dans la région de Condat, Marcenat, à La Gazelle (plateau du Cézallier), à La Roquebrou etc... Dans ces régions le développement du protestantisme est certes limité mais on trouve des actes d’abjuration semblables à ceux que vous avez découvert. La répression vis à vis de la RPR a été sévère. Les premières dragonnades ont commencé en 1681 dans le Poitou et se sont vite étendues à l’ensemble de la France. Dans les Cévennes on trouve des actes d’abjuration comparables aux vôtres mais, les Cévennes étant un bastion huguenot, les curés se sont souvent contentés de faire des listes de noms de personnes qui avaient abjuré. Pour exemple : le curé de la paroisse de Saint André de Valborgne dans les Cévennes (dépatemement du Gard) a noté : « le seizième octobre mille six cent huitante cinq j’ai reçu à la foy catholique tous les sous nommés... » une liste interminable de noms suit cette déclaration. C’est la même chose pour la paroisse de Saint Jean du Gard. Les personnes qui abjuraient étaient trop nombreuses pour avoir une déclaration personnelle.
    Encore merci pour votre article, salutations amicales.
    Elsie ZASTRIZNY

    Répondre à ce message

    • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 21 avril 19:51, par martine hautot

      Merci Elsie
      Dans le pays de Caux dont je parle ,certains ont abjuré et ont fait mine de se soumettre ,d’autres ont profité de la proximité de la mer pour gagner l’ Angleterre ou les pays-bas . La religion protestante est devenue très minoritaire . Il en reste aujourd’hui des foyers isolés comme Luneray.
      Bien cordialement,
      Martine

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  • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 23 avril 12:32, par Micheline ARNOULD

    Dans le village de Longvilliers, dans les Yvelines, je trouve également des actes d’abjuration jusqu’en 1701 Tous les protestants cités gravitaient autour du château du Plessis Marly ayant appartenu à Philippe de Mornay (surnommé le pape du protestantisme)
    Quelques uns venaient comme lui de Normandie.
    D’autres étaient des artisants, tisserands et chaussetiers (travaillant la soie pour faire les chausses). Ils étaient installés dans des hameaux autour du château le petit Plessis, le Reculet, le Bouc étourdi mais aucun dans le village.

    Parmi cette population, certains ont émigré en Angletterre, en Hollande et même en Afrique du sud !

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    • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 23 avril 16:04, par martine hautot

      Bonjour,Micheline et merci de votre passage .Je pense que ceux qui gravitaient autour d’ un seigneur ,les gens de sa maison (domestiques )adoptaient sa religion ou il les choisissait en fonction de sa religion.Catholiques serviteurs d’un catholique ,protestants serviteurs d’ un protestant .
      Bonne continuation dans vos recherches .
      Martine

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    • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 23 avril 18:31, par Claude coin

      bonsoir Micheline .ma mere est née a longvilliers je connais tres bien tout les hameaux cités j ai une ancetre protestante mariée avec mon 3 ar grand pere catholique apres avoir abjurée a royan elle s appelait Marthe Mésangeau elle serait née vers 1749 . je ne sais rien de cette personne a part ce mariage (28 04 1789 ) a royan les registre protestants dans la regon de royan sont posterieurs a1752 cordialement

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      • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 25 avril 19:22, par Joël Justamon

        Bonsoir,
        À Royan, les archives protestantes du désert ont disparu. Il arrive que l’on puisse sauter la génération de la période du désert et retrouver ensuite ces NC sur les registres catholiques mais c’est assez difficile et comme les registres notariés de Royan ont disparu dans le bombardement de 1945, les ascendances protestantes de Royan s’arrêtent vers 1750 à moins que... ces huguenots se soient mariés ou aient fait baptisé leurs enfants au désert dans une ville des environs. Les registres du désert de St-Palais-sur-Mer sont très bien conservés, on trouve aussi des registres du désert à St-Georges-de-Didonne, St-Sulpice-de-Royan etc.
        Si mes souvenirs sont bons, il doit y avoir aux AD17 un microfilm d’un registre protestant d’avant la révocation mais les actes étaient en très mauvais état et très difficiles à lire.
        Pour en revenir à l’article initial, des protestants, il y en a eu dans beaucoup de régions où il a disparu complètement par la suite : l’exemple de la Normandie en est un (n’oublions pas que Calvin était Normand) mais j’ai aussi trouvé des abjurations relativement nombreuses en Vendée. Idem en Bretagne : je me rappelle avoir vu un documentaire sur un seigneur protestant décédé dont le corps fut promené sur une claie et abandonné aux chiens.
        Tout ce qui a été écrit ci-dessus sur les cimetières familiaux, les déclarations de mariage après l’édit de 1787 se vérifient dans toutes les régions où la communauté protestantes était importante. Dans un petit village de la Drôme, j’ai trouvé dans le registre catholique écrit par le curé : « cette année, je n’ai fait ni baptême, ni mariage, ni sépulture pour cause que les huguenots font tout par eux-mêmes » (citation approximative).
        Joël

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        • Trois nouvelles catholiques au Thil en 1685 26 avril 08:22, par martine hautot

          Merci ,Joël pour votre contribution très intéressante :beaucoup de registres protestants avant la révocation sont conservées aux AD76,en particulier ceux du temple de Quevilly ,qui accueillait les protestants de Rouen. Pour ce qui est de Calvin ,il est né à Noyon en Picardie .Je ne sais pas s’il a eu des ancêtres normands.
          Bien cordialement,
          Martine

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