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Secrets de famille

Le vendredi 17 septembre 2021, par Jean-Christophe Guéguen

Ma grand-mère Jeanne Le Gouër épouse Guéguen, née en 1898, ne m’a pas dit grand-chose sur ses ancêtres. Quand je lui demandais si l’on pouvait tenter de retrouver leur trace elle me répondait que ce serait bien difficile.
« Tu sais, dans les fermes, il y avait souvent des enfants qui n’avaient pas la même mère ». Devenu adulte, j’ai compris ce n’était pas de remariage qu’elle parlait !

Son père, gendarme puis garde maritime à Carantec à la fin de sa vie, était originaire d’une famille de Guengat près de Quimper.

« Tu sais dans la famille de mon père il y avait sept enfants. Pas un n’avait le même nom ! »

J’ai compris que l’orthographe du nom dépendait beaucoup de celui qui recevait la déclaration de naissance.

Alors comment il s’appelle le bébé ? Réponse en breton : ben, GOUER comme son père.
(GOUEZ (Le) (GOUES) (GOUËR) (GOUEL) (GOUETZ) (GOAER Le) (et même LE GOAEZRE vers 1640). Bref on a le choix !

Ma grand-mère exagérait un peu, mais il y a quand même un Corantin Le Goaër, né en 1875, cochet de château dont j’ai hérité d’un fauteuil Louis XVI et d’une pendule Napoléon III.

La graphie du nom n’était pas le problème le plus insoluble à résoudre.

Elle m’avait dit aussi que son mari François Guéguen était un cousin « mais pas germain »

Il y avait aussi les non-dits qu’on préférait oublier.
En remontant au milieu du 19e siècle je tombe, dans une branche collatérale, sur un Yves Le Goaër décédé place des bestiaux à Quimper. Pas banal comme lieu de décès.
Me voilà avec un vieux Tonton, assassin et guillotiné, dont il valait mieux ne pas parler !

Le plus amusant c’est que Pierrick Chuto, qui en raconte le drame dans son dernier livre, est un cousin à la mode de Bretagne.

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En effet, Marie Catherine Chuto, arrière-petite-fille, de son ancêtre Auguste Chuto a été mariée à Marin Le Gouaër dont le fils Pierre a épousé Marie Catherine Françoise Guéguen, une cousine de mon Grand-père.
La boucle est bouclée, voilà le cousinage qu’évoquait ma Grand-mère avec son mari.

Le monde est petit, c’est encore plus vrai en Bretagne. Merci cousin pour ton bouquin !

12 novembre 1872 :
Naissance - Kernoter, Ergué-Armel Quimper, 29232, Finistère, France
Sources : Centre Généalogique du Finistère
1893 :
Conseil de révision - Mairie Quimper, 29232, Finistère, France
11 novembre 1893 :
Service militaire - Vannes, 56260, Morbihan, France
9 février 1896 :
Mariage (avec Marie Anne LE ROY) - Penhars Quimper, 29232, Finistère, France
Sources : Centre Généalogique du Finistère
— - :
Décès
14 novembre 1893 :
Commission de réforme - Vannes, 56260, Morbihan, France

Jean René GOAËR (LE)
Né le 4 janvier 1842 (mardi) - Ergué-Armel Quimper, 29232, Finistère, France
Cultivateur

Marié le 1er octobre 1866 (lundi), Quimper, 29232, Finistère, France, avec Marie Corentine YAN 1844 dont
Marie Renée GOAËR (LE) 1867-1891
Jean René GOAËR (LE) 1870-1948
Yves GOAËR (LE) 1872
Corentin Alain Marie GOAËR (LE) 1875
Jean Marie GOAËR (LE) 1877-1959
François Marie GOAËR (LE), Mort Pour La France 1881-1914
Marie Corentine GOAËR (LE) 1887

Jean René GOUEZ (LE) (GOUES) (GOUËR) (GOUEL) (GOUETZ

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9 Messages

  • Secrets de famille 17 septembre 09:33, par pierrick chuto

    Merci, Jean-Christophe pour ton article et cette belle pub que tu me fais.
    Quand j’ai écrit ce livre,j’ignorais le lien familial, même ténu, entre nous deux. Au début de la formation de mon arbre généalogique, mon épouse (fidèle collaboratrice) a passé beaucoup de temps sur la famille le Goaer à Guengat.

    Répondre à ce message

  • Secrets de famille 17 septembre 14:24, par Colette Boulard

    Un non-dit qu’on préfère oublier, c’est à en s’en faire des nœuds et même un ulcère : ça ne passe pas !
    Heureusement que vous passez par là et dénouez la situation, finalement assez courante.

    Répondre à ce message

  • Secrets de famille 17 septembre 15:30, par Davaus Josette

    Bonjour Jean-Christophe,

    Tous les vendredis, je me délecte de la Gazette.

    Cette semaine, le début du recit est alléchant, mais les secrets n’ont pas été dévoilés.Sans nuire à l’excellent ouvrage de Pierrick Chuto, le méfait du guillotiné aurait pu être résumé.

    Et comment voyait-on que les enfants « n’avaient pas la même mère » ? Les pères avaient-ils recueilli leurs enfants adultérins ? Si l’on rattache cette phrase aux différences d’orthographe des noms, « les enfants n’avaient pas le même père » aurait été plus approprié.

    Continuez à nous raconter des histoires, et comme disait mon institutrice : développez !
    Cordialement
    Josette

    Répondre à ce message

    • Secrets de famille 18 septembre 09:16, par pierrick chuto

      Je vais proposer à la Gazette de publier l’histoire incroyable de Le Goaer (l’une des 17 que je raconte), en espérant que certains auront ensuite envie d’acheter le livre  🙂

      Répondre à ce message

  • Secrets de famille 17 septembre 17:47, par Orson

    Je ne suis pas surpris par toutes ces variantes patronymiques, lesquelles d’ailleurs ne posaient pas vraiment de problème à personne, puisque dans la ruralité de jadis, tous les individus savaient parfaitement s’identifier entre eux (incluant les ascendants proches) et de toutes façons ne savaient pas pour la plupart ni lire, ni écrire. Les clercs avaient donc une relative liberté dans l’orthographe des patronymes, car cela ne prêtait pas à conséquence, d’autant que cela se « rattrapait » (si on pensait débusquer une erreur) dans un acte ultérieur et cela avec la même légèreté.

    Il n’est même pas certain qu’en la matière, la rigueur qui avait cours dans le XXe siècle, soit encore de mise à l’avenir, si j’en juge notamment par la prononciation supposée de patronymes étrangers (notamment africains ou slaves) qui entrainent l’ajout d’accents ou des formulations féminines pour de hommes et vice-versa (ex : Kowalska/Kowalski), par exemple.

    Dans mon cas, cela se traduit, pour le même patronyme, par trois orthographes différentes (prononcées pareillement) en 6, 7 ou 8 lettres. Et cependant, tous les porteurs de ces patronymes sont issus du même ancêtre au XVIIe siècle...!

    J’imagine qu’en « Basse-Bretagne », le bilinguisme (breton/français pour faire court) a ménagé d’autres pièges. A savoir que le clerc, incluait dans sa traduction en français, non seulement le contenu mais aussi le patronyme : ainsi « Le Bihan » (Ar Bihan) devient éventuellement « Le Petit » à titre d’exemple, quitte à revenir au patronyme antérieur à la génération suivante, selon la probité (rigueur, circonspection, préférence,etc...) du clerc.

    Dans les régions traditionnellement germanophones de France (un cas que je connais mieux), soit Alsace, Moselle germanophone, Flandre française, le phénomène est extrêmement banal : tel un, appelé « Schmitt » (ou Schmidt quand il est protestant) avait éventuellement pour père un « Lefèvre » ou l’inverse à la génération d’après ou d’avant. Idem pour « Kieffer/Tonnelier » ou « Becker/Boulanger » ou pour "Smet (comme Johnny dit Halliday)/Lefébure etc...). La créativité n’a pas de limites, à nous de nous en arranger !

    Une autre chose m’a interpelé dans votre famille, c’est qu’on s’est éventuellement mariés entre cousins, entre Guéguen et Le Gouër. Mais je ne vais pas dire que j’en sois surpris : à l’époque où la moitié des gens se mariaient dans leur paroisse (par manque de connexions avec le monde extérieur), c’était inévitable ! D’autant que les familles s’alliaient avec , précisément, d’autres alliées (tous les mariages étaient arrangés, négociés, etc...), dans lesquelles, on pouvait avoir confiance car liées par des accords (soit, notamment les mariages) communs qui les avaient engagées mutuellement auparavant. Dans une même paroisse, j’ai observé qu’on se mariait préférentiellement entre familles alliées et bien moins entre familles hétérogènes. Pas forcément par animosité, plutôt par intérêt bien compris, et en particulier pour ne pas diviser les terres, les domaines et finalement les ressources.

    Dans ces cas-là, le clerc (le curé) autorisait ou pas le mariage, en jugeant par la généalogie des risques de consanguinité. Pourtant chacun, vous le premier, et moi aussi, avons dans nos ascendances des mariages autorisés entre cousins et/ou issus de cousins (des Masson dans mon cas, mari comme femme, avec leurs grands-pères frères entre eux et leurs grands-mères soeurs entre elles, ou des Lenormand, dans le même cas de figure, cela dans le début et le courant du XIXe siècle). Exemple similaire fin du XXe siècle, dans ma famille par alliance, laquelle a nécessité une « enquête » ecclésiastique pour bonne forme.

    Bref, il reste encore de la matière..., mais quand on échange, on avance...!

    Cordialement.

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    • Secrêts de famille 17 septembre 19:06, par rené METTEY

      « et de toutes façons ne savaient pas pour la plupart ni lire, ni écrire. »
      pas seulement ! la désinvolture s’étendait à beaucoup. Dans un acte notarié d’un ancêtre de mon épouse, le nom du vendeur est écrit sous trois orthographes différentes et sur la même page : « Dédié », « Dédiet », et « Dédier », ce dernier au-dessus de la signature.
      Ceci écrit par un notaire ou un clerc, donc instruit, et le vendeur étant un bourgeois lyonnais marchand de draps, donc lettré ! et ceci sous le second empire...
      (et merci pour votre étude)

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      • Secrêts de famille 17 septembre 20:54, par Colette Boulard

        Bien sûr ! J’ai, comme tout un chacun, rencontré bien des variantes à l’écriture de mon patronyme y compris à une même époque et dans un même lieu. J’ai un faible envers les noms écrits d’une manière par le prêtre (ou le maire si XIX ème siècle) et le même nom signé, autrement. C’est fréquent et c’est comme si l’intéressé voulait imposer sa manière de voir les choses, une volonté d’être bien là, comme il l’entend, lui, ah mais ! J’ai eu un gros faible le jour où j’ai trouvé sur un seul acte ce même patronyme signé différemment par le père, et la fille, qui tous deux signaient de leur nom, voire même trois écritures différentes si le rédacteur de l’acte y allait de sa singularité, comme, par exemple Boulart, Boullart, Boulard.

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    • Secrets de famille 18 septembre 18:14, par Galerne

      Bonjour

      Pour les fantaisies orthographiques on trouve en Bretagne des le Cor (= le Nain) devenant des le Corps et des le Corzic (-ic = diminutif donc « Petit Nain ») devenant le Petitcorps.
      En Alsace se raconte également que des Wacher (gardiens) sont devenus Vache quand l’Alsace est devenue française, puis Kuhe (traduction de vache) quand elle est redevenue allemande, puis Cul au retour à la France : je ne sais si c’est un cas réel ou une blague dont les Alsaciens sont friands !

      Cordialement

      JPG

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      • Secrets de famille 19 septembre 18:17, par Orson

        Votre exemple, Wacher (Wächter en allemand)traduit en Vacher ou Vache (en français), puis par retour en « Kühe » (Vache)et par retour inverse en « Cul » est carrément « tiré par les cheveux » (capillotracté comme on dit au « Quartier Latin »), c’est sûrement excessif, mais cela a l’avantage d’être pédagogique et ça illustre bien les allers-et-retours entre français et allemands (avec un « s », car langues diverses et variées) et accessoirement entre français et breton...!
        Vous avez perçu et pris en compte bien des écarts linguistiques (qui n’ont jamais fait des antagonismes)comme des amalgames réunissant leurs locuteurs bilingues et c’est merveilleux.

        Répondre à ce message

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