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Qui aurait des informations sur la Commission Militaire de Contrôle Postal ?


jeudi 28 juin 2018, par Catherine Henry

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Je vous soumets les deux photos suivantes, prises en 1918 (au moins pour l’une) qui me permettront peut-être de clarifier l’histoire du grand-père de mon mari dont ces photos ne sont qu’un épisode.

L’une datée du 18 novembre 1918 représente un groupe de militaires et de quelques femmes « civiles » avec un écriteau indiquant qu’ils étaient attachés à la Commission Militaire de Contrôle Postal à Lyon (euphémisme pour la censure ?).


L’autre est assez curieuse : elle montre un groupe de soldats « studieux », prise peut-être à Lyon et non datée.


Le grand-père de mon mari est l’unique chasseur alpin (à gauche sur la photo avec son bérèt, la « tarte », sur la tête)
Je n’ai pas pu obtenir d’informations précises sur cette commission, ni sur ces photos, tant auprès des archives de Vincennes que de celles de Lyon.

Ce grand-père, Bernard DEBANO, parlait plusieurs langues étrangères (anglais, allemand, russe), ce qui explique sans doute qu’il ait été mobilisé dans cette commission.

Des courriers ont été retrouvés dans une pochette lui appartenant avec quelques documents :

  • l’un daté du 25/05/1917 portant la mention : « 3e bataillon territorial de chasseurs alpins, Vienne, Isère » suivie de « parti le 03/04/1917 commission de contrôle postal, place Ampère, Lyon » ;
  • l’autre daté du 13/11/1917 :" Commission de Contrôle postal".

Il a été démobilisé le 13/02/1919.

Avant de formuler quelques questions qui vont plus loin que ces photos, je vous livre un récit de la vie de ce grand-père d’après ce que j’ai pu reconstituer d’après quelques souvenirs de mon mari et beaucoup de tâtonnements... et de chance.

Il est né le 04/12/1876 à Rahon (Jura) d’un père allemand, tailleur d’habits et d’une jeune fille, journalière, originaire de Rahon. D’une famille modeste composée de 10 enfants, il a dû être repéré comme bon élève car il a intégré en tant que « petit frère » l’ordre des Chanoines Réguliers de l’Immaculée Conception. Cet ordre fondé par Dom Gréa, tout d’abord aumônier aux forges de Baudin (10 km de Rahon) puis vicaire épiscopal à Saint Claude (Jura), a ensuite déménagé à Saint Antoine l’Abbaye (Isère) en 1890.

Bernard prit l’habit en 1891 sous le nom de frère Marie Bernard. Son jeune frère Alexandre le rejoignit et pris l’habit en 1892, âgé de 13 ans (Il décéda brutalement en 1894, ce qui donna lieu à un récit très émouvant d’un des pères avec quelques éléments géographiques qui me permirent de « tracer » le nom de l’ordre et le site de Saint Antoine).

Bernard quitta l’ordre à une date inconnue pour faire ses études supérieures en Russie. On peut supposer que ce fut avant ses 20 ans car je n’ai pas pu retrouver dans les archives du Jura ou de l’Isère trace de son dossier dans les registres matricules.

Il devint par la suite professeur au Gymnase de la Noblesse de Toula. Revenant régulièrement en France, il épousa une jeune fille de Besançon avec laquelle il eut deux filles nées à Toula.
Se trouvant en France au moment de la déclaration de guerre, âgé de 38 ans, il fut mobilisé avec l’affectation mentionnée ci-dessus. Lui et sa famille ne purent jamais revenir en Russie, et perdirent tous leurs biens. A part la vie en Russie, très rarement évoquée car suivie de moments trop douloureux, tous les autres évènements de la vie de Bernard n’étaient pas connus de ses petits enfants et il était trop tard pour interroger les générations précédentes.

Voici les questions que je vous soumets :

  • Avez-vous plus d’informations sur cette commission ? Lieux où ces photos ont été prises ?
  • Pouvait-on échapper à la conscription en partant à l’étranger ?
  • Je pense écrire à la maison-mère des Chanoines Réguliers à Rome mais si quelqu’un sait où sont leurs archives françaises..., j’aimerais retrouver les dossiers de Bernard et Alexandre.
  • Connaissez-vous d’autres cas de petits jurassiens ayant été formés par cet ordre ?
  • Et toutes autres réponses qui auraient eu une résonance avec ce récit.

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20 Messages

  • Bonjour ,Catherine

    Une information sur le père de Bernard prénommé également Bernard ,dans filae :c’est un des noms portés sur le décret du 21 Septembre 1879 n°1254,donnant les noms de ceux qui sont
    « autorisés à établir leur domicile en France pour y jouir des droits civils tant qu’ils continuent d’y résider :
    ...
    le sieur Debano Bernard ,tailleur ,né le 4 Septembre 1828 à Ollersweler,grand duché de Bade ,demeurant à Rahon. »
    Dans ces conditions ,son fils Bernard ,né quelques années plus tôt était-il français de naissance , soumis à l’obligation militaire et recensé à l’âge de 20 ans ?
    Bien cordialement,
    Martine

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  • A moins qu’il n’ait voulu échappé à la loi organisant le service militaire du 15 juillet 1889 ,surnommée"la loi des curés sacs au dos "car elle supprimait la dispense de service militaire pour les séminaristes ! C’est ainsi que de jeunes hommes appartenant aux chanoines réguliers de l’Immaculée conception sont allés fondés des missions au Canada. Pour la Russie ,je n’ai rien trouvé mais c’était aussi une terre de mission à la fin du XIX pour développer la catholicisme qui attiraient des familles aristocratiques face à l’orthodoxie ,quasiment religion d’ état :église catholique Saint -Pierre et Saint Paul ,inaugurée en 1896 à Toula .Revenu à Besançon pour son mariage ,Bernard qui était à Toula enseignant de français , langue appréciée des familles russes cultivées ,y retourne aussitôt ,ses filles y naissent .Entre 1912 et 1917 ,il rentre en France et ne peut retourner à Toula après la révolution de 1917.Voici comment j’imagine son histoire mais il reste beaucoup d’inconnu.
    Bien cordialement
    Martine
    Comme enfant du Jura chez les Chanoines Abbé Luc Maillet GUY

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  • Bonjour,

    Sur la Commission du Contrôle Postal à Lyon, vous pouvez lire cet article bien documenté : http://atelier-histoire.ens-lyon.fr/AtelierHistoire/episodes/view/193

    Cordialement.
    Michel Guironnet

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  • Bonjour,

    Le chasseur alpin est aussi présent sur la 1re photo : 2e rang, 3e à partir de la droite.

    Cordialement.
    Jacques

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    un tour sur le recensement de 1896 de Saint Antoine l’Abbaye(Isère )ne nous permet pas de savoir si Bernard y était toujours présent ,les religieux sont recensés mais pas les pensionnaires .Cepandant dans les dernières pages ,il est indiqué qu’il y avait 63 élèves dans les maisons d’ éducation ,dont 36 français et 27 étrangers ,ce qui confirme la vocation internationale de l’établissement.
    Bien cordialement,
    Martine

    Répondre à ce message

  • bonjour

    Je viens de faire une découverte sur une particularité de la loi du 15 juillet 1889 dont je vous ai parlé plus haut .L’article 50 prévoyait une dispense de service militaire pour les jeunes qui résidaient hors d’ Europe entre leur 19 ans et leur 30 ans.Les congrégations religieuses qui craignaient que le service militaire ne tarisse les vocations cherchèrent à envoyer hors d’ Europe leurs jeunes recrues.
    Vous trouverez avec ce lien page 93 94 le texte de l’article et l’usage que les religieux en ont fait.
    Un peu plus loin page 125 il est question de son application au Québec par les Chanoines de l’ Immaculee Conception .
    https://books.google.fr/books?id=5rSS4TuhizIC&pg=PA92&lpg=PA92&dq=loi+du+15+juillet+1889+cons%C3%A9quences+pour+les+eccl%C3%A9siastiques&source=bl&ots=IgPEzo9V3s&sig=iXcYIqSoumwINsUmi1hOgW65u5w&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjhnubPjfnbAhUD0xQKHVFfAoAQ6AEILzAB#v=onepage&q=loi%20du%2015%20juillet%201889%20cons%C3%A9quences%20pour%20les%20eccl%C3%A9siastiques&f=false
    J’en déduis que Bernard a quitté la France avant 1895 et qu’il ne pouvait y revenir définitivement avant 1906 . mais alors sa vie était en Russie .
    Bien cordialement,
    Martine

    Répondre à ce message

    • Merci pour vos messages. J’avais lu que les chanoines envoyaient des élèves au Québec notamment pour éviter la conscription mais ne connaissait pas cet article 50. Mais pourquoi (ou pourquoi pas) la Russie ?

      Bernard était encore à St Antoine l’Abbaye en juin 1894, date du décès de son jeune frère, également "petit frère. Il avait donc 18 ans et a pu partir juste avant ses 19 ans.

      Ses 3 autres frères nés en 78, 81 et 83 n’apparaissent pas non plus sur ls registres matricules. L’un d’eux né en 1883 était soldat en 1905 au 79 R I, domicilié à Nancy (témoin de mariage de l’un de ses frères).
      Encore merci, Catherine.

      Répondre à ce message

  • Bonjour,

    A lire la presse de l’époque, on constate que les Commissions Militaires de Contrôle Postal suscitent bien des débats.
    Le recrutement du personnel de ces commissions pose question.
    A preuve cet article du journal « l’Oeuvre » de septembre 1915 :
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4616169q.item

    Cordialement.
    Michel Guironnet

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Sur cette carte postale de Lyon envoyée en novembre 1916 par le Sergent Genestre, détaché au Contrôle postal, il y a un beau cachet de la commission militaire :
    https://www.delcampe.net/fr/collections/cartes-postales/france-lyon/autres/lyon-place-des-terreaux-timbre-franchise-militaire-beau-cachet-fm-du-controle-postal-de-lyon-578604825.html

    Cordialement.
    Michel Guironnet

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Sur la première photo, le tableau indiquant les absents révèle au moins deux noms germaniques sur les quatre (Seitz et Kauffmann, les deux autres ne paraissent pas très français non plus), soit donc des personnes certainement germanophones. Il est logique de penser retrouver la même proportion de noms germaniques chez les présents et donc de germanophones. Ce service était bien entendu en charge de traduire et donc de signaler les courriers douteux en provenance ou à destination de l’Allemagne, alors en guerre contre la France. La date (18 novembre 1918) est surprenante, la guerre était finie...! Peut-être la photo du souvenir avant la dissolution de la structure et pour la postérité ? Sûrement, la volonté de montrer que ce service avait fait oeuvre utile et participé à la victoire et qu’enfin, ceux qui en étaient n’étaient plus obligés à la discrétion requise par les consignes de service.
    La deuxième photo ressemble à un exercice d’entrainement à la lecture ou à la compréhension d’un texte (donc dans une langue étrangère telle que l’allemand). En effet, tous les hommes assis ont le même livre ouvert à la même page alors qu’un seul (le 4e à partir de la gauche) parait en faire la lecture à voix haute et que les autres suivent le texte des yeux, y compris celui assis sur le muret et qui se trouvait sans-doute attablé de dos devant le photographe avant la prise de vue (sa chaise parait être rangée sur la gauche). L’atmosphère parait studieuse et même si la prise de vue photographique a pu déconcentrer un peu ces hommes, tous tiennent à garder un air sérieux, calme et serein qui dénote de la confiance, de l’utilité et de l’importance de leur mission telle qu’ils la concevaient.
    Sinon, « gymnase » ne parait pas être une bonne traduction, il faut certainement comprendre « lycée » (Gymnasium en allemand et peut-être en russe) et Debano n’est clairement pas un patronyme allemand, il peut avoir une origine slave ou relever d’un patois haut-allemand, tel que parlé en Suisse alémanique ou dans le pays de Bade pourquoi pas.... Il doit être possible de tracer ce patronyme pour en découvrir l’origine géographique.
    Cordialement.

    Répondre à ce message

    • Merci pour vos observations toutes judicieuses.
      Il est bien dommage que l’on ne puisse lire le tître du livre. J’avais pensé au « manuel » du parfait contrôleur… ?
      Le terme Gymnase est celui retrouvé sur quelques courriers à en-tête (écrits en français) mais est certainement, comme vous l’indiquez, emprunté à l’allemand pour lycée.
      Quant aux DEBANO, j’ai pu remonter grâce au « Familienbuch » de la région du Baden-Württemberg (Renchen et Ottersweier) jusqu’en 1724. Le grand-père de Bernard Debano était « inconnu », je n’ai eu à remonter que la branche maternelle (frustrant mais demandant moins de travail sur les archives allemandes assez difficiles d’accès). Je ne sais pas s’il y a encore beaucoup de descendants directs en Allemagne, car beaucoup sont partis aux Etats-Unis au 19e siècle dont cette grand-mère qui a émigré à l’âge de 50 ans avec quasiment tous ses frères et sœurs qui y ont fait souche. Une descendante américaine m’a contactée et m’a communiqué tout son travail que j’ai pu compléter avec le site « find a grave » entre autres. Mais cela nous éloigne de la commission militaire !
      Encore merci, cordialement, Catherine.

      Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Est-ce qu’il y a quelque chose d’inscrit au dos de ces photos. Ces indications éventuelles pourraient donner des pistes.

    Vous citez deux autres documents dans votre article. Vous est-il possible de me les envoyer ?
    Mon adresse : guironnet.m(at)infonie.fr [remplacer « at » par arobase]

    Cet après midi ou demain, je vais aux archives municipales de Lyon. J’en profiterai pour leur demander s’il existe quelques informations sur cette commission dans leurs dossiers.

    Cordialement.
    Michel Guironnet

    Répondre à ce message

    • Bonjour,

      J’arrive des archives départementales du Rhône. Hier j’étais aux archives municipales.

      Dans ces deux centres d’archives,malgré leur grande disponibilité pour cette recherche, les archivistes consultés n’ont rien trouvé sur cette Commission militaire de Contrôle postal !

      Ils me renvoient aux archives de l’Armée à Vincennes.
      Dont acte.

      Cordialement.
      Michel Guironnet

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      • Cotes relevées dans les inventaires en ligne du Service Historique de la Défense :

        Etat Major des Armées 2e Bureau
        Contrôle postal, 7 N 991-992.Lyon.
        1915-1918

        991 Bureau militaire de vérification (Hôtel de Ville de Lyon) : service de renseignements fournis par la correspondance avec les départements envahis ................................................................................. juin 1917 - mai 1918
        991-992 Rapports mensuels de la commission ................. septembre 1915 (3) - mai 1918
        (3) Les rapports d’octobre 1915 et d’octobre 1917 à février 1918 manquent.

        992 Notes diverses : dépouillement du courrier Etats-Unis - Allemagne, Amérique - Autriche et Amérique - Suisse, un nouvel état d’esprit politique et la vie en Allemagne, le pacifisme (Suisse et Etats-Unis), comment Henry Ford a abandonné le pacifisme, les efforts de la propagande allemande au Chili, propagande religieuse allemande au
        Nicaragua, la question des nationalités (Pologne, Lituanie, Ukraine)
         ; comptes rendus de la correspondance du corps d’opérations d’Italie pour la 1re quinzaine de novembre 1917.
        .......................................................................... septembre 1916 - novembre 1917

        Bonne soirée.
        Michel Guironnet

        Répondre à ce message

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