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Les secrets d’écriture de « Laboureurs d’espoirs » Acte 15 - Scène 9

Acte 15 - L’honorable Gilles Morinays - Scène 9 - Le père de famille


jeudi 1er octobre 2009, par Alain Morinais

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Avec « Laboureurs d’espoirs », les Morinays mettent en scène l’histoire des laboureurs bretons vivant leur Révolution, au jour le jour, telle qu’elle put être perçue et vécue dans la campagne rennaise, quand l’espoir s’y invite en 1789.

Jan, Simon et Joseph nous font vivre les labours, les fenaisons, les métiers d’antan, la vie des simples gens, perturbés par les événements, mais, attendant tout des changements annoncés. Nous partageons avec eux les coutumes, les véritables croyances et les superstitions, les pratiques amoureuses, les jeux et les fêtes du peuple des campagnes

Acte 15 - L’honorable Gilles Morinays

Scène 9 - Le père de famille

"Dès le lendemain, je suis allé à la rencontre de mon Père, lui demander de bien vouloir me recevoir pour une question dont la réponse ne tient qu’à lui ?

Intrigué, il n’a pas tardé à accepter de me voir en tête-à-tête.

Quand je lui ai exposé le motif de ma visite, longuement il est resté silencieux, puis il a levé les yeux :

— « As-tu bien mesuré les conséquences d’un mariage sans raison ?

— Père, nous avons le bonheur de nous agréer !

— Est-ce une raison pour devoir se marier ? Il n’y a pas d’obligations ?

— Non, Père… Il n’est qu’inclination !

— Autant pour un jeune homme, je peux croire qu’il puisse se conclure mariage d’inclination, encore faut-il que j’en accepte l’idée s’agissant de mon fils aîné, autant pour une fille, si elle est dans la joie, comment s’empêcher de songer qu’elle puisse ne pas être à rêver d’abord à sa situation qui s’en trouvera grandement changée ?

— Père, je vous assure, le cœur de Perrine est des plus sûrs ! Et, quand bien même voudrait-elle sortir de son état grâce à moi… Si vous en décidez, je deviendrai son roi… Elle n’aura de services que pour moi.

— Donne-moi le temps, je te dirai comment.

Le temps des fenaisons s’est écoulé. Nous n’en avons plus reparlé.

...

C’est au soir du dimanche de la saint Erlé, au manoir du grand Caradeuc, que mon Père réunit tous les Morinays, comme à l’accoutumée, dans la grand salle du bas où la table est levée.

Il y a Jan et son Anneton, se tenant tendrement comme de vieux amants ; Anne, ma sœur, la vraie maîtresse de la maison, même et surtout quand elle est chez le Père ; et Simon, mon frère, toujours dans l’attente d’une raison d’allégresse, si seulement les parents une fois réunis pouvaient lui dire : « oui, tu peux prendre Marie » !

Chacun, assis à sa place attitrée, attend que le Maître des lieux veuille bien de sa convocation déclarer la raison. Je me fais tout petit, de peur d’en être le fauteur, tout en espérant aussi entendre un jour un « oui », pour lequel il faudra bien en passer par une telle réunion.

La Mauvoisin veille aux enfants ; Marie-Françoise ne quitte jamais sa poupée en ces occasions ; Pierre va et vient, avec sa promenette, s’essayant aux premiers pas.
Rose, la fille du père Colleu, est à la traite, elle n’a pas à entendre ce qui ne peut être dit qu’en famille, en famille seulement.

...

— Mais, je veux profiter de l’occasion pour m’adresser aux garçons !… Joseph m’a demandé s’il pouvait espérer pouvoir épouser celle à laquelle il rêve, bien qu’elle ne puisse être dotée. Il est bien difficile pour un père d’accepter voir son fils prendre pour épouse une fille qui n’est pas d’ici, et surtout démunie au point de ne rien apporter au bénéfice de la famille. S’agréer devrait-il dorénavant tenir lieu d’inventaire ? Je dois vous avouer qu’avec le temps… Je le comprends ! C’est pourquoi, je tiens à dire à Simon, que les biens offerts à Marie n’entreront en aucune façon dans ma décision de te donner, par avance, dès ce jour, mon autorisation ! Quant à toi Joseph, je ne saurais m’opposer à ce que tu te maries avec ta Perrine, si tu le veux ainsi."

Supplément sonore :

Le grand Jacques, l’« entremetteur », extrait de Laboureurs d’espoirs lu par l’auteur :

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Le Jeu des questions du grand Jacques





Réponse à la question de l’acte 15 - Scène 8 :

Revoir l’acte 15 - scène 8

Qui étaient : L’Universelle araigne ?, L’Hermine de Lumière ?, Ludovico ?, Le Fol ?, Jérôme-Crêpu-Crochu-Camus ?

"L’Universelle araigne" : surnom donné à Louis XI (°1423*1461+1483), l’araigne étant un filet maillé en losange dont on se sert pour prendre les merles.

« L’Hermine de Lumière » : Anne de Bretagne (1477-1514), héritière du duché de Bretagne à l’âge de 15 ans, elle devient Reine de France en épousant Charles VIII (1491), pour donner la paix à sa province, puis Louis XII (1499). Elle signe ainsi, à deux reprises, le contrat de mariage, de cœur et de raison, entre la Bretagne et la France. La Bretagne en tire un statut particulier et privilégié parmi les provinces françaises.

« Ludovico », Louis XV, statue de Louis, exécutée par M. le Moine, érigée le 10 novembre 1754 devant l’hôtel de ville de Rennes.

"La foule attend devant l’hôtel de ville, composé de deux imposants pavillons identiques, de part et d’autres du beffroi municipal, avec sa haute tour de l’horloge et sa niche centrale, abritant la statue pédestre d’un Louis XV en empereur romain, baptisé « Ludovico »." Laboureurs d’espoirs

"Le Fol" : Charles VI 1368-1380-1422 roi de France dit le Bien Aimé ou le Fol.

« Jérôme-Crêpu-Crochu-Camus » : sobriquet donné, par les Rennais, au procureur du roi, Drouin, élu dans la confusion, avant d’être récusé par la volonté populaire.

Ensemble de notes relevées dans "Laboureurs d’espoirs".

Avec cet acte 15 - scène 9 s’achève la série des "Secrets d’écriture" de Laboureurs d’espoirs .

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