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Les objets en étain dans la dot des futures épouses

vendredi 19 mars 2021, par Christiane Convert

Les contrats de mariage dressés par les notaires nous donnent une idée de la vie quotidienne et du niveau de vie de nos ancêtres. Mais notre curiosité reste quelques fois sur sa faim.

Dans ceux du 17e siècle dressés par les notaires du Nivernais, je rencontre très souvent après le montant de la somme que la mariée apportera en dot, après les habituels éléments de literie, les aulnes de toile et les serviettes, un certain poids d’étain en œuvre qui m’intrigue.

Il s’agit d’objets fabriqués en étain mais au lieu de les énumérer, le notaire se contente d’en préciser le poids.

En 1620 au contrat de mariage dressé par le notaire Philbert Deschamps de Saint-Sulpice-le-Châtel en Nivernais, il est prévu que la famille de Jacquette Jolly dont la famille apporte au futur époux Nicolas Frébault, une dot relativement modeste de 15 livres, le poids d’étain en œuvre apporté par la mariée sera de deux livres. La mariée entre dans une famille de vignerons.

En 1630 sur un autre contrat de mariage dressé par le même notaire, où la famille est plus fortunée, puisque Jehanne Virelot doit épouser Jehan Quoy qui est huissier au duché du Nivernais, la dot est de 54 livres et il est prévu que la mariée apportera quatre livres d’étain en œuvre.

… Une nappe de trois aulnes quatre Serviettes
Quatre livres destain en œuvre Ung grand coffre

On peut penser qu’il s’agit de vaisselle mais en quoi pouvait-elle bien consister (assiettes, cuillers ?) et en quelle quantité ? Je me souviens avoir eu en main autrefois des cuillers en étain et qu’elles étaient beaucoup plus légères que nos couverts en inox.

Certains d’entre vous savent-ils ce qui se fabriquait à partir de l’étain pour servir de vaisselle ? Et combien de pièces de vaisselle il fallait réunir pour faire un poids de deux livres ou de quatre livres ?

A noter que Dans les Annales de Normandie de 1987 un article explique bien cette mention de "poids en étain" dans les contrats de mariage. Il s’agit bien de vaisselle d’étain, sans que les objets soient décrits. Il est juste précisé le poids total... ce qui révèle effectivement le niveau de richesse des futurs époux.

Dickinson John A. Mariage et civilisation matérielle dans la plaine de Caen au XVIIIe siècle. In : Annales de Normandie, 37ᵉ année, n°4, 1987. Faits de société. Inventaires et corpus. pp. 275-296.
DOI : https://doi.org/10.3406/annor.1987.1766.
www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1987_num_37_4_1766

Messages

  • Je ne suis pas sûre de bien vous suivre.
    Si un lot d’étain pesant 4 livres ne comporte que 3 assiettes et quelques bricoles au début du 17e siècle, et que ce lot fait partie de la dot d’une jeune fille de la bourgeoisie épousant un homme de loi, cela signifie pour moi que l’étain vaut cher à cette époque-là en Nivernais.

    • 2 ou 4 livres ne représentent pas une grande fortune ? J’ai pesé une assiette, une fourchette et une cuillère avec une petite cuillère et un gobelet, pour arriver à 750g, l’assortiment pour 2 fait 3 livres. Une cuillère 75g, une fourchette 65g mais les fourchettes n’apparaissent que fin XVII°)

      Rajoutez une grande cuillère, une louche, un entonnoir, un porte diner ou un pichet et le poids monte très vite.

      Dans les édits de 1613, règlementant les étains il est dit : "Pourront pareillement faire toutes sortes d’ouvrages de bon étain commun & bien alloyé, de telle sorte qu’il puisse venir à la rondeur de l’essai avec la blancheur requise & accoutumée de tous tems & ancienneté ». L’objectif de cette article XIV est de ne permettre « la vente d’un étain commun, que pour donner au citoyen peu aisé, la facilité de se procurer à meilleur marché, la vaisselle dont il a besoin dans son petit ménage

  • 2 ou 4 livres ne représentent pas une grande fortune ? J’ai pesé une assiette, une fourchette et une cuillère avec une petite cuillère et un gobelet, pour arriver à 750g, l’assortiment pour 2 fait 3 livres. Une cuillère 75g, une fourchette 65g mais les fourchettes n’apparaissent que fin XVII°)

    Rajoutez une grande cuillère, une louche, un entonnoir, un porte diner ou un pichet et le poids monte très vite.

    Dans les édits de 1613, règlementant les étains il est dit : "Pourront pareillement faire toutes sortes d’ouvrages de bon étain commun & bien alloyé, de telle sorte qu’il puisse venir à la rondeur de l’essai avec la blancheur requise & accoutumée de tous tems & ancienneté ». L’objectif de cette article XIV est de ne permettre « la vente d’un étain commun, que pour donner au citoyen peu aisé, la facilité de se procurer à meilleur marché, la vaisselle dont il a besoin dans son petit ménage

  • Dès que j’ai un peu de temps, je cherche et je vous tiens au courant.
    Bon we

    • Un grand merci pour toutes ces informations toujours très agréables à lire. Je suis très intéressée par ce sujet et les références car je possède une série de mesures très ancienne, épaisse avec une multitude de poinçons. Certains sont sûrement des contrôles (mais pourquoi officiels pour un simple foyer ou à quoi ont elles servies ?) et d’autres m’indiquant la provenance et l’époque. Car je les ai récupérés de ma famille mais je ne connais pas leur origine. Alors un grand merci pour tous les renseignements que vous avez apportés et qui vont m’aider dans ce mystère.
      A bientôt
      Nathalie

    • Vous aurez de quoi satisfaire votre curiosité grâce au catalogue indiqué par Corinne, vous saurez tout sur les mesures, les poinçons, leur utilité et leur signification.
      Peut-être avez-vous dans votre ascendance des marchands ou des paysans vendant une partie de leur production, qui auraient eu besoin de mesures officielles pour leurs tractations.

  • Vous aurez de quoi satisfaire votre curiosité grâce au catalogue indiqué par Corinne, vous saurez tout sur les mesures, les poinçons, leur utilité et leur signification.
    Peut-être avez-vous dans votre ascendance des marchands ou des paysans vendant une partie de leur production, qui auraient eu besoin de mesures officielles pour leurs tractations.

  • Bonjour,

    Pour les potiers d’étain du sud de la France, je recommande cet ouvrage (j’y ai trouvé mention de mon ancêtre et de ses frères) :

    René Richard, Potiers d’étain de l’Ancien Languedoc et du Roussillon du bas moyen-âge à l’ère industrielle, Presses du Languedoc-Max Chaleil Éditeur, 1988

    Cordialement,

    Franck Juin

  • Un grand merci pour toutes ces informations toujours très agréables à lire. Je suis très intéressée par ce sujet et les références car je possède une série de mesures très ancienne, épaisse avec une multitude de poinçons. Certains sont sûrement des contrôles (mais pourquoi officiels pour un simple foyer ou à quoi ont elles servies ?) et d’autres m’indiquant la provenance et l’époque. Car je les ai récupérés de ma famille mais je ne connais pas leur origine. Alors un grand merci pour tous les renseignements que vous avez apportés et qui vont m’aider dans ce mystère.
    A bientôt
    Nathalie

  • Pourquoi des objets d’étain en Nivernais et pas en Forez ? Voilà un bonne question !
    l’étain était-il trop cher pour apparaître dans les maisons foréziennes ? ou au contraire trop courant pour faire l’objet d’une tractation ?
    En échange je peux vous dire que je n’ai pas encore trouvé d’asnée de vin dans mes contrats !
    Christiane

    • Bonjour,
      Suite à votre article, je viens de relire une trentaine de contrats de mariage foréziens du XVIIe. Je n’y ai vu, pour les dots, aucune mention analogue. Il est question de sommes en livres, de "boisseaux de bled ou d’asnée de vin", souvent de vêtements, parfois de "joyaux", mais je n’ai jamais vu mention d’objets en étain ou en poids d’étain.
      Dans l’ "inventaire des habitz, bagues et joyaux et ameublemens de madame Ysabeau de Tournon, femme de illustre et puissant seigneur Messire Melchior Mitte de Saint-Chamond", de 1610, à aucun moment il n’est question d’étain pour la "vesselle" mais d’argent et de vermeil, voire d’or pour certains objets. Chaque objet est décrit longuement. Mais nous sortons, ici, d’une population de paysans, voire de bourgeois ou de petits hobereaux...

  • En plus de mon message précédent je voudrais ajouter que le catalogue de l’exposition signalé par Corinne est passionnant et comporte beaucoup de photos d’objets d’époque. J’ai ainsi découvert que la quantité d’objets d’étain utilisés autrefois était considérable (y compris pour les soins dans les hôpitaux). On y retrouve quasiment tout ce qui actuellement est fabriqué en inox ou en plastique, avec des formes qui ressemblent étrangement à notre vaisselle actuelle.
    Merci encore !

  • Je réponds à Isabelle et Corinne et les remercie.
    Les deux articles sont passionnants et m’ont appris beaucoup sur la fabrication de l’étain tant en Belgique qu’en France.

    Le fait que l’étain soit coulé dans des moules me fait penser que le fait de le nommer en poids dans une dot permettait peut-être d’y inclure des objets plus ou moins abîmés ou usés qu’on pouvait refondre pour faire du neuf. La matière première avait plus de valeur que la main d’oeuvre contrairement à aujourd’hui.

    Christiane

  • Merci Gewa
    Vos indications de poids me sont très précieuses.
    Sachant que la livre faisant référence avant le système métrique de 1795, est la livre de Paris et qu’elle équivaut à 489,5g, on se rend compte que 4 livres d’étain en œuvre ne représentait guère que l’équivalent de 4 assiettes et quelques couverts, ou deux assiettes et deux chopes. Les objets en étain sont donc chers au 17e siècle et font figure d’objets luxueux comme le sera l’argenterie.

    • Bonjour Christiane,
      Si la vaisselle en bois était utilisée dans des familles modestes, la vaisselle en étain était courant dans des familles aisées. Cette vaisselle en étain était fabriqué par des fondeurs d’étain. L’étain seul étant trop mou, on ajoutait d’autres métaux comme cuivre, plomb etc.
      Pour avoir une petite idée du poids de cette vaisselle : salière 154 g, chope de 0,5 l 410 g, assiette creuse ou plate 440 g, cafetière 1100 g, soupière 1230 g. Les couverts aussi étaient en étain mais je ne connaîs pas le poids.
      Pour la petite histoire, dans ma famille on utilisait de la vaisselle en étain pendant la semaine, cela veut bien sûr dire, que nous ne mangions pas de la viande à couper avec un couteau, car on n’a pas le droit de couper sur l’étain pour ne pas l’abîmer, le rayer, et c’est seulement le dimanche que nous sortions la vaisselle en céramique quand le rôti était sur la table.
      La vaisselle a comme l’argenterie aussi ses poinçons pour attester de sa provenance.
      Gewa

    • Suite à mon message sur le poids de l’étain. les poids que je vous ai donnés viennent des pièces fabriquées au XVIIIe siècle, donc il ne s’agit pas des pièces de décoration fabriqués au XXe siècle.
      Gewa

  • Bonjour,
    Suite à votre article, je viens de relire une trentaine de contrats de mariage foréziens du XVIIe. Je n’y ai vu, pour les dots, aucune mention analogue. Il est question de sommes en livres, de "boisseaux de bled ou d’asnée de vin", souvent de vêtements, parfois de "joyaux", mais je n’ai jamais vu mention d’objets en étain ou en poids d’étain.
    Dans l’ "inventaire des habitz, bagues et joyaux et ameublemens de madame Ysabeau de Tournon, femme de illustre et puissant seigneur Messire Melchior Mitte de Saint-Chamond", de 1610, à aucun moment il n’est question d’étain pour la "vesselle" mais d’argent et de vermeil, voire d’or pour certains objets. Chaque objet est décrit longuement. Mais nous sortons, ici, d’une population de paysans, voire de bourgeois ou de petits hobereaux...

  • Bonjour,

    En 1983, à Saint-Nectaire, il y a eu une exposition qui traitait de l’œuvre des potiers d’étain.
    Un catalogue concernant "l’historique de la poterie d’étain et l’étude de sa production et de ses poinçons" est consultable en ligne.

    Il pourra sans doute répondre à certaines de vos questions...
    Bonne lecture,

    Corinne

    • En plus de mon message précédent je voudrais ajouter que le catalogue de l’exposition signalé par Corinne est passionnant et comporte beaucoup de photos d’objets d’époque. J’ai ainsi découvert que la quantité d’objets d’étain utilisés autrefois était considérable (y compris pour les soins dans les hôpitaux). On y retrouve quasiment tout ce qui actuellement est fabriqué en inox ou en plastique, avec des formes qui ressemblent étrangement à notre vaisselle actuelle.
      Merci encore !

  • Bonjour,

    Mon AAAAAGP Henry BARTHOLOMÉ (1728-1797) était potainier d’étain à Liège. J’ai d’ailleurs reçu le document original du 12 février 1751,l’acte d’enregistrement de la marque (un cerf) du maître potier d’étain Henry BARTHOLOMÉ.

    Dans la chronique familiale rédigée en 1976, mon grand-oncle explique qu’il a assisté à une conférence au musée de la vie wallonne à Liège sur le sujet :
    "Lors d’une conférence donnée à ce musée le 20 février 1976 sur les potiers d’étains, le Conservateur nous a appris que "le bon métier des febvres" (orfèvres ou façonneurs de métaux) était le premier des "bons métiers" de Liège , groupés en corporations.
    Les "maîtres rewards" (en wallon "wardeus" ou gardiens) cités au document étaient les contrôleurs qui avaient la garde des poinçons déposés dans un coffre à deux serrures dont ils ne possédaient chacun qu’une clef.
    Chaque "maître" devait apposer son poinçon sur ses œuvres.

    Au XVIIIe siècle, tandis que Louis XV (de 1715 à 1774) régnait en France, l’étain était le "tiers métal" admis après l’or et l’argent pour la fabrication des objets de culte.
    A la fin de son règne, le même roi ainsi que ses grands seigneurs firent fondre leur vaisselle d’or et d’argent pour renflouer le trésor de l’État, épuisé par les guerres, et la remplacèrent par de la vaisselle d’étain.

    L’étain ne pouvait être battu mais seulement coulé dans des moules en bronze, alliage d’étain et de cuivre, pour en assurer le brillant.
    Plus tard, on mêla à l’alliage un peu de plomb, de cuivre et de zinc pour en augmenter la solidité.
    Suivant un règlement de 1657 revu en 1721, les "étains fins" à 100% d’étain portaient la marque d’un ange ou d’une balance.
    Ceux de la deuxième catégorie (90% d’étain, 8% de plomb, 1,5% de cuivre et 0,5% de zinc) étaient marqués d’une couronne ou d’une rose couronnée (la rose était la marque douanière des Cornouailles d’où l’étain était importé en barres ; les postainiers de Huy le travaillaient dès le Xe siècle).
    L’étain de troisième catégorie (6 unités d’étain pour 2 de plomb) était marqué à Liège d’un perron, celui de la catégorie suivante(3 unités de plomb) portait une fleur de lys et était appelé "claire étoffe" et, enfin, pour celui de la dernière qualité (8 unités de plomb pour 6 d’étain), nommé "morte étoffe", ne portait aucun poinçon.

    Il y a actuellement des "étains fins" fabriqués à Huy à l’aide de moules en sable et qui portent la mention "fine stain".
    Mais il y a surtout beaucoup d’étains de fantaisie, notamment d’Italie et dont l’unique marque "90%" tente de masquer le fait qu’ils contiennent ce pourcentage … de plomb pour seulement 10% d’étain.

    Les postainiers liégeois étaient surtout groupés rue du Pont (il y en avait aussi rue Neuvice mais cette rue était surtout consacrée à l’or).
    Quand un objet d’étain était abîmé, on l’échangeait chez le postainier qui nettoyait le vieux matériel avec des feuilles de poireau, de sureau ou d’oseille pour le revendre. On ne payait alors que ce nettoyage.

    Ce n’est qu’au XIXe siècle que, par la concurrence de la faïence, du verre et du fer émaillé, la vaisselle d’étain ne fut plus utilisée que par les classes moins aisées.
    C’est pour cette raison qu’il fut alors appelé "l’argenterie du pauvre".
    Nous trouvons des ustensiles et des couverts d’étain dans l’inventaire (D25) de la succession de notre deuxième ancêtre Henri (1.1) en 1854.

    Les plus célèbres postainiers liégeois de l’époque de notre premier ancêtre Henry furent André JASPAR (en 1767), son gendre Henry MICHEELS (rue Sur Meuse) puis Nicolas DESCHAMPS (rue du Pont).
    Au début du présent siècle (1905), un postainier nommé Florent KAIRIS et installé rue du Pont n°46 possédait encore de nombreux moules du XVIIIe siècle qui furent recueillis par le Musée de la vie wallonne."

    Je ne sais si l’étain du Nivernais venait Liège.
    Je ne sais combien de lieux de production existaient à l’époque mais j’espère avoir aidé.

    Isabelle

  • Suite à mon message sur le poids de l’étain. les poids que je vous ai donnés viennent des pièces fabriquées au XVIIIe siècle, donc il ne s’agit pas des pièces de décoration fabriqués au XXe siècle.
    Gewa

    • Bonjour Christiane,
      Si la vaisselle en bois était utilisée dans des familles modestes, la vaisselle en étain était courant dans des familles aisées. Cette vaisselle en étain était fabriqué par des fondeurs d’étain. L’étain seul étant trop mou, on ajoutait d’autres métaux comme cuivre, plomb etc.
      Pour avoir une petite idée du poids de cette vaisselle : salière 154 g, chope de 0,5 l 410 g, assiette creuse ou plate 440 g, cafetière 1100 g, soupière 1230 g. Les couverts aussi étaient en étain mais je ne connaîs pas le poids.
      Pour la petite histoire, dans ma famille on utilisait de la vaisselle en étain pendant la semaine, cela veut bien sûr dire, que nous ne mangions pas de la viande à couper avec un couteau, car on n’a pas le droit de couper sur l’étain pour ne pas l’abîmer, le rayer, et c’est seulement le dimanche que nous sortions la vaisselle en céramique quand le rôti était sur la table.
      La vaisselle a comme l’argenterie aussi ses poinçons pour attester de sa provenance.
      Gewa

    • Merci Gewa
      Vos indications de poids me sont très précieuses.
      Sachant que la livre faisant référence avant le système métrique de 1795, est la livre de Paris et qu’elle équivaut à 489,5g, on se rend compte que 4 livres d’étain en œuvre ne représentait guère que l’équivalent de 4 assiettes et quelques couverts, ou deux assiettes et deux chopes. Les objets en étain sont donc chers au 17e siècle et font figure d’objets luxueux comme le sera l’argenterie.

  • Bonjour Christiane,
    Si la vaisselle en bois était utilisée dans des familles modestes, la vaisselle en étain était courant dans des familles aisées. Cette vaisselle en étain était fabriqué par des fondeurs d’étain. L’étain seul étant trop mou, on ajoutait d’autres métaux comme cuivre, plomb etc.
    Pour avoir une petite idée du poids de cette vaisselle : salière 154 g, chope de 0,5 l 410 g, assiette creuse ou plate 440 g, cafetière 1100 g, soupière 1230 g. Les couverts aussi étaient en étain mais je ne connaîs pas le poids.
    Pour la petite histoire, dans ma famille on utilisait de la vaisselle en étain pendant la semaine, cela veut bien sûr dire, que nous ne mangions pas de la viande à couper avec un couteau, car on n’a pas le droit de couper sur l’étain pour ne pas l’abîmer, le rayer, et c’est seulement le dimanche que nous sortions la vaisselle en céramique quand le rôti était sur la table.
    La vaisselle a comme l’argenterie aussi ses poinçons pour attester de sa provenance.
    Gewa

  • c’est fort possible, du reste cet alliage, étai-plomb est très utilisé aujourd’hui en brasure !

  • Les objets de décoration en étain du 20e siècle n’ont pas la même composition que ceux de la vaisselle du temps de Louis XIV où leur alliage était très réglementé. Les étains des années 50 à but décoratif contiennent davantage de plomb. D’où peut-être plus de poids ?

    Christiane

  • Ceci est très intéressant. Auriez-vous en réserve, à titre d’exemple, le texte d’un de ces contrats ou sa référence aux AD s’ils sont consultables ?
    Merci beaucoup.
    Christiane

  • En Provence, les objets en étain sont inventoriés mais pas obligatoirement pesés, au contraire.

  • je me souviens d’assiettes en étain (en décoration), chez une tante, elles avaient le poids de nos assiettes !

  • Ne pas se tromper avec sets de table en alu " très léger " que nous avions dans les année 1950 , par contre l’étain pèse bien autan que nos inox , les sets d’argent sont aussi lourds , ne serait-ce que métal argenté . Il y a eu aussi en fer qui rouillait vu humidité de la maison .

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