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Le nom non patronyme de Dame Françoise…


jeudi 23 mai 2019, par Michel Baumgarth, Pierre Labrunie

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Cette troisième escapade dans les bizarreries de l’état-civil du petit village de Douzat nécessite un petit préambule pour expliquer la genèse de notre duo d’enquêteurs.
Pierre est « natif-natal » [1] de Douzat ; il l’a quitté, par obligation professionnelle, il y a un demi siècle tout en gardant un lien très fort avec son village. Après une douzaine d’années de retraite passées en Martinique pendant lesquelles il s’est lié d’amitié avec Michel, il dut réintégrer la métropole. Son attachement viscéral à sa Charente et à son village ( où la maison de son enfance est toujours habitée par son petit frère Jeannot ) explique son choix de poser ses valises à Angoulême à seulement 15 km du hameau de ses racines.

Pierre est un heureux veinard : tandis que bon nombre de nos villages étaient rendus exsangues par l’exode rural ou, à l’opposé, défigurés en villages-dortoirs, le demi-siècle de son exil a à peine effleuré le mode de vie douzatois [2]. Alors forcément, dans ce cadre demeuré quasi intact, le passé se fait bien présent et le besoin de partir à la recherche de ses racines devient une évidence.

Mais il est difficile de passer de l’idée à sa réalisation quand on est béotien en généalogie et tout naturellement Pierre a trouvé le moyen agréable d’y remédier : confier son initiation à Michel qui en est « grave accro » comme diraient nos ados.
Cette « formation » n’eut rien d’académique car bien que Pierre fut convaincu de l’importance de savoir manier les outils et les méthodes, son attention se faisait vagabonde dès qu’un nom qui lui était familier apparaissait au cours de nos consultations des pages des archives en ligne ; alors rien ne pouvait l’interrompre dans ses évocations et commentaires. En conséquence, l’apprentissage fut un peu chaotique, mais fort agréable et bien utile en nous imprégnant de l’atmosphère douzatoise.

Pierre n’était maintenant plus tout à fait profane et pouvait mener seul ses premières recherches dans les tables décennales et les actes d’état-civil et donc commencer son arbre ; mais il restait à l’initier aux sources annexes.
C’est en abordant les recensements de Douzat que nous découvrîmes Françoise Rose épouse Labrunie et l’étonnante persistance de l’étiquette indélébile incrustée dans sa vie sociale.

Françoise ROSE

Pour le néophyte dont la famille est solidement enracinée depuis des générations dans un petit village, les recensements sont une bénédiction car ils donnent une esquisse photographique de la vie sociale de la bourgade à une date donnée. Cerise sur le gâteau, comme il n’existe pas d’indexation patronymique, le visiteur n’a pas d’autre choix que de faire défiler tous les foyers du patelin pour y dénicher ceux de sa parentèle, ce qui permet de s’imprégner des interconnexions familiales et livre parfois des pistes insoupçonnées.

Les recensements, Pierre en connaissait l’existence, mais il ignorait tout de leur présentation et de leur contenu ; cette flânerie parmi les commensaux de ses aïeux fut donc une agréable découverte qu’il agrémenta larga manu de ses remarques et commentaires.

Pour notre première séance d’initiation sur les recensements, il fallait bien choisir une année et le hasard nous a fait tomber sur celui de 1872 ; or celui-ci présente une particularité étonnante et, hélas, éphémère : il comporte une colonne « nationalité et commune de naissance » qui n’existait pas antérieurement et ne sera plus reconduite après celui de 1876.

Nous avons commencé notre exploration : Pierre y allait de ses commentaires sur les patronymes et supputait leurs liens hypothétiques avec sa parentèle ; nous dénichâmes deux foyers Labrunie, mais ceux-ci n’entraient pas dans l’esquisse encore bien trop embryonnaire de son arbre que nous avions déjà réalisée.

L’un d’entre eux nous interpela : dans la fameuse colonne, une Françoise Rose, 56 ans, mère d’un Jean Labrunie, était étiquetée « enfant d’hospice ».

Enfant d’hospice et pas de commune de naissance … notre réflexion commune s’accorda à y voir une enfant trouvée.

il restait à tenter de relier Françoise à Pierre. Ce fut l’occasion de tester les récents acquis de l’apprenti en nous plongeant dans les archives pour compléter l’ébauche de son ascendance.

Puisque nous avions un but précis, Pierre parvint sans trop d’efforts à juguler ses velléités de digressions : nous remontâmes provisoirement jusqu’à son SOSA 16, un Jean Labrunie, né en 1819.

Mais ce Jean Labrunie n’était pas celui qui figurait dans le recensement de 1872 puisque celui-ci, alors âgé de 26 ans, était né vers 1846…

La table décennale 1842-1852 nous fourni deux naissances Labrunie : Jean et Georges, deux frères qui se révèlent être les fils de Jean Labrunie né vers 1819 et de son épouse Françoise dont, étonnamment, le patronyme n’est mentionné sur aucun des deux actes :

Ce Georges Labrunie était bien intéressant car il était le SOSA 8 de Pierre… En conséquence, Françoise Rose, « enfant d’hospice » était la trisaïeule de Pierre !

L’initiation de Pierre aurait dû être d’une grande banalité ; mais, après seulement quelques jours de recherches tout à fait basales, nous avions fait une découverte majeure et tout à fait motivante : dès lors, pour satisfaire au plus vite notre curiosité, nous avons recentré nos travaux pratiques sur la biographie de Françoise.

Le mariage de Françoise ROSE

Puisque nous en étions à la formation sur les recensements, nous avons recherché la présence de Françoise dans les autres éditions :

Celui de 1841 ne la mentionne pas, mais son futur époux y est inscrit comme célibataire, vivant avec sa mère et son frère Georges.

Dans celui de 1846, elle cohabite avec Jean Labrunie et est classée dans la catégorie femme mariée.

Le mariage aurait donc été célébré entre 1841 et 1846. Voilà qui est cohérent avec les naissances légitimes de 1847 et 1849.

Mais les tables décennales de Douzat 1833-1842 et 1843-1852 n’en portent aucune trace.

Ils ne se sont donc pas mariés à Douzat. Cette conclusion nous laissa perplexes : certes l’usage veut que le mariage soit célébré dans la paroisse de l’épouse, mais Françoise n’avait aucune famille et, de plus, le couple s’était installé à Douzat …
Faute d’une hypothèse de rechange, nous laissons le dossier en attente…

Quelques mois plus tard, Généanet publie l’information de la mise en ligne des « tables décennales des mariages de Charente au 19e siècle » ; la solution était peut-être là…

Mais notre recherche d’un couple Labrunie X Rose ne donna aucun résultat.

Pour compenser notre déception ( et aussi par curiosité ) nous avons entrepris de compléter notre visite sur le site en explorant tous les mariages impliquant des Labrunie ; une surprise de taille nous attendait :

Françoise ? … Une mariée sans patronyme ! Cherchez l’erreur…
Nous avons recherché l’acte et les deux publications de bans à Fléac : il n’y a effectivement pas de patronyme pour la mariée sur aucun des trois documents et il s’agissait bien de notre Jean Labrunie car le marié était né le 19/8/1818 à Douzat ; c’était donc bien le mari de Françoise Rose.

Mais ce n’était pas la seule anomalie car aucun ne donne de manière explicite la date de naissance de Françoise :

Pour être complet ( et aussi comme exercice de la formation en cours ), nous avons consulté le recensement de Fléac de 1841 : Françoise y figure bien sous le nom Rose, mais cette fois sans prénom, comme domestique chez le maire Jacques Desvarennes [3].

La naissance de Françoise Rose

L’acte de mariage nous a quand même permis de déduire que Françoise a été abandonné à Angoulême vers 1811 ; mais ce résultat nous était connu depuis longtemps car, bien avant notre découverte tardive du site « tables décennales des mariages de Charente au 19e siècle », nous l’avions déjà trouvé en examinant tous les actes concernant Françoise.

Paradoxalement celui qui était le plus prometteur, son acte de décès, ne nous donna aucun renseignement :

Là encore, il faut noter qu’elle n’y figure que sous son seul prénom : « … la nommée Françoise… » et qu’elle aura trainé jusqu’à sa fin son étiquette « …enfant d’hospice…
Les actes de naissance et de mariage des enfants ne nous furent d’aucun secours.

Mais son acte de décès la donnait « veuve de Jean Pelon » et non de Jean Labrunie ; il y avait donc eu un second mariage.

La table décennale 1853-1862 nous donna le mariage Jean Pelon X « Dame Françoise » ; les deux publications concernaient « … Dame Françoise, fille naturelle … » et c’est dans l’acte de son second mariage que nous avons enfin trouvé mention de sa naissance : « … déposée à l’hospice d’Angoulême le 5 avril 1811. »

Là encore, elle n’y figure que sous son seul prénom : « Dame Françoise… » :

Nous avons récupéré plus tard le contrat de mariage et, là encore, le nom est absent :

Notre enquête sur Françoise « …enfant trouvé, déposée à l’hospice d’Angoulême, mariée fille naturelle, mère fille d’hospice, veuve fille d’hospice, remariée fille naturelle et décédée enfant d’hospice … » n’était pas terminée ; il nous restait à récupérer l’acte de naissance et le dossier du registre des enfants abandonnés ; l’état-civil de la ville d’Angoulême ne figurant pas sur les archives départementales en ligne, ce fut l’occasion pour Pierre de faire connaissance avec la gentillesse et la compétence du personnel des salles de lecture.

Une surprise nous attendait : étonnamment ces deux documents ne mentionnent que le seul prénom Françoise.

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Acte de naissance de Françoise 5 avril 1811 Angoulême
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Registre des abandons d’enfants d’Angoulême année 1811 – N°2113

Nous ignorons donc quand l’Administration l’a affublée du patronyme Rose.

Le nom non patronyme de Françoise…

Le fait que le patronyme officiel de Françoise n’apparaisse que de manière épisodique et aléatoire dans les actes de l’état-civil et que, en ses lieux et places, figure son prénom, seul ou le plus souvent accompagné des qualificatifs fille d’hospice, enfant d’hospice, enfant trouvé ou enfant naturel nous a longtemps laissés perplexes : comment un tel laxisme a-t-il pu s’introduire dans le domaine, qui se veut rigoureux, de l’état-civil ?

Aujourd’hui nous pensons tenir une hypothèse soutenable :

Le prénom et le nom sont les deux critères d’identification utilisés dans la vie sociale d’un individu ; mais ils ne jouent pas du tout le même rôle.

Le prénom sert dans le premier cercle, celui des intimes et des proches.

Le nom, lui, a deux fonctions :

  • 1- d’une part, il est d’usage dans les relations avec le deuxième cercle, celui des contacts plus éloignés ou qui demandent de conserver une certaine réserve.
  • 2- d’autre part, il sert à préciser l’origine, c’est à dire l’appartenance de l’individu à un groupe ( parentèle et/ou familles associées ).

Examinons le poids relatif des deux critères prénom/nom dans le cadre de l’histoire de Françoise : Nous sommes dans le microcosme d’un petit village rural ; le premier cercle relationnel ( intimes, proches y compris ceux avec lesquels on est en inimitié) y joue donc le rôle très prépondérant et même quasi exclusif : l’usage du prénom est donc la règle ; celui du nom est plus accessoire.

Dans le village tout le monde se connaît depuis toujours …, tout le monde sait qui est qui et ses apparentements ; là encore l’usage du nom est accessoire.

Il faut d’ailleurs souligner que le nom de famille est d’institution tardive (12e siècle) en réponse à la poussée démographique et au développement des villes ; les villages de nos campagnes ont donc vécu des siècles sans s’en soucier vraiment.

Placé(e) dans un petit village, un(e) enfant trouvé(e) appartient de facto au premier cercle relationnel des habitants et trois facteurs contribuent à l’usage exclusif du prénom :

  • 1- d’abord il s’agit d’un(e) enfant, et les adultes utilisent spontanément le prénom dans leurs échanges avec un enfant ;
  • 2- ensuite son statut est connu de tous dès son arrivée et chacun sait qu’il/elle n’a aucun lien de parenté dans le village ; le nom officiel n’a donc aucun intérêt social ;
  • 3- enfin chacun sait qu’il/elle a été affublé(e) de ce nom officiel par le manque d’imagination de l’agent de l’hospice qui l’a recueilli et donc que ce nom n’a aucune consistance.

Tout bien considéré, le « patronyme » officiel, inventé de toutes pièces par nécessité administrative, ne remplit aucune des deux fonctions du nom ( du moins dans le cadre étriqué d’un petit village rural ) et même force est de constater qu’il est incongru dans celle de l’expression de la filiation et antinomique du traditionnel « …fils/fille de X… et Y… » qui le suit d’ordinaire dans les actes.

L’occultation de fait de ce patronyme inconsistant n’est donc pas illogique et il faut bien reconnaître que la mention « … fille d’hospice, enfant naturel, enfant trouvé … » répond parfaitement, elle, à la problématique de non-filiation ; il n’y a dans sa présence aucune connotation péjorative ou dévalorisante [4].

Françoise, « fille d’hospice », est arrivée enfant à Fléac où elle a été placée chez le maire et, tout naturellement, elle a été « Françoise » pour tout le monde et nul ne s’est jamais préoccupé du patronyme désincarné de toute origine dont l’avait gratifié l’Administration.

Quand elle s’y marie à 31 ans, les deux publications de mariage à Fléac et l’acte lui-même concernent donc tout naturellement « Françoise, fille naturel ( sic) » :

La publication à Douzat ne retient de même que :

De nos jours, bien rares sont ceux qui connaissent le nom de jeune fille des épouses de leurs amis… Installée avec son époux à Douzat, le patronyme officiel de Françoise qui était déjà inusité devient de facto totalement occulté puisque d’une part elle est devenue Françoise, épouse Labrunie et d’autre part parce que, femme légitime, elle ne le transmettra pas à ses enfants.

Finalement, ce qui est étonnant, ce n’est pas la non-utilisation d’un patronyme postiche, artificiel et dénué de signification, mais l’omniprésence du qualificatif « fille d’hospice, enfant d’hospice, enfant trouvé ou enfant naturel » dont pourtant il faut bien reconnaître qu’il joue de facto le rôle dévolu au patronyme pour une filiation classique.

Françoise, fille d’hospice…

Se découvrir une aïeule « fille d’hospice » dès ses premières recherches généalogiques est assez déconcertant : de nos jours, dans notre société de consommation et de promiscuité, le concept d’enfant trouvé nous paraît presque surréaliste car antinomique de notre conception de la famille et de la morale ; mais il n’en a pas toujours été ainsi et il faut donc replacer cette notion dans le contexte de l’époque.

Au 19e siècle, la misère, la vulnérabilité des filles et la pression de l’opprobre portée sur les naissances illégitimes font de l’abandon d’enfant la solution désespérée de très nombreuses femmes de tous âges : la proportion d’enfants trouvés, estimée à plus de 25 pour 1000 naissances ( !!! ), était tellement importante qu’un décret impérial a institué un tour d’abandon d’enfants [5] dans les hospices en 1811.
Le sort de Françoise était donc d’une grande banalité à cette époque [6].

Pierre s’est toujours impliqué dans la vie sociale et associative ; c’est assez dire qu’il est largement empathique face au poids des écueils et des misères rencontrés par ceux qui vivent autour de lui ; il fut donc bien touché par la découverte inopinée de son aïeule « fille d’hospice » : à la prise de conscience que cela signifiait une impasse dans une branche de son ascendance se sont ajoutées ses cogitations inconscientes sur les souffrances et les carences affectives subies par son ancêtre.

Réinséré dans le contexte difficile du 19e siècle, son destin bien que tragique est loin d’être exceptionnel ; mais notre insatiable curiosité n’est pas satisfaite car nous n’avons pas la réponse à une question : l’embrouillamini patronymique dans les actes d’état-civil qui a poursuivi Françoise durant toute son existence est-il un cas isolé, ou bien a-t-il été le lot de tous les enfants trouvés à cette époque ?

Épilogue

De nos jours, la surpopulation des vivants a eu pour conséquence la surpopulation des morts ; il a donc fallu faire place aux nouveaux défunts : ce qui était autrefois désigné par le vocable poétique … « dernière demeure » fut relégué de facto au rang d’avant-dernière puisque détrôné par l’ossuaire ou la fosse commune après la reprise des anciennes concessions.

Mais Douzat est un village tout petit qui a été fort heureusement oublié par l’invasion citadine ; son cimetière a donc conservé tout son charme et son espace disponible : ici point d’expulsion…

Nous avons recherché la tombe où Françoise repose depuis 147 ans ; mais nous ne l’avons pas retrouvée.

Pourtant, à l’évidence, il est certain qu’elle était en ce lieu et qu’elle est toujours là, bien présente, mais retombée dans l’anonymat parce que le temps a rongé les inscriptions sur les vieilles pierres. Le maire a fait procéder au relevé des identifications restantes, mais bien des anciennes sépultures sont restées muettes sur leurs locataires.

Nous ne saurons jamais quel nom avait été gravé dans la pierre : ROSE ?... LABRUNIE ? … ou PELON ?... Ou bien, ce qui serait plus conforme à son étrange destinée, fut-il simplement inscrit « Dame Françoise » .

Pierre et son petit frère Jeannot n’ont pas de regrets à propos de l’impossible localisation de la sépulture car cela ajoute encore un peu plus de mystère à leur attachante trisaïeule ; au cours de leurs balades de concert dans les allées du cimetière, la certitude aurait figé leur pas au pied de son sépulcre ; le doute leur fait multiplier les stations devant chaque tombeau retourné à l’anonymat à la recherche d’un discret vestige qui aurait été négligé et alimente leurs échanges et réflexions.

Dame Françoise , il y a moins d’un an, nous ignorions ta singulière existence ; tu es venue d’on ne sait où et tu reposes en un lieu certes indéterminé, mais chez nous, dans le petit cimetière de notre Douzat où tu as construit la famille que la vie t’avait d’abord refusée.

Grâce à la généalogie, tu as retrouvé ta juste place dans notre mémoire familiale :

Requiem in pace … notre Dame Françoise !

Notes

[1Expression très explicite du créole martiniquais.

[2Douzat comptait 477 habitants au recensement de 1881 ; ils étaient 478 à celui de 2015.

[3Ce que soulignent les termes respectueux utilisés dans divers actes : « …Demoiselle Françoise… » , « …Dame Françoise… »

[4Remarquons en marge le commentaire « enfant trouvé » ; la suite de nos recherches montrera que Françoise avait déjà 30 ans… c’est bien la locution « enfant trouvé » qui est exprimée ici et non la référence à enfant.

[5Non, il n’y a pas de faute d’orthographe : Il s’agit bien d’un tour ( cf : définition wikipédia : Un tour d’abandon d’enfants est une armoire ronde tournant sur pivot placée dans l’épaisseur d’un mur.... Quelquefois le tour est fermé au moyen d’une petite fenêtre percée dans le mur de l’hospice, garnie de deux portes, l’une extérieure, l’autre intérieure. Entre ces deux portes, dans l’épaisseur du mur, se trouve un petit berceau et dès qu’une personne dépose un enfant en tournant la porte extérieure, une sonnette se déclenche permettant à une surveillante de la chambre intérieure d’être avertie.

[6Le recensement de 1841 à Douzat (542 habitants ) comporte dix annotations « enfant trouvé » dans la colonne « observation » - il s’agit d’enfants placés dans le village très probablement en provenance de l’hospice d’Angoulême.

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22 Messages

  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 23 mai 11:00, par Martine Hautot

    Bonjour,Michel
    Heureuse de vous retrouver,toujours aussi passionné.
    Il me semble que dans tous les actes d’état-civil,seul le nom de Françoise apparaît depuis la naissance en passant par les mariages jusqu’à sa mort .Les recensements n’ ont pas la même valeur juridique ,c’est du déclaratif qui ne s’appuie pas sur des documents officiels et qui peut comporter des inexactitudes,prénom d’ usage différent du prénom officiel ,mauvaise interprétation de l’agent recenseur ,ignorance des patrons interrogés...
    Bonne continuation dans vos recherches .
    Martine

    Répondre à ce message

  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 23 mai 20:21, par Françoise D.

    Bonsoir,

    Je découvre à l’instant votre article sur Twitter et j’ai eu un sentiment de « déjà vu », puisque j’ai moi-même une ancêtre prénommée Françoise, sans nom de famille.
    Elle est dite « fille naturelle », en réalité, c’est une enfant trouvée.
    J’ai prévu d’aller aux Archives communales de Châtellerault où je trouverai peut-être son dossier, sa ou ses familles d’accueil, etc.
    Merci pour votre article, très complet.
    Le mien est ici : https://laparentele.wordpress.com/2017/02/18/francoise-fille-naturelle-ou-comment-passer-sa-vie-sans-nom-de-famille/
    Cordialement,
    Françoise

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    • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 11:47, par martine hautot

      Bonjour ,deux histoires très proches dans des régions limitrophes et à peu près à la même époque ,en consultant les registres de ces hospices ,on pourrait voir si cette pratique était courante ,se retrouvait avec d’ autres prénoms et aussi avec des enfants mâles .
      Cordialement,
      Martine

      Répondre à ce message

  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 23 mai 22:13, par Pierrick Chuto

    Article intéressant et belle recherche.
    Cela fait presque trois ans que j’étudie ce sujet.
    2 ans avant 2013 pour la première édition des Exposés de Creac’h-Euzen (Les enfants trouvés de l’hospice de Quimper)et depuis presque un an pour une future deuxième édition augmentée.
    Sujet passionnant et fort mal connu.
    A Quimper, c’était la Mère supérieure, gestionnaire de l’hospice, qui inventait des noms et elle avait beaucoup d’imagination pour trouver des patronymes improbables qui indiquaient de suite que l’enfant était de l’hospice :
    L’enfant avait un livret remis aux parents nourriciers avec « son » nom et son numéro,mais ce livret était souvent, soit perdu, soit revendu à des « banquiers de campagne » qui avançaient l’argent de la pension et se faisaient ensuite rembourser à l’hospice.
    Ne pas oublier aussi que les nourriciers étaient souvent illettrés et ne savaient plus le patronyme de l’enfant d’où, dans les recensements, des erreurs, des prénoms seulement et le calvaire pour les généalogistes. Sur le collier ou la boucle d’oreille, il n’y avait que le numéro donné à l’enfant et le nom de l’hospice dépositaire.
    Sur les 3816 enfants exposés à Quimper, beaucoup sont morts rapidement et je suis en train de reconstituer le parcours de vie de plus d’un millier d’entre eux avec beaucoup d’histoires incroyables.
    Pour retrouver le parcours d’un enfant trouvé, il faut aller aux archives départementales et chercher en série 3 X (archives hospitalières)
    Pierrick Chuto

    Répondre à ce message

  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 08:23, par NAILLOU Jacques

    Ce n’est pas plus frustrant que lorsque vous trouvez "Fils(Fille)naturel né(e)de Père Inconnu et ce sur 2 générations :
    "Michel A. fils naturel de Marie A et de Père Inconnu, elle même (Marie A.) fille naturelle de Louise A. et de Père Inconnu.
    C’est le scénario que j’ai rencontré en remontant la filiation de ma Grand-mère maternelle Augustine A. (dans la Creuse, canton d’Aubusson).
    Mais comme il y a eu reconnaissance de leur génitrice, le nom a donc perduré. La frustration venant du fait que je ne connaitrait jamais les Géniteurs pour remonter les branches agnatiques.
    Même scénario pour mon Grand-père paternel (en Charente), mais là l’enquête auprès de ma famille (oncles et tantes) m’a permis de lever le voile et donc de connaître son géniteur (fils d’un propriétaire du cognaçais)et l’histoire qui s’y rapporte.

    Ces deux cas se sont déroulés au 19° siècle
    Jacques

    Répondre à ce message

  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 09:04, par claude Personnaz

    Bonjour Michel,

    Reste l’ADN lorsque cela sera enfin autorisé pour retrouver d’éventuels cousins...et remonter au-delà des générations manquantes ?

    Bonne chance et bon courage !

    Claude

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Je vais faire quelques rectification, ce n’est pas au 12e siècle que les noms de famille sont arrivés, mais entre 1300 et 1350, pour la plus part, pour un besoin vitale - le mien « Rigault » est un nom celtique germain francisé qui veut dire : Puissance et gouverne, et qui aurait pris naissance au 9 et 10e siècle en région parisienne.
    D’autre part, dans ma famille, la mère de mon arrière grand-père a eut deux enfants non reconnus de sa part, c’est pour ça que la bizarrerie est que le frère aîné de mon arrière grand-père n’a pas le même nom de famille que mon son frère.
    Le père vivant a reconnu son enfant, mais est décédé avant même de savoir qu’un deuxième était en route, ce sont les parents de mon ancêtre Rigault qui ont reconnus leur petit-fils.
    Dans cette période du 19e siècle, il n’était pas rare que les femmes veulent restées célibataires, j’en ai quelqu’une dans la famille. Donc cette personne était peut-être célibataire vivant avec une personne, comme ce fut souvent le cas.
    Ou encore, comme on peut le constater, les deux noms de famille accolés :Louis Lhérault - Salboeuf, le créateur de l’asperge d’Argenteuil ou Robert - Houdin le célèbre magicien, Houdin est le nom de sa femme.

    Bonne journée

    Répondre à ce message

  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 09:37, par Brigitte MICHEL

    Bonjour, Heureuse de voir que vous continuez de nous régaler avec vos histoires de famille, si passionnantes et si bien racontées.
    Je trouve que vous avez beaucoup de chance d’avoir trouvé, dans vos ancêtres, une personne sans passé. En effet, avec les recherches très importantes que j’ai faites, je n’ai trouvé que 2 couples dont l’un était sans passé. Avec le nombre faramineux des enfants abandonnés à toutes les époques, c’est merveilleux que quelques-uns aient pu faire une vie normale malgré leur mauvais départ. Moi je trouve ça « génial »...C’est vrai que pour un généalogiste, c’est frustrant, ce nom qui manque...
    Allez, bonnes recherches et amitiés généalogiques.
    Brigitte

    Répondre à ce message

  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 12:21, par Michèle C.

    Je retrouve dans votre article (très bien rédigé !) une situation similaire avec une de mes aïeules, elle aussi enfant trouvée (en Champagne) et découverte par une de mes cousines.

    La description de ses vêtements peut laisser penser qu’elle serait issue d’une famille aisée (elle portait notamment un bonnet de soie).

    Mais information très précieuse pour les passionnées de généalogie que nous sommes toutes deux avec ma cousine, une note écrite était accrochée à ses vêtements, qui portait la mention de son baptême et ses prénoms... Louise Françoise.

    Mais toute sa vie, elle n’aura que ses deux prénoms, sans qu’aucun ne soit « affecté » en tant que nom de famille, deux prénoms que l’on retrouve sur chacun des actes : enregistrement à arrivée à l’hôtel Dieu de la région, qui tient lieu d’acte de naissance, mariage et décès.

    Et nulle personne dans notre famille ne connaissait cette histoire, avant que ma cousine ne la découvre dans ses recherches.

    Répondre à ce message

    • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 12:36, par martine hautot

      Bonjour ,j’ai dans ma famille une enfant déclarée par une sage femme,de père et mère inconnus qui est nommée Alexandrine Raphaël et qui a été ultérieurement légitimée lors du mariage des parents(pas si inconnus !) prenant alors le nom d’ Alexandrine Raphaël Dancel
      Cordialement
      Martine

      Répondre à ce message

      • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 19:05, par Pierrick Chuto

        Bonsoir Martine
        Pour la future édition de mon livre Les exposés de Creac’h-Euzen, je me suis particulièrement attaché aux remises gratuites et aux reconnaissances.
        Chaque cas était détaillé sur une ou plusieurs feuilles.
        il y avait bien plus de de remises (gratuites toujours, les parents déclarant ne pouvoir payer les frais de pension engagés par l’hospice).
        Pour quelques parents déclarant légitimer à l’occasion de leur union l’enfant né de leurs œuvres, d’autres acceptaient de prendre l’enfant naturel, né d’une autre union.
        C’est fort intéressant.
        Pierrick

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    • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 18:48, par Pierrick Chuto

      Bonsoir Michèle
      je ne connais pas la date d’exposition de Louise Françoise, mais avant 1813 et la circulaire du 30 juin 1812 imposant aux hospices de donner un patronyme, les enfants exposés portaient deux ou trois prénoms, le dernier servant de nom.
      Ainsi, exposé le 25 août 1811, Charles Antoine Hypolithe. Il y a encore des descendants Hypolithe
      Pierrick

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      • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 28 mai 09:18, par Danielle Camus

        Hélas cette loi dont vous parlez n’est guère respectée .A Bellême , à 1 an d’intervalle , les sœurs de l’hospice ont donné pour seul nom ALEXANDRE ( et ce n’était pas le saint du jour …) créant un peu de confusion . Le premier né , est décédé un an après la naissance du second ce qui m’a permis d’établir ma descendance . Nommé selon les actes : enfant trouvé ...enfant sans nom ...il apparaît ensuite avec un prénom ...d’usage ? choisi ?

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  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 17:28, par BERTIN Roger

    Bonjour
    Article très intéressant, je retrouve également dans celui-ci une situation similaire car une de mes aïeules a été elle aussi déposée dans un tour d’adoption à l’orphelinat Saint Patrice de Tours (37) en 1818 , sans acte , mais nommée Silvine AGERONE ,nommée par l’orphelinat ? Je ne saurais le dire.
    AGERONE : il semblerait que se soit un patronyme , car son fils René , né de père inconnu portait ce patronyme AGERON et que la fille de rené ma grand-mère Marie-Renée le portait aussi .
    Il m’est très difficile d’avoir plus de renseignements sur cette Silvine . L’accès au archives de l’orphelinat n’étant pas facile .
    Cordialement
    Roger

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    • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 24 mai 18:55, par Pierrick Chuto

      Bonsoir Roger
      AGERONE : nom évidemment inventé par l’hospice. La loi imposait que les noms donnés ne soient pas déjà portés.

      Pour trouver de plus amples renseignements,allez aux archives départementales dont l’hospice dépositaire dépendait et consultez la série 3 X.
      Souvent une vraie mine d’or, bien peu consultée.
      Bonne chance
      Pierrick

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  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 25 mai 16:23, par catherine marquet

    Bonjour,

    Article toujours passionnant.
    C’est quand même « moche » pour cette pauvre DAME FRANCOISE ces épithètes de « enfant d’hospice » à se traîner toute sa vie.
    J’ai également un ancêtre Ernest MARIE , enfant naturel, donc de père inconnu, et la mère était prénommée MARIE ( ce qui a servi de nom de famille, matronyme, dans ce cas je crois), mais je n’en sais pas plus. Il est né dans un petit village vers DIJON, donc je dois regarder dans les 3 X de la COTE D OR, c’est çà ??

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  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 25 mai 18:11, par christiane chabanis

    ce recit me touche car mon arrière g mère est elle aussi une enfant déposée dans la tour de l’hospice de Romans/isère cependant elle avait un nom GANTA qui d’après mes renseignements avait peut être un rapport avec ses parents ? je n’ai pas trouvé d’autres renseignements ,mais comme votre aieule elle a une belle descendance et une belle revanche sur la vie de nos ancêtres femmes bien peu considérées et au combien exploitées !! dans mes recherchesje trouve beaucoup de naissances illégitimes

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  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 26 mai 09:05, par Nicole BLACHON

    « De nos jours, bien rares sont ceux qui connaissent le nom de jeune fille des épouses de leurs amis »

    Si chacun appliquait la loi cela ne serait pas . Le mariage ne change pas l’identité des époux et la loi du 6 fructidor An II stipule que nul ne peut porter d’autres prénom et nom que ceux indiqués sur son acte de naissance.
    Née « DURAND » madame, vous restez « DURAND ». En ce jour de vote vérifiez le nom indiqué sur votre carte d’électrice.
    Utiliser le patronyme de son époux n’est qu’un usage contraire à la loi ! Il y a du chemin jusqu’à l’égalité homme/femme : la carte d’identité d’un homme n’indique pas s’il est marié ou non. Que les femmes fassent pareil..!Je sais ce n’est pas le sujet de cette rubrique mais je répèterai inlassablement ce message jusqu’à ce que toutes les femmes gardent à vie leur identité !!!

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    • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 28 mai 09:51, par Michel BAUMGARTH

      Nicole,bonjour,
      J’adhère totalement à vos propos.
      J’avais esquissé une réflexion sur l’impact psychologique du changement de nom imposé aux femmes par l’usage lors du mariage * dans mon article paru dans la Gazette intitulé « la dernière des VAOUILMEPLAIT ».
      Cordialement,
      Michel BAUMGARTH

      *( et singulièrement lors de la signature par l’épouse à la mairie qui est paradoxale puisque la ( pas encore tout à fait ) mariée n’est pas encore épouse X, mais signe du nom X qui n’est pas le sien et que la loi du 6 fructidor an 2 toujours en vigueur interdit )..

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  • Le nom non patronyme de Dame Françoise… 26 mai 21:58, par rousselot

    Bonjour, je viens de découvrir dans un RP d’un village de la Haute Saône, limite des Vosges l’acte de naissance d’un enfant dont la Mère n’a pas voulu indiquer le nom du Père. Cet enfant fut appelé jean Inconnu !! Ce même nom apparaît dans l’acte de son mariage !! Alors qu’en général, un enfant naturel porte le nom de sa Mère. Ce fut ensuite le cas, puisque la descendance est connue sous le nom de la Grand Mère.
    C’est la première fois que je croise cette curiosité.
    FR

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