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Le livre de raison de Charles Pierre (1764-1855)

Le vendredi 24 mai 2024, par Bertrand Cor

Ce livre de raison de mon quadrisaïeul Charles Pierre, né et mort à Boësses, à 15km l’est de Pithiviers dans le Gâtinais, est écrit recto-verso sur trois cahiers de papier vergé de format sensiblement identique in-folio (22 x 35cm, sauf le dernier 26 x 43cm), chacun grossièrement relié par une ficelle. L’ensemble est en assez bon état, malgré l’usure provoquée par des manipulations quasi quotidiennes, avec les bords roulés parfois un peu déchirés, et des taches d’encre éparses. L’écriture n’est pas trop difficile à déchiffrer malgré les abréviations fréquentes car le vocabulaire utilisé ne comporte qu’un nombre de mots relativement restreint.

La transcription de ces cahiers se veut aussi proche du texte que possible, avec ses fautes d’orthographe, ses lacunes, ses erreurs, son absence quasi-totale de ponctuation laissant parfois un doute dans l’explication d’une phrase, pour laisser au chercheur (que je ne suis pas) toute latitude d’interprétation. En revanche l’abréviation des monnaies utilisées n’ayant pas d’équivalent sur le clavier, il a fallu choisir conventionnellement des caractères pour les représenter. J’ai choisi le signe L pour livre et d pour désigner les deniers et s pour sol encore utilisés en 1807 et parfois même beaucoup plus tard. L’abandon de la livre prendra du temps.

Les chiffres en marge correspondent aux numéros de pages portés au crayon sur l’original à l’angle supérieur gauche (seuls les numéros pairs y ont été inscrits pour les deux premiers cahiers).

L’auteur a parfois oublié un mot et souvent des articles, la ponctuation est très inégale, le point souvent remplacé par deux points. 

Les quelques mots restés sans interprétation sont signalés entre parenthèses. Cela ne concerne que 39 mots. Les mots dont l’interprétation est douteuse sont suivis d’un point d’interrogation.

Les difficultés d’interprétation proviennent souvent d’orthographe approximative, de syntaxe erronée, (comme par exemple l’utilisation de la première personne du pluriel à l’imparfait avec un sujet neutre :« les blés étions mûrs »), de l’usage de termes d’origine paysanne (hâle, brouillasse, argues, il fait mine de.., geler à enfondre [1] x pouces). Les évocations de noms de lieux sont fréquentes et il peut s’agir d’une grande ville comme Paris, Londres ou Alger, mais cela concerne surtout des villages voisins de Boësses et même de très nombreux lieudits dont l’orthographe n’est pas garantie.

Une analyse grossière de ces écrits permet de se faire une certaine idée du personnage.
Plus qu’un agriculteur, Charles Pierre est essentiellement un vigneron, car cette région du Gâtinais, dont il est un pur produit depuis plus de quatre générations, doit sa relative fortune à la proximité de la région parisienne grosse consommatrice de vins. Aussi, bien que les sols y soient parfois trop lourds et trop mouillés, trop plats, insuffisamment ensoleillés, la viticulture y a connu un très fort développement depuis plusieurs siècles. La qualité des vins produits ne devait pas être bien fameuse mais comme il en fallait de grandes quantités pour une clientèle de masse peu exigeante, la production du Gâtinais trouvait en Ile-de-France les débouchés nécessaires à son développement jusqu’à l’arrivée en quantités, au milieu du XIXe siècle, des vins méridionaux plus forts en degré, puis des vins d’Algérie qui ont modifié les goûts et ruiné cette production aux portes de Paris. On trouve d’ailleurs une mention des vins du Roussillon dans ces cahiers dès 1818 indiquant un prix rendu à Fontainebleau supérieur à deux fois le cours des vins locaux, ce qui parait mettre ceux-ci à l’abri d’une véritable concurrence !

A l’époque de notre ancêtre, la production viticole du Gâtinais et des régions circonvoisines était à leur apogée. Le mot « vigne » apparaît plus de 390 fois. Ceci explique pourquoi ces cahiers sont essentiellement tournés vers une relation de la météorologie, au jour le jour sur une période s’étendant de 1793 à 1853 avec une constance remarquable mais une précision toute relative puisque Charles Pierre se contentera de donner des impressions personnelles qui ne seront jamais étayées par des chiffres sauf pour l’épaisseur de gel en terre exprimée en pouces. Cet homme, suffisamment lettré pour devenir maire de son village, ne trouvera que deux occasions en soixante ans d’observations météorologiques de s’appuyer sur le thermomètre dont plusieurs fois en juillet 1825 ! De même pas une fois le pluviomètre ne viendra nous éclairer sur l’importance des chutes de pluie. On verra apparaître, à la fin du troisième cahier, le mildiou en août 1853 et ses ravages environ six ans après l’invasion de l’Irlande et la destruction des pommes de terre par ce champignon importé d’Amérique du Sud. Le phylloxéra n’apparaitra qu’un peu plus tard, après la mort de Charles Pierre, vers 1866 provoquant la disparition de nombreux vignobles.

En revanche, la date des vendanges mentionnée pour cinquante-six années fournit quelques informations sur leur précocité ou leur retard. La date des vendanges à Boësses se situant généralement dans la dernière quinzaine de septembre, on relève les dates extrêmes suivantes : pour les plus précoces le 30 août 1822 et le 14 septembre pour les années 1788, 1811, 1842 et 1846, et, pour les plus tardives, le 23 octobre 1816 et le 14 octobre pour 1799, 1805 et 1850. Ceci donne donc une amplitude maximum de plus de sept semaines entre les dates extrêmes (1799 et 1822) de vendanges ce qui est considérable et des informations sur le climat de ces années extrêmes.

Ces cahiers sont truffés de brèves remarques de tous ordres.

On peut remarquer également qu’il y a peu d’informations sur la vie privée. Elles sont tout aussi succinctes que les mentions journalières concernant le temps. Par exemple : « Le 21 mai 1792 j’ai été marié à Souville », sans même préciser le nom de sa femme. Ou bien : « Ma femme est décédée le 13 septembre 1801 ou fructidor âgée de 32 ans étant enceinte. Elle a accouché deux heures avant que de mourir d’un garçon nommé Sébastien Charles » : tout est dit mais sans le moindre sentiment. Plus loin, dans la marge une annotation nous apprend le « décès de Louise Delahaye, ma chère femme, après une maladie de 17 à 18 ans ». Nous n’en saurons guère plus sur ses sentiments. Ou encore : « mon père est décédé le 10 octobre 1793 ».

On a quelques informations sur sa santé car les périodes pendant lesquelles Charles Pierre a été malade sont indiquées, souvent par une absence de relevé météorologique. Il signale un mois de maladie en novembre 1802, une longue période du 13 juillet au 25 octobre 1807 au cours de laquelle il sera inactif (il avait 43 ans), une fièvre en juillet 1817, une mauvaise chute sur le poignet gauche en juin 1848 et un mois de maladie en décembre 1851 (il avait 87 ans) : on peut dire qu’il était très robuste, sa longévité en témoignera.

On peut aussi être frappé par le grand nombre d’évocations de bruits circulant dans la campagne relatifs aux phénomènes météorologiques ou politiques sur lesquels il est rare qu’il se prononce mais dont il se fera néanmoins le vecteur. Ces relations commencent souvent par « L’on dit que … » (utilisé à 23 occasions) ou « il parait que... » (utilisé 30 fois). Il donne l’impression ne pas avoir d’opinion personnelle et de recourir sans cesse aux potins véhiculés par les agriculteurs. Il serait sans doute plus légitime de mettre cette discrétion au compte de la traditionnelle prudence des agriculteurs mais aussi de sa modestie.

Au cours de l’année 1829, son cahier lui servira de pense-bête sur lequel il viendra noter les références de trois livres : le Catéchisme des Jurés, les Oeuvres de Voltaire (en volumes séparés) et la Gazette des Tribunaux. On peut penser qu’il acquerra le dernier ouvrage puisqu’il le cite un peu plus tard en 1830. En tout état de cause, cela dénote un esprit ouvert, curieux et une culture d’un niveau supérieur à la moyenne des viticulteurs de l’époque. Il deviendra d’ailleurs maire de Boësses sans qu’on connaisse l’étendue de ses mandats.

Les périodes agitées que la France va traverser pendant sa longue vie vont l’inciter à faire un bon nombre de remarques sur la situation politique comme en 1789, 1793, 1815, 1830, 1832 (épidémie de choléra), 1848. Souvent ces petits textes seront inspirés par les journaux qu’il parait lire avec assiduité. Toujours humble, il y montre sa grande foi, car il invoque très souvent le Seigneur, le loue et le remercie de ses bienfaits. Ennemi de la discorde, il montre aussi son grand humanisme et son désir de voir les hommes s’entendre.

En août 1813, il fondra sur le papier de son cahier un cachet de cire rouge sur lequel il viendra marquer un Louis d’or de 1784 : il écrira en majuscules autour de ce cachet : « LOUIS d’OR ANCIEN 1784 » sans donner davantage d’explication ni sur l’origine de ce Louis ni sur la raison de ce cachet (malheureusement très dégradé) à cette date.

Seront souvent mentionnés les bourgs environnants comme : Givraines, Echilleuses, Beaumont-du-Gâtinais, Auxy, Beaune-la-Rolande, Bordeaux-en-Gâtinais, Gaubertin, Boynes, Barville, Pithiviers, Batilly, Grangermont, Malesherbes, Aulnay-le-Rivière, Bromeilles, Puiseaux, Manchecourt etc. à propos d’une mercuriale ou d’un incident grave (incendie, noyade, habitations détruites) ainsi que beaucoup de lieux-dits de la région de Boêsse.

L’examen rapide de ces annales nous montre qu’il y a eu des années très sèches (1803) comme d’autres trop humides (inondations de 1806,1833,1836,1840,1846) que le froid a parfois gâté la nature (1821,1826,1829) au point de ruiner les récoltes mais que la chaleur a également sévi sur de longues périodes parfois de façon favorable pour la vigne, d’autres fois desséchant les cultures comme en 1793, 1834. Les orages semblent avoir beaucoup frappé cette région : le mot apparait 305 fois tout au long de ces quelque soixante ans, soit environ cinq fois par an en moyenne sans doute plus que de nos jours. De même le mot « grelle » ou « grêle » apparait plus de cent fois dans cette période de temps.

Environ toutes les cinq à six semaines, Charles Pierre nous donne le cours des denrées agricoles telles le vin (blanc et rouge, nouveau ou vieux), le blé, le froment [2], l’épeautre [3], l’avoine, l’orge, le seigle, les moutures [4], le sainfoin [5], le fourrage et le safran. Le cours du blé va, progressivement vers les années 1845, laisser la place à celui du pain blanc et du pain jaune davantage évocateur et sans doute plus dans les réflexions immédiates d’un vieillard de plus de 80 ans.

Trois phénomènes sont à remarquer particulièrement dans cette litanie : la mention constante du blé-élite, la volatilité remarquable des cours des produits agricoles et l’existence d’une denrée particulière : le safran.

Le blé-élite sera créé en 1622 à l’occasion de l’extension des mercuriales à toutes les céréales : ce sera la meilleure qualité totalement exempte de seigle, derrière laquelle seront classés le blé-froment qui ne contiendra pas de seigle non plus mais sera de qualité inférieure, puis le blé-champart où l’on trouve quelques grains de seigle par poignée. Plus loin viennent le méteil-moyen où blé et seigle sont à quantité égale et le méteil où le seigle domine [6]

La volatilité des cours des produits agricoles se trouve exprimée par Charles Pierre lui-même en juin 1803 : « Le blé diminue un marché et augmente l’autre », il suffit donc d’une semaine pour voir les cours varier substantiellement. Nous ne nous intéresserons qu’à deux denrées car ce sont celles qui concernent toute la population : il s’agit du vin et du blé. Que ces deux productions connaissent des variations importantes d’une année à l’autre est bien naturel car les conditions météorologiques auront une influence directe sur les quantités et les qualités.

Sachant que le cours moyen du vin d’une année sur l’autre se situe entre 40 et 60F la pièce [7], il est normal que celui-ci soir de 105F en 1792 à la suite d’un mois de mai très froid et de gels en début septembre. Ce qui parait plus étrange est un prix de 38F en avril 1789 et de 63F en août de la même année. Variations brutales qu’on retrouve tout au long de ces soixante années. La thésaurisation sur les vieux vins se pratiquait puisqu’en 1830 le vin de l’année se vendait 30F alors que celui de 1829 se vendait à 40F, celui de 1827 à 90-100F et celui de 1825 montait à 120F.

Le blé-élite, quant à lui, connaîtra des fluctuations importantes dans la première moitié du XIXe siècle autour d’un prix moyen de 30 à 40F l’hectolitre. Objet de contrôle de l’Etat depuis deux siècles parce que denrée de première nécessité, le contrôle de son cours a été l’objet de controverses au plus haut niveau de l’Etat. Il a cependant connu des variations considérables passant par exemple de 27F en 1790 à 60F en 1802. On voit sur une même année (1812) le prix varier de la façon suivante : de 41F en janvier, il va monter à 50F en février, 56F en mars, 80F en avril. C’est alors qu’il est taxé par l’Etat à 49F en mai, qu’il redescendra à 31F en septembre pour se stabiliser un moment à 48F en décembre.

Le safran est une épice européenne tirée des fleurs du crocus sativus dont on traite particulièrement le pistil à des fins gastronomiques, pharmaceutiques ou pour l’obtention d’un colorant jaune orangé intense. Cette petite fleur violette se récolte en automne [8] et il en faut environ 150 pour obtenir 1g de safran sec. Son prix au kilo est par conséquent très élevé. Il est généralement, sur cette période aux alentours de 30 à 40F, il montera à 75F en 1791 et 1802 et il plafonnera à 150F en 1817. Il se trouve qu’avec le Quercy, le Gâtinais était, depuis des siècles, une des deux régions françaises de production du safran. Plus particulièrement, le bourg de Boynes (à 10km à l’est de Pithiviers) était la capitale en ce domaine, régissant les prix du marché de Pithiviers. Boësses, 10km au nord-est de Boynes se trouvait donc en plein dans la zone de production et on comprend mieux pourquoi Charles Pierre, dans ses mercuriales, mentionne très systématiquement cette épice rare et chère de production locale.

Au milieu de cette chronique météorologique, on trouve un document inattendu et intéressant qui en dit un peu plus sur la famille de Charles Pierre. Inséré à la fin de juillet 1807, figure en effet l’inventaire, effectué le 17 septembre 1801, après décès de sa première femme Madeleine Marie-Rose Pasquet décédée le 13 septembre 1801. Celui-ci a sans doute été relié par erreur dans ce cahier. Cet inventaire est plutôt décevant car il contient pour tous biens mobiliers le linge de maison et les chemises du couple Charles Pierre.

Il manque malheureusement le mobilier et la vaisselle souvent bien représentatifs de l’aisance d’un foyer. Quant aux biens immobiliers il s’agit de biens fonciers. Les vignes comporteront 28 lots totalisant 576 perches soit 2,9 hectares. Les terres labourables d’une contenance totale de 1309 perches représenteront 5,5 hectares réparties en quarante lots. Il sera encore mentionné diverses acquisitions faites par les parents de Charles Pierre faisant 460 perches (quelque deux hectares) et trois maisons et portion de maison acquises entre 1748 et 1765.

Bien que modeste, l’étendue de ces biens dénote néanmoins une certaine aisance par rapport à la majorité des paysans. Cet inventaire montre le grand morcellement des propriétés auquel conduisaient les divisions dans une fratrie un peu nombreuse à la suite d’un décès d’un parent.

Ce travail est malheureusement trop subjectif pour qu’il puisse être d’un grand intérêt sur le plan scientifique. Cependant il peut donner un éclairage particulier sur l’attitude et les sentiments de nature psychologique d’un paysan confronté aux aléas météorologiques et aux bouleversements sociaux d’une époque très agitée. La proximité de Paris lui a permis de trouver des débouchés à sa production viticole mais n’a pas manqué de provoquer de vives inquiétudes pendant les périodes troublées qu’il a vécues et qu’il a brièvement résumées dans ces cahiers.

Issu d’une fratrie de neuf enfants, Charles eut notamment une petite-fille nommée Amélie Marguerite Pierre (1823-1918) qui épousera son cousin issu de germain Joachim Isidore Pierre, fils de Jean-Baptiste, lui-même frère de Charles. Joachim Isidore Pierre fera de brillantes études qui le mèneront à l’Ecole Polytechnique (à titre civil) et au fauteuil de Doyen de la faculté des Sciences de Caen.

Pour terminer cette notice d’introduction aux cahiers de Charles Pierre, mentionnons, parmi les documents familiaux relatifs à cet ancêtre, un reçu du Receveur des Domaines et Bois Nationaux et du prix des immeubles des émigrés au chef-lieu de District de Pithiviers. Celui-ci reconnait avoir reçu de Charles Pierre, laboureur à Boësse, la somme de 19.322 livres pour le payement en principal et intérêts du montant de l’adjudication du 22 Frimaire An II d’une partie des bâtiments et terres de la ferme d’Aumery ( ?) sur Luxembourg, émigré.

La division des cahiers est la suivante :

  • Premier cahier : 1764 à août 1820.
  • Deuxième cahier : septembre 1820 à juin 1843.
  • Troisième cahier : juillet 1843 à décembre 1853.

Additif : Ayant eu l’intention de faire profiter de mon travail la mairie de Boësses, je lui ai envoyé le texte de présentation ci-dessus. En m’en remerciant, le Maire m’a informé que l’Annuaire de la S Météorologique de France (Tome XXI, 1873 p. 84 et s.) contenait la même transcription effectuée par M. Leblanc, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées sous la supervision d’Isidore Pierre, petit-neveu de Charles Pierre, qu’il avait bien connu. Ce travail (que j’ignorais) n’ayant eu pour objectif que des considérations scientifiques, toutes les réflexions d’ordre personnel, ou de nature locale ou politique en ont été écartées.
Le travail présenté ci-après se veut la transcription intégrale des manuscrits et présente ainsi davantage d’intérêt pour l’histoire locale.

En guise de conclusion à son livre de raison qui se termine en septembre 1853, quelques prières de Charles Pierre (1764-1855) un peu avant sa mort :

5 septembre 1851
Que puis-je dire, que puis-je ajouter ? Je confesse que toutes les fois que j’ai imploré le Dieu très haut, il m’a exaucé (je n’en suis pas digne car nous sommes trop enclins au mal) en bien des occasions et encore, dans ce moment, pour moi et pour mes parents, il me soutient dans ma vieillesse. Ceux pour qui j’ai prié se porteront mieux
Grand Dieu, continuez vos miséricordes sur nous
Grâces vous soient rendues dans les siècles des siècles, amen, amen.
Oh hommes ! Jusqu’à quand serez-vous toujours aveuglés pour ne vouloir pas voir ! Le Prophète Isaï l’a dit : « ils ont des yeux et ne voient point, ils ont des oreilles et ne veulent point entendre ! » etc
Quels beaux exemples ? mais non, l’on ne veut point en suivre aucun ; l’on ne veut point considérer qu’est-ce que l’homme dont la vie n’est qu’une ombre, sujet à toutes sortes de tribulations, cela n’empêche pas l’ambition, la haine, la jalousie, le meurtre etc ..
Hélas Grand Dieu, si vous ne nous pardonnez et ne nous faites miséricorde, que deviendrons-nous ?
Le 24 janvier 1853
J’étais assis sur mon fauteuil où je ne pouvais me relever qu’en m’aidant des bras. Je me suis dit en moi-même : « si Dieu voulait, je me relèverais sans m’appuyer. Grand Dieu, vous le pouvez mais j’en suis indigne. Je crois fermement que vous le pouvez mais mon indignité m’en empêche » au même moment je me lève sans m’appuyer !
Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit dans les siècles des siècles, amen, amen.

Le livre de raison de Charles Pierre a été publié dans L’Annuaire de la Société Météorologique de France (Tome XXI, 1873 p. 84 et s.). Voici le fichier du livre de raison extrait de cette publication :
PDF - 4.1 Mio
Lire le livre...

[1Enfondre : mouiller, d’où « à enfondre X pouces » qui signifie « mouillée sur X pouces de profondeur »

[2Froment appelé aussi blé tendre.

[3Epeautre : qualté de blé produit pour sa rusticité et sa qualité panifiable.

[4Moutures quand on moût une céréale, on obtient une mouture contenant farine, son et gruau (grains grossièrement moulus).

[5Sainfoin : plante fourragère constituant un des meilleurs fourrages secs pour les bestiaux.

[6Voir « Histoire de Chartres et de l’Ancien Pays de Chartrain » par V. Chevard, maire de Chartres, Chartres, Durand et Tellier, An IX ».

[7La pièce a une capacité d’environ 225 litres.

[8Safran était, dans le calendrier républicain, le nom donné au deuxième jour de Vendémiaire, correspondant approximativement à l’époque des moissons.

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8 Messages

  • Dommage que votre livre de raison soit indisponible sur le net dans sa version originale 🙂

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  • Le livre de raison de Charles Pierre (1764-1855) 24 mai 23:16, par Bourgoin Thierry

    Bonjour,
    Merci beaucoup d’attirer l’attention sur ce super document et sur votre travail de transcription. Certes les données météo déjà publiées par la Soc. Metéorologique de France sont très intéressantes, mais je serai très intéressé aussi par les anecdotes locales  😉 ... ma famille n’était pas très loin, (de Mareau-aux-bois avant de partir sur Neuville à l’époque de Charles Pierre ...) et j’ai également de très nombreux vignerons.
    Votre transcription intégrale est-elle disponible ? Sinon une copie la version originale du document ?

    Répondre à ce message

  • Le livre de raison de Charles Pierre (1764-1855) 25 mai 18:31, par Jean-Claude GENEST

    Mes grands parents étant originaires du Gâtinais (Nibelle, Nancray, Beaune La Rolande), je suis très intéressé par ces informations et descriptions. A Beaune, ils utilisaient usuellement la première personne du pluriel durant mon enfance des années 1950-1960 : "J’allions voèr la taure..." "J’étions malade"..."J’avions point d’iau". Je regrette de n’avoir pas noté toutes ces expressions de langage. Merci d’avoir communiqué sur ce texte.

    Répondre à ce message

  • Le livre de raison de Charles Pierre (1764-1855) 25 mai 18:57, par Bertrand Cor

    Je suis tout disposé à vous envoyer ma transcription de ces cahiers quand vous m’aurez fait parvenir votre adresse. Je n’ai pas le moyen de vous envoyer la copie des cahiers eux-mêmes. Je peux toutefois copier une ou deux pages à titre d’exemple si cela pouvait vous intéresser.
    Bien cordialement
    Bertrand Cor

    Répondre à ce message

  • Le livre de raison de Charles Pierre (1764-1855) 25 mai 19:05, par Bertrand Cor

    Merci à Thierry Sabot et à son équipe d’avoir savamment truffé mon texte de bonnes photos du village de Boësse où se passe toute l’action de mon trisaïeul.
    Bien cordialement
    Bertrand Cor

    Répondre à ce message

  • cette lecture des cahiers de votre aïeul sont très touchantes

    car elle mettent à jour la sensibilité et le tact dans ses

    récits qui le touchent particulièrement il a eu une vie bien

    remplie il pouvait en être fier mais non sa croyance en

    Dieu l’a guidée toute sa vie durant !!!

    Répondre à ce message

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