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La mise en place de l’État Civil en France ne fut pas un long fleuve tranquille


vendredi 13 novembre 2020, par Nicole Graillot

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Les ordonnances de Villers Cotterêts en août 1539, faisant obligation de rédiger les actes officiels en français et non plus en latin et au Clergé, de tenir des registres de baptêmes, et celle de Blois en mai 1579 d’enregistrer également les mariages et sépultures ont posé les bases officielles de notre État Civil.

D’autres étapes, comme L’ordonnance de Saint-Germain-en-Laye » ou « Code Louis, de 1667 imposant la tenue en double des registres, se succéderont avant qu’en 1792 un nouveau mode de constater l’état civil des citoyens ne voit le jour, confié aux Maires des communes et non plus aux Curés.

Toutefois il existait dès le XIVe siècle des livres, carnets, etc…. tenus par des ecclésiastiques, renfermant des informations sur la population des villages dont seuls quelques rares exemplaires sont parvenus jusqu’à nous.

Ils retraçaient, sous forme de listes, les participants aux différents offices et événements religieux (baptême, communion etc.) célébrés dans la paroisse. Ils servaient également de livres de compte pour l’enregistrement des sommes perçues au titre de la dîme ecclésiastique et autres dûs ainsi que les dons reçus (mariages, sépultures etc..).

A l’initiative de membres du clergé précurseurs ou imposés par certains évêques, ces registres permettaient de contrôler si les paroissiens remplissaient convenablement leurs devoirs envers l’église, mais aussi, de constater d’éventuelles liens familiaux susceptibles de faire obstacle au mariage (consanguinité) et de lutter contre l’inceste, le concubinage et le mariage clandestin (considéré comme un rapt, il était puni de mort).

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Registre des baptêmes de Chauché (Vendée) – année 1601
(AD85 – Chauché – AC064 - Registres paroissiaux - Baptêmes, Mariages – 1594 – 1608 – vue 57/91)

« C’est le papier de ceulx et celle qui ont esté baptizé par moy René BARBOT, PB.. (Pbre abréviation de prêtre ?) Curé de Sainct Christoufle (Saint Christophe) de Chauché en l’année mil six cant et ung au quel est conteneu le non des père et mère, prains (parrains), maisrines (marraines) et où sont né les enfants et demeurent leur père et mère. 1601 Et promier janvier »

La consultation des registres paroissiaux les plus anciens, met en évidence que l’application des ordonnances ne s’est faite que très progressivement, suivant les régions et selon la bonne volonté des desservants.

Dans le registre paroissial de Milhaud (Gard) pour la période 1625/1671, Jacques FERRÉ, Curé de la paroisse, rédige les actes en latin, les autres desservants utilisant le français.

Le document ci-après est un acte de baptême daté du 12 août 1646.

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(Archives municipales de Milhaud - Numérisation 027 du Cercle généalogique)

« Die Dominica et duodecima Augusti anno a Christo Incarnato 1646, ego parochus, supra scriptus, baptizavi infantem procreatum in legitimo matrimonio ex Petro MEGE et ex Catharina MARSONNE, coniugibus huius parochia, cui impositum est nomen Guillelmi. Patrini fuerunt Claudius ROSIER ex urbe Nemanso et Anna CHAISSE ex hox pago, filius iste natua erat die 25 julii ultimi. Ita est ut scripsi. Jacobus FERRÉ parochus . »

« Le dimanche douze août 1646, après l’incarnation du Christ, moi Curé comme écrit ci-dessus, ai baptisé un enfant né en légitime mariage de Pierre MEGE et Catherine MARSON, mariés de cette paroisse auquel est imposé le nom de Guillaume. Les parrain et marraine furent Claude ROSIER de la ville de Nîmes et Anne CHAIX de ce village. Fils né du 25 juillet dernier. Fait comme il est écrit. Jacques FERRÉ, Curé. »

L’acte ci-après est extrait du registre des baptêmes et mariages célébrés à Chauché

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(Vendée) en 1697 (AD85 – Chauché – AC064 - Registres paroissiaux - Baptêmes, Mariages – 1594 – 1608 – vue 5/91)

On remarque que le jour et le mois figurent au début de l’acte, tandis que l’année est inscrite une fois pour toutes à son commencement. Il n’y a pas de chronologie, on passe d’octobre à septembre, puis à août, à novembre et enfin à mars. Dans l’acte « X », le nom du père est resté en blanc. Le sexe de l’enfant n’est pas précisé, mais déterminé par le terme fils ou fille. Les parents, le parrain et la marraine ne sont généralement identifiés que par un nom et un prénom. Les actes ne sont pas signés.

Pour les généalogistes, aux difficultés de transcription dûes à la graphie, s’ajoutent l’emploi d’abréviations, le manque de soins (ratures, surcharges, taches d’encre, rajouts en interligne et renvois) et blancs dans le texte comme dans l’acte de sépulture suivant daté de 1693 et non signé :

Dans l’exemple suivant, un blanc nous prive carrément de l’identité de la défunte.

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(AD85 - Bouildroux - AC292A – RP - BMS - 1678-janv. 1694 – vue 39/40)

« L’an de grâce mil six cent quatre vingt treize et le second iour du mois de novembre, par moy Prestre Prieur soussigné, dans le cimetière de ce lieu a esté inhumé le corps de ………… ? âgée de soixante ans ou environ . Laquelle rendit son âme à Dieu, dans la communion de nostre mère, la Saincte Église, sans avoir néanmoins receu aucun sacrement pour être morte subitement. »

Parfois, le caractère minimaliste des enregistrements empêche toute construction de filiation, d’autant plus que l’homonymie de personnes était très fréquente au sein d’un même village.

Acte de décès daté du 5 mai 1646 à Courtenay (Loiret)

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AD45 - Courtenay – 3 NUM 115/8 - RP – BMS - (1643-1688) - vue 87/304

« Le vingt cinq jour de may 1646, la femme de Jean OGÉ a esté inhumée. »

L’usage de prénoms épicènes peut également générer des incertitudes lorsque le genre de l’individu n’est pas clairement exprimé, d’autant plus qu’à cette époque certains prénoms aujourd’hui masculin ou féminin étaient mixtes, par exemple :

Léonard Angélique, fils de …… ou Philippe, Lazare, Eugène, fille ou femme de ……….
Il en est de même pour les prénoms peu usités qui sont depuis, tombés dans l’oubli : Euthrope, Jullite

Les registres paroissiaux peuvent nous réserver parfois d’intéressantes surprises, comme le document ci-dessous inscrit sur les pages restées vierges (rareté et coût du papier) du registre paroissial du Bouildroux (Vendée).

On y devine la réalité quotidienne de l’identification des personnes par des noms usuels (souvent des sobriquets) parfois assez éloignés de l’état civil officiel, comme par exemple cette « liste des communiants » de 1748 (extrait) insérée à la suite des enregistrements de 1696.

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(AD85 - Bouildroux - Registres paroissiaux - BMS juill. 1695-oct. 1731- Vue 10)

Ci-dessous : quelques noms et sobriquets tirés de cette liste

A l’image de ce qui précède, voici un acte de sépulture daté de février 1678

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AD85 - Châtaigneraie (La) - AD2E059/1 – RP - BMS 1677-janv.1691 – vue 122/163

« Le 14è jour du moys de feuvrier 1678 a esté inhumé au cimetière de ce lieu le corps de la bonefamme la Ramuge aagée de plus de soixante et dix ans, après avoir receu les sacrements. FLORISSON Prêtre Curé de la Chataigneraye. »

Certains Prêtres, Prieurs, Curés, particulièrement bien inspirés, reportaient dans les registres paroissiaux les faits divers qu’ils jugeaient importants, ce sont ces fameuses mentions insolites très précieuses pour nous renseigner sur les conditions de vie de nos ancêtres.

Le sujet est bien trop vaste pour être développé ici, mais le dessin ci-après, d’une main inconnue, figurant tout seul, au bas de la première partie d’un acte de mariage, en est une très jolie illustration. Chacun, selon son imagination et sa sensibilité pourra interpréter le message qu’il contient.

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(AD85 - Jaudonnière (La) Registres paroissiaux - Baptêmes, Mariages, Sépultures 1760-1789 - Vue 115)

Dans le cadre de mes recherches pour l’écriture de l’histoire de ma famille, j’ai été amenée à consulter les registres paroissiaux de Saint-Cyr-les-Colons (900 habitants en 1793), mis en ligne par les archives départementales de l’Yonne.

Ces registres dont le plus ancien, date de 1642, se distinguent par le détail des informations contenues dans les actes.

22 août 1688 – Baptême de ROSSIGNOL Marie

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AD89 - Saint-Cyr-les-Colons : BMS (1671-1689) - 5 Mi 747/ 6 – vue 13/165

La date complète et l’heure de la naissance, la profession du père, le nom du village où sont domiciliés les parents, l’identité du père respectif des parrain et marraine avec le domicile, éventuellement leur profession, sont précisés
et l’acte est signé.

« L’an 1688 et le 22e jour du mois d’aoust, nous Prebtre Prieur, Curé de cette église de St Cire les Collombs de la présente ville, avons baptisé une fille née d’hier, envyron midy, de et en légitime mariage et de Jean ROSSIGNOL et Marie CHARUE, ses père et mère, laboureur de Vaux Germain, hameau dépendant de cette paroisse. A laquelle on a imposé le nom de Marie. La mareine qui l’a nomée Edmée ROSSIGNOL, fille de Lazare, laboureur, le parein Jean CHARUE, fils de Toussaint. Tous dudit hameau et de la ditte paroisse, qui ont déclarer ne scavoir signer. En foy de quoy nous avons signé avec les tesmoins. »

1er janvier 1689 - Sépulture de Cire PETIT

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AD89 - Saint-Cyr-les-Colons : BMS ( 1671-1689 ) - 5 Mi 747/ 6 – vue 1/165

Les circonstances du décès, l’identité et l’âge du défunt, de son père, des présents à la sépulture avec la parenté les liant au défunt, constituent de bons indices pour replacer cette personne dans sa famille.

« Le premier iour de janvier est trépassé en la co(mu)nion de nostre mère Ste Église, après avoir receu le sacrement de pénitence, les autres n’ayant pu luy estre administrer, à cause d’une surprise de mort inopinée, Cire PETIT, fils de Cire, laboureur de cette paroisse de St Cire les Collombs et agé de quatre vingt ans et plus. Le corps duquel a esté inhumé sous le pavé de nostre Église, en présence de Cire PETIT, son fils et de Mre Louis RAQUEST, Jacque NAU et Cantien GARNIER, ses gendres qui ont déclarer ne scavoir signer à la réserve des soubsigner, par nous Prebtre, Chanoine Régulier de St Augustin de la Congregation de la Ste Trinité, Bachelier en Théologie de la Faculté de Paris, Prieur Curé dudit St Cire. »

Mais le zèle exercé par les ecclésiastiques de cette paroisse dans la tenue des registres, s’exprime notamment lorsqu’ils étaient sollicités pour des cérémonies particulières, concernant par exemple des personnes extérieures à la paroisse, totalement inconnues parfois, ou lorsque les circonstances les obligeaient à abréger ou contourner les rites de l’église.

Dans un tel cas, tout était expliqué dans l’acte correspondant comme pour justifier pourquoi ils avaient malgré tout, célébré le baptême, le mariage ou la sépulture de la même façon que pour un « bon chrétien ».

Finalement, cette abondance de détails génère des questions.

Baptême de Pierre ADINE en date du 29 mai 1656

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AD89 - Saint-Cyr-les-Colons : BMS ( 1642-1668 ) - 5 Mi 747/ 5 – vue 144/145

« Le vingt neuviesme may 1856, a esté baptizé par moy soussigné Prieur de St Cyre, un enfant cy nommé par le parrain Pierre, dont le père est cy nommé Antoine ADINE, suyvant la déposition des personnes présentes qui ont dict et déclaré y avoir promesse de mariage et contract passé et les fiançailles faittes entre le dict Antoine ADINE et Anne BOULÉ, mère dudict Pierre, de quoy mesme, ils ont demandé dispense pour s’en unir au plutolt. Lequel Antoine ADINE, estoit absent. Ce que dessus a esté attesté par la voix publique des présents, sans que personne en particulier aye voulu le certifier ny signer. Le parrain qui l’a nommé Pierre PETIT, fils de Pierre PETIT laboureur de St Cyre, la marraine Jeanne ……. , laquelle a déclaré ne scavoir signer »

Bien que le père soit absent et le mariage non encore célébré, Le Curé a baptisé l’enfant comme légitime. Ce dernier a donc reçu un prénom, celui de son parrain et le nom de son père qui ne l’avait cependant pas encore reconnu.

Cela laisse présumer l’importance de la « voix publique » dans les villages où la plupart des gens étant illettrés, la reconnaissance des personnes ne se faisait pas encore totalement par les registres d’état civil.

Le Curé s’est donc laissé convaincre peut-être parce qu’il avait lui-même célébré les fiançailles et la déclaration des témoins justifiait sa conviction. Ainsi Pierre a-t-il échappé à la mention, « né de père inconnu ».

Face à cette situation, le Curé a fait preuve d’une tolérance qui, me semble t-il, n’était pas si courante à l’époque.

18 février 1680 - Sépulture d’Edmée BOUDARD

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Saint-Cyr-les-Colons : BMS ( 1671-1689 ) - 5 Mi 747/ 6 – vue 73/165

« Edmée BOUDARD, (femme de Claude PETIT, procureur) fiscal de St Cyr, ayant esté tout à coup surprise d’une apoplexie le sabmedy 17 feb. 1680, sur les six heures du matin, est décédée vingt quatre heures après sans avoir en aucune manière reprit ses sens, ny fait aucun signe de n’en connaître. Et parce qu’elle avait reçu les sacrements de pénitence et d’eucharistie, le jour et feste de la purification, quinze jours auparavant et que sa vie avait esté catholique sans aucun reproche connu de nous, nous luy avons accordé la sépulture entre les Catholiques, sous le pavé de la Chappelle de Nostre Dame du Rosaire, le lendemain 18 feb. 1680. Présents, ledit Claude PETIT, procureur fiscal et Mre Claude PETIT, lieutenant au baillage de St Cyr, Edmée PETIT, sa niepce et Germain PETIT, fils de Claude et plusieurs autres parents et amis, la plus part demeurant à St Cyr »

La mort subite d’Edmée BOUDARD, n’a pas permis au Curé d’administrer les sacrements réservés aux malades et aux mourants. Toutefois il a autorisé l’ensevelissement de la défunte sous le pavé de la Chapelle et il en justifie la raison.
Une décision contraire, aurait abouti, je suppose, à une inhumation dans le cimetière.

Le pavé de la chapelle était réservé aux défunts ayant un rang social élevé. La défunte était l’épouse d’un notable dont la fonction et la notoriété étaient très influentes. Probablement la famille disposait-elle d’un emplacement, peut-être même d’une pierre tombale dans l’église. Edmée BOUDARD s’étant conduite sa vie durant en bonne catholique, il eût été bien curieux qu’elle ne puisse y être ensevelie, d’autant plus que la cérémonie a probablement été payante.

En effet, sauf décès en période de très grand froid empêchant le creusement d’une fosse au cimetière, les enterrements dans l’église étaient généralement réservés aux membres du Clergé, et moyennant argent, aux notables et aux riches. Les corps des pauvres insolvables ensevelis dans l’église pour cause de gel, étaient transférés dès que possible au cimetière local.

15 octobre 1676 - Sépulture d’un homme trouvé mort

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« A la réquisition de Maitre Claude PETIT l’esnet (l’aîné), Procureur Fiscal de St Cyr les Coulons, suyvant la permission à luy donnée par Maistre Claude PETIT, le jeune, Lieutenant audit baillage de faire lever et inhumer certain corps trouvé mort dans le détroit de ce baillage et confirmé au procès verbal fait par ledit Sieur Lieutenant à la réquisition dudit Sieur Procureur qui nous ont certifié avoir trouvé sur ledit corps une bourse où il y avait deux chapelets avec le ……. du Sieur de la LANDE, Capitaine, audit deffunct son soldat, pour cause d’imbecillité  [1]. Nous avons donné la sépulture et ……. parmi les décédés en la foy catholique avec toutes les cérémonies accoustumés au corps dudit deffunct Gaspard, ce quinziesme jour d’octobre 1676 en présence dudict Mre PETIT, Procureur Fiscal et encore » de Jean SEGUIN et Urbain De FAYE, vignerons, qui ont dit ne scavoir signer. »

Dommage, le texte de cet acte est tronqué.

Le deffunt « Gaspard », était à priori déficient mental. Il était soldat et avait le Sieur de la LANDE pour capitaine.
Qu’y avait-il dans sa bourse avec les chapelets et pourquoi deux ?
Quoi qu’il en soit, leur présence a permis au corps de Gaspard d’être inhumé comme tout bon catholique.
Que ce serait-il passé sans cela ?
Les cimetières étaient de confession religieuse. Aurait-il été inhumé au bénéfice du doute, au fond de celui de Saint-Cyr-les-Colons avec les pauvres et les indigents ou considéré comme un mécréant en aurait-il été exclu. Dans ce cas où aurait-on enterré le corps ?

Les deux actes suivants concernent un acte de mariage célébré le 19 juin 1684 et sa réhabilitation le 29 août 1685.

Une année entière s’est donc écoulée entre-temps.

19 juin 1684 - mariage de Charles DENISOT et Marguerite COLLINET

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« L’an de nostre salut 1684 et le 19e iour du mois de juin, les trois annonces aiant esté faittes suivant les status de ce diocèse sans que nous ayons découvert ny empêchement civille ny canonique. La 1re desquelles fut faitte le dimanche de la Ste Trinité, 28e de may, la seconde le 1er de juin, fest du Saint Sacrement et la dernière, le dimanche 4è dudit mois.
Nous Pbre Prieur, Curé de cette paroisse de St Cire les Coullons, après avoir célébré les fiançailles avant la publication des bans, avons interogé en l’église Charles DENISOT, fils de feu Edmé et de Jeanne PETIT, ses père et mère, d’une part et Margueritte COLLINET, fille d’Edmé et d’Anne PETIT, d’autre part, tous de cette paroisse et après avoir leu la permission de Monsieur MARIE, Vicaire Général de Monseigneur d’Auxerre en public, pour procéder à la célébration du mariage d’entre les dites parties, sans avoir égard à la déclaration verballe du Sr GRIFFE, avons receu leur mutuel consentement et les avons solemnellement conioints en mariage par parolle de présent, en présence dudit Edmé COLLINET, père et de Mre Adrien, Claude, frères dudit Charles et de plusieurs autres parens et amys du contractant avec lesquels nous avons signer. Laditte Margueritte COLLINET ayant déclarée ne scavoir écrire. Le iour et an que dessus…… Son dit père en étant requis. »

Quelle était la teneur de la déclaration verbale du Sieur GRIFFE ? Pourquoi est-elle restée vaine ?

Avait-il une objection au mariage et dans l’affirmative, pourquoi ne s’est-il pas prononcé avant.

Le Curé ne précise pas non plus la raison pour laquelle la permission du Vicaire Général d’Auxerre a été nécessaire.

Pourtant toutes les formalités avaient été réunies pour valider ce mariage. Les deux époux dépendent de la paroisse de Saint Cyr les Colons, leurs parents sont présents à la cérémonie sauf le père de l’époux, décédé. Aucun empêchement n’a été signalé au moment des fiançailles célébrées avant la publication des bans. Le mois de juin choisi pour la cérémonie n’était pas une période de temps défendu par l’église.

29 août 1685 – Réhabilitation du mariage de DENISOT Charles et COLLINET Marguerite

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« L’an mille six cent quatre vingt cinq et le vingt neufvièsme iour du mois d’aoust les annonces ayant este faittes et le mariage mesme celebré, il a este découvert un empechement du troisième au 4e degré de consanguinité entre les contractans, qui a cet effet ont obtenu un rescript [2]de dispense de cet empechement pour rehabiliter leur 1er mariage qui estoit invalide raison du dit degré et apres que cette dispense leurs a esté octroier par Mre Jean MARIE prebtre docteur en théologie de la Maison et Société de Sorbonne, Vicaire général de Monseigneur l’évesque d’Auxerre, nous Prebtre Prieur Curé de Saint Cire les Collombs de la présente ville avons de nouveau interogé en l’église, Charle DENISOT, fils de feu Edmé et Margueritte COLLINET, fille d Edmé, tous deux de cette paroisse et apres avoir renouvellé leurs consentement, les avons solennellement conjoints en mariage par parolle de présent, en presence dudit COLLINET, père de la fille, de Claude DENISOT, frère dudit contractant, de Mre Edmé BOULLE, Procureur Fiscal de cette seigneurie et de Mre Fédérique PETIT praticien, qui ont signer avec nous. Les deux ….. ayant déclarer ne scavoir écrire aussy bien la fille, ainsy qu’il appert par les actes reconus par le Secrétaire. Le tout en datte du vingt huictiesme d’aoust de la présente année. »

Une parenté du 3e au 4e degré signifie que l’arrière grand-père ou grand-mère de l’un des époux est aussi l’arrièrearrière grand-père ou arrière-arrière grand-mère de l’autre.

Charles DENISOT et Marguerite COLLINET étaient petits cousins issus de germains.
Le mariage a donc été annulé, mais on ne sait pas combien de temps après la cérémonie, ni dans quelles circonstances ? Pouvait-il s’agir d’une dénonciation ?

Le couple a-t-il été séparé avant la réhabilitation du mariage ?

Peut-être, car le seul enfant : Edmé, est né de cette union le 15 janvier 1687 (plus de 9 mois après la réhabilitation). Il est décédé le 15 février suivant et Charles DENISOT, le 6 janvier 1688.

On se demande par quel miracle on pouvait ainsi constater les liens de consanguinité du 3e au 4e degré entre les individus, vu la manière peu exhaustive dont étaient généralement tenus les registres d’État civil.

La population était surtout sédentaire. On naissait, se mariait et mourrait sans jamais quitter son village, là où avaient vécu plusieurs générations d’ancêtres.

A l’époque, une grande partie des individus ne possédait pas de justificatif d’identité. Les extraits de baptême, décès etc… nécessaires au moment des naissances ou des mariages étaient établis à partir des registres et remis au Curé lors de la cérémonie. Mais il arrivait que l’on eût recours à l’acte de notoriété, faute de pouvoir prouver son identité.

L’homonymie de personne, les remariages avec les enfants consanguins ou utérins qui en étaient issus, ne devaient pas faciliter les choses.

D’où l’importance de la « voix publique » exprimée par les relations de famille, voisinage, travail, amis, église etc… du cercle auquel on appartenait.

Depuis le XVe siècle, Il existait toutefois un document : le « sauf-conduit », sorte de passeport qui servait aux gens en considération de leur situation : marchands, voyageurs etc.. Mais il était surtout destiné à assurer la protection du titulaire pour pouvoir se déplacer librement dans le royaume. Il contenait une identification très sommaire de l’individu (prénom, nom, qualité et origine), la mention de ses possessions matérielles et de ses droits. On y notait au fur et à mesure les lieux de déplacement du sujet.

Il pouvait être établi par le Curé, le juge local, ou tout dépositaire de l’autorité publique.

Sources : Le contrôle de l’identité à travers les âges – Persée

Enfin, pour clore cette analyse , un dernier questionnement concernant une information dont les deux actes ci-dessous représentent un exemple :

14 novembre 1684 – Sépulture de BEAU Claudine

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AD89 - Saint-Cyr-les-Colons : BMS ( 1671-1689 ) - 5 Mi 747/ 6 – vue 47/165

« Le treizième iour de novembre en l’année présente mille six cent quatre vingt quatre est trépassée en la communion de notre mère Ste Église, après avoir receu le sacrement de pénitence, les deux autres n’ayant peu luy estre administrées, à cause de la surprise de mort qui est arrivé, Claudine appellée en la confirmation Barbe BEAU, femme de François DOROTTE fils, laboureur de cette ville et paroisse, aagée de 35 ans ou environ.
Le corps de laquelle a esté inhumé dans le cimetière de cette église, en la sépulture de ses ancetres, par nous Prieur, Curé de cette ville et paroisse de St Cire les Coullons, le quatorze du présent mois, en présence de son mary, de ses parents et des tesmoins qui ont signer avec nous, ledit iour quatorzième de novembre. »

2 février 1690 - Baptême de LESEUR Marie, née du 31 janvier

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Saint-Cyr-les-Colons : BMS ( 1677-1749 ) - 5 Mi 748/ 7 – vue 31/313

« L’an 1690 et le 2e de febvrier, nous Prebtre Prieur Curé de St Cyr les Collombs, de la présente ville, avons baptisé une fille née dès avant-hier à environ sept heures du soir, de et en légitime mariage et de Jean LESEUR le Jeune, tissier en toille et de Marie PECHENOT, ses père et mère, à laquelle on a imposé le nom de Marie. Sa mareine Simonne, nommée en la confirmation Margueritte DEFAIX, fille de Blaise, laboureur et de Marguerite PETIT et son parin Julle Pierre GRIFFE, fils de Cyre, laboureur et d’Eugène GUENIER, tous de cette paroisse, qui ont déclaré ne scavoir écrire. Le père estant absent. En foy de quoy, nous avons signé avec les tesmoins. Signé enfin - C SONNOIS et BERNARD »

Pour quelles raisons ces femmes ont-elles reçu, au moment de leur confirmation, un prénom différent de celui imposé lors du baptême et qu’elles étaient les seules à porter parmi leurs frères et sœurs ?

Je suppose que ce deuxième prénom ne pouvait se substituer au prénom officiel inscrit dans l’acte de baptême.

Claudine nommée Barbe fille de Laurent BEAU et Jeanne DUMONT.
Simone nommée Marguerite comme sa mère et sa soeur de 10 ans plus jeune qu’elle.
Outre les raisons évoquées au début de cet article, l’intérêt de l’état civil s’est affirmé dans le règlement des successions après décès. Aujourd’hui la nécessité de la reconnaissance des personnes se manifeste dans bien d’autres domaines (médical : maladies génétiques – greffe d’organe, justice : criminologie : recherche de coupables, de disparus, familial : recherche d’origine etc.. ).

Au cours des temps, d’autres outils sont venus compléter les registres d’État Civil, comme la carte d’identité individuelle avec photographie, le livret de famille, le relevé d’empreintes digitales, les permis.

Aujourd’hui le développement de l’informatique a donné d’autres moyens pour identifier les personnes, entre autres, la centralisation des données, les fichiers électroniques, les puces. Mais la dernière innovation en la matière est basée sur la recherche d’ADN qui a fait récemment son entrée en généalogie.

Dans le cadre individuel, peut-être apportera-elle aux générations futures les moyens pour retrouver les liens du sang entre les familles recomposées, les enfants adoptés, nés par FIV etc…

La technique devant continuellement s’adapter pour répondre aux besoins de l’évolution des moeurs !

L’accès en ligne aux documents que l’on ne pouvait consulter auparavant qu’en se déplaçant à la mairie ou aux archives départementales, a donné un nouvel essor à la généalogie. Des arbres qui dormaient dans les greniers, plantés et abandonnés par des parents, ont repris vie et prolongement, par leurs descendants.

Toutefois, rien n’égale l’émotion de feuilleter un registre, vieux de plusieurs centaines d’années, de s’attendrir devant une signature hésitante et de se dire « peut- être mon ancêtre y avait-t-il posé la main ? ».

Notes

[1Il signifiait autrefois : Faiblesse des qualités physiques et intellectuelles provenant de la naissance ou des infirmités, ou de l’âge.

[2Un rescript aujourd’hui rescrit (du latin rescriptum, de rescribere, récrire) est un acte administratif donné par écrit (d’où son nom) par une autorité dans son domaine de compétence propre, qui fournit une réponse à une question écrite, posée par une personne (physique ou morale), et détaillant le contexte et les conditions précises du problème évoqué.

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17 Messages

  • Bonjour,
    Si ma mémoire est bonne, la confirmation était la « confirmation » de l’acte de baptême, et on avait une marraine lors de la cérémonie. Chez moi, j’avais effectivement eu une autre marraine que celle de mon baptême, mais on n’avait pas changé mon prénom. Mais tout ça est si vieux(presque 60 ans) que je peux me tromper... A « confirmer » !!!
    Cordialement

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    • Bonsoir,
      Des usages de l’église catholique ...
      Ma marraine de confirmation a été choisie par ma mère.
      Le prêtre en a profité pour faire pression sur ma mère pour qu’elle « régularise la situation » en me donnant le prénom de ma marraine de naissance, comme c’était l’usage. Ma mère a refusé.
      Ma marraine de confirmation a trouvé un terrain d’entente : on m’a prénommée Marie.
      Cordialement

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  • Passionnante plongée profonde dans ces anciens registres pleins de surprises, de déceptions- ah ! les pâtés d’encre juste sur le nom de l’intéressé - , de fantaisies humaines. Merci à vous.
    Je confirme pour la confirmation. On avait effectivement à l’époque une marraine de confirmation différente de la marraine d baptême, mais elle ne donnait pas son prénom au confirmé, d’ailleurs elle était souvent collective à toute la « classe » confirmée le même jour.

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  • Prénom de confirmation

    Je suis née en 1938, baptisée Odile. J’ai été confirmée une dizaine d’années plus tard, et comme tous mes camarades, nous avons eu la possibilité de « choisir » un parrain ou une marraine et le prénom sous lequel nous avons reçu le sacrement. Je choisis alors "Bernadette’,car j’avais lu une histoire des apparitions de Lourdes .Ma marraine « Louise » était la maman de ma meilleure amie, et réciproquement.
    Le livret de famille catholique n’existait pas encore, je ne sais quel prénom porterait la copie de l’acte ?...
    Cordialement.

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  • Bonjour,
    Tous les registres que j’ai consultés,en Bourgogne, en Brie, dans le Loir et Cher,en Picardie,dès le début du 17e siècle étaient rédigés en français.Par contre,en Haute Saône dans la région de Plancher-bas et à Giromagny,dans le territoire de Belfort,tout au long du 18e siècle,ils étaient, la plupart du temps (mais pas exclusivement) rédigés en latin. J’en ai déduit que l’ordonnance de Villers-Cotteret ne s’y appliquait pas parce que cette zone actuellement française, et située en Franche-Comté,était à l’époque en dehors du royaume de France. La Franche-Comté est devenue définitivement française en 1678 (traité de Nimègue) mais la pratique du latin dans les registres y a perduré bien après cette date ( Résistance passive du clergé ?? on sait que les 2/3 de la population comtoise ont été massacrés lors de cette conquête). Un édit a-t-il été pris après la conquête pour régulariser la situation dans ces nouveaux territoires ? Cordialement
    Evelyne Tavernier

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    • J’imagine que les registres de Franche-Comté ont subi une histoire analogue à ceux de Lorraine et Alsace, en relation avec la langue communément parlée (voire écrite) par les habitants
      Le français, étant la langue du duché de Lorraine, était communément parlé et a pu remplacer le latin dans la plupart des registres dès la fin du 17e siècle, à l’ouest des Vosges.
      Par contre, dans les régions frontalières de l’Est (Alsace, incluant le Territoire de Belfort autrefois partie du Haut-Rhin), les registres catholiques sont tenus en latin jusqu’à la Révolution parce que la population est majoritairement germanophone. Les curés qui se succèdent connaissent tous le latin, mais pas forcément le français qui n’est pas leur langue maternelle, d’où la rédaction des textes en latin.
      Dans le même temps, les pasteurs protestants (qui naturellement n’utilisent pas le latin), tiennent leurs registres dans la langue profane, le dialecte alsacien.

      Les habitants sachant écrire en français sont si rares que les premiers maires succédant aux prêtres en 1792, rédigent souvent les actes en dialecte (ou en allemand) pendant encore une dizaine d’années, faute de savoir écrire en français !

      Christiane Convert

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    • Bonjour,

      Merci pour votre message.

      En effet, le royaume de France n’était pas encore la France que nous connaissons aujourd’hui.
      D’ailleurs la royauté a eu bien du mal à installer son autorité face à la féodalité dont le pouvoir s’est affaibli aux XVIIe et XVIIIe siècles, mais qui avait gardé de nombreux privilèges, avant d’être abolie en 1789.
      Une raison supplémentaire pour expliquer la difficulté d’implantation de l’État Civil.

      Cordialement,
      Bobinette

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  • Très intéressant article qui confirme ce que j’ai observé en consultant les archives de l’état en Belgique. Les exemples sont édifiants et bien amusants. :o)

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  • Merci à Brigitte, Gisèle et Odile pour vos messages qui semblent exprimer des circonstances et un ressenti différents de la cérémonie de confirmation.

    Dans l’église catholique, la confirmation est un sacrement qui se reçoit après le baptême. C’est en quelque sorte la seconde étape de l’initiation chrétienne qui consolide le lien entre le baptisé et l’église.
    Les modalités selon lesquelles était célébré ce sacrement ont évolué au fil des temps.

    C’est généralement l’Évêque qui officie ou en cas d’impossibilité, un prêtre délégué par ce dernier.
    Au cours de la cérémonie, les fidèles reçoivent le don de l’Esprit Saint, envoyé sur les Apôtres le jour de la Pentecôte.

    A partir du XIIe siècle, on baptisait les bébés très rapidement après la naissance en raison de l’importance de la mortalité infantile (pour éviter l’errance dans les limbes).
    L’enfant recevait cette première onction baptismale par le prêtre (ou à défaut, par la sage-femme formée par ce dernier, ou encore toute autre personne baptisée, si le nouveau-né était en danger de mort), à l’occasion, on lui donnait un parrain et une marraine (parfois deux) et on lui imposait un « nom ».
    Lors de la confirmation, plusieurs années après, c’est l’Évêque qui appliquait la seconde onction : le Saint-Chrême.

    Mais une question s’est posée : à quel moment célébrer la confirmation ?

    XIIIe-XXe : variations sur « l’âge de raison »
    « La question se développe : à quel âge comprend-on bien ce qui se passe lors d’une célébration ? La réponse sera variable et dissociera les trois sacrements de l’initiation, jusqu’alors célébrés comme un tout, trois facettes d’un même mystère pascal. Au XIIe siècle, on retarde la communion à l’âge de « discrétion » - on dira plus tard de « raison » -, tout en faisant osciller celui-ci de 7 à 11 ans selon les lieux. Au XVIe siècle, on retarde la confirmation au même âge tout en la réservant toujours à l’évêque. Au XVIIe siècle, on veut faire coïncider réception des sacrements et années de catéchisme. Ce dernier s’est beaucoup développé car la Réforme protestante a poussé les catholiques à affiner leur enseignement. Ce premier caté commence à 7 ans et se termine vers 11-12 ans. En France, on va lier la communion avec la profession de foi. Saint Vincent de Paul en est le grand promoteur. Au XVIIIe siècle, développement de la « raison » aidant, on fait passer la confirmation après la communion : "Afin d’être assuré que les enfants présentés seront suffisamment instruits". »
    https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Bapteme/Histoire-du-bapteme

    Rôle des parrain et marraine ?

    « Comme pour le sacrement du baptême, un parrain ou une marraine accompagne dans la mesure du possible celui qui reçoit le sacrement de la confirmation. Avoir un parrain ou une marraine a trois objectifs :
    • aider et soutenir, par sa présence active, celui qui se prépare à recevoir le sacrement de la confirmation ;
    • présenter le confirmand (celui qui va être confirmé) à l’évêque ou son délégué pendant la célébration ;
    • aider le confirmé à vivre du don qu’il aura reçu. Il vaut donc mieux choisir ce parrain ou cette marraine vers le début de la préparation. »
    https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Bapteme/Histoire-du-bapteme

    La voie, dans la pratique de leur foi, suivie par les parents, définissait souvent celle qu’ils dessinaient pour leurs enfants.
    Bien que lors de la confirmation, le choix d’un parrain ou d’une marraine appartenait au confirmand, pour diverses raisons ce n’était pas toujours le cas.
    Que devenaient alors les parrain et marraine de baptême lorsque ni l’un ni l’autre n’était nommé ?

    Quant au « nom » imposé lors du baptême, en réalité le prénom, il était souvent hérité d’un parent, d’un aïeul, d’un parrain ou d’une marraine et souvent peu distinctif au niveau de la reconnaissance des personnes. Un changement de prénom plus « personnalisé » pouvait se comprendre. Mais le prénom inscrit sur le registre des baptêmes restait le prénom officiel, doublé parfois, voire même remplacé par un prénom d’usage.

    Vos messages et autres témoignages (de contemporains) confirment l’âge d’environ 10 ans pour la célébration de la confirmation.
    On peut comprendre que tous, du fait de leur jeunesse, n’avaient pas la même maturité d’esprit ni même la même liberté de choix au sein de leur famille.

    Les actes cités en référence dans cet article sont datés de 1684 et 1690, en pleine période de répression, suite à la révocation de l’Édit de Nantes. Peut-être la raison pour laquelle, le Prêtre Prieur de Saint Cyr les Colons tenait tellement à justifier dans ses registres la qualité de « bon chrétien » de ses ouailles ? Peut-être aussi voulait-il asseoir sa position, affirmer son obéissance et l’attention qu’il déployait pour faire respecter les ordonnances royales ?

    En tout cas, malgré des recherches dans de nombreux registres et dans différentes régions, je n’avais jamais rencontré la mention du prénom et de la marraine de confirmation dans un registre paroissial.

    Mais pour connaître mieux l’histoire de nos ancêtres, il n’y a pas lieu de s’en plaindre !

    Bien cordialement,
    Prenez bien soin de vous, Bobinette

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    • Merci pour vos réponses !
      Encore une question cette fois à propos de la confirmation . Bobinette nous dit que c’est le second sacrement après le baptême. Et en ce qui me concerne j’ai bien fait ma confirmation à Paris en 1960, en second après le baptême, et ma communion en 3 eme , l’année suivante, 1961, toujours dans la région parisienne. Mais mon mari ( hélas décédé),catholique franc-contois, m’a toujours soutenu que ce n’était pas normal du tout car en principe, me disait-il, et en tout cas du côté d’Arbois sa ville de naissance, on fait, comme ce fut son cas,et celui de tout son entourage sa confirmation après la communion... Du coup je m’interroge... les mœurs en la matière varieraient d’une région à une autre ??
      Bien que ça ne n’empêche pas de dormir j’aimerais comprendre !
      Cordialement

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      • Bonsoir Evelyne,

        Etes-vous allée au catéchisme lorsque vous étiez en primaire ? Si oui, vous avez dû faire une première communion à l’âge de 7 ans et vous retrouvez l’ordre indiqué par votre mari.

        Sinon, il est en effet possible que vous ayez été confirmée lors du passage de l’évêque dans votre paroisse (il ne passait pas tous les ans dans la même paroisse, en principe tous les 2 ans) et donc vous avez fait votre confirmation avant votre communion solennelle, l’année suivante, qui se trouvait être aussi la première communion. En fait c’est l’ordre pratiqué pour les baptêmes d’adulte qui reçoivent dans la même cérémonie
        les 3 sacrements de l’initiation chrétienne, baptême, confirmation, eucharistie comme les petits enfants orthodoxes, l’eucharistie étant le sommet.

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        • Bonsoir Anne, merci pour ces précisions ! je n’ai pas fait de première communion à 7 ans car à l’époque j’étais « baguenaudée » entre mes parents à Paris ( père militaire) et mes grands-parents chez lesquels j’ai résidé durant quelques années, pendant la guerre d’Algérie, en Bourgogne , avec un suivi en matière de religion absolument inexistant. Par contre, lors de mon retour à Paris fin 1959, on s’est soucié de m’inscrire au catéchisme et dans la foulée en mai ou juin 1960 à 10 ans j’ai fait ma confirmation... Et comme j’avais été mise en pension dans une pension catholique, rue Norvins, à Montmartre, j’ai bien le souvenir de cette confirmation à St Pierre de Montmartre (à laquelle je n’ai strictement rien compris, mais j’ai bien baisé la bague de l’évêque sans savoir d’ailleurs pourquoi il fallait le faire) ainsi que de ma communion dite solennelle en aube blanche, avec cadeaux à l’appui, à Clamart cette fois ( le 1er juin 1961. Je me souviens de la date car c’est le jour où s’est effondré tout un quartier de Clamart construit sur des galeries souterraines d’anciennes carrières de Clamart et faisant un nombre important de morts et blessés notamment dans la communauté arménienne qui vivait là...)C’est tout ce qui me reste de mon « instruction religieuse » donc je manquais d’arguments pour discuter avec mon époux du bien-fondé de la procédure mise en œuvre dans ce cursus bizarre ! Cordialement

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    • Mademoiselle 14 novembre 19:09, par Anne des Déserts

      Merci Bobinette sur cet exposé très complet sur le 2e sacrement de l’initiation chrétienne.

      Je voulais rebondir sur le changement de prénom lors de la confirmation.
      J’ai vu un acte dans les BMS quimpérois dans lequel l’évêque confirmait un nouveau prénom à la confirmation, (hélas, comme ce n’était pas l’objet direct de mes recherches, je ne l’ai pas enregistré), probablement dans un registre de Saint-Sauveur au 17e ou au 18e siècle.
      J’ai constaté que chez mes ancêtres on donnait toujours le prénom du parrain ou de la marraine à l’enfant baptisé nouveau-né, quitte d’ailleurs à ne jamais utiliser ce prénom. C’est le cas de mon ancêtre baptisé Charles comme son frère ainé et que l’on n’a jamais appelé que Sébastien, dans tous les actes de sa vie, ce qui a compliqué singulièrement les recherches.

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      • Mademoiselle 14 novembre 21:29, par Nicole GRAILLOT

        Bonsoir,

        En effet, du fait de l’homonymie perpétuant les mêmes prénoms dans une même fratrie, on donnait aux enfants un prénom usuel pour les distinguer.
        Quelquefois repris dans les actes officiels, ces prénoms usuels perturbent en effet les recherches que nous entreprenons aujourd’hui, pour retrouver nos ancêtres.
        Pour exemple , j’ai toujours connu la cousine de mon père sous le prénom d’Yvonne, de même que ses propres enfants d’ailleurs.
        En hommage à cette belle personne, son petit-fils a baptisé l’un de ses enfants Yvonnic. Quelle fut sa surprise de découvrir plus tard, que sous le prénom d’yvonne, se cachait en réalité Marie Séraphie Julienne.
        Par contre j’ignore complètement pourquoi elle ne portait pas au moins l’un de ses prénoms de baptême.
        Surnom usuel ou « nom » donné lors de la confirmation ?
        Malheureusement personne n’est plus là pour nous éclairer à ce sujet.

        Bien cordialement,
        Bobinette
        Anciennement Mademoiselle et grand-mère de cinq petits enfants.

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  • Et tous ces registres perdus, lacunaires juste là où il nous faudrait les informations nécessaires ! Sans parler de la période Révolutionnaire (et parfois bien au-delà) où un nombre incalculable d’actes n’ont même pas été retranscrits ou bâclés !

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