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La difficulté de communication à l’époque de la Compagnie des Indes

La vie des matelots de la Compagnie des Inde

Le mardi 1er avril 2003, par Jean-Yves Le Lan

A l’époque de la Compagnie des Indes, les nouvelles, sous forme de lettres ou de relevés administratifs de la Compagnie, concernant les équipages des navires, étaient transportés par voie maritime. Les voyages duraient plusieurs mois, le temps d’aller et retour pour une nouvelle pouvait donc atteindre l’année et plus parfois.

En outre le risque était assez important que les documents n’arrivent pas à destination. En effet, le navire pouvait faire naufrage ou être capturé par l’ennemi pendant les périodes de guerre. Pour pallier à ce risque, certains écrivaient plusieurs lettres identiques et les envoyaient par différents navires.

Nous sommes donc loin de la vitesse de circulation de l’information que nous vivons actuellement avec le téléphone et Internet.
Pour avoir des nouvelles d’un membre de l’équipage d’un navire, les parents s’adressaient souvent à la direction de la Compagnie à Lorient. En effet, pour les familles, les périodes d’embarquement étaient difficiles à vivre. La crainte était grande de ne pas revoir un fils, un frère ou un père et l’angoisse augmentait au fur et à mesure que le temps passait.

Pour la majorité de l’équipage (mousse, novice, matelot, etc.) et leur famille qui ne savaient ni lire et écrire, la rédaction d’une lettre était une opération compliquée. Il fallait prendre contact avec une personne de l’entourage qui savait rédiger, aller la voir et lui expliquer ce que l’on voulait demander et quelques fois rémunérer le rédacteur.

De nombreux courriers étaient donc adressés au Directeur de la Compagnie des Indes pour demander des nouvelles. Nous en reproduisons ci-après quelques-uns avec parfois les éléments de réponse annotés sur le courrier par le personnel de la Compagnie ayant enquêté sur le devenir de la personne concernée.

Lettre pour demander des nouvelles de Claude Charles Allain [1]

Claude Charles Allain, de Paris fils du S. Allain graveur embarqué sur
le vaisseau de la Compagnie des Indes, Le Dauphin en 1756 pour l’isle de
France, en qualité de matelot canonnier Il est âgé aujourd’hui de 23 ans. On demande s’il est mort, et en ce cas son extrait mortuaire. Ses parents n’en ont pas eut de nouvelles depuis son départ.

Réponse

Nous n’avons point connaissance que cet homme soit mort ; Le Dauphin
party de France le 6 mars 1757 estant encore en pleine campagne. Il est parvenu de l’Inde quelques listes des morts dans lesquelles il ne se trouve point compris ; voilà tout ce que je puis vous en dire.

Lettre pour demander des nouvelles du sieur Delpeuch [2]

Monsieur, Soumetter que je sois votre importun pour vous prier de me tirer des vives inquiétudes ou je suis. Un de mes frères, appelé François Louis Delpeuch partie de Brest en 1757 dans l’escadre et dans le vaisseau de M le Comte Dachey arrivé aux Indes. Mon frère fut placé officier de port à Pondichery par la protection de M le Comte Dachey depuis ce tems je n’en ai eu aucunes nouvelles. Je ne sais
s’il vit ou s’il est mort. Je ne connois personne qui puisse m’en instruire plus surement que vous, Monsieur. J’ose compter que vous voudrez bien vous faire donner des éclaircissements les plus positifs à ce sujet et m’en faire part. J’ai l’honneur d’être avec bien du respect
Monsieur Votre très humble et très obéissant Serviteur de Mesguen Delpeuch.

Réponse

Nous n’avons aucune nouvelle de Pondichery qui puisse nous mettre en état de rendre compte de ce qu’est devenu le sieur Delpeuch.

Lettre pour demander des nouvelles d’un dénommé Baldaqui [3]

Permettez moy, monsieur, de m’adresser à vous pour apprendre
s’il est possible des nouvelles du vaisseau de la Compagnie, nommé
La Silhoüette sur lequel s’est embarqué en qualité de volontaire
un jeune homme auquel je m’intéresse fort. Il y avoit été placé à ma recommandation et depuis son départ, je n’ai entendu parler ny de luy ni de ce vaisseau, je vous sorois infiniment obligé, Monsieur, de me faire part des nouvelles que vous pourriez en avoir. Le jeune homme
s’appelle Baldaqui et le vaisseau La Silhoüette. Je la crois
parti pour Pondichery vers le mois d’avril 1758, et j’espère,
Monsieur, que vous voudrez bien m’en apprendre quelque chose.
De plus, je vous fais mille excuses de la liberté que je
prends, et de toute la peine qu’elle pourra vous occasionner. J’ai l’honneur d’être avec respect, Monsieur, votre très humble et très
obéissant serviteur. Montullé, A Paris le 9 février 1761 Secrétaire des commandements de la Reine, rue Cherchemidy.

Réponse

Jean Baldaqui de la ......... Paris volontaire ......
Sur La Silhouette armé le ...février 1759. Il ne paroit pas mort.
 


[1Service Historique de la Marine à Lorient - 1P283 A - liasse .... - pièce 7.

[2Service Historique de la Marine à Lorient - 1P283 A - liasse 88 - pièce 41.

[3Service Historique de la Marine à Lorient - 1P283 A - liasse ... - pièce 10.

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1 Message

  • Extrait du Livre généalogique des Delpeuch

    Le 2 juillet 1759, Décès de François Louis Delpeuch aux Indes.
    François Louis Delpeuch se destina à la marine mais il périt dans l’Inde dés le début de sa carrière. Il venait de l’escadre de monsieur le comte Daché et avait embarqué, à Pondichery, en qualité d’enseigne, sur le vaisseau de la compagnie des Indes « le Hurleur » lorsque le 2 juillet 1759, étant à Ganjam, il voulut se rendre à bord pour prendre la garde ; la mer était excessivement grosse, mais malgré les observations qui lui furent faites par les Hindous, il fit mettre une chelingue à la mer pour rejoindre son vaisseau ; l’embarcation chavira presque aussitôt.

    La CHELINGUE est une embarcation en usage sur la côte de Coromandel (nom donné à la frange maritime de l’État du Tamil Nadu (Inde). Elle a beaucoup de creux et un très-petit tillac elle est pointue par les deux bouts et marche à l’aviron.

    Le TILLAC est un mot de vieux français désignant le pont supérieur d’un navire, entre les gaillards. Il est parfois employé dans le sens de plancher pour une embarcation.
    (Encyclopédie WIKIPEDIA)

    Philippe Arques-DELPEUCH

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