www.histoire-genealogie.com


----------

Accueil - Articles - Documents - Chroniques - Dossiers - Album photos - Testez vos connaissances - Serez-vous pendu ? - Entraide - Lire la Gazette - Éditions Thisa


Accueil > Documents > Lu pour vous > La complainte des enfants à naître

La complainte des enfants à naître

Le vendredi 1er juin 2001, par Thierry Sabot

« Nous ne sommes pas en sûreté pour entrer dans le monde. Ce n’est qu’en tremblant que nous osons nous y montrer, étant continuellement maltraités par certaines femmes qu’on appelle Matrones, qui, à propos de botte, viennent hardiment nous insulter dans nos casemates, malgré nos précautions à tenir nos portes fermées. Si nous voulons nous fâcher, on nous brocarde, on nous honnit, on nous traite de drôles, de mutins, de bandits, etc. (...) Si la curiosité nous porte à mettre la tête à la fenêtre pour voir ce qui se passe dans le monde, on nous accroche lestement avec la queue d’une lampe ou d’une cuillère à pot, ou bien avec le crochet d’une romaine. C’est avec ces machines infernales qu’on nous saisit sous le menton à la bouche, aux oreilles, indistinctement à la partie qui se présente. On nous vide la tête pour nous expulser ensuite plus aisément. Lorsqu’elles nous arrachent ainsi, elles s’efforcent de persuader à nos bonnes mères souffrantes, si elles peuvent les entendre, qu’elles ont manoeuvré pour leur sauver la vie, attendu que nous pauvres innocents étions morts depuis longtemps dans nos tristes cellules... D’après tant de cruels traitements, les Suppliants ne sont-ils pas en droit de vous demander, Nos seigneurs, de les délivrer pour toujours de ces sempiternelles Matrones, grossières, laides à faire évanouir, ineptes, incapables de nous donner aucun secours, gauches à outrance, qui la plupart ont des mains aussi larges que des battoirs, et pour le moins aussi épaisses que des épaules de mouton ; la peau noire comme celle d’un nègre, et aussi rude que celle de chagrin, ou pour le moins comme l’écorce d’un vieux chêne, plus propres, sans contredit, à écorcher ce qu’elles touchent, et à mettre des entraves à notre passage dans un voyage si périlleux, qu’à nous faciliter la route simple et naturelle ».

D’après Requête en plainte..., pamphlet de Jean-François Icart, accoucheur à Castres.

Cité dans Entrer dans la vie de J. Gelis, M. Laget, M.F. Morel.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

https://www.histoire-genealogie.com - Haut de page




https://www.histoire-genealogie.com

- Tous droits réservés © 2000-2021 histoire-genealogie -
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Mentions légales | Conditions Générales d'utilisation | Logo | Espace privé | édité avec SPIP