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La cochonnerie... ou la part du loup !

Le jeudi 9 décembre 2010, par Thierry Sabot

Le nom de Sébastien Le Prestre, sieur de Vauban, reste attaché à l’art des fortifications, mais l’homme a été bien plus qu’un homme de guerre et de paix, fin stratège, architecte-militaire de génie, urbaniste et ingénieur réformateur : il fut aussi un philosophe politique engagé, un statisticien, un économiste, un agronome et une figure exceptionnelle du XVIIe siècle.

Né en 1633, à Saint-Léger-de-Foucherets, un petit village du Morvan, d’une famille peu aisée de la petite noblesse, il est élevé parmi les paysans et instruit au couvent des Carmes de Semur. Cette éducation lui vaut de rester toujours très proche du peuple et des paysans et d’être très tôt sensibilisé à la condition des humbles.

Esprit critique, certes au service du roi, mais pas soumis pour autant, l’homme a tiré ses réflexions de ses incessants déplacements dans le royaume, d’une frontière à l’autre, et de son observation aiguë des questions de son temps. Il n’hésite pas par exemple à critiquer l’expulsion des protestants hors de France lors de la révocation de l’Édit de Nantes en 1685.

Ses nombreux traités et ouvrages témoignent aussi de son intérêt pour les problèmes économiques et les dramatiques conditions d’existence des paysans (cf. le célèbre et novateur Projet d’une dîme royale publié anonymement en 1707, sans autorisation royale, et qui proposait que l’impôt soit réparti selon la richesse de chacun, sans distinction d’ordres et de privilèges).

Mais moins connu que le précédent ouvrage, son étonnant et très sérieux traité économique et arithmétique intitulé Cochonnerie, ou calcul estimatif pour connaître jusqu’où peut aller la production d’une truie pendant dix années de temps, non daté, tente de proposer une solution concrète afin de remédier à la famine et la misère des humbles.

Son raisonnement de départ, calcul théorique, s’appuie sur la remarquable fertilité de la truie pour tenter d’évaluer la capacité de reproduction d’un animal sur une période de dix années. Sachant qu’une truie de 2 ans, donc en âge d’être fécondée, peut avoir une première portée de six cochons, Vauban démontre que, au terme de dix générations, compte tenu des maladies, des accidents divers et de « la part du loup » pour 1/15e, le total serait de 6 434 338 cochons vivants dont 3 217 437 femelles ! Et Vauban de conclure que sur douze générations de cochons il pourrait donc y en avoir « autant que l’Europe peut en nourrir, et si on continuait seulement à la pousser jusqu’à la seizième, il est certain qu’il y aurait de quoi en peupler toute la terre abondamment »… ainsi il n’y aurait plus un seul paysan « qui ne puisse élever un cochon de son cru par an » et nourrir sa famille.

Pour en savoir plus sur Vauban :

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