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L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles

Une existence pleine de bosses


vendredi 13 décembre 2019, par Pierrick Chuto

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Dans la seconde édition augmentée et très enrichie du livre Les exposés de Creac’h-Euzen, je raconte en 7 lignes l’histoire qui suit. J’ai estimé qu’il fallait la raconter en détail pour les lecteurs de La Gazette.

Une veste de chasse usée jusqu’à la trame

Le 13 avril 1908, debout depuis des heures dans un couloir de l’hospice civil de Brest, l’homme s’agite et bougonne. À plusieurs reprises, il exprime à voix haute son exaspération : Va-t-il devoir attendre encore longtemps ? Pourquoi le chirurgien ne le reçoit-il pas ? Les autres patients n’osent pas s’approcher, car beaucoup connaissent le bonhomme, sujet à de violentes colères suivies de longs moments d’abattement. Denis Coguiec, c’est ainsi que se nomme cet individu, né il y a soixante-trois ans à Irvillac (Finistère), exerce la profession de marchand de bouteilles. Vêtu d’une veste de chasse usée jusqu’à la trame, il promène depuis de nombreuses années son allure dégingandée et ses favoris à l’anglaise dans les rues de Brest. Poussant devant lui une vieille carriole, il s’arrête à tous les carrefours où, d’une voix aiguë, il annonce ainsi son passage : Avez-vous des bouteilles à vendre ?
Pour se donner du courage, il s’arrête fréquemment dans un débit de boissons, où il raconte sa vie à qui veut bien l’entendre. Quelle existence pleine de bosses ! Tout d’abord greffier de justice de paix à Daoulas, puis à Douarnenez, il monte à Brest un cabinet d’affaires et plaide devant le tribunal de commerce. Les clients se faisant rares, son cabinet périclite et il se retrouve, suivant les époques, représentant de commerce, marchand de sirops, de draps ou de bouteilles. Le métier n’est guère rémunérateur et, lorsqu’il rentre le soir dans le petit appartement du 46, rue de la Vierge, sa femme Marie fait grise mine devant le peu d’argent qu’il lui rapporte. Comme elle sait qu’il ne faut pas le contrarier, elle lui sert sa soupe sans mot dire, en espérant que demain sera un autre jour.

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Les Coguiec changeaient fréquemment d’appartement.
En 1908, le couple habitait rue de la Vierge à Brest

Un beau parleur

Un autre jour plus faste ! En a-t-elle connu depuis le 25 avril 1856, jour de son exposition au tour de l’hospice de Quimper, où elle est déclarée née de père et mère inconnus ? Baptisée le lendemain dans la chapelle du Saint-Esprit, elle est affublée par les sœurs du curieux patronyme d’Onime (les noms en cette année 1856 devant commencer par la lettre O) [1]. Confiée de suite à des parents nourriciers à Ergué-Gabéric, elle y est mal traitée, retirée et placée ensuite chez les Pansel, propriétaires-cultivateurs à Poullan, qui la considèrent presque comme une enfant de la famille. Plus tard, remise à Plouhinec aux époux Stéphan, désignés comme bienfaiteurs, elle vit une adolescence presque heureuse. Où et quand rencontre-t-elle Denis Coguiec ? Elle ne s’en souvient plus ou préfère peut-être ne pas s’en souvenir !

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À l’hospice de Quimper, les sœurs du Saint-Esprit (les sœurs blanches) s’occupaient des enfants exposés et leur trouvaient des parents nourriciers.
Tableau d’Emma Herland

Marie se laisse séduire par ce beau parleur, qui se dit promis à un brillant avenir, et un premier enfant naît en mars 1882 à Ergué-Armel. C’est une fille nommée Onézie, déclarée de père inconnu à l’état civil. Sans doute, Coguiec ne souhaite-t-il pas se marier avec une fille de l’hospice ? L’épouser, non, mais continuer à partager sa couche, pourquoi pas ! C’est ainsi qu’en septembre 1883, Marie met au monde, rue Obscure à Douarnenez, un petit Denis qui, placé en nourrice à Plonévez-Porzay, meurt quatre jours plus tard. En 1885, lorsque Marie accouche de Magdeleine, elle est déclarée sans profession, comme en 1888, à la naissance de Jeanne à Brest. « Le père inconnu » assiste pourtant à l’accouchement et va même déclarer l’enfant à la mairie.

La manière forte

Ce n’est que le 11 mai 1904, que Denis Coguiec, alors marchand de draps, consent à épouser la mère de ses trois enfants qu’il reconnaît devant l’officier d’état civil. [2]

L’aînée est partie travailler à Paris comme couturière, et il ne reste au foyer que Magdeleine, tailleuse, et Jeanne. La vie n’est pas facile pour les trois femmes qui doivent subir les plaintes, colères, et remontrances injustifiées de Coguiec. La même année, Marie trouve quelque réconfort en assistant à Paris au mariage de son aînée . Mais il lui faut bien vite revenir à Brest et s’occuper de son mari. Dans ses fréquents moments d’abattement, Coguiec en veut à la terre entière et plus particulièrement au docteur Civel, chirurgien en chef de l’hospice de Brest qui, le recevant un jour en consultation, lui a dit de s’adresser à un spécialiste, la neurasthénie dont Coguiec souffre n’étant pas traitée dans son service. Depuis, l’ancien greffier ne cesse de se rendre dans le pavillon dévolu au docteur Civel. Il est le plus souvent éconduit par l’infirmière mais, le 13 avril 1908, il est bien décidé à employer la manière forte pour se faire examiner.

Dans le couloir, le marchand de bouteilles ne se contente plus de protester, il crie maintenant son exaspération devant un personnel médusé qui ne parvient pas à le calmer. Alerté par ces vociférations, le chirurgien, sortant de son cabinet, reconnaît Coguiec. Il tente de le raisonner, répète qu’il ne peut rien pour lui et qu’il devrait avoir recours aux lumières d’autres confrères. Comme fou, Coguiec rentre peu après dans la salle d’opération où le médecin, assisté de deux internes, continue à soigner les malades. Soudain, une détonation retentit.

Coguiec, sortant un vieux revolver à broche d’une poche de sa veste, vient de tirer presque à bout portant sur le chirurgien. À ce moment précis, ce dernier se penche sur un patient qui est allongé sur une table capitonnée. Ce geste lui sauve la vie et la balle atteint le malade au coude droit. Le premier moment de stupeur passé, un parent du blessé saute à la gorge du tireur et parvient à le désarmer, alors que l’engin contient encore cinq balles de sept millimètres. Appelés en renfort, deux agents de ville, en faction au carrefour voisin, s’emparent avec peine du forcené qui se débat et, aidés de deux infirmiers, le conduisent dans un cabanon. C’est là que garrotté et couché sur le lit des fous, l’homme revendique son geste devant le journaliste de « La Dépêche de Brest ». Il dit avoir tiré pour attirer sur lui l’attention du docteur Civel et des autorités. C’est ce qu’il répète au commissaire Terrène venu l’interroger.

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Une des entrées de l’hospice de Brest se trouvait rue Traverse

Alors qu’un attroupement de curieux s’est formé devant la porte de l’hospice, le policier se rend près du chirurgien encore sous le choc qui estime cependant que la neurasthénie aiguë dont souffre le pauvre bougre atténue sa responsabilité. Prévenues, Marie Onime et sa fille Jeanne, toutes deux anéanties, racontent leurs souffrances au quotidien, mais tentent de trouver des excuses au malheureux.
Ce tragique incident n’ayant heureusement pas de suite grave, le magistrat enquêteur transmet l’affaire au procureur de la République qui ordonne le placement de Coguiec à l’asile Saint-Athanase à Quimper. C’est là que cet être à l’esprit dérangé décède dès le 31 juillet, à côté de l’hospice civil où son épouse Marie Onime a été exposée en 1856. Veuve et désormais sans ressources, elle quitte Brest pour habiter avec ses filles, toutes trois couturières à Paris.
Le docteur Civel se souviendra sans doute longtemps de cette journée du 13 avril 1908 où un vendeur de bouteilles a voulu attenter à sa vie.

Sources :
Journal La Dépêche de Brest
Les exposés de Creac’h-Euzen, Pierrick Chuto, 2019, Association de Saint Alouarn
Base RECIF du Centre généalogique du Finistère
Geneanet Premium

Merci aux amis Michel Guironnet et Gilles Cardinal, et à Marie-Noëlle, mon épouse, généalogiste émérite.

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Les exposés de Creac’h-Euzen
Sur la page d’accueil du site : www.chuto.fr : préface et introduction

Notes

[1Exposée (déposée) avec, comme effets, un bonnet de laine fond gris, une coiffe garnie de dentelle, un gilet de laine blanche tricoté, une chemise, un linge et un maillot gris

[2Deux autres enfants naissent ensuite : Martial en 1889 et Berthe-Marie en 1890, mais ils décèdent rapidement.

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28 Messages

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 10:38, par martine hautot

    Une pensée émue pour l’enfant trouvée !
    Martine

    Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 15:56, par Franck Boulinguez

    Pierrick,

    Comme à l’habitude, voilà un récit que j’ai lu d’une seule traite et de bout en bout avec délectation !

    Comme je te l’ai déjà dit : Quelle savoureuse façon d’écrire. C’est toujours un régal !

    Avec toute mon amitié.
    Franck

    Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 16:06, par Christian Jardin

    Bonjour,

    Toujours très émouvant le sort des enfants trouvés.
    Dernièrement je viens d’acquérir aux Presses Universitaires de Rennes le livre de : Isabelle Le Boulanger :"L’Abandon d’enfants" - L’exemple des Côtes-du-Nord au XIX siècle-
    L’auteure est docteure en histoire contemporaine et son ouvrage est issus de sa thèse de doctorat soutenue à l’université de Bretagne occidentale.
    Ce qui a de suite attiré mon attention c’est l’illustration identique de la page de couverture reproduisant le tableau de Charles François Marchal (1825-1877), : « Le dernier baiser »

    Je me suis personnellement intéressé aux enfants abandonnés car la grand-mère de mon épouse , Andrée Joséphine Annette FEYDEAU à été déposée dans la nuit du 22 au 23/01/1897 non dans un tour, mais sur le sol devant une boutique Passage des Panoramas à Paris 2e .

    J’ai mis les sources sur Généanet . (kermaria22)

    Encore merci pour cette rubrique .
    Christian.

    Répondre à ce message

    • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 16:47, par Pierrick Chuto

      Bonjour Christian
      J’ai évidemment lu l’excellent livre d’Isabelle le Boulanger sur les enfants trouvés des Côtes du Nord. il y a si peu de livres sur cette question. Mais comme je ne suis pas docteur, je n’ai pas écrit de thèse :-) ,seulement un livre édité à compte d’auteur que j’ai essayé de rendre vivant et très documenté. Sans me vanter, ma couverture (concoctée par mon fils) est mille fois plus attrayante que celle des Presses universitaires de Rennes, alors qu’il s’agit du même tableau, exposé à Fécamp.
      Pour la grand-mère de votre épouse, abandonnée en 1897, il n’y avait plus depuis longtemps de tour à Paris. Celui de Quimper a fermé en mai 1861 et celui de Brest en 1864. Le Finistère a fait de la résistance, craignant une recrudescence d’infanticides.
      Si vous voulez en savoir encore plus, je serai très heureux de vous dédicacer mon livre. Entre passionnés, il importe de s’entraider !
      Bien cordialement
      Pierrick

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    • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 17:23, par Pierrick Chuto

      Merci Christian.
      je vais m’appliquer pour écrire une belle dédicace
      Le livre partira demain.
      Pierrick

      Répondre à ce message

      • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 17:41, par Jardin Christian

        Merci beaucoup, Je guetterai le facteur qui abandonnera votre livre dans mon tour (ma boite aux lettres).
        Pourrais-je avoir la dédicace à la plume d’oie ?
        Vous avez raison « Le dernier baiser » sur le livre d’Isabelle Le Boulanger est très sombre , mais cela va hélas avec le sujet.

        Continuez à nous enchanter.
        Cordialement , Christian

        Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 17:19, par André Vessot

    Bonsoir Pierrick,

    Comme Franck j’ai lu votre article d’une traite. C’est tellement bien écrit, on croirait y être et assister à la scène.
    Vous avez bien fait de développer cet événement qui pourrait faire un excellent téléfilm. Bravo Pierrick.

    J’en profite pour vous souhaiter de très bonnes fêtes. Bien amicalement.

    André

    Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 17:41, par BRUNIER

    ce sujet m’a particulièrement ému. Ma mère a aussi été abandonnée ;pas dans un tour mais dans le réfectoire d’une institution religieuse à Paris 14°arrondissement en 1906 au mois de septembre.

    Envoyée dans une famille d’accueil en Auvergne.Excusez moi, je ne peut plus.

    Répondre à ce message

    • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 15 décembre 2019 09:48, par Pierrick Chuto

      Bonjour et désolé d’avoir fait ressurgir des souvenirs douloureux.
      Ce n’est pas mon but mais parmi les nombreux descendants des enfants trouvés dont je parle dans mon livre,et qui m’ont contacté, l’immense majorité était heureuse d’avoir « des nouvelles » d’un être souvent oublié (volontairement ou pas). Hier en dédicace, j’ai rencontré une dame qui m’a dit que son aïeul, abandonné dans le tour de l’hospice de Quimper en 1858, avait été triste toute sa vie.
      C’est sans doute plus facile à dire qu’à faire, mais je pense qu’il faut positiver et se dire que votre maman, malgré des débuts difficiles, a fait sa vie et qu’elle a enfanté.

      Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 13 décembre 2019 19:53, par Gilles Cardinal

    Les histoires de Pierrick sont toujours captivantes, construites de recherches approfondies, et bien écrites ;-)

    Comme le dit l’adage populaire brestois : « à Brest, quand on creuse, on trouve des bombes » ; je rajouterai : quand on creuse sous les bombes, on trouve des histoires.

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  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 14 décembre 2019 12:24, par Colette Boulard

    Comme tous ceux qui me précèdent, j’ai lu d’une traite votre récit, si facile et agréable à lire malgré le sujet assez sombre. Mais quoi d’étonnant, sachant que vous écrivez fort bien !
    Merci à vous et très bonne fin d’année.

    Répondre à ce message

    • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 15 décembre 2019 09:38, par Pierrick Chuto

      Merci Colette pour vos encouragements bien sympathiques.
      J’espère pouvoir encore longtemps faire partager mes découvertes à travers mes livres (déjà le 7e) et les articles pour la Gazette.
      Je reçois demain 400 nouveaux exemplaires du livre et, comme à chaque fois, c’est l’angoisse. Sans éditeur qui vous soutient, ce n’est guère facile, mais cette poussée d’adrénaline permet de rester « jeune »...
      Bonne journée à tous
      Pierrick

      Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 14 décembre 2019 14:23, par catherine marquet

    Bonjour,
    Très belle et très triste histoire, bien racontée.
    Il y a des gens qui sont nés sous une mauvaise étoile.
    On croirait assister à une scène, de nos jours, dans les urgences des hôpitaux, où des patients ( si l’on peut dire) agressent les soignants, hélas, débordés.
    La société régresse, malheureusement.
    Catherine

    Répondre à ce message

    • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 15 décembre 2019 09:51, par Pierrick Chuto

      A qui le dites vous, Catherine... C’est pourquoi, même si je me tiens au courant de l’actualité pesante actuelle, j’aime fouiller les archives des siècles précédents. Cela fait relativiser notre prétendue infortune.
      Pierrick

      Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 15 décembre 2019 16:00, par Sonia Landgrebe

    Bonjour,
    C’est une bien triste histoire que vous racontez de manière très vivante. Pauvre Marie Onime (heureusement qu’on ne lui a pas choisi Anne pour prénom usuel, ç’aurait été tristement ironique !) qui a grandi sans parents, puis s’est retrouvée mère célibataire - avec l’opprobre que cela devait comporter à l’époque - pendant 22 ans, avant que son sinistre compagnon ne consente enfin à l’épouser ... J’espère que la fin de sa vie à Paris a été plus heureuse !
    Merci pour cet excellent récit qui méritait effectivement bien plus de 7 lignes.
    Cordialement,
    Sonia

    Répondre à ce message

    • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 16 décembre 2019 09:58, par Pierrick Chuto

      Oui Sonia.
      J’y avais également pensé.Les sœurs du St esprit qui attribuaient les patronymes n’avaient pas un humour méchant, contrairement aux employés de l’hospice de Brest qui en étaient chargés
      exemple : deux enfants exposés le même jour au tour de l’hospice de Brest. Au premier on donne le nom Abra et au second Cadabra...
      Voici ce que dit mon frère, éminent intellectuel, à propos d’Onime. Cela n’engage que lui :

      D’autre part j’ai réfléchi au nom bizarre « Onime ». Je crois que les bonnes sœurs, à l’humour bien particulier, sont parties du mot patronyme, nom du père (πατήρ, πατρός ). Le père étant inconnu, patr- tombe : reste ὄνομα (= nom) Un i, au lieu du y, pour faire moins exotique, et voilà le bébé habillé pour la vie.
      Cordialement
      Pierrick

      Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 17 décembre 2019 22:04, par daoudal

    J’ai lu avec plaisir ce récit alerte et très bien documenté.Pierrick Chuto s’y entend très bien pour nous plonger, comme si nous y étions,dans ce tournant du 19 ème siècle

    Répondre à ce message

  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 18 décembre 2019 12:26, par coatriné

    D’Autant plus interessée, que notre tri-aïeul,Pierre, enfant « exposé » de l’hospice d’ANGOULËME, en Octobre 1841(on imagina alors qu’il n’avait qu’une dizaine de jours), d’après son acte en MAIRIE, porte nom et prénom, abandonné vers MINUIT/ UNE HEURE du matin avec un trousseau enregistré, il fut placé dans une famille, dont le chef l’employa à l’adolescence, dans ses travaux de Fermier. plus tard, IL signera, comme témoin de son Mariage ! Pierree maria convenablement dans la région où il fut placé, et mourut en 1910, propriétaire dans son village ; comment savoir oû il fut bastisé ? il avait lors du Mariage, un magot dont j’aimerais apprendre, ce que la somme représentait pour l’époque. Comment trouver ?
    L’officier d’ETAT civil à la Mairie d’ANGOULËME, le plaça (lui ?) sur le territoire de commune qu’il connaissait bien, sa famille y possédant elle-même une propriété. L’une des petites filles de n/aïeul, me raconta dans les années soixante, ce qu’elle savait, du gd père , connu pour sa gentillesse : veuf (49 ans),4 enfants dont sa seule fille de 9 ans, il fut un père très présent secondé par l’ainé(mon arrière gd père qui de ce fait, optint d l’armée, de faire ses devoirs militaires par périodes.
    Mais Pierre était sujet à des malaises qui n’alertaient personne en ces temps, et qui, finirent par l’emporter à 68 ans durant sa sieste ; enfant IL aurait été ramené venant de PAMPELUNE (!) SES trois fils, étaient des forces de la nature au physique, appelés à faire régner le calme dans les frairies.
    MON IMAGINATION… La passion ,l’emporte, de ce qu’il me reste à chercher, véritables enquêtes, ROMANS !!!

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    • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 18 décembre 2019 17:53, par Pierrick Chuto

      Bonsoir
      A l’hospice de Quimper, l’enfant exposé était baptisé par l’aumônier dans la chapelle de l’établissement (Chapelle du Saint-Esprit), ou plus rarement à la cathédrale. Parrain et marraine étaient des employés ou des pensionnaires (malades ou vieillards) de l’hospice, parfois aussi une personne dite bienveillante. J’ai même un cas où elle a reconnu l’enfant.
      J’ai trouvé ces registres de baptême aux archives diocésaines.
      Pierrick
      http://www.chuto.fr/

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  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 18 décembre 2019 18:53, par Thérèse BLANC-CAUGANT

    Merci Pierrick d’avoir partagé cette histoire émouvante.

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  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 19 décembre 2019 18:51, par Jean-Christophe Gueguen

    Une triste histoire excellemment racontée et documentée qui émeut le lecteur.
    La vie et la survie n’était pas gaie pour la majorité de la population. Dans ma famille une petite fille est tuée par un loup et un autre termine sa vie, dernier condamné à mort à Quimper exécuté sur l’échafaud.
    Seul Pierrick Chuto est capable de raconter des histoires similaires et de retrouver les textes qui lui permettent de nous les faire partager.
    Il faut lire tout ce que Pierrick Chuto nous propose. Il s’inscrit dans la lignée des Jackez Hélias et Jean Rohou, mais lui il nous parle des gens ordinaires qui sont nos ancêtres.

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  • L’enfant trouvée et le marchand de bouteilles 21 décembre 2019 16:15, par Franguil

    Connaissez-vous l’excellent musée des Enfants de l’Assistance Publique et des Nourrices à Alligny-en-Morvan... certes un peu éloigné de la Bretagne mais où foisonnent documents, objets, témoignages, photos...?

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