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Joseph, un « personnage » bien singulier

Souvenir d’internat


samedi 1er juillet 2006, par Jean-Pierre Bernard

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Un « personnage » bien singulier eut son heure de gloire à l’Institution où nous étions internes.

Très singulier, en effet, et qui en tous cas ne brillait pas par sa conversation !

Nous le nommions Joseph. C’était un squelette...! Un squelette humain qui était utilisé pour les cours de sciences naturelles.
Le bruit courait qu’il avait appartenu à un soldat allemand, tué durant la guerre 39/45. Nous ne savions pas si c’était la vérité, mais tout le monde le croyait chez les élèves.

Son crâne était assorti d’un anneau, ce qui permettait de le suspendre à un piton.
Il était habituellement remisé dans un petit local, d’où on le sortait à l’occasion quand le besoin s’en faisait sentir pour les cours.

J’étais alors chez les « grands », et nous avons eu une idée folle que nous mîmes au point.
Nous avions projeté de faire une blague à notre « pion », qui était un peu notre souffre-douleur, mais que, somme toute, nous aimions bien. Il était sensible et impressionnable, et l’idée suivante avait alors germé dans nos esprits :

Dérober Joseph, et l’étendre sur le lit du « Pion » !

Notre surveillant arpentait le dortoir durant le temps qu’il fallait pour que tout se calme, avant d’éteindre et de regagner sa chambre, contigüe au dortoir.
Nous avions harangué les plus jeunes pour que les bavardages se poursuivent un peu plus, pour nous laisser le temps d’exécuter notre projet.
Ce qui se fit ! Trois garçons, dont j’étais (je participais à tous les coups !) s’échappèrent très discrètement du petit dortoir pour aller quérir Joseph.
Il fallait faire vite et ne pas se laisser voir.

Joseph fut transporté dans la chambre du surveillant, et étendu sur son lit. Diaboliquement, nous avons disposé un drap sur lui, après avoir disposé dans le crâne une lampe électrique de poche, allumée, dont le rayon éclairait le reste du corps.
Sous le drap, dans la pénombre, il y avait de quoi sursauter, je vous le promet ! C’était vraiment impressionnant.

Le calme revint petit-à-petit dans le dortoir. Nous avions prestement regagné nos lits. Le « pion », après un dernier tour, se dirige tranquillement vers sa chambre... Il ouvre sa porte, et avant d’avoir pu allumer la lumière, se trouve brusquement confronté à « l’apparition » !.

Un cri... suivi de tremblements, autant provoqués par la colère que par la peur intense qui avait dû lui traverser le corps.
Il lui fallut au moins une minute pour se calmer et reprendre ses esprits. Puis,... réaction : « B..., M..., Bernard, debout ! » (il savait qu’à 95 % nous étions tous les trois dans le coup. Et il avait raison !).

Nous dûmes rester à genoux devant notre lit, et durant plus d’une heure, sans compter deux suppressions de sortie infligées par le Père Supérieur. Nous l’avions bien mérité.
Mais nous avions bien ri et amusé tous les internes.

Quelques jours plus tard, nous avons demandé pardon à notre surveillant.

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