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Joie et peine de la généalogie

Histoire de Jean-Marie ALLAIN

Le jeudi 11 décembre 2014, par Frédéric Ressouche

En commençant ma généalogie, je m’attendais bien sûr à découvrir des histoires tristes de la guerre 14-18 ou 39-45, mais en aucun cas je ne m’attendais à avoir autant de tristesse en découvrant cette histoire familiale.

Mon grand-père maternel mort pour la France en 1940 dans l’Oise lors d’un bombardement allemand, ma grand-mère, Alice BOYER, se retrouva donc seule avec ses deux filles et ses beaux-parents à entretenir la propriété viticole près du village de Corneilhan (Hérault).

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Leur maison, dit Domaine de la Chartreuse à Corneilhan (34)

Presque aveugle, vivant avec des beaux-parents déjà âgés, elle embaucha un ouvrier agricole Jean-Marie ALLAIN, qu’elle épousa, comme beaucoup de veuves, après la guerre.

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Jean-Marie ALLAIN & Alice BOYER

Avec mon frère nous le considérions naturellement comme notre grand-père et la fille qui naquit de ce mariage est plus une grande sœur qu’une tante.

Jean-Marie Allain né le 21 août 1916 à Guise (Aisne) fut à sa naissance enfant de l’assistance publique. « Tes parents sont morts durant un bombardement en 1916 dans la région de Guise ! » voilà la seule histoire qu’il connaissait de ses origines. Il passa sa jeunesse à travailler dans les fermes, allant du Gers vers l’Hérault, de propriétés viticoles en propriétés viticoles.

Personne, n’eut l’idée de savoir où et comment ses parents avaient disparu, « Quel intérêt ! ».

Il y a cinq ans en commençant ma généalogie, j’entrepris tout naturellement des recherches sur ma grand-mère et je n’allais pas laisser de côté une personne que je considérais comme un grand-père.

Je n’eus aucune difficulté à récupérer l’acte de naissance de Jean-Marie, qui me donna ALLAIN Adrien Louis Marie et JUMEL Eugénie Célénie, que je considérais d’offices morts vers 1916. Bien sur puisque Jean-Marie avait perdu ses parents dans un bombardement !

Par contre, impossible de remonter l’arbre sur la famille ALLAIN-JUMEL car visiblement, ils ne résidaient pas sur Guise …. Je fus sauvé par les archives militaires de l’Oise, ALLAIN Adrien Louis Marie avait bien sa fiche qui correspondait parfaitement. Né le 22 juillet 1882 à Loguivy-Plougras (Côtes d’Armor), il ne me fallut que cinq minutes pour récupérer son acte de naissance et découvrir dans un premier temps la date du mariage avec JUMEL Eugénie et dans un deuxième temps sa date de décès le 25 avril 1951 à Paris (17e) !

Eh oui cette famille que l’on croyait morte en 1916 existait encore en 1951. Jean-Marie aurait pu connaître certes ses parents, mais aussi ses deux sœurs aînées, Adrienne (°1910 à Corbie dans la Somme) et Jeanne-Marie (°1911 à Chiry-Ourscamp dans l’Oise) ainsi qu’un frère Robert né en 1918.

Jean-Marie décédé en 1985 sera parti sans connaître sa famille.

Le pourquoi et le comment de cet abandon restent encore mystérieux, les archives de l’Aisne demeurent muettes malgré un énorme travail de l’archiviste.

Il me reste maintenant à découvrir la partie heureuse de cette histoire, trouver des cousins à ma tante !


Voir en ligne : Généalogie


Si par hasard vous croisez sur votre parcours généalogique cette famille, pensez à moi ...

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6 Messages

  • Joie et peine de la généalogie 11 décembre 2014 15:30, par André Vessot

    Bonjour Frédéric,

    Voilà une bien belle mais triste histoire qui donne effectivement envie d’en savoir plus. Pourquoi a-t-il été abandonné, alors qu’il avait deux soeurs aînées et un jeune frère ? ALLAIN Adrien Louis Marie était-il le vrai père ? Y-a-t-il vraiment eu un bombardement à Guise en 1916 ? Avez-vous cherché au niveau de l’assistance publique pour avoir des informations sur ce placement ?
    En tout cas je vous souhaite plein succès dans vos recherches, la découverte de nouveaux cousins. Peut-être un jour publierez-vous la suite de cette histoire dans la gazette.
    Cordialement.

    André VESSOT

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  • Joie et peine de la généalogie 12 décembre 2014 10:16, par GALLET

    Bonjour !
    Mon cas présente quelques similitudes.
    Mon grand-père a été tué en 1915 et je n’avais de lui comme souvenir qu’une page déchirée d’un mémorial des morts pour la France.
    En 1944 la maison de ma grand-mère a été en partie détruite par un bombardement et en récupérant quelques biens nous avons trouvé, avec surprise, derrière une armoire le livret militaire de mon grand-père !
    Une vingtaine d’années plus tard j’ai commencé à m’intéresser à la généalogie. En examinant le livret, je constatais la mention « De l’Assistance Publique » , fait que toute la famille ignorait …
    Je me rendis aux Archives Départementales pour consulter les documents et au moment où j’arrivais à la fin de mes recherches l’agent me signala que ces documents portaient une mention en ROUGE et que de ce fait ils n’étaient pas communicables, … sans plus d’explications :
    En lisant une revue du Conseil Général mon attention fut attirée par un article sur les recherches de naissances sous X ; bien que mon grand-père ait été reconnu par sa mère je me renseignais auprès des services pour savoir si son cas pouvait être examiné …
    La réponse fut positive et dans quelques jours je pourrai consulter l’ensemble du dossier au service « ADOPTION ET ACCES AUX DONNEES PERSONNELLES » !

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  • Joie et peine de la généalogie 12 décembre 2014 17:08, par Pierrette MYSAK

    Bonjour,
    L’histoire de votre famille m’inspire quelques réflexions :
    D’une part, la bataille de Guise a eu lieu fin août 1914, au tout début de le 1re guerre (le général Lanrezac sera d’ailleurs limogé pour n’avoir pas respecté les ordres lors de cette bataille) ; cette bataille est un prémisse de la grande bataille de la Marne.De grands affrontements auront lieu dans cette région jusqu’en novembre 1914 (vous pouvez lire sur internet de nombreux témoignages ; plusieurs livres aussi). A partir de septembre 1915 jusqu’à début novembre 1915, les grandes batailles ont plutôt eu lieu en Champagne et en Artois. Mais je pense que la région de Guise était occupée par l’armée Allemande à cette date ; le front se trouvait plus à l’ouest.
    Ce qui m’interpelle c’est la date de naissance de votre aïeul ; la personne que vous considérez comme votre grand-père, Jean Marie ALLAIN, est née le 21/08/1916 à Guise, donc elle a été conçue en novembre 1915, dans une zone occupée par les allemands. A cette date,les hommes de moins de 40 ans étaient tous mobilisés. Il serait surprenant que votre arrière-grand-père, Adrien Louis Marie ALLAIN, ne l’est pas été. Il serait peut-être intéressant de retrouver dans quel régiment il a combattu pour savoir où son régiment se trouvait à cette période. S’il se trouvait dans une région de grandes offensives, toutes les permissions étaient suspendues à cette période.Et puis l’armée française ne donnait pas de permission pour se rendre dans une zone sous contrôle de l’Armée allemande. Comment votre arrière-grand-mère aurait-elle pu se retrouver enceinte ?
    Il se pourrait alors que votre « grand-père » soit un enfant illégitime, conçu hors mariage alors que votre arrière-grand-père était au front. Peut-être par un soldat allemand. Ce qui pourrait expliquer qu’il ait été abandonné par votre arrière-grand-mère à sa naissance (il ne serait pas le seul cas, rassurez-vous).

    D’autre Part, il serait intéressant de savoir comment votre « grand-père » est arrivé dans le Gers et l’Hérault, étant originaire de l’Aisne. A-t-il été confié par l’assistance Publique à une famille du Sud-Ouest ? Les enfants ne pouvaient pas être laissés dans des orphelinats dans les régions de combats.

    Peut-être pourriez-vous creuser un peu plus dans ce sens ? Il doit bien y avoir un dossier dans les archives de la DDASS de l’Aisne concernant l’abandon de votre « grand-père » ? Tout n’a peut-être pas été détruit lors des différents conflits mondiaux ? Ou dans les archives du département où il a grandi ?
    Peut-être aurons-nous l’occasion de vous lire prochainement au sujet de vos découvertes ?
    Cordialement,

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    • Joie et peine de la généalogie 13 décembre 2014 18:15, par Agnès HECTOR

      Bonjour,
      Je confirme la naissance d’enfants illégitimes sur l’Aisne occupée par les Allemands à cette période. L’arrière-grand-mère de mon mari, veuve de guerre le 19 février 1916, a accouché le 10 juin 1917 dans l’Aisne d’une fille. Elle a manifestement fuit l’Aisne pour la région parisienne (probablement pour cacher sa honte) et n’a reconnu sa fille (qu’elle a vraisemblablement dû élever) que 18 ans plus tard lors du mariage de cette dernière auquel elle devait consentir. Cette dernière est morte durant la deuxième guerre mondiale, laissant deux enfants en très bas âge et son mari s’est remarié sans garder de lien avec la famille de sa femme de sorte que l’histoire s’est perdue. Je n’en ai trouvé ces bribes que par mes recherches généalogiques.
      J’ai évidemment immédiatement imaginé que le père devait être allemand.
      Les populations civiles de l’Aisne, réduite aux vieillards, femmes et enfants, ont énormément souffert de l’occupation allemande,
      http://picardie.profs.hg.free.fr/regionales/saint_quentin/civils%20_guerre_1914_1918.pdf
      Et les femmes sont toujours des proies pour les soldats.
      Il était sans doute mieux que cet enfant devenu adulte ait pensé que ses parents étaient morts, car à cette époque, un enfant illégitime était un cataclysme, a fortiori s’il était peut-être le résultat d’un viol.
      Bien cordialement,

      Répondre à ce message

  • Joie et peine de la généalogie 13 décembre 2014 15:07, par bossof82

    Bonjour,

    Je me permets de réagie à votre article car il présente des similitudes avec l’histoire du grand père de ma compagne abandonné en 1911 à Paris. Ce qu’il faut savoir c’est que les dossiers d’abandon sont consultables 100 ans après l’abandon de la personne. Dans mon cas j’ai pu découvrir les causes de l’abandon ( décès prématuré de la mère dès la naissance et impossibilité pour le père de faire face ) mais aussi tout le parcours de l’enfant abandonné, c’est à dire dans mon cas l’enfant envoyé de Paris vers le Tarn et Garonne ( 600 km ) et l’ensemble des familles d’accueil chez lesquelles l’enfant avait été placé. Tous ces éléments sont restés ignorés bien sur de l’intéressé décédé en 1973 mais ont éclairé sur leurs origines ses enfants et petits enfants. Bonnes recherches

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  • Joie et peine de la généalogie 15 décembre 2014 18:36, par cagnard

    je connais Corbie puisque j’habite ds la Somme et ds mon arbre,j’ai aussi le patronyme JUMEL ; peut-être des pistes à explorer bonnes recherches

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