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« En direct de l’enterrement » suivi de « tenir les cordons du poêle »


jeudi 20 décembre 2018, par Michel Guironnet

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« Le mardi nous sommes allées à l’enterrement, sur tout le parcours il y avait foule... Il y avait du monde jusque sur les toits.
Je pense que mon parrain reconnaitra sur cette carte tous les personnages qui suivent le corbillard. »

En direct de l’enterrement

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Le corbillard tendu de noir
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Les funérailles du cardinal Pierre-Hector Coullié : le convoi funèbre
Fonds Jules Sylvestre (1859-1936). Bibliothèque municipale de Lyon / P0546 SA 12-14.
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« Mardi, nous sommes allées à l’enterrement... »

"Le mardi nous sommes allées à l’enterrement, sur tout le parcours il y avait foule, je vous assure que nous étions bien gardées, nous ne risquions pas de nous sauver. Je ne vous donne pas de détails car vous avez dû lire les journaux. Tout ce que je peux vous dire c’est que c’était tout à fait imposant.

Parmi tout ce monde, pas un cri hostile, sauf quelques réflexions à notre adresse qui nous faisaient sourire. Il y avait du monde jusque sur les toits. J’aurai voulu que vous y soyez. Les agents (de police) avaient du travail. Je pense que mon parrain reconnaitra sur cette carte tous les personnages qui suivent le corbillard. Pas besoin de lui les nommer."

Le Cardinal Coullié, archevêque de Lyon, est mort mercredi 11 septembre 1912, âgé de 83 ans. Evêque d’Orléans, il est nommé à Lyon après la mort de Monseigneur Foulon et intronisé Primat des Gaules le 14 septembre 1893 [1].

Dès le lendemain, son corps est exposé aux fidèles dans une chapelle ardente aménagée à l’archevêché de Fourvière. La veille des obsèques, son cercueil est descendu de la colline au bord de la Saône, dans le chœur de la Primatiale Saint Jean, cathédrale du diocèse. Là aussi, la foule se presse auprès de sa dépouille.

Le mardi 17 septembre 1912, ce sont les obsèques du prélat :
"A huit heures et demie les cloches de Saint-Jean retentissent... La place Saint-Jean, la rue Saint-Jean, l’avenue de la Bibliothèque, le pont Tilsitt, la place Bellecour sont déjà noirs de monde.../... A neuf heures et demie, Son Eminence le cardinal Luçon, archevêque de Reims, précédé des membres du Chapitre et des prêtres en habit de chœur, sort de la sacristie et se dirige vers le catafalque dressé au milieu de la grande nef centrale, où il fait la levée de corps.

Le cercueil, porté par des employés des Pompes funèbres, est déposé dans le corbillard, richement décoré de tentures noires à franges d’argent et de panaches noirs : les chevaux sont caparaçonnés de noir. Sur le cercueil sont déposés la « Capa Magna » - le grand manteau pourpre des cardinaux - et la barrette rouge.
Au moment où le corps sort de l’église un peloton de la Société des Jeunes du Vieux Lyon, qui forme une garde d’honneur, présente les armes."

« On peut dire que la ville entière, avec toutes ses classes - bourgeois et gens du peuple, ouvriers et commerçants - voulut saluer une dernière fois la dépouille mortelle de Pierre-Hector Coullié, prince de l’Église, primat des Gaules, cardinal-archevêque de Lyon » [2].

125 000 personnes se massent tout au long de l’itinéraire du cortège funèbre : parti de la cathédrale Saint-Jean, il emprunte le Pont Tilsitt (aujourd’hui Pont Bonaparte sur la Saône), passe Place Bellecour, remonte la rue de l’Hôtel de Ville (actuelle rue Edouard Herriot), puis la rue Grenette, le Quai Saint-Antoine, traverse de nouveau la Saône sur le Pont au Change, suit le Quai de l’Archevêché (aujourd’hui quai Romain Rolland) et revient à la cathédrale.

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Détail d’un plan de 1891

"Tenir les cordons du poêle"

Le « poêle » désignait le drap mortuaire qui recouvrait le cercueil pendant les cérémonies funèbres. Il avait, cousus aux coins et sur les bords, des cordons qui étaient tenus par des membres de la famille ou des proches, ou bien des personnes « de haut rang ».
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Deux ecclésiastiques et deux laïcs tiennent les cordons
du poêle de chaque côté du corbillard.

Lors des funérailles du Cardinal Coullié, les cordons du poêle sont tenus par quatre ecclésiastiques et par quatre laïcs : M. le chanoine Vernay, représentant le chapitre de la Primatiale ; M. l’abbé Fétut, chanoine archiprêtre de Saint Pierre de Vaise ; M. l’abbé Trémoulhéac, curé de la grande église de Saint-Etienne ; M. l’abbé Antès, ancien vicaire général de Son Éminence à Orléans ; Messieurs Jean Neyret, maire de Saint-Etienne ; Charles Jacquier, Paul Duquaire, conseiller général du Rhône, et Henri Saint-Olive.

Adrienne

La correspondante termine sa carte sur des nouvelles plus personnelles :

"J’ai vu Adrienne jeudi dernier, elle revenait de faire un petit tour à Vernaison. Elle va bien, mais elle a été un peu fatiguée cet été, elle avait pris des furoncles sous un bras. Ce qu’elle a dû souffrir avec tout le travail qu’elle avait. Maintenant, elle a moins de pensionnaire, heureusement. J’aime à croire que vous allez tous bien. Vous devez être en pleine vendange. Je vous embrasse tous les quatre sur les deux joues et encore à la pincette [3]S. L. Elisée"

Peut être aurons-nous le loisir de faire, un jour, sa connaissance ?

Notes

[1Il est né à Paris le 14 mars 1829, ordonné prêtre le 23 décembre 1854, évêque d’Orléans le 11 octobre 1878, Cardinal le 19 avril 1897.On peut lire dans les journaux lyonnais, notamment le "Salut Public", ses grandes réalisations à la tête du diocèse et les hommages qui lui sont rendus. On peut aussi suivre en détail tous les préparatifs de la cérémonie funèbre.

[2« Salut Public » du 17 septembre 1912

[3Embrasser/baiser à la pincette, à pincette(s), en pincette. Pincer légèrement la joue du bout des doigts. Laisse-moi t’embrasser à la pincette (Goncourt,R. Mauperin, 1864, p.94).Je te baise à pincettes (Flaub.,Corresp., 1880, p.33).

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