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De quel jour était datée la lettre ? …et autres questions

Faut-il prendre les articles de presse « au pied de la lettre » ?


jeudi 8 septembre 2016, par Michel Guironnet

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Encore une fois, on voit ici la richesse de la presse ancienne en ligne. Quel contraste avec notre époque : lenteur des communications, des déplacements, de l’information. On voit aussi, et surtout, qu’il faut « questionner » les articles de presse, ne pas les prendre « au pied de la lettre ».

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« Moniteur Viennois » du 23 mars 1889

Le 23 mars, cette année là, est un samedi. Le jeudi précédent est donc le 21 mars ; jour où Mme C reçoit à Saint-Chamond la lettre que son frère a posté de Vienne, peu de jours avant.

Mme C se rend « en toute hâte à Vienne… » : une quarantaine de kilomètres quand même… trajet fait en voiture particulière ? Je ne pense pas : nous sommes en 1889 et les automobiles sont très rares.
A mon avis, plutôt en train. Quoique cela soit compliqué avec deux correspondances : Saint-Chamond-Givors ; Givors-Chasse sur Rhône ; Chasse-Vienne... A la réflexion, peut être a-elle fait appel à un "voiturier", ancêtre du taxi ? En plus, elle ne peut certainement pas joindre son frère par téléphone avant de partir !

Tôt le lendemain matin, donc le vendredi 22 mars, « à 6 heures » (où a-t-elle dormi ? à moins qu’elle ne vienne juste d’arriver !) elle se présente au domicile de son frère, en plein centre ville, entre la gare et la cathédrale Saint Maurice. A-t-elle un double des clés ? A-t-elle demandé au gardien, s’il y en a un ?

« Au milieu de la chambre » elle trouve son frère « étendu…ne donnant plus signe de vie » : il s’est tué d’une balle de revolver. La police constate les faits et conclut, bien évidemment, au suicide. La lettre que sa sœur a du, sage précaution, emporter est-elle « portée au dossier » comme preuve ? Impossible de le savoir.

Le journaliste est bien renseigné ! Il doit avoir un réseau d’informateurs, peut être même dans la police ? Contrairement à l’habitude dans la presse de l’époque, le nom des personnes n’est pas cité : les circonstances sont tragiques.

Une rapide recherche dans l’état-civil de Vienne, grâce aux indices donnés par l’article, nous livre l’identité de ce « marchand de laine » :

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Acte de décès de Pierre Claraz
Registre de décès de Vienne en ligne sur le site des archives départementales de l’Isère

Pierre Claraz avait 46 ans. Célibataire, natif de Fontcouverte (Savoie) [1] il est dit « demeurant à Rive de Gier ». Que faisait-il alors à Vienne ? Etait-il là pour son commerce ?
L’acte de décès [2] est daté du 21 mars « à onze heures du matin ». Bizarre car c’est le jeudi que, d’après le journal, sa sœur a reçu la lettre. Le journal doit faire une erreur : elle a du la recevoir le mercredi !

En tous cas, pas de mention de la sœur dans l’acte : ce sont ses deux neveux de Saint Chamond, Claude Gallot (31 ans) et Benjamin Liard (21 ans), qui déclarent le décès. Sont-ils venus avec leur tante ? Toujours est-il que Pierre Claraz est « décédé hier à trois heures du soir » (le coup de feu a-t’il été entendu par les voisins pour être aussi précis ?) « rue Juiverie N°8 ». Mystère !

Sous cet article de 1889, on apprend l’accident de Victor Guironnet. Cette fois, son nom est cité : il est mort « d’une ruade de cheval » [3] C’est lui qui m’a conduit vers le marchand de laine !

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Mort d’une ruade

Notes

[1Fontcouverte La Toussuire. Né le 31 janvier 1843, fils de Jacques Claraz et Catherine Taravel. Son acte de naissance et de baptême est dans l’état-civil en ligne des archives de la Savoie : FRAD073 3 E 2390 vue 33 sur 162

[29 NUM/5E 547/306 vue 31 sur 130

[3Sur ce Guironnet, je n’ai rien trouvé sur Vienne dans les décès, ni sur le marchand de charbons P... sauf à Vienne un Victor Guyonnet, 45 ans, « journalier » mort chez lui, 2 rue Drapière, le 17 mars 1889 à 5 heures du matin. Il est marié avec Augustine Douillet et a effectivement un fils de 10 ans, Victor, né à Vienne le 7 avril 1878.
Phonétiquement, cela pourrait convenir... le « journaliste » ayant mal noté le nom de la victime, mais avec bien des doutes : rien ne dit que l’accident a eu lieu à Vienne.

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4 Messages

  • De quel jour était datée la lettre ? …et autres questions 9 septembre 2016 11:21, par Pierrick Chuto

    Que de questions, cher Michel, pour un début de saison.
    Vous allez vous rendre malade...
    il faudrait trouver le rapport du commissaire de police.
    Pour un fin limier comme vous, c’est un jeu d’enfant !
    Bien amicalement
    Pierrick
    http://www.chuto.fr/

    Répondre à ce message

    • De quel jour était datée la lettre ? …et autres questions 9 septembre 2016 14:42, par Michel Guironnet

      Bonjour Pierrick,

      Quand on aime, on ne compte pas !
      Comme on dit chez nous ; ces questions me turlupinaient après la lecture de cet article de journal. Alors, autant les partager avec nos lecteurs.

      C’est vrai que la recherche ne s’arrête jamais : le PV de police doit, en effet, exister quelque part.
      Mais nous ne saurons jamais de façon certaine comment Mme C est arrivée à Vienne !

      Amicalement.
      Michel

      Répondre à ce message

  • De quel jour était datée la lettre ? …et autres questions 9 septembre 2016 14:38, par brégéras andré

    Bonjour Michel,
    Il est toujours intéressant , me semble-t-il , d’avoir un ou des noms dans les articles de presse relatant des faits !
    Je m’explique.
    Grace à un correspondant de Limoges ,jai appris le jour de mon baptême , sachant que ce jour là , un oncle , tombé dans son escalier s’était tué ! Il fallait donc retrouver l’article de journal qui parlait de cet accident ( avec le nom de famille !)
    C’est une réponseimportante pour nous qui nous étions longtemps demandé si cette information de famille était reelle ! ( Un décès le jour de ton baptême ? )
    cordialement,ab.

    Répondre à ce message

  • De quel jour était datée la lettre ? …et autres questions 9 septembre 2016 18:37, par Michel Vanwelkenhuyzen

    A lire l’acte de décès, Pierre Charaz est décédé le mercredi 20 mars à 15h. Admettons qu’il ait écrit et posté sa lettre le mercredi 20 mars dans la matinée. Le courrier étant rapide à cette époque (...), il est normal que la sœur reçoive la missive le jeudi 21 au courrier du matin(comme l’écrit le journal).Si elle se met en route immédiatement, elle peut arriver à Vienne le 22, tôt le matin ; elle trouve donc le corps de son frère environ 40 heures après son décès. Les deux neveux ont peut-être quitté St Chamond dès qu’elle les a prévenus du risque que courait Pierre Charaz, et voyageant à cheval, plus rapidement qu’en train ou en voiture à cheval, ont pu arriver avant elle à Vienne, et déjà faire la déclaration du décès de leur oncle, dès le 21 au matin (puisqu’un cheval fait 20km/h ; 40 kms sont donc couverts en 2h environ). Rien dans l’article ne dit qu’elle a été la première à voir le corps...

    Répondre à ce message

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