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Curés bons patriotes... et en désaccord avec le Pape

Le mercredi 1er mai 2002, par Michel Guironnet

A Saint-Clair-Les Roches (les deux villages sont réunis en une seule commune) il y a deux curés ; un à Saint-Clair, Jean François Albert ; un aux Roches, Augustin Vallory. Quelle est leur attitude envers la Révolution ?

Nous les avons vu prêter serment le 19 décembre 1790. Comme d’autres curés du Viennois, ce sont des prêtres bons patriotes. Une partie de leurs revendications a été réalisée par l’Assemblée nationale.

A cette époque le pape Pie VI n’a pas encore condamné la Constitution civile. Pie VI, influencé par le Cardinal de Bernis, ambassadeur du Roi à Rome, s’oppose seulement le 10 mars 1791 par son Bref « Quot aliquantum » à la nouvelle organisation religieuse décidée par l’Assemblée nationale. Il dénonce l’abus de pouvoir : « l’Assemblée nationale s’est attribuée la puissance spirituelle lorsqu’elle a fait de nouveaux règlements contraires au dogme et à la discipline... »

Ce qui surprend dans ce Bref du Pape, c’est qu’il suspecte l’Assemblée d’avoir voulu « détruire la religion catholique et l’obéissance due aux rois ». Le propos est prémonitoire, mais en 1791 rien ne permet une affirmation aussi catégorique.

Il condamne la liberté préconisée par la Révolution... Aux yeux du Pape, c’est un droit chimérique « contraire aux droits du Créateur suprême... » Après la double condamnation d’abus de pouvoir et de liberté effrénée, le Pape énumère les décisions inacceptables selon lui de la nouvelle Constitution : suppression, division et érection de sièges épiscopaux, élections sacrilèges d’évêques... nouvelles limites et suppressions de paroisses... spoliation de biens ecclésiastiques, abolition des ordres religieux, suppression des voeux. Ajouté à cela l’affaire d’Avignon : ses sujets du Comtat venaissin sont en pleine révolte, ont chassé son légat, adopté la Constitution et demandent la réunion à la France.

On le voit la condamnation est sans appel... Le débat ne fait alors que commencer et l’intervention du Pape marque un nouveau tournant dans les rapports du clergé français avec la Révolution.


Pour ou contre la Constitution civile du clergé

En votant en août 1790 la Constitution civile du clergé, ainsi que l’écrit Albert Soboul, « les constituants n’agirent nullement en ce domaine par hostilité contre le catholicisme ; ils protestèrent toujours de leur profond respect pour la religion traditionnelle. Mais représentants de la Nation, ils s’estimaient qualifiés pour régler des questions d’organisation et de discipline ecclésiastique, comme l’avait fait la royauté. Dans la société du XVIIIe siècle, nul même parmi les théoriciens les plus hardis, ne concevait un régime fondé sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat » (Précis d’Histoire de la Révolution française).

La discussion à l’Assemblée Nationale sur la nouvelle organisation de l’Eglise de France dure d’avril à juillet 1790. Boisgelin, archevêque d’Aix-en-Provence, dans son discours au nom des évêques, reconnaît alors au Pape une primauté et non une juridiction sur l’Eglise de France. Il réclame la réunion d’un Concile national pour décider des mesures canoniques nécessaires à l’application des réformes envisagées.

Rappelons que l’Eglise de France est surtout Gallicane, c’est-à-dire partisan d’une large autonomie à l’égard du Saint-Siège, et même opposée à l’absolutisme romain.

L’ancien archevêque de Vienne, Lefranc de Pompignan, et celui de Bordeaux, Champion de Cicé, alors ministres de Louis XVI, lui conseillent d’approuver le texte voté par l’assemblée.

On a reproché à Lefranc de Pompignan d’avoir été exécuteur testamentaire des philosophes, alors qu’il les a combattus sur leurs idées durant ses années à la tête du diocèse de Vienne. A ses yeux, comme à ceux de la majorité de l’épiscopat, cette Constitution est légitime. D’ailleurs, il est déjà malade à cette époque et ne participe pas au Conseil du Roi du 24 août où Louis XVI donne son accord à la Constitution civile du clergé.

Lefranc de Pompignan, brisé par le chagrin diront certains, meurt le 29 décembre 1790, sans se douter que cette question d’organisation religieuse va provoquer un schisme dans l’Eglise. Le serment constitutionnel va cristalliser la scission.

« Ni les hommes du Comité ecclésiastique de l’Assemblée, qui réfléchissent dès la fin de l’année 1789 à une réorganisation de l’Eglise de France, ni même les prélats de cette Eglise, qui ne sont pas des assidus de la Curie romaine n’ont pressenti de conflit irréductible... La Constitution civile du clergé n’a pas été l’œuvre d’anticléricaux acharnés à détruire l’Eglise catholique. Elle n’a pas non plus dressé brutalement l’épiscopat français dans une sainte indignation. Si elle est bien le point à partir duquel la Révolution et l’Eglise se séparent et vont devenir des adversaires sans merci, les hommes du printemps 1790 ne le savent pas encore. A travers son décret l’Assemblée Constituante a été peu à peu portée à ce conflit, sans en avoir jamais voulu les conséquences » (La Révolution, François Furet, Hachette 1988).

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