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Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie)


jeudi 23 avril 2015, par Jean Magnier

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A mon grand avantage, je partage quelques ancêtres couteliers en pays thiernois avec un « cousin » généalogiste aussi curieux que passionné.
Lorsque ce dernier, pièces d’enquête de gendarmerie à l’appui, m’a invité à découvrir et conter les mésaventures de « notre » Jean, mon hésitation a été de courte durée.
Ce que je connaissais déjà de l’histoire familiale de cet homme, de son environnement professionnel – le surprenant microcosme coutelier - et du contexte historique – le formidable télescopage des régimes de 1756 à 1824, le temps d’une vie - m’a rapidement convaincu de tenter « un arrêt sur image ».
Je reconnais que l’arrêt s’est prolongé … Par empathie, par respect pour le courage déployé face à l’âpreté de cette vie, je n’ai pu me satisfaire d’un flash.
On me le pardonnera ?

A quoi pensait-il le Jean, ce soir-là 6 avril 1822, veille de Pâques ?

A la fin de la journée, il a demandé à la porte d’une belle ferme un abri pour la nuit.
On l’a conduit dans le fenil au-dessus de la grange.
L’homme qui le guide lui apprend qu’il est au domaine des Blaises, chez Monsieur de Beaumont, maire de la commune de Mornay.

Il est las, vraiment las.
Le corps usé, les jambes ne vont plus, il n’a plus l’âge pour ces tournées qui aujourd’hui lui paraissent interminables.
Sur le chemin de retour, il approche de Charolles. Encore 25 ou 30 lieues et à la fin du mois, il sera au pays : Saint-Rémy sur Thiers.
Il a emprunté les voies de traverse, laissant la grande route aux marchands en carriole.
La tournée en Bourgogne n’a pas été fameuse. Il a mal vendu sa marchandise : couteaux, ciseaux, rasoirs, du beau et surtout du moins bon. Il en faut pour tous et il rencontre plus de pauvres que de riches.
S’il ne sait pas écrire, ni même signer, il savait compter et faire briller les lames dans les salles de ferme et sur les foires, mais le cœur n’y est plus.
Demain matin, il ira à la messe. A nouveau, comme tout le monde ou presque.
Malgré, ou à cause de la fatigue, il ne peut s’endormir.

1756
Jean Tarrerias, fils légitime de François et Michelle Lhote, est né en 1756, au village de Chazelle, paroisse de Saint-Rémy sur Thiers. Il ne se souvient plus du jour et du mois, mais cela lui fait donc soixante-six ou soixante-sept ans.
Jean était le petit dernier, plus exactement, avec sa jumelle Antoinette, ils étaient les petits derniers d’une famille de six enfants. Très tôt ils ne seront plus que trois avec son aîné Rémy et Jeanne.
Il a échappé au croup qui avait emporté sa jumelle morte à deux ans, il a été épargné aussi par toutes ces maladies qui déciment, et bien plus, les berceaux et le jeune âge.
Mais quels ravages autour de lui ! Des enfants et aussi des adultes fauchés par la variole, la typhoïde et cette peste des rizières qui avait multiplié par trois le nombre de sépultures, il n’y a pas si longtemps !

Dans la famille, de mémoire d’homme, on est lié à la coutellerie, les uns forgerons, taillandiers, d’autres émouleurs, monteurs, … à Saint-Rémy, aussi à Celles ou à Thiers.

Toute son enfance Jean va suivre ses parents. Chaque jour ils descendent par un rude sentier jusqu’au bord de la Durolle. Là se trouve le rouet où ils louent leur place.
Cette Durolle est la mère nourricière des couteliers et de leurs voisins martinaires, papetiers et meuniers. Elle leur apporte son eau limpide et sa force qu’ils ont su détourner.
Hélas, trop souvent ils doivent la redouter. L’hiver, prise par la glace, elle bloque roues et mécanismes qu’elle brise parfois. L’été, réduite à un filet, à nouveau elle les prive d’activité. Pire encore, saisie de fureur, elle sait tout dévaster, emportant dans ses débordements les vannes, les aménagements, parfois même, les rouets.
Indifférents à ces désastres, au nom du roi et de son intendant, au nom du seigneur baron, de monseigneur l’évêque, les collecteurs de tailles, redevances, droits et taxes ne cessent de pressurer maîtres, compagnons et ouvriers jusqu’à la ruine.
Le temps est loin où le roi était le bien-aimé !

Rémy l’aîné a appris la forge, il est marié, mais il n’est pas loin et son cadet le rejoint dès qu’il le peut !
La place de Jean est à l’étage auprès de sa mère et de Jeanne qui polissent et blanchissent les lames que son père émouleur a façonnées au ras de l’eau.
En descendant chercher les paniers de lames ouvragées, il le voit ce père coincer la lame dans son terraillon et l’appuyer des deux bras sur la meule. Il passe ainsi des heures, le ventre sur la planche, son chien couché sur ses jambes croisées, les mains gelées par l’eau froide et le visage brûlé par les étincelles.
Le vacarme est permanent : claquements de la roue au fil de l’eau, craquements de la charpente, grincements des pignons, sifflements de la transmission, ronflement de la meule et stridence du métal entamé.
Le mauvais plancher tremble. Il y fait un froid de gueux l’hiver. L’été c’est un four.
A douze-treize ans c’est Jean qui monte au bourg la bichasse [1] chargée de lames et en descend les ébauches.
Peu à peu il va apprendre le métier. « Trabaillo, foutillou, trabaillo ! » [2].

1771
Il a à peine 14 ans, lorsque ses parents se préoccupent du mariage de Jeanne qui va sur ses vingt ans. L’affaire mûrement réfléchie, ils se sont rapprochés d’Antoinette Grangeneuve, une veuve de la paroisse. De son défunt mari, Mary Chaussière, vivant laboureur, il lui reste deux enfants à charge : Rémy et Claudine.
Mésalliance dira la corporation, prévoyance diront d’autres.
Leur fille, Jeanne, est honnête, travailleuse et ma foi bien tournée, ils veilleront à la doter le mieux possible et Rémy, le garçon apportera de la terre.
De plus, pour bien équilibrer le contrat, ne peut-on faire d’une pierre deux coups, en mariant en même temps, la Claudine, sœur de Rémy qui venait de faire ses dix-huit ans, avec notre Jean, certes un peu jeune mais déjà fort et habile au travail ?
Le notaire met tout cela en bonne et due forme et le vicaire leur donne la bénédiction nuptiale le 11 février 1771.
Les parents avaient appris que l’union fait la force, que le commerce du couteau rencontre trop souvent la crise, approvisionnement ou mévente, et qu’un lopin de terre peut permettre aux courageux de mieux franchir les mauvaises passes.
Encore faut-il que les saisons s’y prêtent !
Hélas, ce sont des années de misère qui les attendent : hivers terribles, étés de feu se succèdent.
Rien ne lève, la famine rôde sans les épargner et s’ajoutent les maladies plus féroces les unes que les autres qui ne cessent de désoler le pays.

Le jeune marié travaille au côté de son père.
En silence il maudit la tâche, mais craint davantage le chômage de plus en plus fréquent.
Claudine s’est mise aux couteaux auprès de sa belle-mère.
Jean a vingt et un ans quand naît leur premier petit, une fille nommée Michelle, comme sa marraine, la dite belle-mère, sa grand-mère.
La pauvre petite meurt deux ans après, tout comme Antoinette, la jumelle.
Puis, arrive un garçon : Rémy. Cette fois les parrain, marraine ont été Rémy et Jeanne, leur frère et sœur.
Le 30 décembre 1782, en plein hiver, Claudine épuisée meurt à trente ans.
Quelques jours après, le 4 janvier, Jean perd sa mère.

1783
Il ne peut rester seul avec son petit qui n’a pas deux ans.
On ne sait qui, de ses oncles et tantes, peut-être avisés par le curé, a résolu la difficulté. Les trois dimanches suivants les décès, publication est faite à la messe paroissiale de son nouveau mariage.
Les fiançailles sont célébrées à la manière accoutumée et le quatrième février 1783, il reçoit la bénédiction nuptiale au côté de Marie Gonin, une fille orpheline du village des Brugnias. Le père de Jean n’est pas présent, il va mourir en septembre.
Solidaire, son beau-frère Rémy Chaussière, l’assiste lors de la cérémonie.
A vingt-six ans, le Jean est désormais chef du foyer.

Les années qui suivent apportent un nouveau lot de misères. Des étés caniculaires provoquent la famine. Au rouet, faute d’acier on travaille le fer, du mauvais ouvrage et qui rapporte si peu. Les épidémies s’acharnent sur les corps épuisés.
A ce qu’on entend tout le royaume est touché. La révolte se propage et c’est la Révolution.
Passée l’allégresse, les malheurs vont à nouveau se précipiter : violences, guerres et luttes contre les rebelles au nouvel ordre républicain, dévaluations entraînant la ruine, pénurie alimentaire et de matières premières engendrant famine et chômage.

1800
Laissant l’ancien style, on dit maintenant l’an VIII de la République une et indivisible, mois de germinal : c’est le printemps.
Malgré de nouvelles guerres, les activités ont repris, lentement.
Et malheur encore ! Marie trépasse en s’accouchant d’un petit Jean.

Des enfants, ils ont en eu ! Peut-être neuf ou dix, il ne se souvient plus bien, trop sont morts si jeune.
Il lui en reste cinq, avec des bien petits.
Deux filles, Marie deux ans et Françoise. Ça lui revient maintenant, des Françoise ils en ont eues deux avant que celle-ci reste en vie. La mignonne a sept ans.
Trois garçons, Gabriel qui n’a que dix ans, et en plus du tout-petit, l’autre Jean de cinq ans. A y réfléchir, des petits Jean ils en ont eu trois.

Jean, le père, a quarante-six ans, l’urgence est là : toutes ces bouches à nourrir et à élever, seul à nouveau, il ne pourra pas.
Si sa décision est prompte ; elle n’est pas prise à la légère.
Dès le mois suivant, le 27 prairial de l’an huitième et pendant trois jours consécutifs, la publication de son mariage est affichée à la porte principale de la maison commune.
La future, Gabrielle Bost un peu plus jeune que lui, est depuis trois ans veuve de Mathieu Marcon, charbonnier de la commune, au village de La Muratte.
Elle aussi a des enfants, Étienne, charbonnier comme son père, déjà marié et qui restera à La Muratte, Marie l’aînée, dix-neuf ans, Marie la cadette, quinze ans et Louis, treize, qui viendront avec leur mère, dans ce nouveau foyer.
Le décadi trente prairial, en présence du peuple assemblé au temple de la réunion décadaire, l’agent municipal de Saint-Rémy prononce au nom de la loi que Jean et Gabrielle sont unis en mariage … dans le même élan, il prononce le mariage de Rémy et Marie, leurs deux grands.

Ainsi refondée, la famille reprend le chemin du rouet, mais elle ne peut trouver la quiétude.
Dans le sillage du consul et de l’empereur encore trop de guerres qui s’ajoutent à de nouvelles saisons calamiteuses. Famines, épidémies, chômage se succèdent et se cumulent.
Jean a la confiance de deux maîtres-couteliers de Thiers. Il travaille soigneusement leurs lames marquées pour l’un d’un cœur couronné, pour l’autre d’un os de mort. Quand le commerce peut reprendre, la production est appréciée jusqu’en Espagne, Italie et bien d’autres pays encore.

1809
C’est à son frère aîné Rémy et à son fils, Rémy aussi, que Jean demande de l’aide ce 2 août 1809.
Cette fois c’est trop, le courage lui manque.
Ils iront à la mairie déclarer que sa gentille Françoise est morte. Elle avait seize ans, broyée par la machinerie, sa jupe happée par les courroies !

Désormais le Jean ne sera plus le même.
Sans cesse il est hanté par l’accident, la mort.
Jusque-là, le moment d’effroi passé, le fatalisme s’imposait, maintenant, il a peur le jour, la nuit.
De complice bienveillante pour un beau travail, sa meule est devenue ennemie sournoise et malfaisante. Elle guette le moment où elle pourra lui faire perdre un œil d’un grain d’émeri ou de limaille incandescente.
Il sait qu’elle attend patiemment le moment où elle pourra exploser, le projetant en lambeaux contre les cloisons et le plafond.
C’est arrivé combien de fois à d’autres !
Certains, à voix basse, avaient évoqué un charme, un jeteur de sort qu’on aurait aperçu, hier, à la nuit. Il avait haussé les épaules et pourtant peut-être ... le doute se glisse.
Ce geste si sûr pour obtenir le tranchant qui fait les belles lames, il ne l’a plus. Sa main tremble. Parfois, trop souvent même, il a laissé la meule mordre la marque.
Son donneur d’ouvrage du moment a grondé, puis menacé !
Pourtant le Jean lui fait peine : ne voudrait-il pas laisser la planche pour aller vendre cette production qu’il connaît si bien ?
On lui fait confiance. Les anciens lui indiqueront les chemins et la manière.
Quand on sait y faire, on gagne bien sa vie et celle de la famille et entre deux tournées il pourra soigner sa terre.
Avant tout il sera éloigné de ce qui est devenu enfer.
Jean a topé.

Sources de la 1re partie :
Archives départementales de Saône et Loire :
- Etat-civil : actes de baptême, naissance, mariage et décès.

Bibliographie :
- Anne Henry, « Un site urbain façonné par l’industrie : Thiers, ville coutelière », In Situ [En ligne], 6 | 200.
- Thierry Sabot, Contexte guide chrono-thématique
- Gallica BNF
- Encyclopédie Diderot d’Alembert.
- Gustave Saint-Joanny, La coutellerie thiernoise de 1500 à 1800.
- Dr E. Suzeau, Lettres sur l’hygiène adressées aux artisans de la ville de Thiers.

Pour lire la suite...

Notes

[1Besace.

[2« Travaille, petit bougre, travaille ! »

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25 Messages

  • quelle belle histoire, même si elle est triste. C’est super de pouvoir remonter le temps et les histoires familiales. Bravo. Elisabeth

    Répondre à ce message

    • Préparez vos mouchoirs,des 60 X 60,à carreaux,le petit mouchoir rouge type Cholet n’est bon qu’à porter en pochette-Mieux,des serviettes en nid d’abeille,brodées à la lueur du chaleil,destinées à ne pas servir sauf en fondement du trousseau des futures épousailles ;brodées de vos initiales en doux relief,entourant un coeur de même source-en attendant la suite de l’Histoire qui vous fera frémir

      Répondre à ce message

  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 24 avril 2015 10:03, par dalbignat michel

    nom de l’editeur de cette histoire ,qui m’interresse
    merci

    Répondre à ce message

  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 24 avril 2015 10:29, par Jacqueline Weiss-Vol

    Bonjour Jean Magnier,
    Bel hommage fait à ces ouvriers couteliers, travailleurs acharnés, comme vous le racontez si bien, qui vendaient leur production aux marchands couteliers qui faisaient apposer leur marque.
    Thiers et Nogent, ville de traditions coutelières : je suis de Nogent (depuis 1700 à Nogent) et cette belle et émouvante histoire,me rappelle, au cours de ma généalogie, toutes ces personnes rencontrées.
    En plus, nous avons retrouvé au fond de notre grenier, le fond marchand, d’un marchand coutelier, avec les registres sur lesquels étaient notés les ouvriers-paysans, avec leurs spécialités...dessinées...
    Merci pour cette histoire familiale... j’attends la 2e partie !!!
    Bonne journée et bravo
    Jacqueline

    Répondre à ce message

  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 24 avril 2015 13:00, par Martine Hautot

    Bonjour
    Toujours intéressant de decouvrir concrètement la vie des hommes des siècles anciens avec les particularités de leurs métiers : votre chronique m’ouvre de nouveaux horizons.J’avais
    appris à lécole que la spécialité de Thiers était la coutellerie ,il y a Chatellerault aussi je crois, mais je n’en savais guère plus . Merci.J’attends la suite avec impatience.
    Martine

    Répondre à ce message

    • une des gloires thiernoises :le couteau de François Ravaillac qui a percé le bon Henri number four aurait été forgé sur les bords de la Durolle à Thiers-le sujet est moins porteur actuellement,moins people-Chatellerault aura été bien connu pour ses couteliers,surtout grâce à la manufacture de baïonnettes,genre sabre de cavalerie( de Chatellerault,comme c’est gravé sur celle de la Manufacture d’Armes d’icelle,en 1873-70 centimètres avec le manche—plus tard supplantée par celles cruciformes ,de meilleur effet sur ceux qui en sont percés(14/18)-

      Répondre à ce message

  • C’est intéressant de donner vie à vos ancêtres, moi aussi j’ai une famille dans le Bassigny avec des couteliers et des ciseliers.
    J’engage vivement la personne qui dit qu’elle a des registres d’un marchand coutelier à les publier. Ces sources sont inédites et rares.Il y a un musée dédié à Nogent, peut-être pourrait-il vous aider ? Marie-Martine

    Répondre à ce message

    • la concurrence sera rude !!!-la montagne thiernoise a été truffée d’artisans couteliers à domicile,dans toutes les étapes de la fabrication-des milliers de milliers-un temps les « marchands » capitalisaient à Thiers,se répandant sur les Amériques,l’Europe bien sûr,le Moyen orient-mais des fils entreprenants des familles montagnardes se sont mis à prendre la route,surtout au 19è,également avant-munis de passeports,on en trouvera à Constantinople,à Valparaiso-
      Le Musée de la Coutellerie ,à Thiers,est aussi compétent pour analyser et exploiter cette mine du grenier !!

      Répondre à ce message

    • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 24 avril 2015 19:29, par Jacqueline Weiss-Vol

      Bonjour Marie-Martine,
      Comme dit G.P. Roman, il y avait Thiers, Châtellerault et Nogent le Roi (52) : les ouvriers sont arrivés à Nogent, en principe venant de Langres ou Chaumont vers 1700 .... bien entendu, je vais me tourner vers un musée de façon à ce que ce fond de marchand soit consultable par tous.Bonne soirée
      Jacqueline

      Répondre à ce message

  • Je tiens à vous féliciter, votre récit sur Jean est très bien.

    Il nous permet de voir la misère du peuple à cette époque, ce n’était bien réjouissant à côté de maintenant.

    Vivement la suite.

    Louis

    Répondre à ce message

  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 25 avril 2015 10:18, par PAQUET-LHERAUD

    La coutellerie. Depuis 40 ans j’essaie de retrouver pourquoi mes ancêtres couteliers à Thiers, bourgeois, ont laissé à l’AP de Paris, deux enfants dont mon arrière grand père, Claude LHERAUD. Il a poursuivi sa vie, marié, dans l’Yonne sans jamais parlé de son adolescence.

    J’ai depuis consulté les archives 63, visité l’Auvergne, Thiers, les propriétés de la famille, retrouvé des collatéraux...Mais jamais trace de l’ancêtre, le père, Pierre LHERAUD, en faillite, condammé à la prison de dette, à Paris,en 1853, qu’est-il devenu ?? Le dossier des 2 enfants de l’AP mentionne « enfants trouvés »en 1856.
    Ou, qui les a trouvés, pourquoi ???
    C’est aussi l’abîme pour ces couteliers
    Qui pourrait répondre à ces interrogations ?
    Remerciements, cordialement

    Répondre à ce message

    • Lheraud :ayant dragué sur les registres Thiernois,autour de Tarrerias couteliers(encore eusses,issus de Celles avant 1600),et pour les « assurer »,comme les liens avec des Gourbine,ai épinglé des Heraud,Lheraoux,sachant signer,oeuvrant dans la coutellerie,1è moitié du 18è-l’un des problèmes pour les suivre-hormis la prononciation à l’auvergnate,est bien la graphie des patronymes-je pense que,ayant vous aussi « épongé » les dits registres,vous avez pu recollé ces morceaux—vers 1853,la colonisation de l’Afrique du Nord battait son plein-chercher de ce côté ?-
      en montagne thiernoise,c’est bien connu:la 1è génération crée l’affaire-la 2è la développe,la 3è la bouffe-nombre de fils(ou filles) sont partis(es) ouvrir un commerce de détail,sur Lyon,St Etienne,Paris,etc,et la grande ville ne leur a pas toujours réussie-

      Répondre à ce message

  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 25 avril 2015 15:16, par Georges CHAVAGNAC

    Bonjour Jean Magnier,

    En lisant vous nous faites directement plonger dans l’intimité de cette famille et l’on ressent cette misère, l’appréhension et même l’angoisse surtout après que l’accident se soit produit, lorsque la courroie happe la jupe et entraîne Françoise.
    J’ai aussi mieux compris le fait de mariages multiples le même jour entre deux familles (Dans la nôtre, un moment il y a trois mariages le 25 février 1783 : 2 filles et un garçon d’un coté ; 2 garçons et une fille de l’autre).
    La dure vie de ces périodes sans compter les caprices climatiques contre lesquels ils étaient moins parés que nous le sommes aujourd’hui...Et encore nous nous plaignons !
    C’est un bel exemple de courage quotidien que cette famille nous montre.
    Bravo pour votre récit,en attendant la suite.
    Georges.

    Répondre à ce message

  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 25 avril 2015 16:33, par BUADES Eveline

    Bonjour Jean,
    Cette histoire familiale, que vous contez si bien, m’a fait sortir la tête des registres que je compulse à longueur de temps pour trouver des actes me reliant à ces hommes et femmes de labeur (pour moi en majorité des divers métiers de toile du Nord). Mais ces actes, s’ils nous donnent des précisions de dates et de lieux, ne nous font pas vivre le quotidien de nos ancêtres.
    Alors merci de nous les avoir fait vivre et nous avoir fait vibrer par ce récit : un beau moment d’émotion.
    J’attends la suite avec impatience...
    Bon Week-end et tès cordialement
    Eveline

    Répondre à ce message

    • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 26 avril 2015 11:57, par Jean Magnier

      Merci vraiment a Louis, Georges, Eveline, pour vos encouragements.
      Je suis heureux de pouvoir partager le grand plaisir éprouvé en suivant la trace de ce Jean et en explorant son environnement qui peut donner plus de sens et de chair aux différents actes d’état-civil qui ponctuent son parcours. Ce n’est naturellement pas un travail d’historien, plus modestement celui de conteur, passeur d’histoire, un amateur (celui qui aime) ?

      Répondre à ce message

  • à Jean Magnier-étonnant,à c’theure,qu’aucun des lecteurs n’ait trébuché sur l’évocation des rizières-pour moissonner court,disons que des « investisseurs » avaient lancé,au bas de la Ville de Thiers-ville étalée sur 300 m de dénivelée,une culture vivrière,peu importe de savoir si riz rond de Camargue ou basmati de couleur,simplement de se reporter à la Carte de Cassini qui montre très clairement une zone assez étendue,illustrée type marécage,toute en longueur,entre le cours de la Durolle et un canal de dérivation ponctué de moulins-ce qui aura motivé le Curé de St Remy d’insérer sur le registre BMS le «  »25 aoust mil sep cent quarante un «  »la Ville de Thiers est plus malade de la maladie d epidemie causee par les vapeurs des bles ris semes dans les prés de durolle nous sommes pries de prier dieu pour eux la mortalité etant tres grande depuis trois mois«  »- on en parlera longtemps dans les chaumières ;les parents du Jean y sont allé de leurs patenôtres
    Chicoungounya déjà ?-

    Répondre à ce message

    • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 26 avril 2015 12:16, par Jean Magnier

      Bonjour cousin,
      En effet j’ai omis d’apporter une note explicative portant sur cette peste des rizières et m’attendais à un questionnement.
      Merci pour l’éclairage apporté.
      Pour ma part, j’ai puisé mes informations dans l’ouvrage cité de Gustave Saint-Joanny. Il rapporte, en citant M. de Barante, que des marchands (représentants de commerce) ayant observé la culture du riz en Piémont, auraient tenté son introduction au bord de la Durolle ...
      Le croupissement des eaux fût à l’origine d’une épouvantable épidémie.

      Répondre à ce message

      • Silvana Mangano,le riz amer...—Non,ce n’est pas un péché par omission,puisque les langues se délient-au contraire,en baladant un baladeur sur les registres de Thiers,les preuves s’accumulent,en direct,et complètent les 2 fournies,Cassini & le curé de St Remy sur Thiers-Et pour faire un douteux jeu de mot,béribéri,maladie épidémique mais non contagieuse.

        Répondre à ce message

    • pour parfaire----
      1)) :« la grande mortalité dont la paroisse a ete affligée depuis le mois de juillet dernier a obligé d’enterrer dans le cimetiere qu’on appelle des delaisses qui fut beni en 1694 en juin par mre Jourdy Curé de cette paroisse et rebeni par le mesme en 1709 De Lachenal curé »"

      citation du registre BMS de la paroisse de St Jean du Passet,2è en importance de la Ville de Thiers ;entre le 15/4 & le 30/4/1742—
      la mémoire des catastrophes reste bien vivante,les 2 années citées sont réputées pour les effets des famines sur la population,les morts étant ramassés dans les rues,par lots,sans identifications-

      les liens entre la Ville de Thiers et sa « montagne »,principalement les paroisses de Celles et de St Remy,sont fusionnels-les fils de la montagne sont recherchés comme gendres par les maitres couteliers thiernois ;ils vont aussi chercher femmes en ville-
      les thiernois,dès que leurs femmes ont autre choses à faire,mettent en nourrice les bambins sur la montagne,au vert et au lait de chèvre ;la mortalité d’iceux chez les nourriciers entre 0 et 6 mois confirme largement la martingale.

      2è))-le répertoire des sépultures établi par les chanoines de Thiers/StGenès,-table curayonne-,pour la période 1694/1776,porte en frontispice de 1741 « année de la contagion occasionée par les ris »—Et le relevé des feux indique,à 2 ou 3 près :1736 :157—1737 :149—1738 : 177—1739 :152— 1740 :231— 1741 :661—1742 :257—

      à Saint Remy sur Thiers,à une altitude de 700/800 mètres,on vit aux pulsations des poumons thiernois

      Répondre à ce message

  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 26 avril 2015 14:50, par SARROT Jacques

    j’ai eu aussi de la famille dans la coutellerie sur Thiers, Bargoin et Pironin.
    Bargoin fut mon grand père …….

    Répondre à ce message

  • parenthése avant que de tomber dans l’abîme—Extrait de « Oeuvres Patoises » d’Alexandre Bigay,paru en 1932(qui n’osait pas encore se targuer d’occitan)-
    le couplet concernant les habitants de ST Remy

    «  »Lou San Ramioux,quou lamparous,
    Couît de grands vouleus de marquo.
    Y robont lou mouaîtrous
    Dhin lou tri quas de l’onnado.
    Robont une coto ou un rosetou,
    Couît tot por le Sato do fameux sint Loup.
    Et do céï,do leï,massant quoqua loma,
    Fasont de coutchiaux que ly coutont pas chä.
    Ma lou bouélont pas,
    Et por quet trova,
    Lou ös de lous mouo
    Ly fasont pas töt.**

    **allusion à ce qui se disait de certains couteliers de St Remy qu’on accusait d’avoir fait des manches de couteaux avec des ossements humains«  »

    Post scriptum-les mammouths décongelés se retrouvent maintenant en manches pour une réincarnation

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  • Au bout du long et si rude chemin… l’abîme (1re partie) 1er mai 2015 11:44, par Renée PAQUET-LHERAUD

    Au bout du long chemin.. C’est avec beaucoup d’intêret que j’ai lu cette histoire familiale qui ressemble fort à celle de ma famille paternelle. Famille thernoise qui par la coutellerie a connu,de pères en fils,l’aisance et la décadence vers 1840. Pierre Lhéraud,veuf avec 4 enfants en bas âge, en faillite, à Paris condamné à la prison de dettes, a disparu. Les deux plus jeunes enfants dont mon aïeul se sont retrouvés à l’AP. Placés dans des familles du Morvan ils se mariés et se sont fixés en Bourgogne, où je suis née sans jamais parler de leur enfance.
    Depuis 40 ans je découvre l’Auvergne, la coutellerie...mais aucune trace de ce Pierre !
    Bien cordialement et bravo pour le travail de Jean
    Renée PAQUET-LHERAUD

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