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Antoine Grégoire Louis (dit Antonin) Chancel (1838-1912)


vendredi 12 mars 2021, par Dominique Chancel

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Voici un article sur mon arrière-grand-père Antonin Chancel qui a joué un rôle modeste mais intéressant dans le contexte de la guerre franco-prussienne et celui de la Commune de Paris, il y a exactement 150 ans.

Ses origines et sa jeunesse : 1838-1859

Antonin [1], né le 12 mars 1838 à Marguerittes [2] dans le Gard, est le fils de Hyacinthe CHANCEL et Louise Françoise PLEINDOUX, qui se sont mariés le 5 mai 1837 à Beaucaire.

Il est le premier enfant du couple.

Hyacinthe Chancel est désigné comme chirurgien sur l’acte de naissance (N° 15) d’Antonin. Hyacinthe est alors âgé de 33 ans. Louise Françoise Pleindoux, âgée de 21 ans, est dite sans profession.

Hyacinthe, qui mourra en septembre 1869 (Antonin aura alors 31 ans), est le fils d’Antoine, berger propriétaire à Marguerites.

Louise, qui mourra en juillet 1879, est la fille d’Augustin Pleindoux, boulanger à Beaucaire.

La mémoire familiale et la notice nécrologique rédigée au lendemain de sa mort par le Frère Louis [3] rapportent qu’Antonin a été élevé (au moins en partie) par son oncle l’abbé Pierre Chancel, mais n’en précisent pas le motif : difficultés scolaires ou problèmes relationnels avec ses parents (?). Son oncle, curé de campagne [4], l’a envoyé étudier au Petit Séminaire de Beaucaire.

Dans sa notice, le Frère Louis le décrit comme doté d’un « caractère loyal et brave, nature généreuse et enthousiaste ».

Selon la mémoire familiale [5], plus directe : Antonin était doté d’un « fort sale caractère ». Petite anecdote assez révélatrice : accompagnant ses parents à la foire de Beaucaire, il s’était vu confier la charge de porter le pot de chambre en porcelaine que ses parents venaient d’acheter : humilié d’avoir à porter un tel objet, il s’était arrangé pour trébucher et le casser afin d’en être délivré.

Selon son Certificat de Bonne Conduite remis en 1866, à l’issue de 7 ans sous les drapeaux, il mesurait 1m 64, avait les cheveux et les sourcils noirs, les yeux bruns, le front étroit, le nez moyen, la bouche petite, le menton rond et le visage ovale sans marque particulière.

On connaît peu de clichés photographiques le concernant : l’un probable, le montrant en pied, en uniforme, non légendé mais pris à Marseille chez J. Chafré, 121 rue d’Aubagne ; deux exemplaires d’une photo-carte le montrant en buste, prise à Bar-sur-Aube en 1876, peu après son mariage, dont l’un légendé au dos ; un cliché le montrant accompagné de son chien Dick, légendé ; un cliché en robe de bure du Tiers-Ordre franciscain auquel il appartenait depuis 1905-1906, pris sur son lit de mort par Gustave Schmidt, 10-12bis avenue des Gobelins à Paris.

On ne connaît pas de cliché le montrant avec son épouse.

Son (premier) engagement dans l’armée : 1858-1866

Pudiquement, le Frère Louis écrit dans sa notice : « Caractère loyal et brave, nature généreuse et enthousiaste, le jeune Chancel se sentit porté vers l’état militaire. Ses études terminées, il s’engagea et fit la Campagne d’Italie ». La mémoire familiale donne une version moins idyllique des événements : Antonin a échoué au Bac. L’examinateur, un Chancel homonyme, sans lien de parenté connu, aurait dit : « Monsieur Chancel, quand on a l’honneur de porter mon nom, on ne se contente pas d’être bon : on se doit d’être brillant ! Je vous colle … ».

En raison de son fort caractère et blessé par l’échec, Antonin a alors abandonné les études et s’est engagé dans l’armée, ses sentiments militaires ayant été - selon la mémoire familiale - fort aidés par cet échec. Les registres matricules militaires du département du Gard pour cette période ne sont pas numérisés mais on sait que le 10 mars 1858, « à 19 ans révolus [6] », il signe à la mairie de Nîmes son acte d’engagement pour être dirigé vers le 61e Régiment d’Infanterie. Il est enregistré comme étudiant domicilié à Meynes (très probablement chez son père qui y est médecin) et il présente « un certificat de bonne vie et mœurs » délivré par le maire de Meynes et le consentement écrit de son père. On ignore donc le détail de ses affectations ultérieures. On lui attribue le n° matricule 8333.

Il participe l’année suivante, à tout juste 21 ans, toujours au sein du 61e Régiment d’Infanterie de Ligne, à la Campagne d’Italie menée du 26 avril 1859 au 12 juillet 1859 par Napoléon III, allié aux Piémontais, pour libérer la Lombardie et la Vénétie de la domination autrichienne [7].

En septembre 1859, il est caporal et se voit attribuer la médaille commémorative de la Campagne [8].

Passé au 84e Régiment d’Infanterie de Ligne basé à Strasbourg, il s’y lie d’amitié, avec le fourrier de Beaujeu, le caporal fourrier Trochu (fils du major du 84e Régiment d’Infanterie [9]) et le sergent fourrier Reverdy avec qui il échange des cartes-photos en 1865 ou 1866.



Il termina sa (1re) carrière militaire à l’été 1866 en tant que sergent fourrier (sous-officier chargé de l’intendance). Les membres composant le Conseil d’Administration du 84e Régiment d’infanterie lui décernent le 29 juin 1866 le Certificat de Bonne Conduite [10].

Ses débuts dans l’Administration pénitentiaire : 1866-1870

D’après la notice du frère Louis, après ces huit [11] années de service, « à la suite d’un brillant concours, il entra dans l’Administration Pénitentiaire [12] », mais on ne connaît pas le détail de ses fonctions et affectations dans les années qui ont suivi [13].

Son second engagement militaire : 1870-1871

En 1870, à l’issue de l’imbroglio diplomatique cristallisé autour de l’affaire de la dépêche d’Ems, Napoléon III déclare la Guerre à la Prusse le 19 juillet.

Le frère Louis écrit « la guerre éclate et ranime ses sentiments militaires et patriotiques. [Antonin] redemande du service et le voilà Capitaine des Mobiles des Bouches-du-Rhône, croyant marcher avec eux vers la frontière allemande. Dirigé sur l’Algérie [14], il permute, passe aux Mobiles d’Indre-et-Loire et fait la Campagne de la Loire ».

La réalité semble plus complexe : de fait, il est « nommé au grade de Lieutenant [15] dans le 3e Bataillon de la Garde mobile des Bouches-du-Rhône, à compter du 10 août 1870 [16] » .

Le 2 septembre à Sedan, l’armée capitule et Napoléon III est prisonnier. La République est proclamée le 4 septembre mais la guerre continue.
Le gouvernement présidé par le général Trochu reste à Paris encerclé, mais une délégation gouvernementale est envoyée à Tours pour coordonner l’action en province sous les ordres d’Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, accompagné par Alexandre Glais-Bizoin, ministre sans portefeuille et l’amiral Fourichon, ministre de la Marine et des Colonies.

Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur, décrète que les citoyens âgés de 21 à 60 ans doivent s’enrôler dans la garde nationale (il cumulera ensuite le poste de ministre de l’Intérieur avec celui de ministre de la Guerre).

C’est dans ce contexte que, le 15 septembre 1870, toujours dans les Bouches-du-Rhône, le citoyen Chancelle (sic) Antoine, est « nommé Capitaine dans le 4e Bataillon de la Garde mobile des Bouches-du-Rhône (formation) » [17].

A Tours, la Délégation gouvernementale manque d’autorité. Léon Gambetta, d’abord réticent, quitte Paris le 7 octobre en ballon et arrive à Tours le 9 octobre où il rejoint ses collègues.

C’est dans cette ville que le 27 octobre, le Général Directeur par intérim de la Garde Mobile au Ministère de l’Intérieur signe un document autorisant le capitaine Antoine Chancel « à exercer les fonctions de Capitaine dans le corps franc dit 1er bataillon des Francs Éclaireurs et lui confère la qualité de belligérant [18] ». 

Quelques jours plus tard, le 3 novembre, également à Tours, Alexandre Glais-Bizoin, charge le Commandant Bonnet et le Capitaine Chancel de se rendre auprès des préfets « afin d’organiser un corps spécial de francs éclaireurs de l’armée en se rendant dans différentes villes pour y puiser les éléments nécessaires à la continuation de cette formation [19].

Cela signifie-t-il qu’Antoine Chancel s’est rendu à Tours à cette date pour recevoir des instructions ou bien qu’on les lui a fait parvenir dans le Midi où il se trouvait précédemment ?

En tout cas, on sait qu’il se trouve à Nîmes le 10 novembre où le Maire Augustin Demians lui confie une lettre destinée à Léon Gambetta, Ministre de l’Intérieur et de la Guerre à Tours :

« Monsieur le Ministre, La Garde Nationale de Nîmes ne dispose que de 500 fusils à percussion dont elle peut être dépouillée d’un moment à l’autre, au profit de bataillons mobilisables qu’elle est y appelée à fournir à l’Armée auxiliaire ». Et lui demande « en conséquence de faire délivrer pour l’armement de sa Garde Nationale, une partie des fusils d’ancien modèle, qui peuvent se trouver dans les arsenaux de l’Etat » [20].

A. Demians remet également à Antonin une seconde lettre destinée à Adolphe Crémieux, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Cultes, qu’il connaît personnellement, pour lui demander de soutenir sa requête auprès de Gambetta.

Cette seconde lettre porte en marge un petit mot d’A. Crémieux - non daté - de soutien à la demande du « maire de Nîmes qui s’est montré si plein de courage et de patriotisme dans tout ce qui a rapport à la Ligue du Midi [21], ce qui semble indiquer qu’Antoine s’est bien rendu personnellement à Tours et a pu contacter le ministre de la Justice.

Pourquoi alors ces lettres sont-elles restées ou revenues dans les archives personnelles d’Antoine Chancel ? Gambetta était-il déjà reparti de Tours et Antonin a-t-il été empêché par le déroulement de la guerre de le rejoindre à temps pour les lui remettre ? Ce point serait à vérifier, de même que celui de savoir si la demande du maire de Nîmes a eu des suites et lesquelles.

En revanche, il est probable que ces documents ont été utilisés plus tard par Antonin pour étoffer son dossier de demande de réintégration dans l’administration pénitentiaire [22].

Antonin reçoit le 18 novembre 1870 un « Titre provisoire de nomination [comme] lieutenant à la 2e compagnie du 1er bataillon de la Garde mobile du département d’Indre-et-Loire », sur papier à en-tête de la 18e Division Militaire, 1re subdivision, qui lui est remis le lendemain [23], puis un autre, daté du 25 novembre 1870 et remis le jour même, émanant également de la 18 région Militaire et signé et cosigné des mêmes personnes, le nommant « Capitaine à la 4e compagnie du 2e bataillon de la Garde mobile du département d’Indre et Loire en remplacement de M. Vigouroux nommé [24] Chef de bataillon [25] ».

Les hostilités prennent fin le 28 janvier 1871 avec la signature d’un armistice. Faute d’accès au registre matricule d’Antonin, on ne dispose pas d’éléments précis sur son activité pendant l’automne et l’hiver 1870-71 mais un document rédigé à Tours le 18 mars 1871 [26], indique que « Mr le capitaine Chancel, entré au 88 régiment mobile le 18 novembre 1870, y a fait toute la Campagne de le 2e armée de la Loire jusqu’au licenciement de ce régiment survenu le 18 mars 1871 [...et ] reconnaît les services que cet officier y a rendus. L’énergie, le zèle et la distinction avec lesquels il a commandé sa compagnie dans les moments difficiles, l’esprit de discipline qu’il a toujours su y maintenir. Cet officier a été l’objet d’une proposition pour le grade de chevalier de la Légion d’honneur à la suite d’une opération brillamment conduite par lui et sa compagnie devant Meung [probablement en décembre1870] ». Comme l’attestera le Général commandant de la 18e Division Militaire, « dès que son corps a été licencié, Antonin s’est immédiatement remis à la disposition de l’autorité militaire pour accomplir de nouvelles fonctions [27].

La date du licenciement du 88e Régiment de Mobile, précisée dans ce document rédigé le jour même (18 mars 1871), correspond très exactement au déclenchement de la Commune de Paris. La nouvelle des événements parisiens était-elle déjà connue à Tours [28] et faut-il voir un lien direct entre le licenciement du régiment où servait Antonin et l’insurrection ?

Des missions de surveillance des gares dans le contexte de la Commune de Paris

Quoi qu’il en soit, la révolte de la Commune de Paris contre le gouvernement issu de l’Assemblée nationale qui vient d’être élue au suffrage universel (masculin), commence ce 18 mars 1871 et durera jusqu’à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. C’est probablement dans ce contexte nouveau qu’il faut "lire" les dispositions prises par le général commandant la 18e division pour mieux contrôler les gares.

Le 22 mars, le Général donne des ordres précis : « Les postes de service aux gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps seront sous la surveillance d’un capitaine de la garde mobile : les capitaines Izarn et Chancel, qui se relèveront entre eux toutes les 24 heures ; leur service commencera à midi et se continuera jusqu’au lendemain midi, et ainsi de suite en alternance.

M. M. Izarn et Chancel iront visiter aussi souvent que possible le poste de Saint-Pierre des Corps : les officiers commandant les postes à la gare de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps devront se conformer strictement en plus de la consigne qu’ils ont déjà, aux ordres que le capitaine de service pourra leur demander. Le capitaine rendra compte au général de tout ce qui peut intéresser le service et la discipline.

Ce service commence dès aujourd’hui. Les Lts et sous-Lts commandant les postes sont tenus d’obéir en tout au capitaine de service » [29].

Mais cela ne semble pas suffire puisqu’il renforce les consignes dès le lendemain : « Le capitaine commandant des postes [de la gare de Tours et de celle de Saint-Pierre des Corps], veillera à la stricte exécution des consignes données aux différents postes placés sous ses ordres. Tout acte de négligence ou de faiblesse commis par les soldats ou les chefs de ces postes serait signalé sans retard dans un rapport au Général. Il fera arrêter immédiatement et conduire en prison les militaires voyageant isolément qui se feraient remarquer par des actes ou des paroles contraires à la discipline. Il veillera à ce que main forte soit prêtée en cas de besoin aux agents de l’autorité chargés de surveiller l’arrière des trains. Il prendra enfin toute mesure que comporteraient les circonstances pour assurer et maintenir le bon ordre » [30].

Cette insistance pourrait indiquer une peur de la contagion révolutionnaire propagée par des militaires démobilisés ou déserteurs ...

Sous réserve de confirmation à partir de son registre matricule ou de sources émanant de l’administration pénitentiaire, il semble que, à la mi avril Antonin ait manifesté son intention de mettre fin à ses fonctions militaires. Le 20 avril 1871, le Lieutenant Colonel du 88e regt de Mobile, lui remet une attestation reconnaissant « les services rendus […], son zèle, son dévouement, sa valeur » et ajoute qu’il « serait heureux de lui voir obtenir, à sa recommandation, un emploi en rapport avec ses aptitudes » [31].

De même, quelques jours plus tard, « Le général commandant la 18e division militaire à Tours atteste que Monsieur Chancel Capitaine de la Mobile d’Indre-et-Loire s’est mis à la disposition de l’autorité dès que son corps a été licencié le18 mars, et qu’il a été chargé à la gare de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps d’un service actif dont il s’est acquitté avec zèle jusqu’au premier mai 1871.
Ce capitaine mérite des éloges pour l’énergie et l’intelligence avec lesquels il a accompli les fonctions difficiles qui lui étaient confiées à Tours » [32]

Un traité de paix, qui consacre la défaite de la France, est signé le 10 mai à Francfort-sur-le-Main.

Pendant cette période de guerre, Antonin se lie avec le maréchal des logis Pierre Robine (du 2e régiment de dragons de Chartres), un officier Gersen (ou Gerson ?), un autre, Ch. Bonnet (probablement tué peu après), le baron Charles de la Gâtinerie et le comte d’Ornano, avec qui il échange des cartes-photos dont plusieurs dédicacées en souvenir de la Campagne de France [33]





Dans son album photo figure également une carte-photo représentant un homme assez jeune, en costume de ville, portant l’inscription au crayon bleu « Manuel de Gramedo » qui pose question. Elle est de la même graphie que celle rajoutée (dans le cadre du dossier de demande de réintégration d’Antonin) au dos au dos de la lettre rédigée le 10 novembre 1870 par le maire de Nîmes à l’attention de A. Crémieux et probablement que celle de l’inscription figurant au dos de la lettre du maire de Nîmes adressée à L. Gambetta : « M Berthier / 21 boulevard Notre Dame / Manuel / de Gramedo » [34].

Antonin recevra la médaille militaire (« Valeur et Discipline 1870 »), puis en 1912, la médaille commémorative de la Campagne de 1870-1871 instituée par la loi du 9-11-1911 [35].

Sa seconde carrière dans l’Administration Pénitentiaire, son mariage et la naissance de ses fils : 1871-1896

Après avoir quitté l’armée, il reprend ses activités dans l’Administration Pénitentiaire. Comme indiqué plus haut, il a très probablement utilisé divers documents militaires pour étayer son dossier de demande de réintégration.

Le 12 juin 1876, « âgé de trente huit ans, employé à la Maison centrale de Clervaux », il épouse à Bar-sur-Aube, Isménie Hortense Eugénie BABEL. C’est là que naît leur premier enfant, qui meurt quelques jours plus tard. Un second fils, Edmond Louis Victor (dit Louis), naît en juillet 1878, alors qu’Antonin est en poste à la Maison d’Arrêt de Fontevrault.

Sa retraite et ses engagements religieux : 1896-1912

A Dijon, où il s’est fixé au début de sa retraite pendant que son fils unique, Louis commence des études de médecine, Antonin participa, puis anima « chaque après-midi pendant plus d’un an, avec une exactitude absolue, militaire (sic), […] la récitation du Rosaire aux pieds de Notre-Dame de Bon-Espoir ».

Après avoir effectué son internat à Dijon, Louis “monte à Paris” avec ses parents pour y terminer ses études et y obtenir son diplôme de docteur en médecine. La famille s’installe 25 avenue des Gobelins, dans le 13e arrondissement, et Louis y ouvre son cabinet.

« Fixé sur la paroisse de Saint-Médard, [Antonin] apporte son concours à la Conférence de Saint-Vincent de Paul, en particulier pour l’Œuvre des Mariages », à une époque où la tension entre cléricaux et anticléricaux bat son plein. Il y rencontre un frère de la Pénitence de Saint-François d’Assise (Obédience des FF. MM. Capucins) qui le fait entrer dans le Tiers-Ordre de Saint-François.
Antonin s’y présente au postulat le 29 octobre 1905, en pleine polémique autour de la future loi de Séparation des Églises et de l’État [36] et est « admis à la Vêture le 28 janvier 1906 sous le nom de Frère Baudille [37] […].Novice exemplaire, il fit sa profession le 24 février 1907 après s’y être préparé saintement, car tous les matins il [communiait. Ses] grandes qualités de cœur le firent choisir comme Zélateur [par la Fraternité de Paris …] mais les années commençaient à peser sur ses épaules, et amenèrent des misères de santé. Une maladie de cœur vint l’arrêter complètement [et il dut] garder la chambre pendant les dernières semaines de sa vie ».

Antonin meurt à près de 74 ans à son domicile, 25 avenue des Gobelins, à Paris le 15 janvier 1912. « Il est le 172e inscrit sur le Nécrologe de la Fraternité depuis sa réorganisation en 1857 ». Il est inhumé dans la sépulture familiale acquise dans le cimetière parisien du Kremlin-Bicêtre, aujourd’hui Val-de-Marne.

C’est un mois après son décès que la médaille commémorative de la Campagne de 1870-1871, qui vient d’être instituée par la loi du 9-11-1911, lui est accordée le 21 février 1912.

Notes

[1Dans la suite du texte, on utilisera son prénom d’usage « Antonin », pour désigner Antoine Grégoire Louis Chancel, sauf s’il d’agit d’une citation.

[2Acte n° 15 daté du 13 mars 1838

[3Notice rédigée le 15 février 1912 par le Frère Louis du Saint-Sacrement, recteur de la Fraternité de Paris du Tiers-Ordre de la Pénitence de Saint-François d’Assise, obédience des FF. MM. Capucins où Antonin CHANCEL est entré en 1905. Dans la suite du texte on indiquera simplement notice quand on utilisera des extraits de ce document.

Le Tiers-Ordre franciscain est une association pieuse fondée au XIIIe siècle à Bologne par François d’Assise, à la demande de personnes mariées voulant vivre à l’exemple des frères franciscains sans entrer dans un ordre religieux. Au cours de l’histoire, des groupes issus du Tiers-Ordre franciscain se sont constitués en instituts de vie consacrée. Ils suivent une règle de vie sous le contrôle de l’Ordre des frères mineurs capucins.

Le Frère Louis a dû rédiger cette notice à partir de confidences faites de son vivant par Antonin lui-même aux membres de cette fraternité (après 1905) et à partir des d’indications données par la veuve et le fils d’Antonin (après le décès de ce dernier) et éventuellement à partir d’archives familiales aujourd’hui disparues. De ce fait la notice peut comprendre des approximations, voire des erreurs de date.
Quoi qu’il en soit, le style et « l’esprit » de cette notice apparaissent très datés …

[4Ordonné le 23/12/1826, il exerce son ministère dans le Gard : vicaire à Aiguèze le 23/12/1826, à Saint-Victor-la-Coste en juin 1827, puis curé à Générac en 1829, à Bourdic en 1835 ; vicaire à Notre-Dame de Beaucaire en 1837, curé à Fournès le 23 février 1841, à Cabrières le 1/7/ 1853 et enfin à Carme le 28/6/1857. Il prend sa retraite à Marguerittes le 1/3/1876 (source évêché).

[5Transmise par sa veuve Eugénie Babel et son fils Louis, par l’intermédiaire de sa belle fille Germaine CLAIR-CHANCEL qui ne l’a pas connu personnellement.

[6En fait à l’avant-veille de ses 20 ans ! cf. acte d’engagement n°12

[7Deuxième guerre d’indépendance italienne, à l’issue de laquelle la Savoie et Nice seront cédées à la France en 1860

[8Empire Français - Médaille commémorative de la Campagne d’Italie - « Les membres du Conseil d’Administration du 61e Régiment d’Infanterie de Ligne certifient que Chancel Antoine Grégoire Louis, Caporal (n° Mle 8333) a fait la Campagne d’Italie et a obtenu la médaille instituée par Décret Impérial du 11 août 1859. » Orléans le 26 septembre 1859. Vu et enregistré au Ministère de la Guerre sous le N° 76 893 et enregistré à la Grande Chancellerie de l’Ordre Impérial de la Légion d’Honneur sous le n° 96032.

[9Il serait intéressant de savoir s’il a un lien avec Louis-Jules Trochu, futur Président du gouvernement de la Défense nationale.

[10« Certificat de Bonne Conduite : Les membres composant le Conseil d’Administration du 84e Régiment d’infanterie certifi[ent] que le Sr Chancel Antoine Grégoire Louis - Sergent Fourrier, né le 12 mars 1838 à Marguerites [...] Gard, […] a tenu une bonne conduite pendant tout le temps qu’il est resté sous les drapeaux [...], qu’il n’a aucune infirmité apparente ou cachée qui puisse l’empêcher de reprendre du Service, qu’il n’est pas marié. Fait à Strasbourg le 29 juin 1866. »

[11La notice, qui indique « Après sept années de service …] » est erronée sur ce point au moins !

[12Il faudrait d’ailleurs vérifier dans les archives pénitentiaires que la notice du Frère Louis ne confond pas les périodes 1866 et 1871 … En outre, même si Antonin était issu d’une famille cultivée et avait suivi une scolarité secondaire apparemment complète, il n’avait pas le Bac ni suivi des études supérieures. Il faudrait vérifier à quel niveau de poste il pouvait prétendre à l’issue d’un tel concours dans l’Administration pénitentiaire. On notera cependant que 4 ans plus tard, bien que sorti de son temps d’armée avec un grade de sous-officier, il sera recruté en 1870 avec le grade de Lieutenant puis très vite de Capitaine ! Peut-être ces 4 années lui ont-elles donné l’occasion de montrer sa valeur et ses capacités d’organisateur.

[13L’Administration pénitentiaire conserve peut-être des archives le concernant pour cette période...

[14Ce passage de la notice resterait à vérifier dans la mesure où la mémoire familiale ne garde pas la souvenir de cet épisode « algérien ».

[15Sergent-fourrier 4 ans plus tôt, le voilà recruté comme lieutenant !

[16Sur papier à en-tête de la 9e Division Militaire, Garde Mobile, portant les armoiries impériales : Monsieur Chancel Antoine […] est nommé au grade de Lieutenant dans la Garde nationale mobile du département des Bouches du Rhône, à compter du 10 août 1870 3e Bataillon 5e compagnie. Sa nomination datera du 10 août 1870. Cette lettre lui servira de titre dans l’exercice de ces fonctions. Signé à Marseille, le 15 août 1870, mais portant en marge : Remise au titulaire le 13 août 1870, signé René de Sainte Foix, avec tampon 9e Division militaire – Le Général Commandant, et, plus bas, Vu bon pour enter en solde le treize août 1870. Le Sous-Intendant militaire, signé PA Brunier, avec tampon Intendance Militaire – P. A. Brunier

[17Sur papier portant en en-tête : République française – Liberté – Égalité – Fraternité - Au nom de la République : Le citoyen Chancelle (sic) Antoine est informé que par décision du 15 septembre il est nommé Capitaine dans le 4e Bataillon de la Garde mobile des Bouches-du-Rhône (formation), Des ordres seront donnés pour qu’il soit reconnu dans le grade qui lui est confié par la République - Le 15 septembre 1870 – L’Administrateur Supérieur du Département des Bouches-du-Rhône – Et plus bas, à la main, la mention : Remis à l’intéressé le 17 septembre 1870 – Le Lieutenant Colonel Commandant - Vu le Général Commandant la 9e Division Mre Et en bas, en marge : Vu bon pour entrer en solde à compter du dix-sept septembre 1870 – Le Sous-Intendant sud.

[18Ministère de la Guerre – 2e Direction – Garde Mobile – Le Ministre de l’Intérieur et de la Guerre autorise Monsieur Chancel Antoine, Capitaine de la garde mobile des Bouches du Rhône, à exercer les fonctions de Capitaine dans le corps franc dit 1er bataillon des francs éclaireurs et lui confère la qualité de belligérant. Tours, le 27 octobre 1870, Pour le Ministre et par son ordre, le général Directeur par intérim.

[19Cabinet du Ministre de l’Intérieur - Messieurs les préfets : Monsieur le Commandant Bonnet et Monsieur le Capitaine Chancel sont chargés par le gouvernement de la défense nationale d’organiser un corps spécial de francs éclaireurs de l’armée et se rendent dans votre ville pour y puiser les éléments nécessaires à la continuation de cette formation. A ce titre le gouvernement les recommande à toute la sollicitude des autorités civiles et militaires près desquelles ils auront à se présenter pour opérer le recrutement dudit corps. Signé à Tours le 3 novembre 1870 par Glais-Bizoin, membre du gouvernement.

[20Mairie de Nîmes - le 10 9bre 1970, au Ministre de l’Intérieur et de la Guerre à Tours : Monsieur le Ministre, La Garde Nationale de Nîmes ne dispose que de 500 fusils à percussion dont elle peut être dépouillée d’un moment à l’autre, au profit de bataillons mobilisables qu’elle est appelée à fournir à l’Armée auxiliaire. - Je ne parle que pour la forme, de 800 mousquetons de gendarmerie que j’ai obtenus à grand’ peine, de l’arsenal de Montpellier.

Si, comme j’ai lieu de le craindre, ces quelques armes sont enlevées à la Municipalité de Nîmes, elle n’a plus pour se défendre, pour assurer la sécurité des personnes et des propriétés, et, au besoin, se présenter devant l’ennemi, qu’un appareil de forces réduites à l’impuissance. Je profite du passage à Nîmes de Monsieur le capitaine Chancel, qui veut bien me servir d’interprète pour vous exposer cette situation déplorable d’un Corps de 5000 hommes au moins, défalcation faite de la partie mobilisable [en gras dans la lettre du Maire], qui ne pourraient être d’aucun secours à l’Autorité à qui incombe, en ce moment, la plus redoutable responsabilité, pas plus qu’ils ne pourraient être utilisés à l’occasion au point de vue de la défense nationale, et cependant ces 5000 hommes sont pleins de zèle, d’activité et de résolution.
J’ai donc l’honneur de vous supplier, Monsieur le Ministre, de vouloir bien venir en aide à la ville de Nîmes, en lui faisant délivrer pour l’armement de sa Garde Nationale, une partie des fusils d’ancien modèle, qui peuvent se trouver dans les arsenaux de l’Etat.

Il me faudrait au moins 2000 fusils, pour le moment [3 mots rajoutés].
L’armement de la Garde Nationale est d’autant plus essentiel que la tranquillité de Nîmes assure celle du Département tout entier et exercera une grande influence sur quatre ou cinq départements voisins.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de mon profond respect.
Le maire de Nîmes, signé A. Demians.

[21Cabinet du Maire – Garde Nationale Armement – Nîmes, le 10 9bre 1970 - Monsieur le Ministre, J’ai l’honneur de vous transmettre la copie de la demande que je fais parvenir aujourd’hui à Monsieur le Ministre de la Guerre tendant à la délivrance de 2000 fusils à la Garde Nationale de Nîmes. Permettez-moi de recourir à votre intervention et à votre bienveillant appui auprès de votre collègue, pour obtenir l’accomplissement du légitime désir exprimé par la Municipalité de Nîmes. Veuillez [...].

En marge, d’une autre écriture : « Je n’ai pas besoin de rappeler à mon cher collègue la belle conduite du Maire de Nîmes qui s’est montré si plein de courage et de patriotisme dans tout ce qui a rapport à la Ligue de Midi. Demians que j’avais nommé avocat général à Nîmes dès 1848 est un des hommes les plus honorables et les plus dignes de l’estime de tous. Ad. Crémieux »

Il est significatif que, dans ce soutien à la demande de fusils, Crémieux fait référence à la Ligue du Midi, organisation républicaine constituée en septembre par plusieurs départements du Sud de la France pour organiser régionalement la défense de la République. Crémieux semble donc – encore à ce moment - approuver l’action passée de la Ligue du Midi, mais on sait que le gouvernement de la Défense nationale, de culture « jacobine », entrera en conflit avec cette Ligue régionale et finira par la dissoudre à la fin du mois de décembre pour « séparatisme ».

[22Mention figurant au dos du courrier du 10 novembre 1870 du maire de Nîmes au Ministre de l’Intérieur et de la Guerre.

[2318e Division Militaire, 1re Subdivision – Titre provisoire de Nomination – Le Général de Division commandant la 18e Division Militaire, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la décision ministérielle du 9 août 1870, nomme M. Chancel Antoine Grégoire Louis, ancien capitaine dans la garde nationale mobile des Bouches-du-Rhône au grade de lieutenant à la 2e compagnie du 1er bataillon de la Garde mobile du département d’Indre-et-Loire. Le présent titre sera valable jusqu’à réception du titre définitif. – Tours, le 18 novembre 1870 En marge : Remis à l’intéressé le 19 novembre 1870, Tours le 19 9bre 1870, par ordre, le Chef d’État-Major, Vu Le Sous-Intendant Militaire. Avec deux tampons, l’un : Le Général Commandant la 18e Divon Militaire et l’autre : Intendance Militaire - J.B.R.G. Méry, Sous-Intendant Militaire.

[24un mot est mal lisible

[2518e Division Militaire, Subdivision – Titre provisoire de Nomination – Le Général de Division commandant la 18e Division Militaire, en vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par la décision ministérielle du 9 août 1870, nomme M. Chancel Antoine Grégoire Louis, Lieutenant au 1er bataillon de la Garde mobile d’Indre et Loire au grade de Capitaine à la 4e compagnie du 2e bataillon de la Garde mobile du département d’Indre-et-Loire en remplacement de M. Vigouroux nommé [?] Chef de bataillon. Le présent titre sera valable jusqu’à réception du titre définitif. – Tours, le 25 novembre 1870 En marge : Remis à l’intéressé le 25 novembre 1870, Tours le 25 9bre 1870, par ordre, le Chef d’Etat Major, Vu par nous Sous-Intendant Militaire. Avec deux tampons, l’un, partiellement lisible : […] Général Commandant […]ion Militaire et l’autre : Intendance Militaire - J.B.R.G. Méry, Sous-Intendant Militaire

[26Document sur papier libre, signé par le Lt Colonel Commandant le 88e regt de Mobiles (Indre-et-Loire) - Vu pour légalisation de signature de monsieur le lieutenant Colonel de Cools commandant le 88e des Mobiles – Tours le 14 avril 1871 – Le général Ct le 88e Avec tampon Le Général Commandant la 18e Divon Militaire

[27Voir plus bas l’Attestation signée le 29 avril.

[28Transmise par télégraphe par exemple ?

[29État-Major - 18e Division : « Les postes de service aux gares de Tours et de Saint-Pierre des Corps seront sous la surveillance d’un capitaine de la garde mobile : les capitaines Izarn et Chancel, qui se relèveront entre eux toutes les 24 heures ; leur service commencera à midi et se continuera jusqu’au lendemain midi, et ainsi de suite en alternance.
M. M. Izarn et Chancel iront visiter aussi souvent que possible le poste de Saint-Pierre des Corps : les officiers commandant les postes à la gare de Tours et de Saint-Pierre des Corps devront se conformer strictement en plus de la consigne qu’ils ont déjà, aux ordres que le capitaine de service pourra leur demander. Le capitaine rendra compte au général de tout ce qui peut intéresser le service et la discipline. Ce service commence dès aujourd’hui. Les Lts et sous-Lts commandant les postes sont tenus d’obéir en tout au capitaine de service » Signé à Tours le 22 mars 1871 par le général commandant la 18e division.

[30Etat Major - 18e Division : « Consigne pour le capitaine chargé du commandement des postes de la gare de Tours et de celle de Saint-Pierre des Corps. Le capitaine commandant des postes ci dessus désignés, veillera à la stricte exécution des consignes données aux différents postes placés sous ses ordres. Tout acte de négligence ou de faiblesse commis par les soldats ou les chefs de ces postes serait signalé sans retard dans un rapport au Général. Il fera arrêter immédiatement et conduire en prison les militaires voyageant isolément qui se feraient remarquer par des actes ou des paroles contraires à la discipline. Il veillera à ce que main forte soit prêtée en cas de besoin aux agents de l’autorité chargés de surveiller l’arrière des trains. Il prendra enfin toute mesure que comporteraient (sic) les circonstances pour assurer et maintenir le bon ordre » Signé à Tours le 23 mars 1871 par le général commandant la 18e division

[31A Tours, le 20 avril 1871, « Le Lieutenant Colonel du 88e regt de Mobile, dans lequel Mr Chancel a fait la Campagne de France 1870-1871 à la 2e armée de la Loire avec le grade de capitaine, se fait un plaisir de reconnaître les services rendus par cet officier, son zèle, son dévouement, sa valeur, il serait heureux de lui voir obtenir, à sa recommandation, un emploi en rapport avec ses aptitudes ». Au dos de ce courrier, on distingue par transparence, la lettre étant collée sur un papier fort : « M Berthier / 21 boulevard Notre Dame / Manuel / de Gramedo » (voir plus bas).

[32Le général commandant la 18e division militaire à Tours atteste que Monsieur Chancel Capitaine de la Mobile d’Indre-et-Loire s’est mis à la disposition de l’autorité dès que son corps a été licencié le18 mars, et qu’il a été chargé à la gare de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps d’un service actif dont il s’est acquitté avec zèle jusqu’au premier mai 1871. Ce capitaine mérite des éloges pour l’énergie et l’intelligence avec lesquels il a accompli les fonctions difficiles qui lui étaient confiées à Tours. Tours le 29 avril 1871. Le général de division Ct la 18e Don." Outre l’original, Antonin en conservait une copie certifiée conforme.

[33On ignore si les cartes-photo non datées représentant l’une A. Baume (photographié à Paris chez E. Neurdein et l’autre P. Pardigon ( ?), photographié à Aix (B-D-R) chez Gondran en 1869 ou après (légendée « A mon ami Clanel Chancel en souvenir de bonne amitié ») tous les deux en costume de ville, sont également des connaissances faites par Antonin pendant la Campagne de France ou dans un autre contexte.

[34S’agit-il d’Iwan Ulrich Edouard Manuel de Gramedo (1813-1879), qui fut sous-préfet de Vendôme-41à partir du 5 juin 1871 ? Il est en tout cas peu probable que le Capitaine Antoine Chancel ait pu le rencontrer dans ce cadre puisque sa mission de surveillance des gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps semble avoir pris fin en mai 1871. En revanche on note une certaine ressemblance entre le portrait de cette carte photo avec un portrait d’Adrien Robert de Wendel (1847-1903), de la dynastie des Maîtres de Forge, qui fut lieutenant en 1870 lors du blocus de Thionville, et qui avait épousé l’année précédente la fille d’Iwan Ulrich Edouard de Gramedo. La carte ne serait-elle pas plutôt un portrait de Robert de Wendel remis à Antonin pour lui servir d’introduction auprès de son beau-père, afin de l’aider à retrouver un poste dans l’Administration ?

[35Un mois après son décès...

[36Cette crise, qui fait suite à d’autres, va de 1894 à 1914, avec une date symbolique : le vote de la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat qui met fin au Concordat napoléonien (15 juillet 1801) et au régime concordataire en vigueur depuis le 8 avril1802, loi adoptée le 9 décembre 1905 à l’initiative du député républicain-socialiste Aristide Briand, qui prend parti en faveur d’une laïcité sans excès.

[37C’est sans doute parce que saint Baudille (ou Baudile) est un chrétien martyrisé à Nîmes au III e siècle, que ce prénom a été choisi.

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14 Messages

  • Bonjour
    êtes vous parent avec Jacques Chancel qui lui était des Pyrénées , le célèbre animateur TV ???
    Cordialement
    J.A.

    Répondre à ce message

    • Antoine Grégoire Louis (dit Antonin) Chancel (1838-1912) 15 mars 09:30, par Dominique Chancel

      Jacques Chancel, de son vrai nom Joseph Crampes, est le fils d’Auguste Crampes, artisan entrepreneur escaliériste d’Ost, et de Marie-Thérèse Bourdette.Don aucun lien de famille avec nous.
      Pas de lien non plus avec Annie Chancel, dite Sheila, même si, hasard amusant de l’histoire, nos deux grands mères, qui ne se connaissaient pas, habitaient toutes deux avenue des Gobelins à Paris... D’où des lettres enflammées de fans amoureux de Sheila reçues par ma grand-mère avec demande de photo et prière de lui transmettre, ce qui la faisait bien rire. Gamins facétieux,nous lui suggérions d’envoyer sa propre photo, ce qui offusquait notre chère Mémé.

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  • Antoine Grégoire Louis Chancel 12 mars 09:30, par Maryse DAUDENET

    Bonjour, excellent article, très intéressant et bien conçu. Quelle chance d’avoir retrouvé les « papiers » documents jalonnant son parcours ! Sans doute parce qu’il était « gradé ». J’ai également retracé le parcours d’un de mes ancêtres durant les mêmes périodes (lui était né en 1836) mais comme « simple soldat » , il n’en subsiste que les grandes lignes inscrites sur les registres militaires, dont la médaille commémorative pour la Campagne d’Italie.

    Répondre à ce message

  • Bonjour.
    Nous avions été en contact il y a plusieurs années au sujet d’Augustin CHANCEL, frère d’Antonin, installé comme médecin à Louplande dans la Sarthe. Vous vous interrogiez, de mémoire, sur un fils adoptif.
    Avez-vous progressé dans vos recherches sur cette branche ?
    Sinon, quelle chance vous avez de posséder toutes ces photographies de vos ancêtres !...
    Florence

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Une famille MANUEL de GRAMEDO était propriétaire du château de Villaines à Louplande à la fin du XIXè siècle. Coïncidence ?

      Cordialement,
      Yvette Roussin

      Répondre à ce message

      • Merci Yvette pour cette information.
        C’est effectivement sans doute le lien avec Louplande !
        Avez-vous d’autres informations sur cette famille ?

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        • Bonjour,
          Je n’ai pas d’information sur la famille Chancel. Je connais par contre l’historique des propriétaires du château de Villaines à Louplande. La proximité de la famille Chancel à Louplande ne semble pas fortuite.

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          • Antoine Grégoire Louis (dit Antonin) Chancel (1838-1912) 15 mars 10:23, par Dominique Chancel

            Mon arrière-grand-oncle Alexis Marie Augustin Pierre Chancel est né en 1850, donc plus jeune de 12 ans que son frère Antonin. Ce dernier a pu effectivement le mettre en relation avec la famille Manuel de Gramedo.
            Pharmacien des hôpitaux et médecin, Augustin a exercé à Marseille, à Paris et sans doute pour finir dans la Sarthe où il s’est marié le 22 octobre 1898 à Courcelles-la-Forêt à un âge déjà avancé (48 ans) avec Marie Louise Coubard, âgée de 24 ans. Mariage arrangé ? Par qui ?
            Quoi qu’il en soit, je suis intéressé part toute information, photographie ou document sur les relations possibles entre les Chancel, les Bodin, les Coubard et les Manuel de Gamedo.

            Répondre à ce message

    • Antoine Grégoire Louis (dit Antonin) Chancel (1838-1912) 15 mars 10:05, par Dominique Chancel

      Je n’ai aucune information récente sur André Bodin-Chancel, le fils adoptif d’Alexis Marie Augustin Pierre Chancel et Marie Louise Coubard. Je sais juste que mon grand-père Edmond Louis Victor Chancel, médecin, leur avait rendu visite en 1915 en profitant d’un convoi sanitaire d’évacuation de soldats blessés vers l’ouest.cf. note de juin 1915 dans un petit carnet : « Oncle […] toujours jeune. Le petit André futur héritier très gentil. Il ensoleillera leurs vieux jours je l’espère. [...] / Oncle très heureux. »
      Si c’est bien cet André qui est décédé le 22 février 1988 au Mans, je ne m’explique pas que je n’en aie jamais entendu parler comme de quelqu’un encore vivant jusque là. Fâcherie familiale autour de questions d’héritage ? Autre raison ?

      Répondre à ce message

  • Antoine Grégoire Louis (dit Antonin) Chancel (1838-1912) 13 mars 10:35, par Colette Boulard

    Intéressant, sur un sujet très ciblé, avec une bien belle collection de photographies et papiers anciens à l’appui, que vous savez utiliser.

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  • Antoine Grégoire Louis (dit Antonin) Chancel (1838-1912) 21 mars 16:20, par Corinne Decabane

    Bonjour,

    D’après le document suivant : « Histoire de la Garde mobile d’Indre-et-Loire » en ligne sur le site Gallica, on peut lire, pages 202 et 203, que les Capitaines du 2e Bataillon sont (entre-autres) :
    * Capitaine 2e Compagnie : d’Ornano
    Et capitaine au 70e régiment territorial d’infanterie
    * Capitaine 3e Compagnie : Manuel de Gramedo
    * Capitaine 4e compagnie : Chancel
    Ils devaient être en contact permanent.

    Voici d’autres infos que j’ai trouvées concernant les photographies :
    * "le maréchal des logis Pierre Robine (du 2e régiment de dragons de Chartres)"
    Il s’agit de Pierre Jean Baptiste ROBINE ° le 31/07/1851 à Rethoville (50)
    Matricule militaire n°793– Classe 1871 – AD 50 (page 69/150)
    Nommé Gendarme le 02/05/1877

    * "un officier Gersen (ou Gerson ?)"
    Il me semble reconnaitre la médaille de la Légion d’Honneur sur son uniforme.
    Il doit donc s’agir de Louis Richard GISEN ° le 09/06/1839 à Strasbourg (67)
    Il a été fait Chevalier le 09/11/1870
    Il se marie le 09/02/1874 à Ernemont-la-Villette avec Célestine BANCE. (acte n°2 Page 3/33)
    Il est dit « officier démissionnaire, Chevalier de l’ordre national de la Légion d’Honneur
    Il décède le 26/07/1891 à Eragny sur Oise (95)

    * "le baron Charles de la Gâtinerie "
    C’est le Baron Charles Jules Michel MARRIER de LAGATINERIE ° le 29/10/1843 au Havre (76)
    Il a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 09/01/1871
    Il se marie le 07/08/1876 à Paris 8e avec Eduarda GARCIA (acte n°569)
    Il décède le 02/12/1921 à Vannes.
    On peut y voir sa photo avec quelques années de plus ! et ici en famille

    * "le jeune homme en costume de ville... Manuel de Gramedo"
    Ce document, exposition virtuelle réalisée par les AD41, traite de la guerre de 1870-1871 dans le département du Loir-et-Cher.
    Regardez la page 31/221, il est en tenue militaire.
    Il est sous-préfet de Vendôme. Il démissionnera en juin 1873.
    On peut donc en déduire qu’il s’agit de Ywan Edouard MANUEL ° le 24/02/1848 à Paris. (acte reconstitué AD75 - page 29/51)
    Il épouse le 12/10/1872 à Paris 10e Adélaïde Louise RENAULT.
    Annonce dans la presse.
    En mai 1872, il est autorisé à rajouter le nom de sa mère de GRAMEDO à son patronyme.

    Je n’ai rien trouvé concernant Ch.BONNET.
    J’espère cependant que ces infos vous permettront de compléter le parcours militaire de votre arrière-grand-père déjà très bien étoffé !
    Bonne continuation,

    Corinne

    Répondre à ce message

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