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Ah le bon temps que ce temps d’école là…

Le vendredi 13 novembre 2020, par Christian Baumgarth

Quand ils évoquent leurs autrefois, les vieux gars de Créteil ont les yeux qui plissent à la réminiscence d’un vrai temps de bonheur radieux. Cela tient tout autant à l’évocation de leur enfance perdue qu’au souvenir des maîtres exigeants et valeureux qui les guidèrent au début de leur chemin de vie.

Incontestablement, la renommée de l’école Victor Hugo de Créteil résidait moins dans son habit d’apparat de briques rouges et son majestueux fronton républicain que dans la qualité immuable des maîtres d’exception qui y enseignèrent au temps où elle était dans le vieux bourg l’unique temple dévolu à l’éducation des petits mâles. L’école de garçons Victor Hugo était une fameuse pépinière de maîtres talentueux, des farouches du devoir avec pour officiante férule leur ferveur de citoyens pédagogues militants.

De mon entrée en maternelle en 1945, à ma sortie du cours complémentaire, brevet élémentaire en poche en juin 1957, j’en ai forcément pratiqué beaucoup de ces inoubliables personnages d’école. Pour en connaître beaucoup plus, car j’avais du goût pour cela, il m’aurait fallu redoubler tant de fois que cela aurait considérablement reporté le temps de ma propre entrée dans la carrière professorale…

Mais, ce ne fut pas nécessaire : pour en connaître plus, il m’aura suffi de tendre l’oreille aux évocations des anciens de mon entourage. Celles de mon père, de mes oncles et surtout de mon grand-père, factotum-concierge de l’école Victor Hugo, qui en parlait avec émotion, des étincelles d’émerveillement et de respect dans les yeux.

En ce temps d’école là, on n’entrait pas en CP ou en CM1, on entrait en 11e ou en 8e, mais ce n’était pas le plus marquant dans la ruche pédagogique, on allait s’installer pour une année scolaire dans l’alvéole où enseignait Monsieur Truc, Monsieur Machin ou Monsieur Chose… En fait, pas vraiment Monsieur : on était affecté dans la classe du Père Laplace, du Père Allezard, du Père Guyard… Ce n’était pas péjoratif, ce n’était pas angoissant, on allait retrouver - pour notre bien qu’il se disait - une autre autorité paternelle.

Le jour de la rentrée scolaire, la question de l’affectation chez tel ou tel maître était la grande affaire qui créait une incroyable effervescence dans la cour de l’école.

Dans quelle bergerie et guidé par quelle houlette de berger allait-on brouter du savoir et de l’éducation ? Aucun des maîtres Victor-hugoliens n’était chargé d’opprobre ou de détestation, mais d’après radio-récré, certains, au nom de leur sévérité, étaient plus redoutables que d’autres. Il se disait donc qu’il valait mieux être hébergé par Van Oberghem plutôt que par Bourdillat, par Dorigny plutôt que par Flagelle

Dans le grand parloir en plein air, les langues moulinaient leurs angoisses ; il s’en disait tant et tant sur les pratiques de certains, leurs lubies, leurs exigences, leur malice pédagogique…

Les témoignages et jugements des concierges en culottes courtes se télescopaient, s’entrechoquaient, se mêlaient confusément pour alimenter l’usine à cancans et nourrir la fabrique des mythes et légendes.

La roulette d’un sifflet mettait un terme à une authentique angoisse existentielle : les drôles se figeaient puis allaient s’aligner en colonne par deux. Ils scrutaient la lourde porte d’accès à la cour par où passera Monsieur Le Directeur, suivi par la sévère cohorte de ses maîtres.

Le cornet ayant lâché ses dés, l’un d’entre eux viendra se placer devant son contingent de bouches cousues, le couvrira d’un regard dubitatif, l’engagera à le suivre et ce sera bien.

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Louis Allezard

En 1949, un impressionnant flandrin à béret, blouse grise et mégot incandescent se planta devant ma classe. Il porta, sur son lot de viandes malingres, un regard de maquignon circonspect et fataliste, puis il s’humanisa : il esquissa un brouillon de sourire fugitif, un peu goguenard qui sembla dire qu’on ne lui déplaisait pas trop et qu’il allait faire avec… D’un bref signe de tête, il nous intima l’ordre de le suivre et l’on sentit, dans l’instant, que l’on prenait le bon sillage.

C’était Louis Allezard, le dernier des maîtres à béret [1], un instituteur émérite qui, pendant plus de trois décennies indiqua, d’un index inflexible, à des centaines de gars de Créteil, le bon cheminement pour leur avenir.

Le 3 novembre 1961, le Conseil municipal de Créteil, reconnaissant, décida de donner le nom de Louis Allezard au groupe scolaire qui venait de sortir d’un champ rue Juliette Savar.

Les maîtres à béret en avaient sous le béret

Les maîtres d’autrefois, aux yeux de leurs élèves fascinés, avaient un savoir encyclopédique. Les maîtres d’autrefois savaient les constellations et même en plein jour, ils nommaient les étoiles ; ils savaient la minéralogie, la géologie : ils nommaient les pierres, les conglomérats, les fossiles. Les maîtres d’autrefois étaient un peu druides ; ils savaient la forêt et nommaient les feuilles de tous les arbres. Les maîtres d’autrefois savaient l’histoire : on suivait les guides à Roncevaux, devant le four de Bernard Palissy, sous le chêne de Saint Louis, au Pont d’Arcole… Les maîtres d’autrefois savaient la géographie administrative et, pour ne pas l’oublier eux-mêmes, ils nous faisaient réciter les départements et leurs villes préfectures. Les maîtres d’autrefois avaient des mémoires insondables, ils avaient la majesté mystérieuse des érudits : ils savaient tout sur tout puisqu’ils enseignaient à pleine bouche libre, sans plonger leurs regards dans leurs missels laïques. Bien sûr, les murs des salles de classe étaient tapissés de cartes géographiques et scientifiques, mais ce viatique était destiné aux élèves inaccomplis ou rêveurs…

Bon nombre des maîtres d’école, et c’étaient les meilleurs du point de vue des culottes courtes, étaient experts en livres et leçons de choses. Contre les murs de fond des classes de ces valeureux du savoir étaient adossés deux armoires majestueuses avec des portes vitrées.

L’une s’appelait : « bibliothèque de classe » ; elle contenait quelques dizaines d’ouvrages recouverts de papier kraft de couleur et calligraphiquement étiquetés : des romans d’aventure ou historiques. L’armoire était ouverte une fois par semaine ; un écolier scribe notait les retours et enregistrait les prêts. Le maître pilotait l’opération : il tendait des ouvrages à des indécis, conseillait les lecteurs compulsifs ou fayots et c’était légitime car il avait tout lu, forcément tout lu.

Le « chosier »

L’autre armoire s’appelait le chosier. C’était une caverne mystérieuse, confuse et pagailleuse, l’antre éclectique d’un savant foutraque et touche à tout. Le chosier servait à piquer d’extravagance les curiosités juvéniles en friche et surtout illustrer les heures dévolues aux leçons de choses. Bon nombre des maîtres - et c’étaient les meilleurs du point de vue des moucherons d’école - étaient d’éclairés experts en leçons de choses.

Le chosier était dans un désordre pire que ceux qui désespéraient nos mamans : c’était un effarant capharnaüm, un pas possible badaboum et comme tel, il nous attirait furieusement, mais on ne le pouvait fouiller qu’avec les yeux.

Le maître à béret, avec la componction d’un servant d’office religieux, ne farfouillait pas dans l’extravagant pêle-mêle : à doigts agiles et sûrs, il en extrayait et exposait à la lumière tel ou tel élément du trésor qui allait aider à la comprendre une parcelle de vérité de la nature de la science ou de la technique.

Sur les étagères, dans les boites, que d’intrigantes choses dans le chosier : des pierreries minérales, des silex polis ou éclatés, des fossiles, des ossements, des animaux naturalisés, des planches piquetées d’insectes, des herbiers, des outils, des ustensiles insolites, des instruments de mesure et pesée, chaînes d’arpenteur, balance romaine… Mille et un trucs, machins et choses donc.

Le mystérieux chosier ne laissait personne indifférent : il était irradiant. Rien que de le savoir en sentinelle dans notre dos, on se sentait meilleur et confiant en l’avenir.
Lorsque les maîtres annonçaient une « leçon de choses » sur le tableau noir, on savait qu’ils allaient solliciter le chosier et qu’on allait vivre une lumineuse et jubilatoire parenthèse entre deux épreuves de dictée ou de calcul mental.

L’empreinte laissée dans mon subconscient par le chosier est si forte qu’elle a induit ma manie de recueillir des choses insignifiantes pour tout un chacun, mais si parlantes pour moi.

Inexorablement les vieilles armoires de mes dépendances se transforment en authentiques chosiers.

Bien sûr, et bien des films en noir et blanc qui représentent des scènes de classe en attestent, nos maîtres n’étaient jamais aussi grands et altiers que dans l’exercice de leur mission orthographique, mais ce moment d’école n’était pas le plus attendu, parce que c’était le plus exigeant pour les neurones encéphaliques du petit peuple en galoches.

Il fallait peu de temps aux maîtres d’autrefois pour connaître par le menu tous les élèves de leurs cohortes, pourtant souvent pléthoriques.
Ils gardaient aussi, dans leur mémoire indélébile, le souvenir de leurs anciens élèves qu’ils pouvaient replacer dans leur millésime, au pupitre alors occupé et quasiment à la place qu’ils occupaient dans l’ordre alphabétique.

En ce temps-là, beaucoup d’enfants de Créteil étaient Victor-Hugoliens de père en fils et cela pouvait perturber de temps à autre tel ou tel maître imparfait qui dissimulait sous son béret un essaim de frelons irascibles et rancuniers : en découvrant, dans sa compagnie de perdreaux de l’année, le rejeton d’un ancien trublion, tel ou tel fissurait d’infamie sa carapace de commandeur en se laissant aller à lui reprocher les frasques et turpitudes passées de son géniteur.

Les noms de ces rares indignes, réfractaires à la prescription pédagogique ne figurent pas sur le majestueux fronton en briques rouges de l’école Victor Hugo : l’emplacement était déjà occupé : « Liberté-Égalité-Fraternité ».


[1Voir dans la Gazette mes articles “ le dernier des maîtres à béret “ et “ À deux pas de l’école le maréchal ferrand ferrait ...“

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36 Messages

  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 08:25, par ispa

    Merci beaucoup pour cet article magnifique 👏👏👏👏

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 08:31, par Alain Forestas

    Magnifique description que les natifs des années 40 ( 43 pour ma part) avons tous connu, et regrettons. Le respect des maîtres était sacré, mais ils nous le rendait bien, tant leur enseignement est encore présent en nous.

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 09:33, par Brigitte Michel

    Bonjour,
    Article magnifique. L’école n’avait pas tant changé quelques années plus tard. J’ai vécu la même au début des années 60. On avait le respect, celui de l’autorité et du savoir, à cette époque... C’était le bon temps...
    Cordialement

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 11:03, par colette Boulard

    Bien des proximités dans nos souvenirs aux uns et aux autres, en effet, malgré les années de différence, et déjà les grands panneaux aux murs, qui ont dû servir longtemps. Les livres de cours aussi, je crois reconnaitre le livre de « leçon de choses » à la grappe de raisin. Bien sûr la bibliothèque de livres, à peu près les mêmes thèmes dans mon école de filles, mais pas de « chosier » que je n’ai jamais connu ni vu, et qui fait rêver. Un placard toutefois, fermant à clef,qui n’était ouvert que par la maîtresse et contenait entre autres la fameuse bouteille d’encre violette.
    Nos classes étaient comme vous celles de madame Truc ou mademoiselle Machin et si nous respections effectivement bien plus qu’aujourd’hui les enseignantes, et les adultes en général, il y avait là-dedans parfois de la crainte, peu formatrice mais source de dissimulations diverses, à l’opposé d’une éducation épanouissante. Quoique minoritaires, j’ai le souvenir d’une ou deux enseignantes qui aujourd’hui seraient sanctionnées pour leur « pédagogie » plus que discutable.

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 12:01, par VAUJOUR

    Magnifique témoignage, effectivement criant de vérité et très touchant ; il réveille de vieux souvenirs !

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 12:09, par Pierrick Chuto

    C’est toujours un plaisir de lire vos articles si vivants et bien écrits. Bravo

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 20:32, par Orson

    Bravo Michel pour cette brillante rubrique, si bien narrée et qui n’est pas sans évoquer quelques souvenirs personnels, quand bien même une génération nous sépare.
    On profite en même temps de votre humour et c’est très plaisant.
    Je ne doute pas que vous ayez encore beaucoup de choses à nous raconter et même que vous n’aurez pas la possibilité de les raconter toutes, puisqu’une histoire (racontée et commentée) en amène une autre...!

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    • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 14 novembre 2020 02:21, par Michel. baumgarth

      De Michel Baumgarth à Orson :

      Je vous remercie car un bref instant vos propos m’ont donné l’illusion d’avoir réalisé un vieux fantasme : celui d’avoir le talent d’écriture de mon frère aîné Christian.
      Mais les faits sont têtus : les compliments que vous m’adressez ne concernent pas le laborieux plumitif que je suis puisque je ne suis pas l’auteur de cet article qui mérite vos éloges.

      Rassurez-vous, je continuerai derroposer à Thierry Sabot les productions de Christian « Gazettifiables » ( ainsi que les miennes).

      Très cordialement,
      Michel BAUMGARTH

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 13 novembre 2020 20:36, par volckcrick michel

    Touchant, mais un peu trop idéalisé...
    Déjà, le fait de parler de la 11e et pas de CP montre que l’on se trouve dans les petites classes de lycée et pas dans les écoles primaires du peuple. Pour ma part, je n’ai pas le souvenir d’enseignants qui savaient tout sur tout et qui étaient respectés au travers des valeurs qu’ils véhiculaient. Les bons élèves gardent évidemment un souvenir ému de leur enfance scolaire, les autres ont oublié les brimades, les vexations, les gifles, pour ne retenir que quelques bribes d’événements annexes.
    N’oublions pas enfin que certains élèves pouvaient tripler leur CP, que seuls 20% accédaient au cours complémentaire ou au collège et que la moitié des élèves sortaient du système éducatif sans aucun diplôme, mais il est vrai que tous avaient du travail à leur sortie.
    Désolé d’ôter un peu de plaisir aux nostalgiques de l’école d’antan. Quoiqu’on en pense et malgré ses difficultés, l’école d’aujourd’hui est plus efficace et moins inégalitaire que celle que nous avons vécue.

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    • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 14 novembre 2020 09:28, par colette Boulard

      Moins inégalitaire, cela se discute. L’école, ou plutôt l’enseignement, est maintenant obligatoire jusqu’à seize ans. Évidemment bien d’autres éléments sont à prendre en compte. Mais ce n’est pas forcément le sujet ici.
      j’ai aussi, comme je pense beaucoup d’enfants de mon époque, les années 60, connu 11 ème, 10 ème, etc. et non C.P.,qui était moins utilisé.
      Bien sûr, nos mémoires et nos affects ont fait leur travail de choix et selon nos expériences notre récit est ceci ou cela. N’avez-vous pas parfois évoqué tel ou tel enseignant auprès d’un copain de jeunesse, et constaté, étonné, que vous n’aviez pas les mêmes souvenirs, ou plutôt les mêmes ressentis ? Je pense à ma prof d’histoire-géo, dont la passion pour son sujet passait dans son regard, dans sa voix, et qu’une copine m’a dit ne pas avoir appréciée car cette même enseignante n’était pas assez soignée sur elle,un peu négligée, ce qui était sûrement vrai aussi.

      Pour aller dans votre sens, je suggérerais de relire ou découvrir le dur roman d’apprentissage d’Etiemble « l’enfant de chœur », qui m’a fait prendre conscience de ce que purent vivre, parfois, certains de nos prédécesseurs. La vie familiale et sociale n’a jamais été bisounours. Nous n’en avons pas moins le droit, quand nous le pouvons, de garder le meilleur de nos jeunesses.

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      • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 14 novembre 2020 15:27, par Orson

        Merci Colette pour cette belle leçon de vie.

        Des époques faciles, ou des vies faciles, ça n’a jamais existé, pas même aujourd’hui, ou alors c’est « de facto » un enfer (bien nombreux exemples dans l’actualité). Le concept « mode » et néanmoins bien utile, c’est la capacité de résilience, qu’on peut perfectionner, puisque ce n’est pas un don, seulement un talent à développer. Cela n’amène pas au bonheur, tout au plus sur sa voie et ça fait déjà toute la différence.

        Cordialement.

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    • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 30 décembre 2020 10:33, par PATRICIA CALIPPE

      Bonjour

      Efficacité !!!!! Pas vraiment, vu les fautes sur les lettres de motivation à l’emploi !!!!! Quand d’autres ne savent pas faire une division ...Egalitaire soit, mais pour le reste, certaines vieilles méthodes seraient plus efficaces et plus simples .....
      Cordialement

      Répondre à ce message

      • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 31 décembre 2020 08:50, par volckcrick michel

        Evidemment que l’on trouvera toujours des erreurs d’orthographe (je n’aime pas parler de « faute » qui renvoie à une forme de culpabilité alors qu’on parle d’erreur en calcul) dans les écrits, comme on trouvera des personnes qui ne savent plus faire de division dans la mesure où la calculatrice le fait à notre place.
        Il n’empêche que les études sur l’illettrisme montrent que ce phénomène touche davantage les plus âgés. L’agence nationale de lutte contre l’illettrisme montre en effet que 7% des personnes de 18 à 75 ans sont en situation d’illettrisme et que parmi eux, on en compte plus de la moitié qui ont plus de 45 ans.
        Je vous invite à télécharger la plaquette de l’ANLCI édition de 2018 qui démonte un certain nombre d’idées reçues. Certes la situation reste préoccupante puisque l’illettrisme concerne encore 2 500 000 personnes en France, certes il est toujours plaisant de penser que c’était mieux avant, mais reconnaissons qu’il ne nous viendrait pas à l’idée de tenir le même raisonnement sur l’évolution du système médical.
        Cordialement.

        Répondre à ce message

        • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 31 décembre 2020 09:29, par colette Boulard

          Pas mal, cette différence perçue par vous entrer « faute » et « erreur ». Pourquoi ne pas dire « erreur » pour ce qui en est bien une, en Français ? Je garde cette remarque en mémoire, moi la non-matheuse à qui un prof de math aurait volontiers reproché les fautes très lourdes et répétitives, si elle y avait pensé ! Mais, un peu binaire, cette subtilité de langage lui aurait été étrangère.
          C’est intéressant, en effet, de recadrer la situation quant à l’illettrisme, hier et aujourd’hui. c’est important. Merci.
          Bon dernier jour de l’année à tous, soyez prudents,

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        • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 31 décembre 2020 09:36, par colette Boulard

          Quant à l’évolution du système médical, C.Q.F.D.
          et tant d’autres choses à l’avenant...

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        • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 31 décembre 2020 09:44, par PATRICIA CALIPPE

          Bonjour,
          Ne plus parler de « culpabilité » : personne n’est plus jamais responsable de rien, c’est la mode ......Quant aux fautes, concernent notre jeunesse, c’est bien un échec de l’enseignement « moderne » dans nos écoles depuis 30 ans ; il y a donc un manquement ou des méthodes inefficaces, surtout quand on les complique à vouloir les changer en permanence .....J’ai encore le souvenir d’une leçon sur ce qui était auparavant « le complément d’objet direct » mais d’un compliqué pour un jeune enfant, il y a environ vingt cinq ans ...
          Apprendre en chantant les tables de multiplication, l’alphabet, les « mais ou est donc or ni car » était simple et joyeux.... Les anciens avaient au moins des excuses devant leur illettrisme, car beaucoup devaient aider leurs parents, alors qu’ils auraient du travailler un peu plus leurs leçons et devoirs.
          Je ne suis pas la seule à penser ainsi ...
          Cordialement

          Répondre à ce message

          • Bien d’accord avec vous Patricia !
            Dire qu’une chose vaut son contraire, soit que tout est équivalent, ce n’est la solution à rien, ça nous emmène dans le mur ! A l’heure où les enseignants se contentent d’enseigner sans éduquer, sans exigence et sans ambition, les parents qui le peuvent ou qui le savent, doivent compenser, et pour les autres, ce ne sera pas facile, malheureusement...!

            Répondre à ce message

            • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 5 janvier 10:27, par PATRICIA CALIPPE

              Bonjour,
              Comme je vous rejoins dans votre commentaire ! Triste période où le « nouvel arrivé » croit en sa méthode et pourtant le résultat est là : dans les derniers en français et en math et ne parlons pas des langues, du respect et de la politesse....
              Bien triste constat tout ça.
              Meilleurs voeux à tous

              Répondre à ce message

        • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 5 janvier 16:35, par colette Boulard

          Je suis allée un peu voir du côté du site dont vous suggériez la consultation. j’ai eu un peu de mal à trouver les chiffres de 2018, jusqu’à ce que je remonte vers les « onglets » de la « fenêtre » - quel vocabulaire ! - et leur contenu. Plus encore que les chiffres -quoique- j’apprécie les informations reçues sur les réalités, les causes et les effets de l’illettrisme. Cela bouscule un peu les idées toutes faites et c’est très bien.

          http://www.anlci.gouv.fr/Illettrisme/Pour-en-finir-avec-les-idees-recues2/Pour-en-finir-avec-les-idees-recues

          il est plutôt réconfortant de voir que l’illettrisme a un peu baissé en France.

          Très différemment, j’ai plus haut suggéré la lecture d’un roman d’Etiemble. Il date de l’entre deux-guerres et n’est pas, selon l’expression, politiquement correct. Mais il remet aussi certaines idées en place, des réalités qui furent douloureuses et cachées. Même si c’est un roman, ce n’est pas à proprement parler une fiction.

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 14 novembre 2020 13:09, par catherine marquet

    Bonjour,

    Quel style vivant et humoristique ! Vous faites revivre ces « hussards noirs de la REPUBLIQUE » selon l’expression consacrée.
    Bien sûr, tout n’était pas idéal à cette époque, mais maintenant non plus.
    J’ai connu fin des années 60 des institutrices , dans le secteur public, qui donnaient des châtiments corporels, heureusement interdits depuis.

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    • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 15 novembre 2020 17:21, par rousson yves

      Bonjour
      je découvre avec un plaisir personnel que nous avons les mêmes souvenirs de nos années scolaires .Je constate aujourd’hui étant adulte que j’ai quelques images défavorables des professeurs que je garde en mémoire:une Maitresse faisait cirer ses chaussures a des élèves ,un autre Maître d’école avait ses « chouchou ».
      J ‘était un élève assez turbulent ,dissipé,très sensible à la relation avec les enseignants.J’ai bien aimé le bol de lait distribué pendant une période .

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 29 décembre 2020 11:41, par didier lecouturier

    Superbe article et sans faute d’orthographe cela va de soi et nous change évidemment de ce que l’on peut lire parfois sur internet.

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 30 décembre 2020 06:48, par Flottes

    Quel beau texte et quel bel hommage au plus beau métier du monde
    instituteur d autrefois , d aujourd’hui, qui nous ont tout appris , et montrés
    la bonne direction, à l époque où il y avait encore des valeurs , une partie de notre avenir était entre leurs mains , les mots , la morale , le savoir et surtout le respect étaient présents et ces valeurs sont ancrées à tout jamais dans nos esprits .
    merci à eux et à vous pour ce bel hommage
    Françoise

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 30 décembre 2020 10:22, par Pautrat

    Personnellement, j’ai connu l’école primaire de 1949 (à Fourchambault 58) à juin 1954( de 1950 à 1954) à Aulnay-sous-bois (78 à l’époque) avant que d’aller au Lycée Charlemagne à Paris.
    Il n’y avait alors pas de 11 ème, 10 ème, et cetera, mais que CP, CE1 et CE2, CM1 et CM2.Nous étions deux élèves par pupitre avec les encriers intégrés dedans.La blouse était obligatoire (!!) : pas de marques publicitaires , pas de signes distnctifs...
    Les maîtres avaient quelquefois leurs têtes de turc dont je ne faisais pas partie : j’en ai eu des échos par d’anciens camarades.J’ai eu aussi droit à une petite brimade physique (torsion d’une patte de cheveux et ça faiasait mal)à la suite d’une « erreur judiciaire » !Le maître pensait que l’on avait copié notre exercice l’un sur l’autre !Ce n’était pas mon cas, mais à l’époque on ne dénonçait pas, par fierté et par camaraderie.
    Je ne vais pas épiloguer, car j’ai tellement de souvenirs, mais ce qui m’avait frappé, c’était quand les anciens, élèves respectueux, revenaient rendre hommage à leur ancien maître.Je suis certain que ce dernier en était profondément ému par cette reconnaissance bien méritée....

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  • La préparation au certificat d’études 30 décembre 2020 14:09, par DESCHÊNES Eliane

    J’ai retrouvé, dans votre narration, l’ambiance si particulière des classes primaires que j’ai connues en Alsace, jusqu’en 1965. Sous la férule aussi bien que sous le regard bienveillant de M. ROHMER, maître d’école et directeur, une vingtaine d’élèves se préparaient alors au certificat d’études primaires. La réussite à cet examen donnait lieu à la remise d’un épais ouvrage (dictionnaire ou encyclopédie) au cours d’une cérémonie solennelle. Aujourd’hui encore je souris à l’évocation du QUID qui m’avait été décerné en même temps que le rouleau du diplôme joliment orné : la couverture de l’ouvrage était montée à l’envers, se soulevant sur la dernière page de texte, tête en bas et il manquait plusieurs chapitres. Je n’ai jamais osé le dire au Maître, de crainte qu’il me retirât mon trophée ou qu’il fût chagriné par ma déconvenue.

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 31 décembre 2020 15:24, par volckcrick michel

    le propos sur l’école provoque toujours des réactions relatives au ressenti et aux souvenirs personnels.
    Je me permettrai simplement de compléter mon propos par quelques remarques : l’école d’antan dont nous parlons n’est pas celle du début du XXe siècle mais de celle des années 50-60 que les anciens dont je suis ont connue. Il y a eu, depuis, divers changements dans les programmes qu’on retrouve peu dans les manuels scolaires ni dans les pratiques des enseignants. En revanche, ce qui a changé, c’est qu’à l’époque la semaine comptait 30 heures de cours auxquelles on pouvait ajouter 5 heures d’étude quasiment obligatoires. On est aujourd’hui à 24 heures réparties sur 4 jours. Aujourd’hui, on demande tout et son contraire à l’école : il faut apprendre à lire, à écrire et à compter, mais il faut sensibiliser les élèves à l’environnement, au réchauffement climatique, aux valeurs de la République, etc.
    Beaucoup de travail et beaucoup d’incertitudes pour des enseignants dévoués et courageux dont la formation n’est malheureusement pas à hauteur des enjeux actuels.
    Une toute dernière remarque à propos de l’orthographe qui fait toujours réagir : comment expliquer de tels résultats quand on sait que le Bled est le manuel d’orthographe le plus vendu et le plus utilisé dans les classes depuis plus de 60 ans ?
    Cordialement et bonne année.

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    • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 5 janvier 10:42, par PATRICIA CALIPPE

      Bonjour Michel et tous ..
      Dans un premier temps : lire, écrire, compter, la politesse, apprendre à respecter les biens et les gens sont bien suffisants, les sensibiliser à leurs actions de tous les jours en respectant la nature n’a pas besoin d’énormes explications. Aujourd’hui il faut expliquer mais trop, ne plus ordonner, ne plus sévir (une punition comme écrire une phrase, des mots n’a jamais fait de mal .....) Cette méthode fait des enfants roi dont les parents, la société en paient les conséquences ....Les enfants deviennent incontrôlables et ne supportent aucun commandement ....
      Bonne journée à tous

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 2 janvier 10:12, par FROLICH

    Merveilleux souvenirs d’une époque révolue. Des maîtres qui nous ont appris la vie et le monde . Avec nostalgie, nous nous apercevons que ce monde n’est plus le nôtre, hélas.

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 2 janvier 11:06, par Blanchard

    Bien sûr , né en 1947, je retrouve bien des souvenirs (il manque le poêle dans la classe !) dans cette description car ceci n’a sans doute vraiment changé avec l’ensemble de la société ,qu’ à partir de la grande « modernisation » du début des années soixante. Il est facile d’idéaliser : c’était de toute façon mieux avant quand on avait une vie entière devant soi. Profession moins féminisée « donc » relativement mieux payée et bénéficiant d’une considération et d’un prestige sans rapport avec aujourd’hui, le métier d’instit’ symbolisait plus ou moins consciemment « la république » , et surtout la fonction et le service publiques (aujourd’hui, seuls les policiers s’appellent et sont médiatiquement appelés « fonctionnaires », les autres fonctionnaires représentent d’abord un coût). C’était l’époque du par coeur discutable sans doute et excessif ; mais aujourd’hui, ignorant des fameuses « tables », un jeune a parfois du mal a simplifier une fraction et ceci jusqu’au brevet ! l’orthographe et la grammaire certes sanctifiées formaient des générations écrivant dans l’ensemble convenablement (je l’ai constaté chez mes grands-parents qui n’étaient pas « intellectuels ») ; l’histoire, peuplées d’images d’ Epinal simplistes donnait au moins une idée de la chronologie. On n’en finirait pas de peser le mieux et le moins bon : c’était de toute façon une autre époque

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école ,que de souvenirs.. 2 janvier 14:02, par Maitrejean Michel

    Epoque que j’ai bien connu .L’école Jean Jaurès de Bron 69 que j’ai quitté en 1960. 60ans ont passé et je me souviens de toutes ces années finalement heureuses. Le graal à la fin ,le CEP que beaucoup d’enfants du brevet actuel en 3 ème n’auraient pas .Merci Messieurs Ollier ,Mathieu, Viard (et Mme)et le dernier Blache. J’ai 7 petits enfants et pas un n’est capable de me citer le nom de leurs enseignants de primaire.. Merci pour cet article

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 2 janvier 14:49, par LUBIN Alain

    Excellent ! ça me rappelle plein de bons souvenirs, des odeurs, nos blouses grises, les pupitres qu’il fallait gratter et cirer en fin d’année, les encriers et les taches qui allaient avec, la rigueur du maitre à qui rien n’échappait et la punition qui était toujours justifiée.
    Le maitre qui nous emmenait au « certif » avec l’obligation de résultat pour les parents, pour lui-même, et les enfants bien sur, ce sésame qui ouvrait les portes de l’apprentissage.
    A ce jour, il y aurait beaucoup de choses à dire et à revoir ! Je me tais, mon petit fils pourrait me traiter de ringard .

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 3 janvier 16:06, par Malezieux

    Bonjour et bonne année à vous tous !!!
    je suis d’accord avec le récit sur l’école d’avant car je garde de très bons souvenirs qui concernent des institutrices qui nous apprenaient leur savoir avec patience et gentillesse et d’autres qui passaient leurs nerfs sur les enfants qui n’avaient pas la chance d’être bien nés !!!
    Et les coups de règles sur les doigts et les cheveux tirés méchamment !!!
    Il y’a du bon et du mauvais dans chaque époque et c’est vrai que c’était toujours mieux avant !!!

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  • C’était la même chose quelques années plus tard ! Je suis quand même étonnée d’apprendre qu’il n’y a pas plus d’illétrisme maintenant qu’en ce temps là. Je crois que les enseignants n’y sont pour rien. c’est la société d’aujourd’hui...

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  • Ah le bon temps que ce temps d’école là… 8 janvier 20:02, par Bernadette LANDES

    Magnifique rétrospective de l’école et de l’enseignement d’autrefois !
    En tant qu’ancienne élève et ancienne enseignante, aujourd’hui à la retraite depuis 18 ans, je salue mes prédécesseurs et rends hommage à tous ces pédagogues qui se sont succédé à travers les âges en apportant savoir, connaissance, savoir-faire, savoir-vivre et parfois indulgence à tous leurs élèves émerveillés et reconnaissants de leurs pédagogues tellement engagés pour la bonne cause : celle de former des futurs citoyens honnêtes, des futurs parents fidèles et des futurs travailleurs qualifiés.

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