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Une forme nouvelle de repas bourgeois dans les années 1890 à Paris (8e extrait)


jeudi 23 mai 2013, par Alain Morinais

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Ce récit est un extrait du roman de Céline « Au prix du silence ». L’histoire de la vie d’une femme dont le silence laissera croire un siècle durant qu’elle était sans histoires. Cette fiction-documentaire d’Alain MORINAIS, dans l’esprit des « Laboureurs d’espoirs », met en scène des personnages nous faisant revivre le siècle de Céline, héroïne malgré elle d’une histoire pour l’Histoire de la condition féminine.

Le grand salon illuminé de l’hôtel des Fashionworld flamboie ce soir dans la multitude des candélabres en appliques jaillissant des murs en marbre de Sienne, des chandeliers ardents sur de longues tables nappées d’un damassé blanc velouté couvert d’argenterie et de porcelaines ornées de fines peintures de scènes de la vie familiale, travail d’artiste plus précieux dit-on que l’or et l’argent ; des girandoles embrasées sont posées sur d’amples dressoirs d’acajou chargés de hors-d’œuvre, de vins de Madère et de Bordeaux, et de seaux perlant glacés de Champagne ; des lustres de cristal scintillants ruissellent en cascades lumineuses tombant de la hauteur du plafond, et les flambeaux brûlent de mille feux quand viennent les nuits comme cette nuit de grande pompe.

Des bougies par centaines, des bougies partout, seulement des bougies, et de l’huile aux émanations nauséeuses nulle part, car, s’il faut en croire un docteur anglais de Brighton ami de Monsieur, la viciation de l’atmosphère d’une salle à manger mal ventilée serait la cause premières des maux digestifs des grands dîners ; mais, chez les Fashionworld, la salle des réceptions est spacieuse, claire, baignée de lumière, aérée et rafraîchie à l’eau pure et pétillante de petites fontaines d’azulejos cloisonnés d’or placées à chacune des entrées, pas celle réservée au service évidemment, non, celles du petit salon et de la bibliothèque, théâtres des apartés et d’entretiens plus privés, du fumoir aussi, accès masqué derrière une portière de velours beige, et de chaque côté de la double porte palière où Monsieur accueille debout sur le seuil ces messieurs les membres du club des amis de Monsieur, invités seuls ce soir, habits en nombre et en mouvements, se saluant, s’interpelant, causant en petits groupes uniformes, pantalons noirs s’égayant des chatoiements des éclairages, noir profond des jaquettes rehaussé sur les fonds de marbre clair et des nappes immaculées, chemises à cols cravatés d’un blanc éclatant sous les noirs et gris poivrés nuancés des barbes et des favoris taillés et peignés avec le soin que se doit d’accorder à ces attributs tout homme remarquable et déjà remarqué, quand les larges croisées vitrées refermées sur le noir infini de la nuit réfléchissent ce faste lumineux en images animées démultipliées dans les encadrements de fenêtres…

… Céline aime ces réceptions. Le service y est facile, il lui suffit de passer, sans un mot, d’un groupe à l’autre, présenter les plateaux d’entrées de chauds-froids délicats, de pâtés admirables, de volailles onctueuses, de poissons raffinés court-bouillonnés à la manière anglaise, de viandes rôties en tranches effilées et de fines côtelettes grillées, de cassolettes de salmis sans abus des sauces variées à l’excès ni de cette chimie des épices qui a longtemps rendu la cuisine française si redoutable à la santé, des pyramides de fruits frais, des châteaux de petits-fours, de pâtisseries, de pièces glacées et de sorbets, tous les miracles de l’office et des fourneaux adaptés à cette forme nouvelle de repas debout ou regroupés un instant autour d’un guéridon tout en continuant les conversations, qui lui apprennent tant de choses en faisant mine de ne rien entendre, à tendre tranquillement le plateau, oubliée, chacun se servant sans cesser de parler.

« La promenade du pont d’Arcueil au moulin de Cachan » est un extrait du roman de Céline « Au prix du silence ». Cent ans d’Histoire à travers l’histoire d’une femme dont le silence laissera croire un siècle durant qu’elle était sans histoires. Cette fiction-documentaire d’Alain MORINAIS, dans l’esprit des « Laboureurs d’espoirs », met en scène des personnages nous faisant revivre le siècle de Céline, de 1865 à 1967, héroïne malgré elle d’une histoire pour l’Histoire de la condition féminine.

J’ai le plaisir de mettre à votre disposition, ci-joint, un bon de commande imprimable du roman de Céline, « Au prix du silence », avec réservation d’ouvrage dédicacé, à un prix spécial qu’Alain Morinais vous réserve exceptionnellement avant la parution chez Édilivre APARIS éditions, prévue en avril prochain. « Au prix du silence » à 21€ (au lieu de 26€ prix public) :

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