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Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats « en réparation » à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?

Le jeudi 12 septembre 2013, par François Lecoq, Michel Guironnet

"Le 11 juillet Cher Frangin, Ton pitchoun qui t’envoie ses plus fraternels baisers.
Un vieux poilu. Léon Lecoq, en réparation à N.D des Gardes"
.

Nous sommes en 1915... Cinq autres soldats posent avec Léon : qui pourra les reconnaître ?

Cette carte-photo est adressée à son frère « Désiré Lecoq, 9 rue Joseph Dijon Paris 18e » [1].

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11 juillet 1915 à Notre Dame des Gardes

Léon est assis au premier rang, au milieu.
Sur le col de sa vareuse, le numéro de son régiment est bien visible : 226.
Léon est sergent au 226e Régiment d’Infanterie

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Léon Jules Lecoq

Signalement d’après sa fiche matricule  : « cheveux châtain clair, sourcil châtain clair, yeux marron, front ordinaire, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1 m 67 ; taille rectifiée 1m 61 ».

Bio-Express :

  • Léon Joseph naît à Paris XVIIIe le14 juillet 1885 [2].
  • Le 14 mai 1910, épouse Aurélie Marie Bossuat, née à Carisey (Yonne) le 15 mars 1892, domestique 15 rue de Navarin [3].
  • A 25 ans, il est employé de commerce et demeure 19 passage Ornano à Paris XVIIIe.
  • En septembre 1910, Léon demeure au 74 rue Duhesme à Paris XVIIIe [4].
  • Le 10 avril 1911 naît son premier fils, Albert Léon.
  • Le 21 juin 1913 naissance de son deuxième garçon, Raymond.
  • Léon est alors employé chez Sauvage,marchand de couleurs au 41 rue des Martyrs.

Parcours militaire :

  • 6 octobre 1906 : incorporé au 26e Régiment d’infanterie à Nancy.
  • 25 septembre 1908 : envoyé dans la disponibilité.
  • 26 août au 19 septembre 1911 : période d’exercices au 26e RI.
  • 1er août 1914 : mobilisé.
  • 3 août 1914 : rejoint le 26e RI.
  • 18 octobre 1914 : nommé sergent au 226e Régiment d’infanterie.
  • 6 mai 1915 : lettre à remettre à Aurélie s’il meurt à la guerre.
  • 11 juillet 1915 : “en réparation” à Notre Dame des Gardes.

Mort pour la France le 22 octobre 1915, à Neuville Saint Vaast (Pas de Calais), tué à l’ennemi à l’âge de 30 ans.

« Les restes mortels du sergent Léon Jules Lecoq reposent au cimetière militaire britannique de Écoivres, mont Saint Éloi, tombe N° 259 » [5].

16 décembre 1915 : citation à l’ordre de la brigade (n°22), par le colonel Grange, commandant de la 139e brigade : « Tué le 22 octobre 1915, en vérifiant dans la journée le terrain qu’il avait parcouru la nuit précédente, dans une patrouille qu’il avait faite comme volontaire. »

Cette citation comporte l’attribution de la croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze.

25 mai 1919 : inscrit sur le tableau spécial de la médaille militaire, à titre posthume.

Qui peut reconnaître ces soldats ?

Les cinq autres soldats sont (encore) anonymes. Leurs tenues sont très disparates, et l’un (en haut à gauche) semble même être « en civil ».

Pour la photo, Léon et « le soldat inconnu » du 226e ont posé leurs képis à leurs pieds. Ces coiffures portent chacun un « insigne »... Sont-ils réglementaires ou décoratifs ?

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Des insignes sur les képis

Si vous voulez tout savoir sur ces deux képis un peu particuliers.

Quelques détails sur la photo de N.D des Gardes donnent des pistes de recherches :

  • le soldat du 81e RI ?, debout au second rang, juste derrière Léon, est blessé à la main gauche.
  • au premier rang, à gauche, le soldat du 226e RI tient une canne : peut-être est-il en convalescence ?
  • celui à droite a le bras droit en écharpe.
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Blessure aux doigts de la main gauche

Léon Lecoq est-il venu rendre visite à son ami du 226e ?
Aurait-il, lui aussi, été blessé et évacué ?
Est-il « en réparation à N.D des Gardes » c’est-à-dire au repos dans cet hôpital de l’arrière ?

Mystère !

Où se trouve Notre Dame des Gardes ?

Le nom fait immédiatement penser à l’abbaye cistercienne Notre Dame des Gardes, dans le département de Maine et Loire, près de Chemillé, au sud d’Angers [6].

Effectivement, dans ses bâtiments conventuels, fonctionne à partir du 14 octobre 1914 l’HB n°33 bis, c’est-à-dire « l’Hôpital Bénévole N°33 Bis » avec 23 lits [7].

Dans les délibérations du Conseil général du Maine et Loire, Commission Départementale pour mai et juin1916, on note une subvention pour cet hôpital temporaire [8].

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Les Gardes Hôpital bénévole N° 33 bis

La preuve par l’image

Cette photo n’a peut être aucun rapport avec cette abbaye... pourtant, les éléments architecturaux, de facture romane, de cette carte-photo apportent la preuve par l’image : elle a bien été prise devant la porte de l’ancienne chapelle.

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Regardez les doubles colonnes à gauche et l’encadrement arrondi de la porte.
Celle-ci a été murée, ne laissant subsister qu’une simple porte de bois.
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Comparez maintenant avec ce détail d’une carte postale du début du XXe siècle. C’est le même endroit !
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Notre Dame des Gardes
La façade de l’ancienne chapelle.

En juin-juillet 1915, le 226e combat en Artois, vers Souchez et Carency. Léon a donc dû être blessé, ou victime « d’une affection contractée en service », pour être évacué si loin du front !

Qu’en pensent nos lecteurs ?

Merci par avance pour vos suggestions et conseils...


[1Désiré Lecoq a trente-un ans en 1910 au mariage de Léon. C’est donc son frère aîné. Il est typographe et habite au 21 rue Simart à Paris.

[2Ses parents sont Clément René Lecoq, peintre âgé de 32 ans, et Léonie Victorine Pillas, fleuriste âgée de 29 ans. Les deux mariés sont alors domiciliés 74 rue Duhesme

[3Elle est la fille mineure de Louis Amédée
Bossuat, décédé et de Marie Pescheux, sans profession, demeurant à Carisey.

[4selon son registre matricule

[5Située 5e ligne, 20e tombe, carré gauche face aux tombes.

[6La communauté de Notre Dame des Gardes appartient à l’Ordre de Citeaux. Les premières moniales sont arrivées après la tourmente révolutionnaire, en 1818. Elles se sont installées alors dans les ruines d’un couvent de chanoines Augustins qui, avant la Révolution, desservaient un pèlerinage marial.

[7Voir ce lien

[8Dénichée sur les « archives en ligne » du site des archives du Maine et Loire.

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