Cette carte-photo est adressée à son frère "Désiré Lecoq, 9 rue Joseph Dijon Paris 18e" [1].

- 11 juillet 1915 à Notre Dame des Gardes
Léon est assis au premier rang, au milieu.
Sur le col de sa vareuse, le numéro de son régiment est bien visible : 226.
Léon est sergent au 226e Régiment d’Infanterie

- Léon Jules Lecoq
Signalement d’après sa fiche matricule : " cheveux châtain clair, sourcil châtain clair, yeux marron, front ordinaire, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1 m 67 ; taille rectifiée 1m 61".
Bio-Express :
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Parcours militaire :
- 6 octobre 1906 : incorporé au 26e Régiment d’infanterie à Nancy.
- 25 septembre 1908 : envoyé dans la disponibilité.
- 26 août au 19 septembre 1911 : période d’exercices au 26e RI.
- 1er août 1914 : mobilisé.
- 3 août 1914 : rejoint le 26e RI.
- 18 octobre 1914 : nommé sergent au 226e Régiment d’infanterie.
- 6 mai 1915 : lettre à remettre à Aurélie s’il meurt à la guerre.
- 11 juillet 1915 : “en réparation” à Notre Dame des Gardes.
Mort pour la France le 22 octobre 1915, à Neuville Saint Vaast (Pas de Calais), tué à l’ennemi à l’âge de 30 ans.
« Les restes mortels du sergent Léon Jules Lecoq reposent au cimetière militaire britannique de Écoivres, mont Saint Éloi, tombe N° 259 » [5].

16 décembre 1915 : citation à l’ordre de la brigade (n°22), par le colonel Grange, commandant de la 139e brigade : « Tué le 22 octobre 1915, en vérifiant dans la journée le terrain qu’il avait parcouru la nuit précédente, dans une patrouille qu’il avait faite comme volontaire. »
Cette citation comporte l’attribution de la croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze.
25 mai 1919 : inscrit sur le tableau spécial de la médaille militaire, à titre posthume.
Qui peut reconnaître ces soldats ?
Les cinq autres soldats sont (encore) anonymes. Leurs tenues sont très disparates, et l’un (en haut à gauche) semble même être "en civil".
Pour la photo, Léon et "le soldat inconnu" du 226e ont posé leurs képis à leurs pieds. Ces coiffures portent chacun un "insigne"... Sont-ils réglementaires ou décoratifs ?

- Des insignes sur les képis
Si vous voulez tout savoir sur ces deux képis un peu particuliers.
Quelques détails sur la photo de N.D des Gardes donnent des pistes de recherches :
- le soldat du 81e RI ?, debout au second rang, juste derrière Léon, est blessé à la main gauche.
- au premier rang, à gauche, le soldat du 226e RI tient une canne : peut-être est-il en convalescence ?
- celui à droite a le bras droit en écharpe.

- Blessure aux doigts de la main gauche
Léon Lecoq est-il venu rendre visite à son ami du 226e ?
Aurait-il, lui aussi, été blessé et évacué ?
Est-il "en réparation à N.D des Gardes" c’est-à-dire au repos dans cet hôpital de l’arrière ?
Mystère !
Où se trouve Notre Dame des Gardes ?
Le nom fait immédiatement penser à l’abbaye cistercienne Notre Dame des Gardes, dans le département de Maine et Loire, près de Chemillé, au sud d’Angers [6].
Effectivement, dans ses bâtiments conventuels, fonctionne à partir du 14 octobre 1914 l’HB n°33 bis, c’est-à-dire "l’Hôpital Bénévole N°33 Bis" avec 23 lits [7].
Dans les délibérations du Conseil général du Maine et Loire, Commission Départementale pour mai et juin1916, on note une subvention pour cet hôpital temporaire [8].

- Les Gardes Hôpital bénévole N° 33 bis
La preuve par l’image
Cette photo n’a peut être aucun rapport avec cette abbaye... pourtant, les éléments architecturaux, de facture romane, de cette carte-photo apportent la preuve par l’image : elle a bien été prise devant la porte de l’ancienne chapelle.

- Regardez les doubles colonnes à gauche et l’encadrement arrondi de la porte.
Celle-ci a été murée, ne laissant subsister qu’une simple porte de bois.

- Comparez maintenant avec ce détail d’une carte postale du début du XXe siècle. C’est le même endroit !

- Notre Dame des Gardes
- La façade de l’ancienne chapelle.
En juin-juillet 1915, le 226e combat en Artois, vers Souchez et Carency. Léon a donc dû être blessé, ou victime "d’une affection contractée en service", pour être évacué si loin du front !
Qu’en pensent nos lecteurs ?
Merci par avance pour vos suggestions et conseils...
Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?
Messages
1. Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?, 14 septembre 2013, 10:22, par Evelyne Ollivier
Je ne peux malheureusement vous aider sauf ajouter un simple témoignage sur les lieux de traitement et convalescence qui peuvent être très loin des lieux de combat.
Un grand oncle, Émile Davy, mort le 12 décembre 1917 au ravin de la Couleuvre avait fait un séjour à l’hôpital de Châlons N°7 Bon-Pasteur à Bordeaux, pratiquement un an avant son décès sur le front. Sur la photo carte postale du 2 janvier 1917, le représentant en compagnie d’autres soldats à la tête bandée et d’infirmières en tenues blanches devant un sapin de noël, il souhaitait à sa sœur ses voeux pour la nouvelle année 1917 ! Il lui écrivait " chère sœur, reçois de ma part mes meilleurs vœux et souhaits et ce petit souvenir de l’hôpital de Châlons, ton frère qui t’embrasse de loin, ainsi que toute la famille. Émile, hôpital N°7 Bon Pasteur, Bordeaux, Gironde ".
Il est enterré à Douaumont.
1. Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?, 14 septembre 2013, 17:10, par Pierre Puffet
Je confirme le message précédent : mon grand-père gazé sur l’Yser en 1915 sera soigné à Marseille (dont photographie qui en témoigne) et démobilisé à Londres l’année suivante.
Bonne chance pour votre recherche.
2. Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?, 19 septembre 2013, 17:17, par lout
Bonjour,
Je pense que votre photo intéresserait le site dit "du Chtimiste", site hyper spécialisé dans le conflit 14-18, et qui a collecté un très grand nombre de photos de groupes de soldats, classés par régiments. Adresse du site : http://chtimiste.com/
Bien cordialement
Christine
3. Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?, 18 février 2015, 16:03
Bonjour,
ne sachant malheureusement pas reconnaître ces soldats, je peux vous apporter des éléments partiels :
L’appel au Chtimiste est effectivement une bonne idée car il possède des quantités de photos.
Ce serait bien d’essayer de rendre lisibles les numéros de régiments et les autres épinglettes.
Bonnes recherches.
4. Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?, 19 juin 2015, 09:38, par mata danielle
je recherche des renseignements sur un grand oncle maternel décédé à l’Hôpital d’ANGERS (49) le 29 octobre 1915 des suites de blessures de guerre, il était né à Trichey (Yonne) le 15 mai 1893.
merci
d. mata
1. Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?, 19 juin 2015, 12:26, par Michel Guironnet
Bonjour,
Si vous parlez de Charles Ferdinand Coquet, sergent au 3e Zouaves, il est mort le 26 octobre 1915, et non le 29. Effectivement son décès à lieu "à l’hôpital auxiliaire 6/11 d’Angers"
C’est le SAMHA Service des Archives Médicales Hospitalières des Armées qui pourra le mieux vous renseigner.
Les délais d’attente sont de deux mois environ mais ils répondent s’ils ont quelque chose sur ce soldat.
Voir http://www.defense.gouv.fr/sante/sante-publique/hopitaux-militaires/dossier-medical-hospitalier/hospitalisation-obtenir-un-dossier-medical
Cordialement.
Michel Guironnet
2. Une enquête autour d’une photo : qui pourra reconnaître ces soldats "en réparation" à Notre Dame des Gardes en juillet 1915 ?, 19 juin 2015, 19:56, par Michel Guironnet
Bonsoir,
En fait il faut lire "Hôpital Auxiliaire N° 11" à Angers.
C’est le Pensionnat Jeanne-d’Arc, rue Joubert ; hôpital de 120 lits géré par la SSBM : Société de secours aux blessés militaires.
Cordialement.
Michel Guironnet