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Lorsque le valet du curé doit procéder au tirage au sort pour la milice


jeudi 8 septembre 2016, par Jean Louis Filet, Thierry Sabot

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Avec cette mention insolite on voit que le curé du village pouvait s’opposer à la désignation de son valet pour le tirage au sort de la milice provinciale.

La milice provinciale ou royale fut créée en 1688, au début de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, afin d’augmenter les effectifs de l’armée. Chaque paroisse rurale devait fournir un homme tiré au sort parmi les miliciables, c’est-à-dire les célibataires âgés de 16 à 40 ans. Ce sont les intendants et leurs subdélégués (ici les syndics collecteurs de la taille) qui levaient cette milice.

A Coursac, le 27 janvier 1704 jour de dimanche à l’issue de la sainte messe, Héliès Filiol canonnier du village de Bailhou et Charles Chérifer, fils de Péchourlet du village des Grandes Mauxinies, syndics collecteurs de la paroisse de Coursac ont nommé François Chérifer valet domestique du Sieur Curé soussigné, pour tirer au sort pour être soldat dans les recrues d’infanterie du roi quoiqu’il y eut dans la dite paroisse un très grand nombre de garçons propres à servir Sa Majesté.

Le dit Sieur Curé en ayant été averti s’est présenté avec protestation de se pourvoir disant que l’intention du roi était que messieurs les Curés eussent un valet. La témérité des dits syndics Hélies Filiol et Charles Chérifer a été condamnée de Jean Laroche dit Pourrot du village de Broussas et de Jean Nadau dit la ruilhe du village de Grange aussi syndics collecteurs leurs consorts et de tous les paroissiens qui d’une commune voix ont demandé que le dit François Chérifer valet domestique du Sieur Curé fut effacé du nombre de ceux qui devaient tirer au sort.

Quand messieurs les Curés mes successeurs liront cet article, ils seront sans doute surpris de ce que les dits deux syndics Héliès Filiol et Charles Chérifer ont eu la cruauté de vouloir ôter au dit Sieur Curé le seul domestique qu’il eut à son service, lequel Sieur Curé le leur pardonne de tout son cœur ne sachant pas leur avoir donné aucune occasion de le maltraiter ainsi.

Messieurs les Curés mes successeurs se trouvent aussi maltraités que moi dans cette action et ils ne doivent jamais se fier aux dits Hélies Filiol et Charles Chérifer ni à leurs familles. Je les prie d’aimer et de protéger en toutes affaires les dits Jean Laroche et Jean Nadau et les leurs. Ils le méritent pour avoir pris les intérêts du dit Sieur Curé et de ses successeurs.

CHEREAU Curé de Coursac

- Source AD24 Coursac BMS 1675/1750 Page 369/598

- Voir l’acte en ligne sur le site des AD (page 369 en bas à droite)

Note : Le tirage au sort de la milice était une mesure extrêmement impopulaire dans les villages, d’autant que bien des arrangements ou des rancœurs pouvaient s’exprimer à cette occasion. On le voit d’ailleurs avec le texte ci-dessus où la désignation du valet du curé ressemble fort à une sorte de règlement de compte local. D’ailleurs, la décision semble injustifiée car, en principe, les domestiques, au même titre que les laboureurs, les fermiers et les marchands, sont exemptés du tirage au sort. Pour échapper au service armé, dont la durée était de deux ans, certains hommes se mariaient parfois à la va-vite ou se mutilaient la main droite.

- Cette mention insolite est extraite de l’ouvrage suivant : « Le Périgord au XVIIIe siècle », publié par L’Amicale Genea24

Lire aussi : Thierry Sabot, Nos ancêtres et les mentions insolites des registres paroissiaux, Editions Thisa, 2011.

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4 Messages

  • ...« canonnier du village de Bailhou » ??? hum !!

    ne serait-ce pas « cantonnier » .....

    Répondre à ce message

    • Bonjour ,

      Sur le texte original on lit bien « canonier » .D’ailleurs la création des cantonniers pour l’entretien des routes est plus tardive (1764).Bien cordialement
      Martine Hautot

      Répondre à ce message

      • Bonjour,
        Vous avez tout-à-fait raison...et j’ai appris quelque chose...
        Ce qui ne m’explique pas ce que faisait ce canonnier de village...!

        Ce nom, en 1628 n’avait pas du tout la même signification que dans les années fin 1700/1800 et surtout vers 1830...origine de nos « cantonniers » modernes de la DDE

        Vraiment très intéressant à ce sujet : voir sur une histoire d’émancipation (des cantonniers) de Denis GLASSON https://books.google.fr/books?id=My...

        Sinon , plus classiquement : Sur : http://cnrtl.fr/definition/cantonnier
        Prononc. et Orth. : [kɑ ̃tɔnje]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. 1. 1628 arg. (Jargon de l’arg. réformé, p. 11 : Cantonniers, prisonniers) ; 2. 1832 (Raymond : Cantonnier. Espèce de chef terrassier, chargé de combler les ornières des routes royales ; ils sont payés par l’administration des ponts et chaussées). Dér. de canton* : au sens 1, de canton « prison » (1628, ibid.), au sens 2, de canton « partie de route à entretenir » ; suff. -ier*. Fréq. abs. littér. : 116.

        on a aussi beaucoup de détails évidemment sur :
        http://gallica.bnf.fr/services/engi...
        Manuel et code d’entretien et de construction, d’administration et de police des routes et des chemins vicinaux : résumé des méthodes d’entretien et de construction les plus simples, les plus économiques, les plus avancées et de toutes les lois et ordonnances qui régissent la matière / par Stéphane Flachat Mony,... et G. Bonnet,... - 1835

        Répondre à ce message

      • Bonjour
        Je pense que le terme « canonier » est ici en rapport avec le terme « canon » dans le sens de « loyer, cens, redevance » (voir Godefroy, dictionnaire de l’ancien français).Héliès Filiol était peut être chargé de la collecte de ces impôts.

        Répondre à ce message

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