Accueil > Chroniques de nos ancêtres > Entraide généalogique ou historique > Le mystère de l’enfant exposé à l’hospice

Le mystère de l’enfant exposé à l’hospice

jeudi 8 février 2018, par Barthélémy Fenoglio

En établissant la généalogie de mon épouse, j’en arrive au mariage de Pierre Rebeyrol et Marie Tixier, le 12 Février 1840 à Jabreilles les Bordes en Haute Vienne. Sans aucune difficulté je trouve l’acte sur le site des AD 87, commune de Jabreilles les Bordes, registre 3 E 76/5 vue 46 ; ainsi rédigé :

« Le douze du mois de février mil huit cent quarante à neuf heures du matin par devant nous Joseph Lemarchand maire et officier de l’état civil de la commune de Jabreilles canton de Laurière département de Haute Vienne sont comparu Pierre Rebeyrol cultivateur domestique demeurant au village des Bordes commune de Jabreilles âgé d’environ vingt cinq ans, exposé à l’hospice de St Yriex le dix sept novembre mil huit cent seize suivant l’extrait du procès verbal dressé par le maire de St Yriex le dix sept novembre mil huit cent seize en date du vingt quatre janvier dernier dans lequel procès verbal est dit que le dit Rebeyrol avait vingt mois lors de son exposition, majeur fils de père et mère inconnus, et Marie Tixier demeurant Les Saules au chef lieu de la commune de . . . . . . . . âgée de vingt six ans née au village de Cros commune de St Goussaud département de la Creuse le quatorze septembre mil huit cent treize suivant l’extrait de naissance délivré par le maire de St Goussaud le six du courant, majeure fille de feu Léonard Tixier décédé au dit village de Cros le spt mars mil huit cent six et de feue Léonarde Roudet décédée au dit village de Cros le onze novembre mil huit cent vingt suivant qu’il est constaté par les extraits de décès délivrés le six du courant par le maire de la dite commune de St Goussaud, lesquelles parties nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été faites tant à la porte principale et extérieure de notre Maison Commune qu’à celle de la dite de commune de St Goussaud, la première le dix neuf janvier et la deuxième le vingt six du même mois, jours de dimanche. Aucune opposition au dit mariage ne nous ayant été signifié,, faisant droit à leur réquisition et après leur avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre 6 du code civil intitulé Du Mariage, avons demandé aux futurs s’ils veulent se prendre pour mari et pour femme, chacun d’eux ayant répondu séparement et affirmativement, nous déclarons au nom de la loi que Pierre Rebeyrol et Marie Tixier sont unis en mariage.
De tout quoi avons dressé acte en présence de Martial Ducheix tailleur âgé de trente cinq ans demeurant au village de Chéraux commune de Jabreilles, ami de l’époux, de Guillaume Gardeix métayer demeurant au village de Chéraux âgé de vingt six ans, ami de l’époux, de François Pirieux sabotier âgé de vingt quatre ans demeurant au chef lieu de la commune de La Jonchère ami de l’épouse, de Léonard Roudet menuisier âgé trente cinq ans demeurant au dit chef lieu de La Jonchère canton de Leprante, lesquels ont tous déclarés ne savoir signer le présent acte après que lecture leur a été faite. Lemarchand »

Je me dis qu’une fois trouvé l’acte de « déclaration », cette branche n’irait pas plus loin, et je ne connaîtrais pas les ascendants de Pierre, mais je pourrais peut-être savoir les circonstances de l’abandon.

Je m’en vais donc rechercher cet acte sur le site des AD de la Haute Vienne, dans l’état civil de la commune de St Yriex la Perche, sauf que…
Une étourderie de ma part ou une erreur de frappe me fait inscrire l’année 1813 au lieu de 1816, et naturellement je ne trouve rien. Je consulte Généanet pour voir si d’autres généalogistes proposent une autre date ; je ne trouve que deux arbres qui indiquent la même date que moi.

Je m’adresse donc à « l’Amitié Généalogique du Limousin » et les bénévoles de cette association m’éclairent très rapidement sur l’erreur de date et me donnent les références exactes. Et en effet je trouve bien l’acte en question sur le site des AD de Haute Vienne, commune de St-Yriex la Perche, naissances 1815/1817, 3 E 187/20, vue 135/211.

Et c’est là que le mystère s’épaissit, et la lecture de cet acte m’intrigue :

« le dix sept novembre mil huit cent seize par devant nous Charles Dugarreau adjoint au maire de St Yriex, chef lieu d’arrondissement communal, département de la Haute Vienne, faisant les fonctions d’officier de l’état civil, est comparu Marthe Belarbre âgée de cinquante deux ans, gouvernante de l’Hospice Civil de cette ville, laquelle nous a déclaré qu’étant en compagnie de Françoise Pétignaud infirmière, elle a trouvé en ce lieu à dix heures dans la boite du dit hospice un enfant ……………la présent ayant pour marque distinctive un certificat de Mr le Maire de Chalus qui porte que l’enfant a été baptisé et qu’on lui a donné le nom de Pierre Rebeirol. Il avait un bonnet d’indienne, une chemise et une mauvaise robe de coton. Après avoir visité l’enfant ayant reconnu qu’il était de sexe masculin et paraissait être âgé de vingt mois, déclare l’avoir inscrit sous le nom et prénom de Pierre Rebeirol et ordonné qu’il fut remis au dit Hospice.
De tout quoi ayant dressé procès verbal en présence de Martin Dufour et ………. Breuil sacristaine demeurant en cette ville qui n’ont signé ………. la dite Belarbre pour ne savoir, après lecture faite. Dugarreau »

Les indications contenues dans cet acte posent plusieurs questions, que je voudrai bien arriver à résoudre.

  • 1°) si l’enfant a été baptisé il existe quelque part dans une paroisse un acte de baptême qui pourrait nous renseigner sur la date exacte de la naissance, le lieu, les parrain et marraine, peut-être aussi un parent ou les deux. L’enfant est-il né à Chalus ?
  • 2°) Pourquoi le Maire de Chalus a-t-il pris le soin d’établir un certificat attestant du baptême ? S’il l’a fait c’est qu’il a eu accès à l’acte de baptême, ou qu’il connaissait bien la famille.
  • 3°) Qui a donné le nom de Pierre Rebeirol ?
  • 4°) Pourquoi l’enfant a-t-il été abandonné à St Yriex, sachant que les villes de Chalus et St Yriex sont distantes d’environ 30 km.
  • 5°) l’enfant parait âgé de 20 mois, ce n’est plus un nourrisson. Ou a-t-il vécu jusque-là, chez ses parents ? en nourrice ?
  • 6°) Il était vêtu pauvrement (un bonnet d’indienne une chemise et une mauvaise robe), c’est un peu léger pour la saison, à la mi-novembre.
  • 7°) Pourquoi avoir attendu près de vingt mois avant de l’abandonner ?

Pierre Rebeirol serait-il l’enfant honteux dans une famille bourgeoise de notables, ou d’un personnage important ? Ou alors le fils d’une famille très pauvre qui, à un certain moment, s’est retrouvé submergé par les difficultés et contrainte d’abandonner son enfant ?

Et si Pierre Rebeirol n’était pas « né de père et mère inconnus » ?

Qui pourras m’aider à résoudre ces mystères.
Merci à tous ceux qui pourront me donner quelques pistes de recherches. J’attends une réponse des AD pour contacter les Archives Diocésaines.

Messages

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.