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Le contrat de mariage d’un petit tailleur d’habits à Montfaucon en 1748


vendredi 1er juin 2001, par Thierry Sabot

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Le document :

Il s’agit d’un contrat de mariage d’un minutier de Montfaucon (43). Il est conservé aux A.D. de la Haute-Loire : 3 E 489 n°44 (1574-1769). Le document est daté du 6 juillet 1748.


Les personnes concernées :

  • Le nom du notaire royal et avocat à Montfaucon ne nous a pas été indiqué.
  • « Jean Coste, garçon tailleur d’habits du lieu de Beaujeu, paroisse du Chambon (Le Chambon-sur-Lignon), fils légitime à feu Denis Coste et de vivante Marguerite Mounier, habitant depuis quelques temps dans cette ville de Montfaucon ».
  • « Magdelaine Pichon, fille légitime d’Antoine Pichon et Antoinette Grangette, du bourg bas de cette dite ville de Montfaucon ».


    Extrait (s) intéressant (s) :

Antoine Pichon « délivre à sa fille, en déduction de ses droits de légitime, une couverture de pays, deux chaises bois et paille, une mayt à pétrir et deux assiettes d’étain ». Jean Coste amène lui une somme de 15 livres.


Commentaire :

Ces quelques lignes nous sont précieuses pour remarquer que toutes les familles, même modestes, avaient recours aux notaires. Il est vrai que la parole et surtout l’écriture de ces officiers ministériels avaient valeur de preuves irréfutables.

Le tailleur d’habit était un petit artisan de la campagne ou d’un bourg, qui se déplaçait et travaillait à façon dans un périmètre local. Il rapiéçait les vieux habits ou les accommodaient à la taille des enfants.

A la lecture de cet extrait on remarque tout d’abord l’absence de la mention d’une table. Pourtant, au même titre que le lit, il s’agit d’un meuble essentiel dans une maison. Par contre, on note la présence d’un pétrin. Or, dans certaines régions, c’est parfois le pétrin ou maïe qui fait office de table. En effet, la partie creuse est recouverte d’un plateau mobile qui permet de l’utiliser comme une table.

Les deux chaises qui viennent compléter le mobilier ont probablement été fabriquées par un menuisier local. Le paillage, en paille de seigle tressée en grosses cadenettes entrelacées, était l’oeuvre des hommes le soir à la veillée.

Les assiettes en étain ont sans doute été achetées auprès d’un chaudronniers ambulant, un « magni », qui courait la campagne, « sa boutique et ses bagages sur le dos ». La plupart des objets en étain étaient lisses, rarement ornés en creux ou en relief.
La couverture était peut-être une étoffe de laine croisée, appelée cadis ou burats, et tricotée le soir à la veillée dans les chaumières. 


Bibliographie :

Ulysse Rouchon : La vie paysanne dans la Haute-Loire, tome 1, Le Puy-en-Velay, Éditions de la société des études locales, 1933.

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