"Cette année 1788 a été désatreuse et telle qu’on n’en voit guère. Le 13 du mois de juillet jour de dimanche à huit heures du matin est venu un orage épouvantable suivi d’une grelle dont on a pesé les grains qui étaient très gros du poids de dix livres qui a dévasté depuis Vendome jusques au dela de la flandre la terre qui en était couverte n’a produit aucun fruit, j’ai parcouru la beauce à la fin du dit mois, on ne trouvait que des habitants consternés. La perte a été considérable. Le mois de décembre même année et janvier 1789 le froid a été si long et si rude qu’il a été a 18 degrés sous glace tous les fleuves et grandes rivières de la france ont été pris et notemment la loire qu’on a passé sur la glace pendant long tems et lorsque la débacle s’est faite plusieurs ponts au dessus d’Orléans ont été plus ou moins endommagés par la perte de plus ou moins d’arches, les glaçons amoncellés en ont arreté le cours ordinaire ce qui a occasionné vers la paroisse de St Denis en Val l’ouverture de la levée et la loire a pris son cours dans les champs fertiles de cette contrée, et est venue se jeter dans le Loiret ce qui a surpris tous les habitants (c’était pendant la nuit) qui se sont trouvés dans l’eau sans y penser. Olivet a beaucoup souffert ainsi que sept à huit autres paroisses et le portereau d’Orléans, on ne s’imaginera jamais dans les tems reculés que ceci soit possible et cependant elle n’est que trop vraie. les maisons emportées, les vignes ensablées, les moulins d’eau à farine et autres sur le Loiret renversés emportés on jugera de la perte qui s’est ensuivie. Le pont d’orléans et celui de Beaugency et celui de Blois ont résisté quoique endommagés ainsi que celui de St Mesmin mais le beau pont de Tours et autres ont été maltraités par la perte de plusieurs arches, je ne puis dire le dommage qu’on a souffert jusqu’à Nantes, on l’évalue cinq ou six millions Dieu nous préserve de pareil accident.
Ecrit à Cléry aujourdhuy vingt sept février 1789. Bernard chan.curé."
(Registre paroissial de Notre Dame de Cléry (45), A.D. du Loiret).
La rigueur du climat en 1788 (Loiret)
Messages
1. La rigueur aussi dans l’Aisne, 18 novembre 2004, 21:16, par Patrice Legoux
Bonjour,
Alléché par ma première visite sur H-G, je passe ce site au crible pour y voir les infos interessantes qu’il contient et, c’est marrant de trouver cette page qui fait miroir avec une autre que j’ai réalisée sur le mien. Le 13/07/1788 a été un jour épouventable aussi à Fresnoy-le-Grand dans l’Aisne. La copie d’un article concernant ce jour dans l’Aisne reprend en écho les maux que les habitants du Loiret ont aussi connu...
Patrice.
Voir en ligne : Le 13/07/1788 à Fresnoy-le-grand (Aisne) dans l’article "Le Laki : le volcan de la révolution"