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L’insolite décès d’un "jeune monsieur"

Le vendredi 22 juillet 2022, par Alain Torcheboeuf

Voici le récit, bien circonstancié, du décès d’un jeune monsieur à Courpière (Puy-de-Dôme), le 17 août 1725 [1] La relation de ce décès, aussi détaillée, n’est pas banale... surtout pour un acte de 1725 ! Mais qui sont les personnes citées dans l’acte ?

"Un jeune monsieur âgé de vingt cinq ans ou environ, bien facié, se nommant Bellecour, se disant originaire du côté de Nevers, et avoir son père et sa mère ; après avoir passé quelques jours chez Mrs Chamerlat au domaine de la Sagnié dans cette paroisse de Courpière, vint se promener en cette ville de Courpière le seizième du présent mois d’août, y coucha, et le lendemain dix septième dudit mois, il reprit le chemin dudit lieu de la Sagnie environ deux heures après midy en passant du côté de la Croix de Mayet et ayant fait environ cinq cent pas de la dite ville, il dit à sieur Gilbert de Montmeau qui l’accompagnait qu’il pouvait s’en retourner parce qu’il voulait dormir. En effet, le dit sieur Bellecour se coucha sur du gazon près d’une chenevière en allant à la Croix de Mayet et s’endormit ; quelque heure après le sieur prieur Chamerlat vint le chercher à la ville, le sieur de Montmeau le conduisit où il l’avait laissé et y étant, ils trouvèrent le dit sieur Bellecour mort ; son corps fut porté dans l’hôpital de cette ville de Courpière où il demeura exposé jusqu’au lendemain 18 qu’il fut conduit à l’Église et ensuite enterré dans le cimetière de la paroisse, en présence de Jean Chatagnier maître charpentier et de Simon Rahon maître tailleur d’habits de la ville qui ont déclaré ne savoir signer enquis. Delafuste curé."

Autour de cet acte, nous vous proposons de rechercher toutes les informations historiques et généalogiques disponibles sur les cinq personnes citées dans le texte ainsi que sur les deux noms de lieux... Bonne enquête à tous...

En compléments, deux petites remarques concernant le décès du "jeune monsieur" :
  • On trouve à la sortie de Courpière, en direction de Thiers, les lieux-dits "La Saigne" ou "La Sagne".
  • Les Chamerlat sont une famille de bourgeois et de notables connue à Courpière sur plusieurs siècles. Certains d’entre eux étaient "sieurs de la Saigne".

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  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 25 juillet 2022 16:21, par Christiane CONVERT

    Il existe plusieurs Chamerlat à Courpière à cette époque qui sont différenciés par un nom de lieu. L’un est qualifié de bourgeois de la Sagnie c’est Etienne Chamerlat époux de Jacqueline Trévy qui déclare plusieurs enfants dont un baptisé Jean le 14 novembre 1719 ; le parrain de l’enfant est Jean Chamerlat sieur de la Sagnie qui signe (frère ou père de Etienne ?) Ce pourrait être ce dernier cité dans l’acte de décès.
    On vit dangereusement à Courpière : en 1739 (vue 211/434) un certain Jean Antoine Chamerlat, peut-être âgé de 49 ans, bourgeois de la Sagne est tué d’un coup de fusil en ce lieu de la Sagne.
    On peut s’amuser à imaginer une vengeance tardive de la famille Bellecour....

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    • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 26 juillet 2022 12:30, par Christophe CANIVET

      Il y a une petite erreur dans la transcription. Bellecour n’avait pas passé quelques jours chez Monsieur CHAMERLAT mais chez Messieurs CHAMERLAT (Mrs) au domaine de la Sagnié, l’un de ces messieurs étant prieur (celui qui revint chercher Bellecour en ville).

      D’après la fiche https://gw.geneanet.org/chaudessolle666?lang=fr&iz=22&p=jean&n=chamerlat
      En fait, le Jean CHAMERLAT sieur de la Sagnié que vous citez est décédé en 1724, juste avant l’affaire Bellecour.
      C’est justement son fils Etienne qui héritera du domaine et deviendra sieur de la Sagnié. Il faudrait donc voir si un frère (ou un oncle) d’Etienne était entré dans les ordres. Son aîné, Gabriel, était-il mort en bas âge ? Logiquement c’est lui qui aurait dû hériter par droit d’aînesse.

      Il y avait au moins un prieuré à Courpière mais de femmes (bénédictines)

      Les deux individus qu’il faut surtout identifier, c’est la victime (le supposé BELLECOUR) et le seul vrai témoin du drame (MONTMEAU), celui qui est le dernier a avoir vu le défunt de son vivant et qui a découvert son corps en compagnie du prieur CHAMERLAT.
      Les deux témoins de l’acte peuvent n’être, respectivement, que celui qui a fait le cercueil du défunt et l’autre celui qui lui a fait a fait son dernier habit. Ils n’ont assisté qu’à l’inhumation, pas à la découverte du corps.
      Personne n’était suffisamment proche du défunt au point de donner son identité exacte et complète.

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      • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 27 juillet 2022 10:40, par Christophe CANIVET

        L’histoire de Courpière est étudiée dans le Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne (1946), probablement par l’abbé Adrien Adam, disponible sur Google mais uniquement par extraits, donc assez long à reconstituer. Si quelqu’un connaît un hyperlien où lire ce n° in extenso...
        IL y a notamment un chapitre consacré aux ecclésiastiques nés à Courpière, mais comme il y a moult Chamerlat à Courpière, ça peut être encore plus long...
        Je viens déjà de me refaire Benoît-Joseph Chamerlat, sieur des Prats, maire perpétuel de Courpière et prieur défroqué (1668-1715)

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        • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 27 juillet 2022 18:06, par Christophe CANIVET

          La réponse était en p. 241-244 de cette étude

          Etienne avait bien un frère, Jean, qui était prieur, toujours vivant en 1725.

          Je vous livre l’étude telle quelle (avec ses quelques incohérences). Malheureusement, elle ne nous donne pas le lien de parenté entre Benoît-Joseph, cité ce matin, et Jean fils Jean. Si Benoît-Joseph avait bien un frère qui se prénommait Jean, qui était dominicain, l’étude l’élude presque. Serait-ce ce dominicain qui aurait lui aussi renoncé à l’habit pour se marier, sans que l’étude ne nous le dise ?

          Je laisse les autochtones se débrouiller avec cette généalogie et la suite de l’affaire ;)

          Les sieurs CHAMERLAT sont donc parfaitement identifiés, issus d’une famille religieuse mais sans trop l’être... et j’en reste toujours avec mon interrogation : pourquoi le curé a pris la peine de préciser que le présumé BELLECOUR était "bien facié" et que recouvrait exactement le terme ?

          ***

          Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne (1946)

          ECCLÉSIASTIQUES NÉS À COURPIÈRE

          (p. 241) Guillaume et Benoît-Joseph de Chamerlat.

          Guillaume Chamerlat était né à Courpière, de Jean Chamerlat, marchand de cette ville, qui mourut le 22 décembre 1615. Il était le 3e de 5 enfants.

          Deux de ses nièces, Marie Chamerlat et. Françoise Chamerlat, furent religieuses à la Visitation de Billom.

          Lui-même entra au collège de Billom, à l’âge de 11 ans, à la saint Luc de l’année 1649. Devenu prêtre, il résida à Courpière. Il était bachelier en droit canon. (p. 242) Il avait obtenu du Saint-Siège, pour sa vie durant, par une faveur spéciale, de posséder en commende le prieuré de Saint-Jean de Glaine, qui dépendait de celui de Sauviat et était régulier.

          En octobre 1691, Guillaume de Chamerlat résigna son prieuré de Glaine, en faveur de son neveu Benoît-Joseph de Chamerlat, clerc tonsuré, étudiant en théologie de l’Université de Toulouse, déjà pourvu du prieuré de Saint-Just-sous-Meymont et, dans l’église paroissiale de Courpière, de la vicairie des Dervieux, alias de la Pierre. En mars 1892, les lettres de provision furent expédiées de Rome et le 18 avril 1692, Mre Étienne Terrasse, prêtre de la communauté de Courpière, se fit mettre en possession, au nom de Benoît-Joseph de Chamerlat, du prieuré de Saint-Jean-de-Glaine1.

          En accordant à Benoît-Joseph de Chamerlat le prieuré de Glaine, le Saint-Siège y avait mis cette condition qu’il entrerait, avant un an, dans l’ordre de Saint-Benoît. En août 1692, le nouveau prieur demanda su pape de prolonger le tempe durant lequel il pourrait jouir en commende de ce bénéfice, des études, auxquelles il se livrait alors, ne lui permettant pas d’entrer encore dans l’ordre de saint Benoît. On le lui accorda2.

          Ce temps écoulé, Benoît-Joseph de Chamerlat, ne pouvant se décider à embrasser la vie bénédictine, vint à Rome. Il exposa qu’il avait eu à soutenir de nombreux et grands procès, pour faire restituer les biens du prieuré de Glaine, qui avaient été volés, et dépensé pour cela, d’une part, 1000 livres tournois et, de l’autre, 5000 livres tournois. Il demanda, en conséquence, qu’on lui laissât encore pour quelque temps la jouissance en commende de ce bénéfice. On lui concéda cette jouissance pour cinq ans, le bénéficier s’engageant à faire à l’église et à la maison prieurale de grosses réparations qui étaient urgentes ; et le 8 février 1694, Benoît-Joseph de Chamerlat se fit mettre en possession, à titre de commende, dudit prieuré par Mre Claude de Lavigne, curé de Glaine, « sans déroger à la précédente prise de possession par procureur, du 18 avril 16923.

          Mre Benoît-Joseph de Chamerlat, clerc tonsuré, prieur commendataire de Saint-Just-sous-Meymont et chapelain de la vicairie de la Pierre, résidant en la ville de Courpière, résigna le prieuré de Glaine, en faveur de dom Jean Urban, prêtre, bénédictin de la congrégation de saint Maur, moyennant une pension annuelle de 300 livres4.

          Mais le 23 août 1698, Mre Benoît-Joseph de Chamerlat, se présenta de nouveau à l’abbaye de Saint-Alyre, accompagné de Me Martin, notaire, et déclara à dom Jean-Urbain, religieux de ladite abbaye, qu’il révoquait la résignation faite en sa faveur de son prieuré de Glaire, le 26 avril 18985.

          Le 4 septembre 1698, par acte passé à Riom, devant notaires, Benoît-Joseph de Chamerlat, échangea son prieuré de Saint-Jean de Glaine contre le prieuré séculier de l’hôpital Saint-Nicolas de la Tour-Goyon, possédé par François Fournier, du consentement de Mres André et Pierre de Chamberand, chevaliers, seigneurs de Guelhianges, patrons laïcs du prieuré de la Tour-Goyon6.

          Le 17 février 1703, Benoît-Joseph de Chamerlat, clerc tonsuré, résigna son prieuré de Saint-Just-sous-Meymont, en faveur de Jean de Chamerlat, résidant en la ville de Courpière7

          Quelques jours avant, le 5 février 1703, il avait épousé Françoise Dalbignat, fille de Pierre et de Jeanne Delaire. Il en eut six enfants.

          (p. 243) Benoît-Joseph de Chamerlat, sieur des Prats, fut « conseiller du roy, élu en l’élection de Clermont, maire ville de Ce la ville de Courpière et subdélégué de l’intendant d’Auveille de Cedite ville de Courpière » [texte hachuré, erreurs d’impression]. Il mourut à Riom, le 18 février 1715, et y fut enterré.

          Il était né à Courpière, le 25 décembre 1668, de sieur Annet Chamerlat des Guérins et de delle Catherine Chabron. Il avait été baptisé le 26.

          Jean de Chamerlat, jacobin, 1887.

          Il était frère de Benoît-Joseph, qui précède. Il était le 6e des 13 enfants d’Annet de Chamerlat, sieur des Guérins, bourgeois de la ville de Courpière et de Catherine Chabron (cette dernière, originaire de la ville de Riom et fille de Gaspard Chabron et de Gabrielle de Frétat). Il naquit à Courpière et fut baptisé le 5 août 1666.

          Il n’était encore que clerc tonsuré, lorsqu’il fut pourvu du prieuré simple de Saint-Just-sous-Meymont, en remplacement de son oncle, Mre Alexandre de Chamerlat.

          À la mort de ce dernier, Annet de Chamerlat, père dudit Jean, le nomma à la vicairie de la Pierre, desservie en l’église paroissiale de Courpière, « à l’autel de Saint-Pierre, sis à l’entrée de l’église, à main droite, dont il était patron et présentateur, et qui vaquait par suite du décès de Mre Alexandre Chamerlat. Par acte reçu Boyer, notaire à Riom, Jean de Chamerlat donna procuration à Mre Jean Triollier, prêtre communaliste de Courpière, pour prendre possession, en son nom, de cette vicairie. Celui-ci se fit installer le 29 mars 1683 Me Chossier, notaire reçut l’acte8.

          Dans la suite, Jean de Chamerlat entra dans l’ordre des Frères Prêcheurs ou Dominicains, appelés communément en France avant la Révolution, « Jacobins » du nom de leur grand couvent de la rue Saint-Jacques à Paris.

          Le 2 septembre 1687, par acte passé devant « les conseillers du roy, notaires au Chastelet de Paris », frère Jean de Chamerlat, novice Jacobin, « estant dans le 10e mois de son noviciat et sur le point de faire sa profession au couvent du noviciat général dudit ordre, estably en la ville de Paris », résigna son prieuré de Saint-Just-sous-Meymont en faveur de Benoît-Joseph de Chamerlat, clerc tonsuré, son frère.

          Il remit entre les mains de sieur Annet de Chamerlat des Guérins, son père, qui en était collateur, la vicairie de la Pierre, dont il était pourvu. Celui-ci la donna à son autre fils, Benoît-Joseph de Chamerlat, qui se fit mettre en possession, le 26 décembre 1680.

          Le 21 décembre 1687, Benoît-Joseph prit possession du prieuré de Saint-Just9.

          Jean de Chamerlat de la Saigne, 1705.

          Fils de Jean, sieur de la Saigne et d’Isabeau Sablonnières. Né à Courpière.

          Nous le trouvons élève au collège de Billom en octobre 1702, et il est dit alors âgé de 16 ans. Le 4 octobre 1702, il fut tonsuré dans la chapelle du château de Beauregard.

          Le 17 février 1703, Benoît-Joseph de Chamerlat, clerc tonsuré, qui venait de renoncer à la cléricature pour se marier, résigna en faveur dudit Jean de Chamerlat son prieuré de Saint-Just-sous-Meymont10.

          Ce dernier se fit mettre en possession de ce prieuré le 22 février 1703 : Me Delapchier, notaire à Courpière, reçut l’acte11.

          Le 3 novembre 1740, par acte passé à Thiers devant Me Gourbine, (p. 244) notaire royal et apostolique, Mre Jean de Chamerlat, (...)

          NOTES
          (1) lns. Eccl. Reg. 66. F. 127.
          (2) lns. Eccl. Reg. 68. F. 23.
          (3) lns. Eccl. Reg. 89. F. 84.
          (4) lns. Eccl. Reg. 72. F. 54 v.
          (5) lns. Eccl. Reg. 72. F. 111.
          (6) Ins. Eccl. Reg. 72. F. 117.
          (7) Ins. Eccl. Reg. 67. F. 46.
          (8) Ins. Eccl. Reg. 61. F. 51.

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  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 25 juillet 2022 15:36, par Christiane CONVERT

    Les témoins de l’enterrement sont deux jeunes gens d’un âge proche de celui du défunt.
    Jean Chatagnier, maître charpentier, se marie à Courpière avec Jeanne Chabros le 13 juin 1726 (vue 13/134).
    Simon Rahon, maître tailleur d’habits (en rapport avec le jeune Bellecour dont la famille vend du drap ?) est soit celui qui se marie le 13 septembre 1723 avec Gilberte Audebert (vue 58/107), soit celui du même nom qui épouse le 1 février 1727 Anne Genillier (vue 48/134) et qui de toute façon sont frères
    Etant de la même génération que le défunt, il se peut qu’ils aient été amis…

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  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 23 juillet 2022 16:26, par Suzanne

    Il semble qu une rue Chamerla existe à Courpiére

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  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 23 juillet 2022 15:57, par Suzanne

    Bonjour,
    Dans ce registre y a t il d autres actes aussi détaillés ? Une habitude du curé ?
    Hasard ou pas ? Le 15 août de cette année 1725, Louis XV se marie par procuration à Strasbourg, avant le mariage religieux de Fontainebleau prévu le 5 septembre.
    Un repas trop arrosé pour notre jeune homme, pour fêter le mariage de son roi ?

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  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 23 juillet 2022 10:53, par martine hautot

    Bonjour,
    Les de Montmeau de Troyes étaient des marchands et il y avait aussi des foires très anciennes à Courpière : des relations commerciales ont pu s’établir

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  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 23 juillet 2022 10:15, par Christiane CONVERT

    Courpière est une ville-étape importante sur la route Clermont-Lyon, sur le trajet d’une ancienne voie romaine reliant ces deux villes, fréquentée au 18e siècle par les armées et les marchands. Le jeune Bellecour était-il de passage pour le commerce des draps ?

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  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 23 juillet 2022 09:59, par Christiane CONVERT

    Cet acte de décès est un peu trop flou pour être honnête...
    Je n’ai pas trouvé de famille Bellecour dans la Nièvre. Dans Geneanet on ne trouve pour toute la Nièvre, que le décès d’un soldat au Régiment de Touraine, Simon Bellecour, décédé à Nevers le 7 juillet 1718 sans autre précision.
    Par contre dans l’Allier, à Moulins notamment, une importante famille, MICHEL de BELLECOUR ou simplement BELLECOUR ou de BELLECOUR) marchands drapiers à Moulins, alliés à des familles nobles (généalogie de Marc de Saint Meleuc en particulier). Mais comme nous n’avons pas de prénom...

    Et le sieur de Montmeau a une curieuse réputation si on en croit cet article tiré de Gallica :

    440 JOURNAL DE SEMILLARD (Gallica)
    « Le dimanche 6 juillet 1766, on a enterré à St-Etienne M. Gilbert de MONTMEAU, prêtre et chanoine de ladite église, c’étoit un grand constitutionnaire d’une profonde ignorance ». (il s’agit de la paroisse Saint-Etienne de Troyes)
    Est-ce celui dont parle l’acte de décès du jeune Bellecour ?

    Répondre à ce message

  • L’insolite décès d’un "jeune monsieur" 23 juillet 2022 00:41, par Christophe CANIVET

    Est-on obligé de croire la version du sieur Gilbert de Montmeau, notable local, qui n’avait ni femme ni enfant, croisant le bellâtre (bien facié) Belle cour (patronyme ou pseudonyme ?), totalement inconnu du pays ?... La priorité du curé, c’est de justifier pourquoi il n’a pas administré les derniers sacrement au défunt. Le coup de la sieste semble bien arranger les affaires de Montmeau mais j’ai peine à croire qu’un jeune homme de 25 ans soit pris d’une subite envie de sieste au bout de 500 mètres, surtout pour dormir en bord de route alors qu’il semble plutôt bien mis (bien facié, d’ailleurs pourquoi le curé prend la peine d’apporter cette précision ?), et qu’il a probablement les moyens de retourner à l’auberge d’où il sort, et alors qu’il laisse tomber celui qui avait proposé de le raccompagner jusque chez le prieur, ce qui serait d’autant plus impoli que Montmeau était bien plus âgé que lui. Aura-t-il fait un malaise et l’autre aura paniqué ? Montmeau l’aura laissé faire une sieste en plein cagnard après un repas trop arrosé ? Voir pire...

    Et le prieur, qui avait hébergé le jeune homme pendant plusieurs jours n’était pas capable de donner son prénom ? On peut aussi s’étonner que ni le prieur, ni Montmeau n’aient pris la peine d’assister à l’enterrement ou du moins d’être témoin à l’acte de sépulture

    On retrouve ici ledit Gilbert de Montmeau, originaire de Troyes mais domicilié près la ville de Courpière en Auvergne
    https://books.google.fr/books?id=nt1_jD24-wEC&pg=PA384&lpg=PA384&dq=%22gilbert+de+montmeau%22&source=bl&ots=oq8Vy4NQEj&sig=ACfU3U0HyYZno5ur2-LmDEwjUsGOZGKwBA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwj2qoH3tY35AhWP_IUKHbXFCeIQ6AF6BAgYEAM#v=onepage&q=%22gilbert%20de%20montmeau%22&f=false

    on retrouve Marguerite de Montmeau épouse de Flogny, son héritière présomptive ici https://gw.geneanet.org/compagnon?lang=fr&pz=corinne+marie&nz=le+masne&p=marguerite&n=de+montmeau

    Puisque le document nous parle de succession collatérale, on peut supposer que "notre" Gilbert de Montmeau était son frère né le 3 mai 1672. Il aurait donc 53 ans au moment de la mort du jeune Bellecour. Mais ce peut aussi être un oncle, un cousin...

    Mais que faisait ce rejeton d’une famille troyenne en Auvergne ?

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