www.histoire-genealogie.com


----------

Accueil - Articles - Documents - Chroniques - Dossiers - Album photos - Entraide - Testez vos connaissances - Serez-vous pendu ? - Éditions Thisa


Accueil » Documents » Les archives notariales » Inventaire des biens d’une cultivatrice mâconnaise en 1812

Inventaire des biens d’une cultivatrice mâconnaise en 1812


mercredi 1er octobre 2003, par Michel Guironnet

Répondre à cet article

Suite de l’article sur "le contrat de mariage double", cet inventaire fait avant donation chez la veuve DUFOUR, nous renseigne sur l’état des meubles et objets, outils, bétail et provisions chez une cultivatrice mâconnaise en 1812.

" Par devant Claude BRUYS, notaire impérial résidant à Tramayes [1], département de Saône et Loire, soussigné...

Furent présents :

Marie DUFOUR, veuve de Jean Baptiste FOUILLOUX, à son décès propriétaire demeurant à Saint Point, où elle réside, autorisée par Léger BERTHOUD son fiancé, propriétaire demeurant au même lieu d’une part et Claude FOUILLOUX cultivateur demeurant au même lieu & autre Jeanne Marie FOUILLOUX demeurant au même lieu, procédant de l’autorité de Jean Pierre VALANTIN son futur, ouvrier en maçonnerie, demeurant à Saint Léger (sous la Bussière) d’autre part.

Lesquelles parties pour parvenir à la donation mobilière que la dite DUFOUR entend faire à ses enfants [2] , et pour la régularité d’icelle ; ont requis le notaire soussigné de procéder à l’inventaire ou état estimatif de leur mobilier auquel il a été procédé ainsi qu’il suit (la plupart des termes utilisés nécessitent des explications. Elles sont tirées du "Dictionnaire du monde rural" de Marcel Lachiver) :

1/ une cramalière (crémaillère), une pelle et une fourchette à feu, estimés trois francs... 3 F.

2/ une poële, deux mariles ?, un fer à gaufre, un sceau (il faut lire : seau), estimés douze francs... 12 F.

3/ une patière (maie, pétrin servant aussi de table à manger), deux mauvais meubles ou cabinets, estimés cinquante francs... 50 F.

4/ deux têts (taies d’oreiller) huit draps, huit nappes, estimés quarante francs... 40 F.

5/ six écuelles, six assiettes, six cuillers, six fourchettes, six verres et une bouteille, estimé six francs... 6 F.

6/ une charue, un char attellé, une mauvaise commessure (avant train du char utilisé pour le charroi des bois), estimé vingt francs... 20 F.

7/ deux pioches, deux sarcloirs (instrument de jardinier, sorte de houe à main), deux fourches, une pelle, un grapier (ou grapine : pioche à deux dents pour le labour de la vigne), un prouet en fer (on dit aussi proulière : chaîne ou petit timon de 2,50 à 3 m de longueur qu’on accroche au timon pour l’allonger quand on veut atteler plus d’une paire de bœufs), estimé huit francs...8 F.

8/ deux bœufs, deux nourrains (jeunes porcelets) et six poules, estimés deux cent francs... 200 F.

9/ une feuillette de vin (mesure de capacité pour le vin d’environ 105 litres à Mâcon), un cousseau ? (paille hachée que l’on donne l’hiver aux bovins quand le foin manquait) et (une) feuillette défourée ? (défourrer le grain, c’est faire sortir les grains de leur épi à coups de fléau. D’où la paille qu’il reste après l’opération, hachée pour le bétail ?) estimés vingt francs... 20 F.

10/ deux asnées de froment (l’ânée est la charge d’un âne, l’ânée de grains composée de six bichets, valait 205 Kg environ à Mâcon) ou vingt huit décalitres doubles estimés cent cinquante francs...150 F (à noter que le notaire avait écrit « quatorze décalitres » chiffre raturé et corrigé par un renvoi au bas de l’acte en « vingt huit »...du simple au double. Les nouvelles mesures sont encore peu pratiquées en Mâconnais !) sept décalitres de maïs, sept décalitres doubles de fèves, un hectolitre de noix et deux décalitres de châtaignes.

11/ douze hectolitres de truffes (pommes de terre) estimés vingt francs... 20 F.

Total du présent invantaire montant à la somme de cinq cent vingt neuf francs... 529 F.

Duquel état estimatif nous notaire susdit avons octroyé acte aux parties pour servir ce que de raison. Dont acte fait, lu aux parties par le notaire et passé à Tramayes en son étude après midi, le sept novembre mil huit cent douze, en présence de Louis SANGOUARD, propriétaire demeurant à Tramayes, et de Michel CINQUIN, cordonnier demeurant au même lieu, témoins requis et soussignés avec le dit BERTHOUD, ledit FOUILLOUX et nous notaire ;

Et non ladite DUFOUR veuve FOUILLOUX et ladite Jeanne Marie FOUILLOUX qui ont déclaré ne le savoir, de ce enquis et sommés.

BERTOU (Léger) FOUILLOUX (Claude) VALAIENTAIEN (Jean Pierre VALENTIN)
CINQUIN (Michel) SANGOUARD (Louis) BRUYS, notaire.

Notes

[13 E 6582 Archives de Saône et Loire.

[2Voir notre article sur « un contrat de mariage double. »

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
  • Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

https://www.histoire-genealogie.com - Haut de page




https://www.histoire-genealogie.com

- Tous droits réservés © 2000-2019 histoire-genealogie -
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Mentions légales | Conditions Générales d'utilisation | Logo | Espace privé | édité avec SPIP