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Instruction morale et civique (3e leçon 1887)

« Que faut-il que les enfants apprennent ? Ce qu’ils doivent faire étant hommes. » P.-L. Courier

Le mardi 1er janvier 2008, par Alain Morinais

« Pour cette partie capitale de l’éducation, c’est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l’enseignement religieux, on n’a pas songé à vous décharger de l’enseignement moral : c’eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l’instituteur, en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage et du calcul. » Extrait de la lettre de Jules FERRY, adressée aux instituteurs le 17/11/1883.

« Nombre de Français ignorent les lois et la constitution de leur pays, et cette ignorance est déplorable. Pour qu’elle cesse, il faut se résoudre enfin à enseigner à l’écolier ce que l’homme doit savoir. Or, il n’est pas plus difficile de donner aux enfants des notions de législation usuelle et d’instruction civique que de leur apprendre la grammaire et l’arithmétique : le tout est d’employer la bonne méthode [1] ».

1935-36

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École Jules Ferry à Sartrouville (Seine et Oise)
La classe de Messieurs Gérard, Bignand, Berland, Jean, Sudron, Martinat, Weber, Dudognan, Lampre, Burlat
et Madame Martinat.

3e leçon :

III – Devoirs envers l’instituteur

27 - Vous devez aimer votre instituteur, lui obéir, le respecter, lui être reconnaissants.

28 – Vous devez l’aimer, car il prend soin de vous, forme votre intelligence et votre cœur.

29 – Vous devez le respecter et lui obéir, car vos parents vous ont confiés à lui. Ils lui ont donné l’autorité qu’ils ont sur vous.

30 – Vous devez lui être reconnaissants, car la nourriture qu’il donne à votre esprit vous est aussi nécessaire que la nourriture de votre corps.

31 – L’instituteur ne représente pas seulement vos parents ; il représente aussi la patrie, qui l’a chargé d’élever ses enfants.

36 – Ayez de l’émulation : tâchez de faire mieux que les autres, mais en ne vous servant que de moyens honnêtes.

38 – Ne dénoncez pas vos camarades. Ne rapportez pas ce qu’ils ont fait de mal. Contentez-vous de les blâmer, et faites mieux qu’eux.

39 – Soyez complaisant et bon envers vos camarades. Choisissez les meilleurs d’entre eux pour en faire vos amis. La compagnie des bons nous rend meilleurs.

40 – Fuyez les mauvais camarades : ceux qui ne respectent ni leur père ni leur mère, - les menteurs, - les hypocrites, - les envieux, - les dénonciateurs, - les égoïstes [2], les lâches qui maltraitent les faibles, - les mal élevés qui se servent des mots grossiers, - les vicieux qui commettent des actions déshonnêtes. La compagnie des méchants nous gâte.

Questions :

27 – Quels sont vos devoirs envers l’instituteur ?

28 – Pourquoi devez-vous l’aimer ?

29 – Pourquoi devez-vous lui obéir et le respecter ?

30 – Pourquoi devez-vous lui être reconnaissants ?

31 – Que représente l’instituteur ?

36 – Comment faut-il avoir de l’émulation ?

38 – Que faut-il faire quand les camarades font mal ?

39 – Comment faut-il être avec vos camarades ? Que fait la bonne compagnie ?

40 – Quels camarades faut-il fuir ?

RÉSUMÉ :

J’aimerai mon maître ; je lui obéirai ; je le respecterai ; je lui serai reconnaissant.
Je choisirai bien mes amis. J’éviterai les mauvaises compagnies.

DEVOIRS ET RÉDACTION :

Expliquez vos devoirs envers l’instituteur, et dites-en la raison.

Ceci est la troisième leçon d’instruction morale et civique, telle que nous pouvons la recomposer à partir de neuf points pris parmi les quatre cent cinquante et un que compte le livre D’INSTRUCTION MORALE ET CIVIQUE, pour répondre à la Loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire, par Pierre LALOI, DIX-SEPTIÈME ÉDITION (1887).

Ouvrage compris dans la liste annexée à la Circulaire ministérielle du 17 novembre 1883 et inscrit parmi les ouvrages fournis gratuitement par la Ville de PARIS, à ses écoles communales.

PARIS, LIBRAIRIE CLASSIQUE ARMAND COLIN ET Cie, CERTIFICAT D’ÉTUDES PRIMAIRES.

Révision des leçons précédentes :

2è leçon : - L’école

1re leçon : - La famille


[1Mode de d’emploi :

Le maître fera d’abord lire le texte, subdivision par subdivision, plusieurs fois, comme s’il s’agissait d’une leçon de grammaire. À la fin de chaque subdivision, le maître s’assurera, en posant les questions placées au bas des pages, que l’élève a compris et retenu. Le mot à mot ne devra pas être exigé. Arrivé à la fin du chapitre, le maître fera lire les récits, que les enfants devront reproduire oralement, sans être tenus à une reproduction textuelle. Les récits lus et racontés, le résumé sera appris par cœur.

Après le résumé, il y a deux sortes de devoirs à faire :

  • 1er, des devoirs de rédaction, donnés de façon à résumer les notions contenues dans le chapitre.
  • 2e, un devoir qui consiste à copier des articles du supplément où l’élève trouvera des notions nouvelles. Le maître questionnera les élèves sur ces articles, après qu’ils les auront copiés.

[2Égoïste : celui qui ne pense qu’à soi.

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2 Messages

  • Excellent sur le role de l’instituteur je vous suggère de publier fortement cet artticle de la loi qui tombe bien par rapport à l’infamie de certains écoliers de l’époque actuelle......
    Bravo pour votre recherche....Je ne suis pas instit mais simple retraité....Il nous faut avoir le courage de dire et dénoncer les odieux !

    Répondre à ce message

    • Bonjour Monsieur,

      Toutes ces leçons s’analysent aujourd’hui à plusieurs degrés de lecture.
      Elles ont pour mérite, je crois, de pouvoir provoquer une réflexion de chacun des acteurs concernés par l’éducation et l’enseignement, sans pour autant désigner un coupable plus qu’un autre de la situation actuelle, ni conduire à une conclusion éducative passéiste, dont les dangers m’apparaissent tout aussi évidents que les bienfaits.
      La leçon ne vaut-elle pas mieux quand chacun y puise sa part d’enseignement ?
      Par exemple, la "leçon" de Jules Ferry aux instituteurs (voir l’extrait de lettre dans le message de fin de2é leçon) peut tout aussi bien s’adapter aux parents, avant même que les enfants soient impliqués : "Il est impossible que vous voyiez chaque jour (vos) enfants ... observant votre conduite, s’inspirant de vos exemples, à l’âge où l’esprit s’éveille, où le cœur s’ouvre, où la mémoire s’enrichit, sans que l’idée vous vienne aussitôt de profiter de cette docilité, de cette confiance, pour leur transmettre... les principes mêmes de la morale, j’entends simplement de cette bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères et que nous nous honorons tous de suivre dans les relations de la vie sans nous mettre en peine d’en discuter les bases philosophiques... Il dépend de vous... j’en ai la certitude, de hâter par votre manière d’agir le moment où cet enseignement sera partout non seulement accepté, mais apprécié, honoré, aimé, comme il mérite de l’être. Les populations mêmes, dont on a cherché à exciter les inquiétudes, ne résisteront pas longtemps à l’expérience qui se fera sous leurs yeux."
      Ceci n’est qu"un exemple

      Cordialement.

      Alain MORINAIS

      Répondre à ce message

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