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Inhumé « sous leur banc »


jeudi 14 janvier 2016, par Jean Magnier , Michel Guironnet , Roland Mongaï , Thierry Sabot

Répondre à cet article

À l’occasion de vos recherches dans les registres paroissiaux et d’état civil, si vous rencontrez des mentions insolites ou des expressions singulières qui vous interpellent, vous pouvez les transcrire, en notant leurs références, puis nous les envoyer par mail. Elles pourront éventuellement faire l’objet d’un article commenté dans une prochaine Gazette du vendredi. Merci à tous pour votre contribution.

Que signifie l’expression : Inhumé « sous leur banc » ?

Arfeuilles (Bourbonnais), 9 septembre 1737

Catherine Garet agé de 58 ans ou environ femme a
sieur jacques animé notaire et procureur d’office de ce lieu
y est hier decedee et son corps a été inhumé dans
l’Eglise de ceans sous leur banc
le neuf septembre
mil sept cent trente sept présence de son dit mary,
(....) son fils, Gilbert Baret sacristain, et jacques
Marchand marchand de ce dit lieu qui ont signés avec
nous pretre curé soussigné

Signalé par Jean Magnier
Source AD 03 : Arfeuilles BMS 1725-1737 vue 361/366.

Commentaire : Autrefois, la place et la concession d’un banc dans une église faisaient l’objet d’une transaction et d’une réglementation, tout comme d’ailleurs le droit au tombeau ou droit de sépulture. Ces concessions sont souvent l’objet d’actes notariés très intéressants, mais assez rares (cf. le Théma 8, Comprendre les actes notariés, page 41). On en retrouve également la mention dans les actes de sépulture lorsque le défunt était inhumé « sous le banc » de la famille, comme dans l’exemple ci-dessus.

Au début du XVIIIe, être enterré dans l’église était déjà une pratique déjà très ancienne. D’abord privilège accordé de droit au seigneur et aux clercs du lieu, il pouvait être lié à la fondation d’une chapelle ou partie d’église. L’emplacement de la tombe était alors dans la chapelle ou dans le chœur où ces dignitaires avaient leur banc familial gravé à leur nom. Parallèlement, les particuliers, notamment les notables, qui avaient acquis le droit de disposer d’un banc permanent dans l’église pouvaient obtenir la concession du sol sous ce banc pour y être inhumé.

L’usage d’inhumer les défunts sous le banc de la famille est fréquemment relaté dans les "revues des sociétés savantes" dans les différentes régions de France (voir Gallica).

Même au XIXe siècle, les bienfaiteurs de l’église, la famille Faure par exemple à Saint-Clair-du-Rhône, seront encore enterrés sous les dalles du chœur.

Conseil de lecture : Régis Bertrand, Le statut des morts dans les lieux de cultes catholiques à l’époque moderne, Rives nord-méditerranéennes, numéro 6, 2000, mis en ligne le 22 juillet 2005. URL : http://rives.revues.org/60.

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19 Messages

  • Banc à l’église 15 janvier 2016 11:48, par martine hautot

    Bonjour,

    Je ne sais pas exactement quand cette institution du banc a disparu mais dans mon village de Normandie dans les années 50/60 mes parents avaient encore leur banc à l’église qu’ils devaient payer à l’année alors que ceux qui n’en avaient pas s’asseyaient sur des chaises et payaient leur chaise à la « sacristine » pendant la Messe .Mais bien sûr les membres de la famille étaient enterrés au cimetière qui n’était déjà plus autour de l’église . Bien cordialement,
    Martine

    Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 15 janvier 2016 14:35, par MTV

    Bonjour.
    Je me souviens, étant enfant, il fallait payer sa chaise à l’église.
    Une dame chaisière passait dans les rangs, durant la messe pour recueillir l’obole, avant ou après la quête qui était en plus.
    Les familles riches achetaient leur chaise et c’est sur un prie-Dieu qu’était apposée une plaque à leur nom, soit en cuivre soit en émail, qui garantissait au propriétaire le droit d’occupation.
    Cette coutume aurait donc eu pour origine l’inhumation « sous leur banc » ?
    Cordialement
    MT.T.V

    Répondre à ce message

  • Banc public - Banc privé 15 janvier 2016 15:27, par Daniel

    Bonjour,

    Pour alimenter le sujet, j’affirme que cette pratique d’acheter sa place à l’église pour assister à la messe et tout près du chœur était encore une coutume courante en Poitou dans les années soixante. Cette pratique, signe de notoriété et de mondanité qui mettait surtout en évidence la « différence », était souvent utilisée par les notables et professions libérales en campagne.

    Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 15 janvier 2016 16:39, par Pierre Escudier-Donnadieu

    Bonjour,
    Unexemple flagrant,à Reilhaguet,dans le Lot,une "smala"Escudié se trouvait enterrés dans l’église.....
    Il s’agit d’une famille de notaires (de père en fils) dont un échappé s’est « exilé » à Rocamadour,et y a laissé des traces dont je suis issu.....
    J’y suis allé il y a 3 ans,malheureusement,le sol de l’église a été refait et la trace des tombeaux a complètement disparu,dommage !!!.....

    Répondre à ce message

    • Inhumé « sous leur banc » 15 janvier 2016 18:07, par MAZIERES Bernard

      Bonjour
      Deux questions :

      1/// Les corps avaient ils été réinhumés auparavant dans le cimetiére communal ? Vous en auriez été averti ??

      2 /// Avez vous été prévenus des travaux dans l’église ??

      Connaissant certains coins du Lot.......&
      B. M.

      Répondre à ce message

      • Inhumé « sous leur banc » 16 janvier 2016 10:45, par VERGEREAU

        Bjr,
        Il existe une législation qui concerne les reprises de concessions dans les cimetières,décidées par le Conseil municipal.
        Ces reprises sont effectives sur les sépultures considérées à l’état d’abandon ; y compris les perpétuités. Une simple information locale en est faite pour une durée de quatre ans.
        Quatre ans, c’est bien peu pour un bassin d’emploi ayant obligé la population à rechercher du travail sous d’autres cieux et y construire une nouvelle souche familiale ... puis songer à une visite des tombes de ses aïeux !
        Et les surprises (pour le moins désagréables) sont légions !
        A charge d’accepter un contrat auprès des entreprises funéraires locales afin que l’entretien des sépultures soit garanties.
        Pensez-vous dans ces conditions qu’une recherche des familles éxilées puisse-être conduite au simple relevé dans l’église d’un patronyme oublié de plusieurs siècles ?
        Cordialement
        VGU

        Répondre à ce message

        • Inhumé « sous leur banc » 16 janvier 2016 11:44, par MAZIERES Bernard

          Bonjour

          Merci pour votre réponse.

          Maurice Faure (Elu perpétuel du Lot,DCD voici pas si longtemps) disait ;"Le Lot ? c’est pas la France"

          Je m’en doutais !!!.D’autant plus que mes deux familles parentales sont lotoises depuis 1600 et quelques.

          Cordialement. B. M.

          Répondre à ce message

  • Inhumé dans UNE église 16 janvier 2016 06:33, par lorraine lagesse

    D’abord privilège accordé de droit au seigneur et aux clercs du lieu, il pouvait être lié à la fondation d’une chapelle ou partie d’église...dit le texte signalé par Mr Magnier

    Je constate que mon aieul issu d un milieu d artisan il était pérruquier ; ;demande qu a son décès avant 1775 a Marseille , qu il soit entérré dans l église les Carmes Déchaussés (église réformées)...
    Son voeux ne sera pas exhausé car a partir de 1775 plus personne ne sera entérré dans cette église..

    Comment se fait il que ce simple citoyen de Marseille aurait pu faire la demande pré citée ??

    Très cordialement Lorraine lagesse

    Répondre à ce message

    • Inhumé dans UNE église 16 janvier 2016 17:29, par Jean Magnier

      Bonjour,
      Merci pour vos observations et remarques.
      L’acte mortuaire retenu attirait notre attention sur deux pratiques :

      • le droit au banc qui s’est perpétué jusqu’à une époque récente, vous en témoignez, sous la forme d’un siège ou prie-dieu marqué au nom du bénéficiaire ;
      • la concession de l’emplacement d’une tombe dans l’église.
        Il faut alors distinguer le chœur, partie de l’église au plus près de l’autel, réservée aux clercs pendant les offices. C’est cet emplacement privilégié qui était réservé de droit aux seigneurs et clercs de la paroisse (sous l’autel même étant exclu).
        Les autres parties de l’église, certaines plus prisées que d’autres, pouvaient accueillir, moyennant une contribution financière, le corps de défunts d’un rang social moins élevé. Quelques cas de gratuité ont été relevés.
        L’ordonnance royale du 10 mars 1776 limitera ces inhumations à quelques exceptions.

      Bien cordialement

      Répondre à ce message

    • Inhumé dans UNE église 20 janvier 2016 09:54, par Jacques Lépine

      Je me permets de rectifier la remarque entre parenthèses. Les Carmes Déchaussés ne font pas partie de l’église réformée telle qu’on la définit en France. Il reste sans doute à Avila ceux que l’on nomme les Grands Carmes qui n’ont pas accepté la réforme de Ste Thérèse d’Avila mais cela date de 1600.

      Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 16 janvier 2016 11:00, par Gilles Quignon

    Bonjour,

    Ce droit d’être inhumé a perduré jusqu’au milieu de XVIII° siècle. Il a alors été interdit car les corps enfouis dans le sol de l’église étaient soupçonnés d’être responsables d’épidémies.
    Autre forme d’inhumation moins révérencieuse consistait dans certaines paroisses à inhumer le corps d’une femme « de mauvaise vie » sous la margelle devant la porte de sortie de l’église, par mépris les "bonnes chrétiennes" n’hésitaient pas à marcher dessus.
    Comme quoi l’intégrisme, ce n’est pas nouveau.
    Bien cordialement
    Gilles

    Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 16 janvier 2016 13:27, par Odile Godard

    Bonjour,

    Dans l’acte de décès de mon aïeul lorrain au tout début du XVIIIè siècle, il était mentionné qu’il était inhumé dans l’église « au pied de la chaire du prédicateur dans la place achetée par lui ». Cet homme, laboureur de son état, nanti de 9 enfants adultes sur les 12 nés de 3 mariages successifs, était semble-t-il un homme de bien. Il rendait service à ses heures à M. le Curé, lequel était en charge de vastes terres héritées de ses riches parents.
    Le droit d’être inhumé dans l’église - même loin du choeur - n’était peut-être qu’un simple geste de remerciement. A moins que .... il s’agisse d’un petit commerce du curé admis par tous.

    Louis XVI a fini par interdire la pratique des inhumations à l’intérieur de l’église pour des raisons d’hygiène, par une ordonnance de 1776.

    Bien à vous,
    Odile

    Répondre à ce message

    • Inhumé « sous leur banc » 17 janvier 2016 06:18, par lorraine lagesse

      Merci a tous pour vos réponses multiples et intéressantes qui donnent un bon éclairage sur les us et coutume de cette époque...Quant aux femmes de mauvaise vies sur lesquelles « on pouvaient marcher sur leurs tombes »" ! est un exemple type du mépris qu avait la société pour ces femmes...qui malgré tout rendaient bien des services a plus d un et pas des moindres....
      Ajour hui on lapident les femmes adultères....mais bien sur pas les messieurs .
      Cordialement LL

      Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 18 janvier 2016 15:51, par chalandon

    Bonjour,Mon aïeule Marie Campaigne est enterrée en 1775dans l’église de Noorpeene(nord)dans le.....(je n’arrive pas à lire le mot) de la Sainte Vierge,environ l’autel de Saint Joseph ..est ce que cela correspondrait aux bancs ? Cordialement .

    Répondre à ce message

    • Inhumé « sous leur banc » 18 janvier 2016 18:51, par pannedouche

      Bonjour,
      La tradition existe toujours dans la cathédrale Saint Maclou de Pontoise. Suite à la formation des nouveaux départements de la région parisienne il y a 50, de nouveaux diocèses ont été créés, avec un évêque à sa tête. Les évêques qui se sont succédés à la tête du diocèse de Pontoise et qui sont décédés, sont inhumés dans le chœur de la cathédrale. Il suffit de faire le tour du chœur et circuler dans le déambulatoire pour voir leur tombe.
      Amicalement

      Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 20 janvier 2016 12:09, par lorraine Lagesse

    Bonjour et merci à MR Lépine pour sa rectification au sujet des églises réformées,,,si C est ainsi je devrais corriger cela dans le livre sur ma famille,,,OU il EST mention des Carmes Deschausees comme étant une égalise réformée,,,

    tres cordialemnent Lorraine D Lagesse

    Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 23 janvier 2016 10:34, par P Granet

    Bonjour
    En octobre 2000 j’ai retrouvé dans une église de Dordogne , le banc seigneurial des Grand de Bélussière
    Je l’ai photographié sous toute les coutures
    Il pourrait daté du XVIII , XIX ?

    Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 29 janvier 2016 10:03, par Roland MONGAÏ

    Bonjour,
    Tous ces personnages « importants » inhumés à leur place, sous les dalles des églises n’ont-ils pas leur noms gravés dans la pierre ?
    Il serait intéressant que les découvreurs de ces situations retournent sur place pour tenter de retrouver la trace des ces inhumations.
    De telles découvertes agrémenteraient utilement ce sujet.
    Alors Madame, Monsieur... retour sur les bancs de l’église et cherchez ce qui se trouve dessous.

    Roland -

    Répondre à ce message

  • Inhumé « sous leur banc » 27 juillet 2016 15:20, par Nicolas

    Bonjour,
    Mes ancetres ont été inhumés « dans l’eglise » de St Fort Sur Gironde en 1700
    Cependant il n’est pas fait mention si c’est « sous leur banc ».
    Est-ce possible de savoir ou exactement ?
    Merci

    Répondre à ce message

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