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Des Poilus dans un hôpital... mais où ?

Qui pourrait dater et localiser cette carte postale ?


jeudi 9 mai 2019, par Didier Hauchard, Michel Guironnet

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Sur cette carte, un groupe de 33 Poilus et 6 infirmières de la Croix Rouge. L’un de ces soldats est Joseph Hauchard.
Elle n’est pas écrite et n’a pas été postée. Didier, le petit-fils de Joseph, qui nous l’a confié, aimerait la dater et en connaître le lieu.

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Mon grand père Joseph Hauchard est au 1er rang, en bas de la photo ;
le 2e en partant de la gauche avec le calot de travers.
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Joseph Hauchard

Les informations de sa fiche matricule [1]

Né le 15 mars 1892 à Allouville Bellefosse, en Seine Maritime, Emile Joseph Hauchard, dit Joseph, est le fils d’Henri Benoît Hauchard et de Victorine Maria Theroudet. De la classe 1912, instituteur à St Arnoult, il est incorporé à compter du 9 octobre 1913 au 164° Régiment d’ Infanterie.
Il est donc sous les drapeaux lorsque la guerre éclate. "Aux Armées le 2 août 1914", il est "évacué sur le dépôt le 22 novembre 1914".

Le 24 novembre 1914, Joseph écrit à son frère André qu’il est "de nouveau au dépôt" après un mois à la 19e compagnie. Son adresse au 164e est : "dépôt des éclopés, caserne Miribel, Verdun". Il ne rejoint sa compagnie que le 3 mars 1915.

En avril 1915, ses frères lui envoient une carte postale du château de Fontainebleau. Elle lui est adressée à Verdun "au 364e d’infanterie, 19e Compagnie" En fait, le 364e RI est le régiment de réserve du 164e.

Nommé caporal le 17 septembre 1915, Joseph passe au 330e R I le 24 août 1916.

Blessé au bras gauche pendant la Bataille de la Somme, à Vermandovillers, il est évacué le 4 septembre 1916. Sa fiche précise : "perte de substance de toute l’extrémité supérieure de l’humérus gauche (Blessure de Guerre)".

Après sa convalescence, la commission de réforme du Grand Quevilly du 8 mai 1917 le propose "pour la réforme N°1 avec gratification de 3e catégorie." Par décision du 27 octobre 1917, il est "admis à faire valoir ses titres à une pension de retraite". Le 27 janvier 1918, ayant obtenu une pension de 778 francs ; il est rayé des cadres de l’Armée.

Cette belle photo peut être datée d’après mai ou juin 1916 :

  • Des soldats arborent la Croix de Guerre (créée en avril 1915).
  • Joseph porte déjà ses galons de caporal.
  • Les « chevrons de présence » sur la manche gauche de certains des soldats indiquent plus de deux ans de présence au front.
  • La veste du blessé à la tête s’orne d’une fourragère.
    La présence des infirmières suggère que la photo est prise dans un « hôpital complémentaire » ..mais où ?

Les indices de la photo

La photo semble être prise en hiver : l’arbre n’a plus de feuilles et la plupart des poilus sont bien couverts.
Les cols des vareuses et des capotes portent différents numéros de régiments : 3 - 23 - 38 -123 - 236 - 264. Trois soldats ont un « brassard de deuil » sur leur manche gauche.

Trois soldats, à gauche, au 2e rang en partant du bas, arborent la Médaille militaire et la Croix de Guerre (dont une avec deux palmes). Deux autres soldats ont la Croix de Guerre avec une étoile.

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Trois médaillés

Ces poilus ne semblent pas bien malades ou gravement blessés... mais seuls les plus valides doivent être présents sur la photo !

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Blessé à la tête

Le poilu à la fourragère, au 3e rang à droite, a un bandage autour de la tête. Le voisin de Joseph (à sa droite) semble porter un gant épais à la main droite. Peut être pour pour protéger le pansement sur sa blessure. Le 6e au 1er rang a un pansement à la main droite.
Sur le rang du haut, près de l’arbre, à la manière de Napoléon, un soldat tient sa main droite bandée dans son manteau. A quelques mètres de lui, le soldat qui regarde en l’air à côté de l’infirmière a les doigts de sa main gauche pansés.

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Blessé à la main droite

Quant à mon grand père, difficile de dire si son bras gauche est plus faible que le droit ! Dans ce cas, la photo serait prise pendant sa convalescence après sa blessure de septembre 1916.

Son registre matricule ne donne aucune indication sur les lieux d’hospitalisation. Ma demande au Service des Archives Médicales Hospitalières des Armées à Limoges n’a pas permis de trouver des documents concernant mon grand père.

Au verso de la carte, cette simple mention : "Photo Belville 39 rue Boucher de Perthes à Rouen (Seine inférieure)". Gabriel Belville est connu entre 1905 et 1918 comme « spécialisé dans les photographies de militaires et de mariages » [2]

Cela laisse penser que ce cliché a été pris à Rouen ou aux environs. Durant la Grande Guerre, des institutions religieuses, des propriétés privées, des collèges et lycées ont accueilli des hôpitaux temporaires.

Liste de ces établissements pour la Seine Inférieure sur le Forum Pages 14-18

Deux éléments architecturaux pourraient donner une piste :

  • Il semble qu’il y ait deux bâtiments séparés par une cloison de bois, avec une porte ouvrant sur un autre espace.
  • Le mur de gauche sur la photo s’orne de grande verrière, artistiquement décorée.
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Cloison de séparation ?
Des fils électriques ou téléphoniques relient les deux bâtiments.
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La grande verrière

Notes

[1Registre matricule n° 1796 classe 1912 (1R 3319 en ligne sur le site des archives de Seine Maritime)

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