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Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne...

Le vendredi 3 juin 2022, par Eliane Deschenes

Au gré de mes recherches généalogiques sur les porteurs du patronyme TURREL, je me suis intéressée à un dénommé Charles TURREL, né à Chatillon d’Azergues, dans le Rhône, en 1859. J’ai suivi son parcours jusqu’à Paris, élargi mes recherches à ses proches et j’y ai découvert une intrigue, toujours pas résolue à ce jour....

Revenons-en à Charles TURREL ; il est le benjamin d’une fratrie de 7. A l’adolescence et jusqu’à son incorporation, il est placé en apprentissage chez un pâtissier installé à St Etienne, dans la Loire. Puis il accomplit ses 4 ans de service militaire, à l’issue desquels il décide de reprendre son métier de pâtissier et "monte" à Paris pour y chercher un nouveau patron. 

A l’âge de 26 ans, il rencontre une élégante demoiselle de la ville, Jeanne Marie ROQUES, âgée de 19 ans, sans profession, qu’il épouse en 1885. Le couple s’installe 12 rue de la Gaîté et coule quelques mois heureux, en espérant que la famille s’agrandisse prochainement. Mais le couple reste sans enfant.

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La pâtisserie sise Rue de la Gaîté à Paris où l’on voit, à travers la vitrine, une jeune femme qui pourrait être Jeanne Marie ROQUES, la première épouse de Charles TURREL.

Printemps 1888. Charles a l’opportunité de se perfectionner en pâtisserie et de se former à la boulangerie, auprès d’un artisan renommé. Il doit, pour cela, se rendre chez Rollandou, avenue du Prado à Marseille. Jeanne Marie refuse de quitter la capitale et laisse son mari partir seul dans le midi. Leur couple ne résiste pas à l’éloignement et le divorce est prononcé en décembre 1888.

En 1900 Charles retourne à Paris et ouvre sa propre pâtisserie, installée cette fois rue de Belleville. Sa boutique réputée propose de délicieux gâteaux, qu’une habitante du quartier, la Dame Solange BRANCHU, semble particulièrement apprécier... Alors qu’ils sont tous deux âgés de 41 ans, des liens finissent par se tisser entre eux et ils se marient en 1902. Entre Charles, préposé à la confection des pâtisseries et Solange qui tient la caisse, le duo fonctionne parfaitement et le commerce est prospère. Hélas, 6 ans plus tard, Charles tombe malade. Il décède en 1908.

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Décès de Charles Turrel en 1908

Le commerce ferme, obligeant Solange à changer d’activité ; elle devient mercière.

Mais alors où est le mystère, quelle est l’intrigue, me direz-vous ? 

C’est le parcours de Solange qui interpelle : serait-elle une "veuve noire" ou joue-t-elle de malchance ? Voyez plutôt...

1) En 1877, à tout juste 18 ans, couturière, elle se marie avec Charles Edouard GARNIER, un mécanicien, de 8 ans son aîné et lui donne, 9 mois plus tard, une fille, Louise Marie Pauline. Hélas, la petite décède à l’âge d’un an, en 1879 et Charles Edouard meurt à son tour en 1880.

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Décès de Charles Edouard Garnier en 1880

2) Jeune veuve, brièvement éplorée, Solange fait la connaissance de Nicolas RAVUNG, employé au chemin de fer. Ce lorrain d’origine, âgé de 31 ans, épouse Solange en août 1881 ; ils ont un fils, Alexandre Nicolas, en février 1882.
Nicolas décède en septembre 1898, après 17 ans, de mariage. C’est le second veuvage de Solange.

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Décès de Nicolas Ravung en 1898

Deux ans plus tard, leur fils Alexandre Nicolas, alors âgé de 18 ans, se marie avec une certaine Berthe Clémentine POMEYROL, couturière de 20 ans.

3) Puis c’est le re-re-mariage de Solange en 1902 avec notre pâtissier évoqué plus haut : Charles TURREL, décédé en 1908. Solange connaît son troisième veuvage.

4) Décidemment le noir ne lui va pas au teint. Solange se remarie dès 1909, avec Jean Pierre POMEYROL, un chef de chantier âgé de 49 ans, veuf lui aussi. Elle le connaît depuis quelques années : ce n’est autre que le beau-père de son fils ou le père de sa belle-fille, comme on veut. Solange est donc à la fois la mère et la belle-mère de son fils....vous me suivez ? Toujours est-il que le mariage a lieu en décembre 1909 et prend fin avec le décès de Jean Pierre POMEYROL en 1917.

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Décès de Jean-Pierre Pomeyrol en 1917

Quatre mariages et quatre enterrements, ça interpelle, non ? D’autant plus qu’après ce quatrième veuvage, Solange "disparaît des radars" : je ne l’ai retrouvée ni dans les recensements de population à Paris, ni dans les relevés collaboratifs des autres généanautes ; quant à son acte de naissance à Blois, il ne porte pas, en marge, les habituelles date et lieu de décès ; seules les 3e et 4e unions de Solange sont mentionnées.

Qu’est devenue la veuve noire ?......

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23 Messages

  • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 3 juin 07:45, par Bouchet Joëlle

    Ou veuve malchanceuse ?...savez-vous si elle s’est enrichie ?

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  • Malchance ? Non simplement la vie à cette époque. Je crois que l on a tous des exemples ainsi ; chez les hommes et chez les femmes. Et des actes de naissance avec des mentions marginales manquantes aussi.

    Il faut de plus considérer les dates des lois de ces mentions, de mémoire 1945 pour les de ces.... donc cette veuve noire comme vous la baptiser, est décédée avant cette date certainement. Et c est assez logique.

    Pour en savoir plus, c est bien compliqué... Cette rubrique regorge de personnes qui cherchent les dates et lieux de décès !
    Bonnes recherches quand même.

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  • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 3 juin 09:04, par Christiane CONVERT

    Si elle ne s’est pas remariée encore une fois, il se peut qu’elle ait fini ses jours chez son fils, (les enfants prenaient en charge leurs parents isolés à cette époque). Il serait peut-être intéressant de suivre la carrière du fils et ses lieux de vie.
    Christiane Convert

    Répondre à ce message

  • Intéressant...
    Votre "veuve noire " est décédée le 17 janvier 1942 au 111, rue Broca, Paris 13e. Elle demeurait au Perreux-sur-Marne.
    Seuls 3 veuvages lui sont imputés sur son acte de décès.
    Cdt,
    M-C Rousset

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Elle décède à Paris 13, le 19 janvier 1942. Acte 62

    Cordialement,

    Marie-Paule MOREL

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  • Son dernier mari décède à Paris 11e. Elle a près de 70 ans à l’époque (1917). C est la guerre...

    Je chercherais dans les arrondissements parisiens avec grands hôpitaux hospices... et commencerais simplement par le 11e !

    Répondre à ce message

  • Bonjour,

    Et si il y avait eu enquête suspectant des "crimes". Peut-être est elle morte en prison...

    Cordialement

    Claire

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    • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 4 juin 21:27, par Eliane DESCHENES

      Brrrr ! La veuve noire, de plus en plus noire....Le mystère s’épaissit....

      Eh non, quelques lecteurs/lectrices ont trouvé que Solange BRANCHU est décédée à Paris à l’âge de 83 ans. Elle a, en fait, été accablée par la disparition de ses 4 époux mais ne semble pas avoir été à l’origine de leur décès.
      Pour ma part, je vous remercie tous/toutes pour vos messages et commentaires, qui m’ont permis de compléter ce que je savais sur cette dame.
      Cordialement
      Eliane DESCHÊNES

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  • Décès solange branchu

    Le 19 janvier 1942
    Paris 13e (Paris, Paris)

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  • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 3 juin 11:15, par Lidia Santelia

    Bonjour 🙂
    Très intéressant. La Dame a peut être, si veuve noire, été incarcérée ? Cf archives judiciaires. Avec peut-être 4 éliminations d’epoux, elle aura pris perpétuité 😅
    Ou alors tristement,le sort s’acharnant elle aura terminé sa vie dans un monastère...

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    • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 4 juin 21:07, par Eliane DESCHENES

      Voyez comme l’évocation d’une possible veuve noire peut passionner les lecteurs et les lectrices...
      Mais dans cette tranche de vie-là, point de crime, point de condamnation : Solange BRANCHU, malheureusement veuve par 4 fois, est décédée à l’âge de 83 ans, à Paris ; ce que j’ai vainement cherché pendant des semaines.
      Je retiens cependant, pour d’autres aïeux "disparus des radars", les pistes que vous avez évoquées...
      Cordialement
      Eliane DESCHÊNES

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  • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 3 juin 11:22, par Jacques Seynaeve

    Solange BRANCHU et son dernier mari Jean Pierre POMEYROL sont inhumés au cimetière de Pantin (93).

    Cordialement.
    Jacques

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    • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 4 juin 21:13, par Eliane DESCHENES

      Bonjour,
      Comment avez-vous trouvé ces informations ? Par les photos de tombes relevées sur généanet ?
      En tout cas, MERCI pour votre contribution !
      Voici une précision que je ne vais pas manquer d’ajouter à la fiche de Solange BRANCHU dans mon arbre.
      Cordialement
      Eliane DESCHÊNES

      Répondre à ce message

  • Je me pose juste une question : aurait- on le même vocabulaire, un brin péjoratif, s’il s’ agissait de 4 mariages et de 4 veuvages d’un homme ?
    Pas de sécurité sociale, pas de retraite, peut être même pas de profession, pas d aides diverses et variées qui nous semblent naturelles à nous.. comme une pension de reversion.

    Quelle autre solution que de se remarier ? Et rapidement ? Le terme des loyers est trimestriel... si on ne veut pas se retrouver à la rue.
    De plus certains de ses mariages ont duré longtemps...

    En généalogie, il faut se replacer dans " le contexte" ; il faut éviter de raisonner comme au XXIe siècle.

    Répondre à ce message

    • je suis d’accord avec vous elle n’a pas eu de chance elle avait bien un fils mais ne voulait pas le géner et etre à sa charge et le fait de ces décés successifs ne l’ont pas rebutée du mariage !!! à cet époque l’honneur était sauf !!!!

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    • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 4 juin 20:28, par Eliane DESCHENES

      Bonjour,
      Je vous remercie pour l’intérêt que vous avez porté à l’énigme de Solange BRANCHU et partage totalement vos remarques sur la condition des veuves et femmes seules jusqu’au milieu du siècle dernier.
      Mais reconnaissez que la présentation de cette malheureuse veuve eût été moins passionnante si je ne l’avais pas qualifiée de "veuve noire"....
      Cordialement
      Eliane DESCHENES

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    • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 5 juin 18:37, par FRANCO LLOBEL Danielle

      Effectivement cette femme n’a pas eu d’autres choix-

      Dans ma propre genealogie et dans mes filiations , seule la génération de mes grands mères est plus privilégiée quant au destin—mes arrières grands mères sont mortes assez jeunes et pour deux en misère relative leurs enfants quoique bien pourvus et socialement installés ne les entretenant que mesquinement-

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    • Comble de malchance... le mauvais sort s’acharne... 5 juin 21:04, par Eliane DESCHENES

      Bonjour
      Vos remarques sont tout à fait pertinentes et je conçois que la présentation de Solange BRANCHU sous l’angle d’une possible veuve noire responsable du décès de ses 4 époux puisse vous heurter, vous irriter. Ne voyez pas dans cette tranche de vie le moindre de parti pris contre les femmes seules ou devenues veuves. Je ne meconnais pas les difficultés qu’elles pouvaient rencontrer. L’inverse existe aussi pour les hommes devenus veufs avec de jeunes enfants. D’ailleurs j’ai dans mon arbre généalogique un aïeul qui s’est marié 5 fois suite à 4 veuvages : MUNCH Pierre dit Adam Péter (1768-1832)
      marié 1799 avec Ursula MANNIG (1756-1814) ; 1 fils Barthélémy (1799-1937)
      marié 1815 Madeleine NUNNINGER (1788-1816) 1fils Pierre (1816-1868)
      marié 1816 Catherine LANG (1785-1818) 1 fille (1817-1817)
      marié 1818 Madeleine GEIGER (1790-1828) 1 enfant mort-né 1828
      marié 1828 Marie Ursule HOCHSTATTER (1788- après 1836) 1 fille Catherine (1830-1831).

      Cordialement
      Eliane DESCHENES

      Répondre à ce message

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