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"ça ne durera pas autant que la foire de Montmerle" 3/3

, par Jacqueline Besson-Le Huédé

Bonjour et merci pour votre article vivant et bien illustré.
Vous parlez de la foire vue parfois comme un lieu de perdition...
Vous trouverez ci-dessous un petit article que j’ai écrit l’an dernier pour une revue catholique : Autre temps, autres mœurs !

« Le dévergondage moderne » et « les modes inconvenantes »
C’est sous ces titres que la "Semaine religieuse" du diocèse de Nevers intitulait, en 1924 et en 1929, deux articles fustigeant les tenues inappropriées pour des femmes chrétiennes ainsi que les danses de cette époque.

« La femme doit entrer dans la maison de Dieu, couverte et en habit montant », autrement dit avec des manches longues et un col cachant le cou. Les fillettes, quant à elles, ont l’obligation de porter des robes « qui descendent jusqu’au-dessous des genoux ».
« Depuis quelques temps, est-il écrit, il s’est établi, dans le costume des femmes, une mode qui supprime les manches et augmente le décolletage. Il convient, par suite, d’avertir les fidèles que les personnes qui oseraient venir à l’église avec des habillements de ce genre (corsages décolletés, manches insuffisamment longues, ne couvrant pas les coudes) ne seront pas admises aux sacrements et pourront être invitées à quitter l’église. Si donc une femme ou une jeune fille, vêtue de cette façon, se présentait à la sainte Table pour communier, tout prêtre devrait […] passer devant elle sans lui donner la sainte communion. […] Que les pasteurs et les directeurs de conscience élèvent la voix ! ».

Chacun de ces articles s’oppose aussi aux danses « modernes ». L’auteur admet que la danse est « un exercice corporel qui n’a rien de mal en soi » et que, même dans la Bible, il est parfois question de danses. En revanche, il estime que les danses « modernes » sont « condamnables et absolument condamnées par l’Eglise », que « les pas sont indécents », que le danseur et la danseuses se tiennent trop près l’un de l’autre. Rappelant le 6e commandement et les prédications du saint curé d’Ars, il s’en prend aux « danses qui viennent d’Argentine, du Brésil et des pays nègres » (sic). « On prétend, dit-il, que ces danses peuvent rester convenables, les danseurs gardant entre eux une distance de trois centimètres. Quand la vertu tient à trois centimètres ! ».

Il rappelle aussi que les parents ont un rôle à jouer auprès de leurs enfants et que, hélas, ils ne le font pas. Il s’insurge contre les invitations à des soirées sur lesquelles figurent les initiales « SBI », « sans bagages inutiles », c’est-à-dire « sans les parents » : « Que dire de l’aveuglement des mères ! Que dire de la faiblesse des pères ! », s’exclame-t-il.
Si l’auteur de ces articles revenait aujourd’hui, il est probable qu’il en avalerait son porte-plume !
Jacqueline Besson-Le Huédé

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