La mise en place de l’État Civil en France ne fut pas un long fleuve tranquille
, par graillot Nicole
Merci à Brigitte, Gisèle et Odile pour vos messages qui semblent exprimer des circonstances et un ressenti différents de la cérémonie de confirmation.
Dans l’église catholique, la confirmation est un sacrement qui se reçoit après le baptême. C’est en quelque sorte la seconde étape de l’initiation chrétienne qui consolide le lien entre le baptisé et l’église.
Les modalités selon lesquelles était célébré ce sacrement ont évolué au fil des temps.
C’est généralement l’Évêque qui officie ou en cas d’impossibilité, un prêtre délégué par ce dernier.
Au cours de la cérémonie, les fidèles reçoivent le don de l’Esprit Saint, envoyé sur les Apôtres le jour de la Pentecôte.
A partir du XIIe siècle, on baptisait les bébés très rapidement après la naissance en raison de l’importance de la mortalité infantile (pour éviter l’errance dans les limbes).
L’enfant recevait cette première onction baptismale par le prêtre (ou à défaut, par la sage-femme formée par ce dernier, ou encore toute autre personne baptisée, si le nouveau-né était en danger de mort), à l’occasion, on lui donnait un parrain et une marraine (parfois deux) et on lui imposait un « nom ».
Lors de la confirmation, plusieurs années après, c’est l’Évêque qui appliquait la seconde onction : le Saint-Chrême.
Mais une question s’est posée : à quel moment célébrer la confirmation ?
XIIIe-XXe : variations sur « l’âge de raison »
« La question se développe : à quel âge comprend-on bien ce qui se passe lors d’une célébration ? La réponse sera variable et dissociera les trois sacrements de l’initiation, jusqu’alors célébrés comme un tout, trois facettes d’un même mystère pascal. Au XIIe siècle, on retarde la communion à l’âge de « discrétion » - on dira plus tard de « raison » -, tout en faisant osciller celui-ci de 7 à 11 ans selon les lieux. Au XVIe siècle, on retarde la confirmation au même âge tout en la réservant toujours à l’évêque. Au XVIIe siècle, on veut faire coïncider réception des sacrements et années de catéchisme. Ce dernier s’est beaucoup développé car la Réforme protestante a poussé les catholiques à affiner leur enseignement. Ce premier caté commence à 7 ans et se termine vers 11-12 ans. En France, on va lier la communion avec la profession de foi. Saint Vincent de Paul en est le grand promoteur. Au XVIIIe siècle, développement de la « raison » aidant, on fait passer la confirmation après la communion : "Afin d’être assuré que les enfants présentés seront suffisamment instruits". » https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Bapteme/Histoire-du-bapteme
Rôle des parrain et marraine ?
« Comme pour le sacrement du baptême, un parrain ou une marraine accompagne dans la mesure du possible celui qui reçoit le sacrement de la confirmation. Avoir un parrain ou une marraine a trois objectifs :
• aider et soutenir, par sa présence active, celui qui se prépare à recevoir le sacrement de la confirmation ;
• présenter le confirmand (celui qui va être confirmé) à l’évêque ou son délégué pendant la célébration ;
• aider le confirmé à vivre du don qu’il aura reçu. Il vaut donc mieux choisir ce parrain ou cette marraine vers le début de la préparation. » https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Bapteme/Histoire-du-bapteme
La voie, dans la pratique de leur foi, suivie par les parents, définissait souvent celle qu’ils dessinaient pour leurs enfants.
Bien que lors de la confirmation, le choix d’un parrain ou d’une marraine appartenait au confirmand, pour diverses raisons ce n’était pas toujours le cas.
Que devenaient alors les parrain et marraine de baptême lorsque ni l’un ni l’autre n’était nommé ?
Quant au « nom » imposé lors du baptême, en réalité le prénom, il était souvent hérité d’un parent, d’un aïeul, d’un parrain ou d’une marraine et souvent peu distinctif au niveau de la reconnaissance des personnes. Un changement de prénom plus « personnalisé » pouvait se comprendre. Mais le prénom inscrit sur le registre des baptêmes restait le prénom officiel, doublé parfois, voire même remplacé par un prénom d’usage.
Vos messages et autres témoignages (de contemporains) confirment l’âge d’environ 10 ans pour la célébration de la confirmation.
On peut comprendre que tous, du fait de leur jeunesse, n’avaient pas la même maturité d’esprit ni même la même liberté de choix au sein de leur famille.
Les actes cités en référence dans cet article sont datés de 1684 et 1690, en pleine période de répression, suite à la révocation de l’Édit de Nantes. Peut-être la raison pour laquelle, le Prêtre Prieur de Saint Cyr les Colons tenait tellement à justifier dans ses registres la qualité de « bon chrétien » de ses ouailles ? Peut-être aussi voulait-il asseoir sa position, affirmer son obéissance et l’attention qu’il déployait pour faire respecter les ordonnances royales ?
En tout cas, malgré des recherches dans de nombreux registres et dans différentes régions, je n’avais jamais rencontré la mention du prénom et de la marraine de confirmation dans un registre paroissial.
Mais pour connaître mieux l’histoire de nos ancêtres, il n’y a pas lieu de s’en plaindre !
Bien cordialement,
Prenez bien soin de vous, Bobinette
Merci à Brigitte, Gisèle et Odile pour vos messages qui semblent exprimer des circonstances et un ressenti différents de la cérémonie de confirmation.
Dans l’église catholique, la confirmation est un sacrement qui se reçoit après le baptême. C’est en quelque sorte la seconde étape de l’initiation chrétienne qui consolide le lien entre le baptisé et l’église.
Les modalités selon lesquelles était célébré ce sacrement ont évolué au fil des temps.
C’est généralement l’Évêque qui officie ou en cas d’impossibilité, un prêtre délégué par ce dernier.
Au cours de la cérémonie, les fidèles reçoivent le don de l’Esprit Saint, envoyé sur les Apôtres le jour de la Pentecôte.
A partir du XIIe siècle, on baptisait les bébés très rapidement après la naissance en raison de l’importance de la mortalité infantile (pour éviter l’errance dans les limbes).
L’enfant recevait cette première onction baptismale par le prêtre (ou à défaut, par la sage-femme formée par ce dernier, ou encore toute autre personne baptisée, si le nouveau-né était en danger de mort), à l’occasion, on lui donnait un parrain et une marraine (parfois deux) et on lui imposait un « nom ».
Lors de la confirmation, plusieurs années après, c’est l’Évêque qui appliquait la seconde onction : le Saint-Chrême.
Mais une question s’est posée : à quel moment célébrer la confirmation ?
XIIIe-XXe : variations sur « l’âge de raison »
« La question se développe : à quel âge comprend-on bien ce qui se passe lors d’une célébration ? La réponse sera variable et dissociera les trois sacrements de l’initiation, jusqu’alors célébrés comme un tout, trois facettes d’un même mystère pascal. Au XIIe siècle, on retarde la communion à l’âge de « discrétion » - on dira plus tard de « raison » -, tout en faisant osciller celui-ci de 7 à 11 ans selon les lieux. Au XVIe siècle, on retarde la confirmation au même âge tout en la réservant toujours à l’évêque. Au XVIIe siècle, on veut faire coïncider réception des sacrements et années de catéchisme. Ce dernier s’est beaucoup développé car la Réforme protestante a poussé les catholiques à affiner leur enseignement. Ce premier caté commence à 7 ans et se termine vers 11-12 ans. En France, on va lier la communion avec la profession de foi. Saint Vincent de Paul en est le grand promoteur. Au XVIIIe siècle, développement de la « raison » aidant, on fait passer la confirmation après la communion : "Afin d’être assuré que les enfants présentés seront suffisamment instruits". »
https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Bapteme/Histoire-du-bapteme
Rôle des parrain et marraine ?
« Comme pour le sacrement du baptême, un parrain ou une marraine accompagne dans la mesure du possible celui qui reçoit le sacrement de la confirmation. Avoir un parrain ou une marraine a trois objectifs :
• aider et soutenir, par sa présence active, celui qui se prépare à recevoir le sacrement de la confirmation ;
• présenter le confirmand (celui qui va être confirmé) à l’évêque ou son délégué pendant la célébration ;
• aider le confirmé à vivre du don qu’il aura reçu. Il vaut donc mieux choisir ce parrain ou cette marraine vers le début de la préparation. »
https://croire.la-croix.com/Definitions/Sacrements/Bapteme/Histoire-du-bapteme
La voie, dans la pratique de leur foi, suivie par les parents, définissait souvent celle qu’ils dessinaient pour leurs enfants.
Bien que lors de la confirmation, le choix d’un parrain ou d’une marraine appartenait au confirmand, pour diverses raisons ce n’était pas toujours le cas.
Que devenaient alors les parrain et marraine de baptême lorsque ni l’un ni l’autre n’était nommé ?
Quant au « nom » imposé lors du baptême, en réalité le prénom, il était souvent hérité d’un parent, d’un aïeul, d’un parrain ou d’une marraine et souvent peu distinctif au niveau de la reconnaissance des personnes. Un changement de prénom plus « personnalisé » pouvait se comprendre. Mais le prénom inscrit sur le registre des baptêmes restait le prénom officiel, doublé parfois, voire même remplacé par un prénom d’usage.
Vos messages et autres témoignages (de contemporains) confirment l’âge d’environ 10 ans pour la célébration de la confirmation.
On peut comprendre que tous, du fait de leur jeunesse, n’avaient pas la même maturité d’esprit ni même la même liberté de choix au sein de leur famille.
Les actes cités en référence dans cet article sont datés de 1684 et 1690, en pleine période de répression, suite à la révocation de l’Édit de Nantes. Peut-être la raison pour laquelle, le Prêtre Prieur de Saint Cyr les Colons tenait tellement à justifier dans ses registres la qualité de « bon chrétien » de ses ouailles ? Peut-être aussi voulait-il asseoir sa position, affirmer son obéissance et l’attention qu’il déployait pour faire respecter les ordonnances royales ?
En tout cas, malgré des recherches dans de nombreux registres et dans différentes régions, je n’avais jamais rencontré la mention du prénom et de la marraine de confirmation dans un registre paroissial.
Mais pour connaître mieux l’histoire de nos ancêtres, il n’y a pas lieu de s’en plaindre !
Bien cordialement,
Prenez bien soin de vous, Bobinette