je comprend tout à fait votre indignation, devant la façon "légère" dont mon grand-père évoque la grande guerre. Je pense qu’en lui-même, il n’en était pas aussi détaché qu’il a bien voulu le laisser croire dans cet article, d’où son (très) long silence sur le sujet en famille.
Opter pour l’aviation, lui a permi de prendre de la hauteur par rapport au champs de bataille et d’échapper à ce carnage. Mais contrairement a ce que vous pensez, il a vécu et partagé auparavant, la vie des poilus dans les tranchées avant de changer d’arme. Cette distance, que vous nommez égoïsme, lui a probablement sauvé la vie.
Les avions de l’époque malgré leur fragilité apparente n’étaient déjà évidemment plus des jouets. Et c’est cette idée, ancrée dans l’esprit de nos stratèges, qui a contribué à nous faire perdre la bataille de France en 1940.
J’ai appris incidemment qu’en mai 1940, mon grand-père aurait refusé qu’une partie de ses pilotes-instructeurs se portent volontaires pour le front. Encore son égoïsme me direz-vous ? Pour ma part, je pense que son expèrience lui avait appris la primauté de l’homme sur la machine. Et probablement que pour lui, préserver et former des pilotes aguerris sur les nouveaux avions arrivant massivement, c’était contribuer plus efficacement à défendre notre pays. Tâche peut-être ingrate, mais au combien utile, bien que non aussi facilement quantifiable que des victoires aériennes, mais qui demandait bien plus de temps que la construction d’un avion sur sa chaîne.
Le journal de marche de son dernier groupe de chasse en mai 1940 indique le jour de son départ : qu’il "était très aimé de ses hommes". Pour moi, cette appréciation collective supplante toutes celles qu’ont pu lui porter sa hiérarchie à ce moment, dont celle de son chef direct qui choisit lui ensuite, la voie de la collaboration.
Bonjour Joelle,
je comprend tout à fait votre indignation, devant la façon "légère" dont mon grand-père évoque la grande guerre. Je pense qu’en lui-même, il n’en était pas aussi détaché qu’il a bien voulu le laisser croire dans cet article, d’où son (très) long silence sur le sujet en famille.
Opter pour l’aviation, lui a permi de prendre de la hauteur par rapport au champs de bataille et d’échapper à ce carnage. Mais contrairement a ce que vous pensez, il a vécu et partagé auparavant, la vie des poilus dans les tranchées avant de changer d’arme. Cette distance, que vous nommez égoïsme, lui a probablement sauvé la vie.
Les avions de l’époque malgré leur fragilité apparente n’étaient déjà évidemment plus des jouets. Et c’est cette idée, ancrée dans l’esprit de nos stratèges, qui a contribué à nous faire perdre la bataille de France en 1940.
J’ai appris incidemment qu’en mai 1940, mon grand-père aurait refusé qu’une partie de ses pilotes-instructeurs se portent volontaires pour le front. Encore son égoïsme me direz-vous ? Pour ma part, je pense que son expèrience lui avait appris la primauté de l’homme sur la machine. Et probablement que pour lui, préserver et former des pilotes aguerris sur les nouveaux avions arrivant massivement, c’était contribuer plus efficacement à défendre notre pays. Tâche peut-être ingrate, mais au combien utile, bien que non aussi facilement quantifiable que des victoires aériennes, mais qui demandait bien plus de temps que la construction d’un avion sur sa chaîne.
Le journal de marche de son dernier groupe de chasse en mai 1940 indique le jour de son départ : qu’il "était très aimé de ses hommes". Pour moi, cette appréciation collective supplante toutes celles qu’ont pu lui porter sa hiérarchie à ce moment, dont celle de son chef direct qui choisit lui ensuite, la voie de la collaboration.