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Tous des descendants de Charlemagne ?

Ce raisonnement sur votre page perso, permettant en somme de chiffrer le raisonnement de beaucoup (sur cette page comme ailleurs) se basant sur le nombre d’habitants confronté au nombre théorique d’ancêtres pour prétendre à une descendance, et chez vous basé sur le tirage aléatoire d’un couple, est très intéressant et comporte à mon sens une grande dose de vérité. Cependant, et c’est commun à toute théorie affirmant des descendances par probabilité, il existe une faille à ce raisonnement, qui bien que de portée limitée au vu du contexte particulier mérite cependant d’être signalée :

Les couples et plus généralement les personnes, tirés à une époque donnée, ne sont pas, au sens de l’ascendance, "équivalents". Par exemple on parle souvent des couples vivant à une époque donnée. Mais premièrement et très clairement ces couples pour être pris en compte doivent déjà avoir une descendance jusqu’à aujourd’hui. Outre ce critère (que je n’apprends à personne) rempli pour Charlemagne et de nombreuses compagnes, il est surtout intéressant de signaler que deux autres facteurs moins visibles sont à prendre en compte : la géographie et le milieu social. Ils "coefficientent" fortement la propension à descendre de telle ou telle personne, ou au contraire à n’en pas descendre ! On sait par exemple que les descendants de roi se mariaient très souvent entre personnes de même rang soit au bout de quelques générations entre cousins, ce qui aboutissait certes d’un côté à des personnes descendant beaucoup de fois des mêmes ancêtres royaux, mais également d’un autre côté cela conduisait inexorablement à limiter le fait que ce sang se répande dans les autres couches sociales !
On assiste donc, si on figure cela en un schéma ultra simple, à une disparité certaine entre contemporains au bout de quelques générations quand il s’agit d’un ancêtre royal (comme, disons au hasard, Charlemagne). C’est à dire soit on n’en descendait pas, soit on en descendait plusieurs fois.
Le même phénomène apparaît aussi géographiquement car nos ancêtres se mariaient souvent entre personnes de même commune ou de communes voisines. Vous descendez tous sans doute plusieurs fois d’un même couple vivant au XVIIe, différent pour beaucoup d’entre vous. D’ailleurs vous vous figurez aisément que tous les généalogistes n’ont pas forcément ce couple dans leurs ancêtres, ni plusieurs fois, ni même une fois. Voilà un autre exemple des portées géographiques et sociales qui viennent faire barrage à l’utilisation simple et franche des lois de probabilités. Mais pour être plus concret, voilà un exemple simple illustrant le paradoxe créé par ces barrières :

Prenons une zone géographique longtemps coupée de contacts avec l’Europe. Ainsi on se figurera facilement que très peu (voire pas du tout) d’Européens du 14e siècle doivent avoir d’ancêtres d’Amérique du Sud sur leur 40 eme génération par exemple. Pourtant avec un raisonnement probabiliste, on s’apercevrait vite que la probabilité pour ne pas descendre d’un couple américain est quasi-nulle !!! Parce qu’on a fait fi des distances et qu’on a considéré tous les couples de l’époque comme "équivalents" au sens de l’ascendance.

Et que dire aussi d’un autre facteur qui est le nombre d’enfants par exemple ! On se représente sans peine qu’on a plus de "chances" de descendre de quelqu’un ayant fait 30 enfants qu’un seul !

Ainsi les lois de probabilité ne s’appliquent pas aussi simplement que cela, (on ne connaît pas l’importance relative de ces différents facteurs : barrières géographiques ou sociales interdisant ou tout du moins freinant considérablement les mélanges, nombre de descendants,...) et on peut voir alors la consanguinité non pas comme affirmant qu’on descend de tous les couples de l’époque puisqu’ils existaient en nombre restreint par rapport au nombre théorique de nos ancêtres, mais plutôt comme nous signifiant qu’on descend... encore plus de fois des couples susceptibles d’appartenir à notre bassin géographique et/ou social !!!!

Je suis désolé pour ceux que je déçois avec mon bémol, mais qu’ils se rassurent en se disant que pour ce qu’il en est de Charlemagne et au vu des nombreux enfants illégitimes et de la relative mobilité de ses descendants, on peut supposer que pour tous ceux ayant des ancêtres européens à la lumière de ces facteurs seul doit pouvoir changer le nombre de fois dont chacun descend de l’empereur, et non le fait d’en descendre ou pas et ce quel que soit l’extraction de ses ancêtres !

Cette remarque n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à lire cette page !

Cordialement

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