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Les citations d’Antoine Theureau du G.B.D 45

En hommage aux brancardiers de la Grande Guerre


jeudi 4 février 2010, par Michel Guironnet, Paul Moutardier

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« Il fait tout à fait nuit maintenant. Des voix montent de l’entonnoir. Des voix gémissantes, qui pleurent, se plaignent, appellent, supplient, se révoltent... Les voix gémissent toujours ; les cris montent et tremblent dans la nuit, tous les cris autrefois entendus : "Brancardiers ! Les brancardiers !"... il fait très froid, une froidure d’après la pluie, terrible aux pauvres chairs lacérées. Ils crient, maintenant ; ils clament la souffrance de leur corps... Oh ! vous n’vous figurez pas, répète Petitbru. Faut que j’crie, que j’crie... Les brancardiers ! Les brancardiers !... Que j’crie encore, bon Dieu !... Petibru recommence toujours... Mais soudain, de toutes ses forces, Petitbru se met à hurler : « Je n’peux pas ! Je n’peux pas ! Brancardiers ! Oh ! mon pied ! Brancardiers ! Les brancardiers ! » Sa voix s’étrangle. Il scande, hors de lui, jetant les syllabes à coups de mâchoire enragés : « Bran-car-diers !... Bran-car-diers ! » Maurice Genevoix, Les Eparges dans Ceux de 14.

Paul Moutardier, époux de Gisèle Theureau, la petite fille d’Antoine Theureau, a écrit pour nous ces quelques lignes en hommage à ce brancardier de la Grande Guerre.

Comme il me le précise, c’est grâce aux souvenirs racontés par Adrienne Joblot, l’épouse de Louis Theureau, fils d’Antoine le brancardier, qu’il a pu rédiger cet article.

"Sans elle, je n’aurai pu vous donner que les documents officiels.
Ses souvenirs qu’elle m’a racontés et que j’ai transcrits sont très appréciés par ses petits-enfants et arrière petits-enfants"
.

J’ai simplement ajouté à son texte quelques développements destinés à mieux comprendre les lieux et les circonstances des faits racontés.

Antoine THEUREAU, né le 23 juillet 1878 à Fley (Saône–et-Loire), au hameau de Rimond, fils de Claude et de Magdeleine PERNIN, se mariait le 24 juin 1900 à Saint-Clément-sur-Guye (Saône–et-Loire). Ses parents, fermiers, assistaient à son mariage avec Catherine GRESSARD.

Antoine, alors soldat à la 23e Section d’infirmiers à Nancy, déposait en mairie une autorisation de mariage émanant du Général Commandant le
20e Corps d’Armée à Nancy.

Ce fut peut-être dès le retour à la vie civile d’Antoine, que le ménage, agrandi par la naissance de Madeleine, vint habiter Bissey-sous-Cruchaud (Saône-et-Loire). Le 6 avril 1909 Antoine et Catherine donneront un frère, Louis, à Madeleine.

La guerre de 1914-1918 mobilisa Antoine dans un corps de brancardiers. Sa mission consistait à aller chercher sur le champ de bataille, même en
plein combat, les blessés pour les ramener dans les zones où étaient implantées les infirmeries de campagne.

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Antoine Theureau, Poilu de la 12e
Antoine est au premier rang, le deuxième en partant de la gauche (indiqué par la flèche)

Au cours de l’une de ces missions, effectuée avec d’autres brancardiers, leur chariot s’embourba à un point tel qu’ils durent le pousser, les uns, dont Antoine, s’arc-boutant aux roues pour avoir plus d’appui.

Voilà que l’un d’eux, vis-à-vis d’Antoine, se dit, à voix haute, avoir un mauvais pressentiment. Antoine accepta de lui laisser sa place. À peine la
permutation avait-elle eu lieu que le camarade tomba, tué net par une balle.

Le courage d’Antoine lui valut plusieurs citations :

  • Première citation à l’ordre de la 45e Division Algérienne pour le Groupe de brancardiers divisionnaires auquel il appartient, le 28 mai 1916 :
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Citation de mai 1916
  • 13 juin 1918, une citation à l’ordre de la Direction du Service de Santé de la 45e Division « Régiment » le concerne directement : « Theureau Antoine, brancardier au C.B.D./45 [1], matricule 687, a courageusement assuré, sous un feu violent, l’évacuation d’un poste de secours menacé par l’infanterie ennemie. »
  • 17 octobre 1918, nouvelle citation à l’ordre de la Direction du Service de Santé de 45e Division « Régiment » : « Theureau Antoine, à citer en exemple à ses camarades. A fait courageusement son devoir dans des circonstances difficiles, sous de violents bombardements. »

Mai 1916 à la section de brancardiers divisionnaires de la 45e Division d’Infanterie [2]

« Le mois de mai (1916) a marqué une période de fonctionnement interne pour le Groupe. Arrivé à Jubécourt le 10, après avoir quitté Les Merchines (au sud de Vaubécourt, dans la Meuse) et cantonné à Imbécourt, le Groupe a aussitôt commencé le relèvement des blessés.

Le secteur à desservir s’étendait de la corne est du Bois d’Avocourt aux pentes est de la Cote 304.

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Esnes et Montzeville au nord ouest de Verdun

Les postes de secours placés au château d’Esnes et au village de Montzéville, continuellement bombardés, même avec des obus asphyxiants, rendaient le service fort dangereux.

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Le chateau d’Esnes après le bombardement

Les petits postes de secours des régiments étaient situés fort loin du château d’Esnes (deux kilomètres environ pour le poste près du Bois d’Avocourt) et le transport des blessés se présentait dans des conditions particulièrement fatigantes, à raison de la distance et de la configuration du sol, véritablement labouré par les obus, surtout aux abords de la Cote 304.

Plusieurs fois, les brancardiers du Groupe ont dû remplacer les brancardiers tués ou blessés, et aller chercher les blessés jusqu’aux premières lignes.

Sous un tel bombardement, il était inévitable que le Groupe subisse des pertes : un médecin auxiliaire, un sergent et un brancardier ont été tués par éclats d’obus ; dix sept brancardiers dont un sergent et un caporal ont été blessés, tous par éclat d’obus, sauf un par balle. Un conducteur aussi est blessé »

« L’état sanitaire, excellent jusqu’au 20 mai environ, s’est ressenti de l’effort donné : 221 exemptions de service, dont 182 partielles. De plus, deux brancardiers fatigués ont dû être évacués ainsi qu’un conducteur. Les maladies prédominantes ont été : diarrhées, courbatures et quelques affections des voies respiratoires. »

« 22 mai : le groupe reçoit l’ordre du départ, la division étant relevée…

23 mai : à 8 heures, départ ; le groupe arrive à 15 heures à Vaubecourt (Meuse) où il cantonne.

24 mai : départ à 7 heures, arrivée à Contrisson (Meuse) à 14 heures…

25 mai : le groupe assez éprouvé par les fatigues de deux semaines passées sur la ligne de feu, et heureux de pouvoir faire cette troisième étape dans la voiture du C.V.A.D [3]. Départ à 7 heures. Arrivée à Hoéricourt (village aujourd’hui absorbé par Moëslains, au sud de Saint Dizier en Haute Marne) à 13 heures.

27 mai : départ de permissionnaires…(entre autres) le brancardier Theureau ».

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Carte envoyé par Paul Joblot
Paul Joblot, le père d’Adrienne, alors infirmier, et donc bénéficiaire de la permission inscrite sur la carte postale, était à Saint-Pol-sur-Mer en juillet 1917.

Au dos de la carte postale (vue de la Rue de la République de Saint-Pol-sur-Mer) qu’il envoya à son épouse, il écrit, au crayon : « Hier au soir je suis sorti avec Theureau qui embarque cette nuit à 2 heures. »

Du 16 mai au 12 juin 1918 d’après le JMO du G.B.D 45

Le 16 mai 1918, le G.B.D (Groupe de Brancardiers Divisionnaires) et l’Ambulance 4 / 45 font mouvement « pour se porter de Tours sur Marne à Venteuil ». « Départ de Tours par une grosse chaleur » Le déplacement se fait à pied, passant par Bisseuil, Mareuil, Ay, Dizit-Magenta, Cumières où ils arrivent vers 11h 30.

« Les hommes accusent une grande fatigue et une grande halte est demandée au Commandant de la colonne pour midi…/…Le détachement est arrêté le long de la Marne- repos de 2 heures…/..Le campement envoyé à l’avance prévient qu’aucune place n’existe à Venteuil, le cantonnement est prévu pour Arty où le groupe arrive vers 16 h… » [4].

Du 17 au 19 mai : cantonnement en baraques au camp de Sarcy.
Le 19 mai, « le G.B.D part de Sarcy à 23 h pour se rendre au camp de Maco où il arrive le 20 à 3 h » Ce même jour, les hommes de la G.B.D 45 relèvent les hommes de la G.B.D 157.

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Carte des lieux cités

De la date du 20 mai à celle du 24 mai, sur le J.M.O, est détaillée l’organisation du G.B.D 45.

"20 mai : de 3h du matin à 19 h, le groupe stationne au Camp de Maco. Le Médecin Chef et l’officier gestionnaire se rendent dans la journée à Chenay prendrent du G.B.D 157 les détails de la relève du secteur.

A 14 h partent du Camp de Maco les effectifs ci-après destinés à la relève du G.B.D 157 :

  • pour Villers-Fauqueux : 1 pharmacien auxiliaire (Malaquin) et 2 brancardiers.
  • pour Rome : 1 pharmacien auxiliaire (Chabre) et 6 brancardiers.
  • pour Bruxelles : 1 sergent (Tavernier) et 4 brancardiers.
  • pour la Verrerie de la Neuvillette : 1 sergent (Doucet) et 4 brancardiers.
  • pour St Thierry : 1 caporal (Nabria) et 4 brancardiers.
  • pour Muizon, à l’infirmerie du cantonnement : 1 infirmier.
    Ce personnel est placé en subsistance dans les unités en ligne.

Le surplus du G.B.D part du Camp de Maco à 17 h, arrive à Chenay à 17 h 30.

Les cantonnements sont ceux du G.B.D 157, très bien aménagés, les chevaux sont à l’abri, les officiers sont logés. La passation du service par le G.B.D 157 s’effectue sans aucune difficulté, cette dernière formation part à 22 h…/…

21 mai : outre les services administratifs, installés à Chenay, le groupe assure les services suivants : Triage : au N° 18 se tiennent en permanence 2 autos sanitaires"

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Organisation du G.B.D 45
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Organisation (suite)
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Organisation du G.B.D 45 (suite et fin)
Pour plus de précisions sur l’organisation type du Service de Santé pendant la Grande Guerre, on consultera avec profit ; à la fin de cet article ; la présentation d’Alain Girod [5]de MémorialGenWeb.

25 mai : une livraison de 2000 masques M2 est faite par le stockage du Génie des Marais de 9 ans [6] ; leur distribution commence de suite. Il est réservé au même service le matériel anti-asphyxiant d’ordre collectif récupéré dans le secteur…

Le masque M2



Parallèlement à l’apparition du tampon TN, un nouveau masque voit le jour le 6 décembre 1915.

Le masque M2 est un masque complet qui recouvre le visage en totalité. La surface filtrante est donc étendue sur la totalité du masque. Il est composé de deux pièces de gaze qui sont imprégnées et cousues ensemble. La première partie recouvre le visage en entier alors que la seconde forme une cavité qui englobe le menton et les joues.

La vision est assurée par une vitre en plastique rectangulaire. Il est maintenu sur le visage grâce à deux sangles élastiques, une 3e permet de porter le masque autour du cou en position d’attente.

Le 24 janvier 1916, la vitre de vision est remplacée par deux oeilletons identiques à ceux utilisés dans la fabrication des lunettes.

Le 2 mars 1916, il commence à être livré à raison de 50 000 unités. Il permet une protection pendant 5 heures. Il est très rapidement considéré comme un bon masque par les soldats. Il se place très rapidement et il est très polyvalent par rapport aux gaz utilisés par l’ennemi.

De taille unique, il sera décidé en fin d’année 1916, de le proposer en 3 tailles.

Pour plus de détails, voir :





Vers le milieu de l’année 1917, son efficacité commence à être remise en question par l’apparition de nouveaux gaz plus agressifs.

26 mai : une légère modification est apportée à la composition des postes en personnel. Rien à signaler…

"27 mai : journée calme. A 19 h le groupe est alerté ; l’E.M (Etat Major) rejoint son P.C du réduit de Chenay où se tient le Médecin divisionnaire. Notre artillerie se montre très active…

28 mai : à 0 h 30 exactement l’artillerie ennemie se déclenche. 2 obus tombent à Chenay sur le poste N° 35 où s’est rassemblé le service administratif. A 4 h, un obus tombe sur l’immeuble N°14, tuant un cheval de selle monté par le Maréchal des Logis Galiniac.

A 9h 30, le Médecin Chef est appelé au N°18 par le Médecin divisionnaire qui donne l’ordre de se replier sur Thillois, l’Etat Major se transportant au P.C de la cote 108 près Champigny. Les voitures sont chargées de tout le matériel qu’elles peuvent transporter, le départ a lieu à 10 h 15,sous un bombardement assez violent.

Passant Chalons sur Vesles et le Moulin Compensé sans incident, la colonne, très échelonnée arrive à la Garenne de Gueux.

Les voitures sont dirigées sur le village de Gueux, la colonne à pied continue vers Thillois où elle arrive à 12 h. Les hommes sont placés dans la sape réservée au Service de Santé, sise route d’Ormes, un repas chaud leur est servi.

De 12 à 16h aucun fonctionnement. A 16 h arrivent les premiers blessés qui, pansés, sont envoyés sur Gueux ; soit en voiture hippo ou auto ; soit en convoi, accompagnés de brancardiers. Même mouvement pendant la nuit.

Vers 10 h, le Médecin divisionnaire donne l’ordre de détacher au château de Gueux, pour le triage, le Médecin aide major et 4 brancardiers.…

Quelques postes des relais avancés rejoignent le gros du groupe de 16h à 20h. Le sergent Doucet, du poste de Fez, rend compte que le brancardier Auxiette à été tué par éclat d’obus, et le brancardier Pantot très grièvement blessé, les brancardiers Bourgneuf et Lallemand blessés.

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Fiche extraite du site Mémoire des Hommes

Le Pharmacien auxilliaire Malaquin rend compte que le brancardier Delorme a été tué par obus à Villers-Franqueux. Les brancardiers Michel et Deprun ont été blessés.

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Fiche extraite du site Mémoire des Hommes

29 mai : à 4 h du matin, le Médecin divisionnaire donne l’ordre au G.B.D de se transporter à Gueux (château) pour assurer le triage. La colonne à pied part de Thillois à 5 h ; arrive à Gueux à 5 h 30 ; le triage assuré la nuit par l’aide-major est continué. Les évacués sont dirigés sur Bouleuse.

L’artillerie installe sa batterie à proximité du château. L’artillerie ennemie commence à tirer vers 10h 30, à 11 h le bombardement est intense, le groupe se replie par fractionnement dans la direction de Bouleuse où il est rassemblé vers 13h.

Au cours de ce repli, le caporal Petitjean et le brancardier Debeaupuis sont tués ; les brancardiers Taudon et Segaud, le conducteur Lescutier sont blessés. [7]

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Fiche extraite du site Mémoire des Hommes

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Fiche extraite du site Mémoire des Hommes

Une partie du matériel est détruite…1 cheval tué, 2 blessés, 1 grande voiture pour blessés et 1 petite voiture pour blessés détruites.

Le groupe continue à l’H.O.E (Hôpital d’Opération et d’Evacuation) de Bouleuse le triage des blessés jusqu’à une heure avancée de la nuit.

A 19h 30, suivant les ordres du Médecin divisionnaire, le G.B.D se porte sur Pargny où il arrive à 10 h et séjourne une partie de la nuit ; les voitures sont à proximité de la gare de Courmas.

Les évacuations des P.S.R (Poste de Secours Régimentaire) sont assurés par une grande partie du personnel du G.B.D, soit qu’il ait été conservé du secteur de Chenay, soit par l’envoi fait dès le 29 (mai) au matin de 3 postes de 20 h (hommes) chacun constitués tant par le G.B.D 45 que par un renfort de 40 h (hommes) envoyé par le G.B.C du 1er C.B.C le 29 au matin.

1er poste à Rosnay – 2e à la Garenne de Gueux – 3e au Mont St Pierre, replié immédiatement sur la sape de Thillois.

Évacués du 29 mai : Gueux et Bouleuse : 120.

30 mai : les éléments stationnés à Pargny sont repliés sur la gare de Courmas à 2h ; attendant les ordres jusqu’à 8 h. Le Médecin divisionnaire ordonne d’installer un relai central dans les accidents de terrain situés à proximité de la gare de Courmas ; installation très difficile en raison des batteries déjà en position et de l’accession pour les voitures.

Vers 9 h, ordre de se rendre à Ecueil, le groupe passe Ville Domangé, Sacy et arrivant à Ecueil, reçoit l’ordre de revenir à Ville Domange où il est de nouveau à 12 h.

Le triage commence dans une grange, les blessés affluent en nombre et sont dirigés d’abord sur Sacy puis sur Mont-Chenot où se sont repliées les ambulances.

Peu ou pas de bombardement. Le triage se continue de nuit.

Évacués du 30 : 412.

31 mai : le Médecin Chef du G.B.D est désigné comme Médecin divisionnaire et passe le commandement du groupe à M. Rabourdin, Médecin aide-major.
Des équipes sont envoyées en liaison aux P.S.R repliés à Ste Euphrasie, Courmas, P.C La Folie et ont pour résultat de faire connaître les besoins en voitures qui sont satisfaits avec la plus grande rapidité.

30 brancards, 500 pansements C, de la teinture d’iode et des fiches sont obtenues pour les P.S.R. Les évacuations sont accélérées. 3 caves sont aménagées pour aménagés pour abriter les blessés à proximité du triage.
Le bombardement devient un peu plus fort.

Évacués du 31 : 642.

Mois de juin 1918

1er juin : les évacuations se poursuivent très activement. Le triage étant dans un secteur bombardé, le Médecin Chef reçoit l’ordre d’installer le triage dans la partie supérieure du village. Les caves des numéros 9 et 11 sont aménagées dans ce but.

A 19 h le triage y est installé. A 21 h, le bombardement devient plus violent ; le tir d’obus incendiaires met le feu à l’immeuble faisant face au triage qui , à 23 h, est reporté à son emplacement précédent. Les petites voitures pour blessés sont rassemblées en plein champs.

Évacuations : 535.

2 juin : à 8 h, le G.B.D de la 2e D.I.C (Division d’Infanterie Coloniale) vient relever le G.B.D 45 ; la passation du service est faite sans incident.
L’ordre de se rendre à Ste Imoges arrive dans la soirée, le G.B.D part de Ville Domange à 21 h, passant par Sacy, Ecueil, Chamery, Mont Chenat, il arrive à St Imoges à 12 h.

3 juin : en raison du bombardement, le G.B.D bivouaque sous bois à proximité de St Imoges, et conformément aux ordres, se rend à Ay.
Départ à 7 h- passant par Dizy-Magenta, il arrive à Ay à 9 h. Cantonnement médiocre.

Les hommes sont fatigués par 8 jours d’un fonctionnement intensif, et dès leur arrivée, le repos le plus complet leur est donné.

4 juin : en exécution de l’ordre particulier N° 71 de la 45e DI, le G.B.D fait mouvement pour mouvement pour se porter d’AY à Oiry. Départ à 11 h ; après avoir passé Mareuil le groupe arrive à Oiry à 14 h. Cantonnement satisfaisant.

Du 5 au 9 juin : le matériel est mis en ordre et vérifié ; les pertes sont établies, le matériel de recomplètement (sic) est demandé.

Des masques M2 et des pansements sont reçus et distribués aux Corps des troupes. Le détachement profite d’un repos bienfaisant et se remet en état, des effets sont reçus et distribués.

10 juin : en exécution de l’ordre N° 36 de la 45e DI, le G.B.D se porte d’Oiry à Tours sur Marne, par Athis. Départ à 7 h, arrivée à 9 h 30. Le cantonnement est parfait, l’état sanitaire est bon.

11 juin : 40 hommes sont mis à la disposition du Major du Cantonnement pour les travaux d’aménagement, quelques autres sont détachés aux travaux agricoles.

12 juin : 3000 A.R.S [8], 1000 masques M2 et des pansements sont distribués aux unités de la Division. Mr Bouvier, aumônier volontaire catholique, arrive au G.B.D ».

A la date du 17 juin 1918 :

« Le Médecin divisionnaire procède à la remise des Croix de Guerre et insignes obtenus par le personnel du Groupe aux affaires de la Somme, période du 4 au 25 avril 1918 ; c’est en termes très élogieux qu’il félicite chacun des cités, et dans une causerie très appréciée de tous.

Il évoque la bonne tenue du Groupe notamment pendant le dernier fonctionnement intensif ; et en même temps qu’il adresse des remerciements ; il annonce que le G.B.D a été proposé pour une citation à l’ordre de l’armée. »

Et quelques pages plus loin :

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Citations de juin 1918 au G.B.D

Dans le JMO de la 45e DI, parmi beaucoup d’autres citations, celle d’Antoine Theureau :

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Extrait du JMO

Démobilisé, Antoine Theureau revenait à Bissey-sous-Cruchaud et reprenait son travail de vigneron. La guerre avait laissé des séquelles qui l’amèneront à
demander une pension.

Le 12 mars 1929, le Ministère des Pensions refusa d’admettre Antoine, examiné par la Commission de Réforme du 21 décembre 1927 "au bénéfice d’une pension pour le motif suivant : l’intéressé est atteint de douleurs intestinales. Récemment opéré d’ulcus gastrique – examen négatif, bonne cicatrice. Infirmité non imputable au service, l’intéressé n’ayant pas apporté la preuve exigée par la loi (loi du 9 / 01 / 1926)"

Son état de santé continuera à se dégrader. A la Roche, dans la maison que la famille habitait (maison qui sera, plus tard, achetée par Louis, son fils, et son épouse Adrienne) Antoine sera opéré sur la table de la cuisine à la lueur des bougies.

Malgré ses souffrances, il continuera à travailler, allant jusqu’à faucher le foin à genou.

Il mourra d’un cancer le 13 juillet 1931 à l’hôpital de l’Antiquaille à Lyon.

Louis empruntera 2400 francs à son oncle Jean-Marie Theureau pour
ramener son corps et l’enterrer à Bissey-sous-Cruchaud.

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Service de santé militaire 1914 - 1918

Notes

[1C.B.D/45 : Compagnie de Brancardiers Divisionnaires/ 45e division

[2extrait du JMO 26 N 347 / 9

[3C.V.A.D. : Convoi Administratif

[4De Tours sur Marne à Venteuil, il y a plus de 23 kms

[5Un document de MemorialGenWeb. Avec l’aimable autorisation d’Alain Girod.

[6La ferme des Marais neuf ans est un hameau de Trigny, à quelques kilomètres de Chenay

[7Les brancardiers Auxiette, Delorme, Petitjean et Debeaupuis seront cités, à titre posthume, à l’ordre de l’Armée en juin 1918

[8Appareil Respiratoire Spécial : sur ce type de masque à gaz, voir les liens indiqués dans l’encart sur le masque M2

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