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Décédée un an après sa venue au monde… elle se marie à l’age de vingt ans...

Les incohérences de l’état-civil de nos aïeux


jeudi 25 juin 2015, par René Albert

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En Dordogne, au XIXe siècle, j’ai été confronté à plusieurs reprises à des surprises dans les relevés d’état civil, en particulier sur la commune de LA ROCHEBEAUCOURT ET ARGENTINE. Les familles en cause sont les SAMIRANT et les BOURLAT. Cela mérite explications.

Jusque vers les années 1835 LA ROCHEBEAUCOURT n’était pas rattachée à ARGENTINE, ou inversement. Un hameau connu sous le nom de NADAILLAC dépendait de cette dernière où résidaient les SAMIRANT et les BOURLAT.

Plusieurs familles SAMIRANT demeuraient à Nadaillac et même le maire d’ARGENTINE fut un SAMIRANT. Un des membres de cette « tribu » prénommé Pierre, mais aussi connu sous le sobriquet de « Bourgez », né en 1790, alla chercher une compagne sur la commune de GOUTS ROSSIGNOL où il se maria à Marie PARCELIER le 1er octobre 1813.

Un premier enfant connu, prénommé François, naîtra le 3 octobre 1816 mais on ne sait pourquoi il fut déclaré être le fils de Jean SAMIRANT et Marie ROBINET.

Un jugement du tribunal de NONTRON, daté du 5 juillet 1838 va redonner les vrais noms des parents.

Un second garçon naîtra en 1819 mais il ne survivra pas, ce qui était fréquent à l’époque.

Le 21 octobre 1821 naîtra une fille prénommée Catherine. C’est le second cas d’une incohérence relevée dans les actes de cette commune d’ARGENTINE. Cas plus grave car il n’y a pas d’explication pour ce qui suivra.

Voici l’acte de naissance :

Le 3 septembre 1822 Pierre SAMIRANT déclare le décès de Catherine. Curieusement en marge de l’acte est mentionné le prénom de Marguerite.

Des recherches poussées sur toutes les communes proches ne laissent pas apparaître de naissance d’une Marguerite SAMIRANT et le contenu de l’acte de décès est suffisamment précis pour considérer que Catherine est bien décédée

Ce qui va suivre va poser un problème...

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Acte de décès de Catherine SAMIRANT

En 1823 naîtra un fils qui ne survivra pas et le 22 février 1825 ce sera la naissance d’une autre Catherine qui se mariera le 26 janvier 1845 à LA ROCHEBEAUCOURT à Jean ROUSSY. Celle-ci décédera à VENDOISE (Dordogne) le 1er Janvier 1908.

Jusque-là on pourrait penser que tout est normal mais ce n’est pas le cas…. En effet Catherine, née en 1821, arrière-grand-mère de mon épouse, censée être décédée en 1822, se mariera à Sicaire BOURLAT le 9 juin 1842 à LA ROCHEBEAUCOURT. Ils seront à l’origine d’une grande famille, au moins neuf enfants, dont le petit dernier, Jean, sera le grand-père de mon épouse.

Que s’est-il passé ? On pourrait penser que l’officier d’état civil a commis une erreur en 1821 en omettant d’enregistrer la naissance d’une sœur jumelle !!?. Difficile à croire. Il était fréquent à l’époque de donner le même prénom à plusieurs enfants ce qui sera le cas parmi les neuf enfants du couple BOURLAT-SAMIRANT et qui entrainera à nouveau un jugement pour un des fils. En effet, ce dernier prénommé Pierre pose le problème suivant :

« Il est indiqué dans l’acte de mariage qu’il est âgé de 20 ans révolu étant né à LA ROCHEBEAUCOURT vers la fin novembre 1848 !? (selon un acte de notoriété établi le 28 Juin 1869 par le Juge de Paix du canton de Verteillac). En fait il n’aurait que 16 ans... Cela semble se confirmer par deux aspects... Le premier est que la mairie de LA ROCHEBEAUCOURT a enregistré une naissance de Pierre le 24 octobre 1853 et qu’en second lors du recensement de 1872 sur la commune de COMBIERS où la famille réside au lieudit « chez Maurice » il est indiqué que Pierre est âgé de 19
ans.

Mais revenons à l’acte de mariage de Sicaire BOURLAT et Catherine SAMIRANT que nous reproduisons en partie ci-dessous :

Aucun doute à la lecture de l’acte, c’est bien Catherine, né en 1821 qui se marie mais en fait il existe « l’ombre d’un doute ».

Catherine SAMIRANT décédera (une seconde fois) sur la commune de ROULLET en Charente le 2 aout 1898 et là il sera mentionné que l’on ne connaît pas le nom de la mère. Encore une mention curieuse qui pourrait laisser penser qu’il y a eu substitution de personnalité durant plus de 75 ans… Soyons sérieux car cela paraît peu plausible.

Voilà un enchaînement de problèmes qui me laisse perplexe.

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9 Messages

  • Les prénoms , quel prénom ?....
    Dans les Landes les enfants naissent sous le prénom déclaré par le père (ou un proche)
    Il vit jusqu’à son mariage sous le petit surnom affectueux que lui a trouvé maman ou un petit frere.
    Après , les choses sérieuses commencent :il prend le prénom qu’aime sa femme , ou ses copains de travail ou son surnom s’il écarte .Il prend aussi ,parfois le nom de la maison qui l’a vu naitre (comme prénom).Pour amuser la généalogie deux freres proches ou jumeaux échangent leur prénom d’usage....
    Et pas de problème , on change plusieurs fois au cours de sa vie .Les facteurs qui amenaient la paie de la retraite devenaient chauves prématurément c’est pourquoi les comptes en banque ont eu tant de succés.
    Sans parler de Jacques Mano(Manaut) dit Méoule dont les enfants sont déclarés Méoule dit Manaut.Les vaches en ont égarés des petits.......

    Répondre à ce message

    • Bonjour à tous,
      C’est vrai, le fait de changer les prénoms semble avoir était un « sport » pour certains !!!
      De Louise sur son acte de décès, à Marguerite sur les écrits de famille , de nouveau Louise sur le recensement ? Qui croire ?
      Mon père lui aussi souvent appelé ; Jean,alors que James était son vrai prénom !
      Mais alors là,on arrive à la prononciation personnelle ou même régionale,à l’écoute et donc la compréhension qui ont déformé tant de nom et prénom !
      Dans mes modestes recherches,j’ai trouvé le prénom de : Anet,(h)masculin,écrit de...sept manières différentes !!!La palme , quoi !
      En toute cordialité,ab.

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  • Bonjour,

    Manifestement pour démêler cet imbroglio, les seuls actes d’état-civil sont insuffisants.

    Il faudrait atteindre d’autres archives concernant cette famille comme les actes de catholicité ou des actes notariés.

    Cordialement.

    Anne

    Répondre à ce message

  • Bonjour, Très intéressant votre récit. Toute la difficulté lorsque l’on fait de la généalogie c’est d’arriver à trouver la bonne personne recherchée, car avec la méthode d’attribuer les mêmes prénoms plusieurs fois dans une fratrie. Il y a bien des fois ou l’on cherche pendant des années qui est qui ?? Ils nous complique bien nos recherches nos aïeux !!! mais c’est tellement prenant ces recherches que nous leur pardonnons. Bien cordialement Micheline Pasquet

    Répondre à ce message

  • Bonjour,
    Votre enquête est passionnante. J’espère que vous tiendrez au courant des suites de cette cavalcade de noms !
    De mon côté je viens de faire face à deux cas que je n’avais encore jamais eu. Deux mères ont étés nommées sur certains des actes de naissance de certains de leurs enfants par le nom de famille de leur mère et non de leur père. ... Vous me suivez ?
    ex : Marie Anne Joseph LEVEQUE fille de Jean Philippe et de Anne Joseph DUBOIS est nommée Marie Anne DUBOIS à partir de la naissance de son 4e enfant. Sur son acte de décès elle est aussi nommée dans un premier temps Marie Anne DUBOIS mais le nom a été biffé et corrigé en LEVEQUE.
    Et hop on retrouve la même valse avec Anne Joseph DUBOIS qui est nommée DUFOUR (nom de sa propre mère) sur certains actes de naissance de ses enfants.
    J’ignore encore si ça se produit encore sur les générations précédentes car c’est une branche en cours et malheureusement les archives en ligne d’Aubencheul-aux-Bois (Aisne) ne vont pas au-delà de 1737
    Je me demande si c’est une « coutume » familiale ou régionale :)

    Répondre à ce message

  • soeur jumelle fantôme 3 juillet 2015 09:11, par haubert

    Ma grand mère, née dans le Var en 1875 me racontait que sa mère avait une sœur jumelle qu’elle a bien connue (c’était donc sa tante). J’ai retrouvé sans problème l’acte de naissance de la mère de ma grand-mère (donc mon arrière-grand mère), mais nulle part on ne parle d’une sœur jumelle...celle-ci n’a pas été enregistrée...

    Répondre à ce message

  • grand mère de mon mari décédée en 1903 mais mariée en 1928 7 juillet 2015 23:14, par Marie-Thérèse MAHABO

    J’ai un problème un peu identique mais déjà au départ en 1891 il y a eu une erreur. La mère porte ce qui ressemble à deux prénoms : Marie Cécilia(j’ai compris par la suite, sur des naissances postérieures, que son nom avait été omis (grâce au numéro de matricule*). Elle déclare donner le prénom de Roumane qui est enregistré ... en patronyme et le second prénom de la mère, Cécilia est attribué en prénom. C’est bien cette personne ainsi déclarée qui est enregistrée décédée en 1903. Pourtant elle se marie en 1928 et quand elle décède en 1961 (une seconde fois !) pas de prénom ni patronyme (dans son cas plutôt matronyme) mais seulement décés de la veuve de M. untel avec la date de naissance correspondant bien de 1891. Alors qui est morte la première fois ?
    Dans cet article et les commentaires vous me mettez sur la voie d’une possible jumelle oubliée ...
    Par contre, le même jour de 1903, l’acte de décès juste après est celui d’une cousine qui, elle, porte son vrai nom que l’autre cousine aurait du porter aussi (d’enfant naturelle). Un des comparants est le même sur les deux actes ... Il faut noter que c’était à *La Réunion.

    Répondre à ce message

  • Votre histoire m’a intéressée et m’a amusée !
    J’ai fait des recherches dans beaucoup de régions de métropole ainsi qu’à la Réunion, mais je dois avouer que c’est en Dordogne, berceau de ma famille maternelle depuis des temps immémoriaux que j’ai eu le plus de difficultés, là où je pensais justement que ça irait tout seul...
    Registres flous et imprécis, pas d’indication de filiation, un nombre incroyable d’homonymes, et pour couronner le tout, des déformations des noms entre le français et le patois local !

    Pour exemple, une de mes ancètres, Jeanne Delmazel, née en 1773.

    Il y a un seul acte de naissance au nom de Jeanne Delmazel,fille de Jean Delmazel et Guillone Tridat (parrain Arnaud Tridat, grand père, et marraine Jeanne Tridat, tante) mais en date du 9 Nov. 1765. Donc cette date ne correspond pas à ce qui est mentionné sur l’ acte de mariage de « ma » Jeanne, « née en août 1773 », ni à l’âge indiqué sur son acte de décès.
    La Jeanne née en 1765 est vraisemblablement une soeur aînée (décédée ?) car il est peu probable que mon ancètre et son entourage se soient toute sa vie trompés de 8 ans sur sa naissance !!

    Ensuite, d’après les registres de la commune :

    - naissance d’une seconde Jeanne, baptisée le 12/4/1666 née de Jean « Mazeau » (« Mazéu »en patois) et Guillone Tridat, dont le parrain a été Arnaud Tridat, grand père, et a marraine Jeanne Mazeau.

    - naissance d’Arnaud Mazeau, baptisé le 20/01/1769 fils de Jean Mazeau et Guillone Tridat, le parrain est Arnaud Tridat, grand-père, et la marraine Marie Tridat, tante

    - naissance de Catherine Mazeau, baptisée le 05/10/1771 fille de Jean Mazeau et Guillone Tridat, le parrain est encore Arnaud Tridat, grand-père...

    - naissance le 3 août 1773 de Marie MAZIEU (Maziù en patois), « fille de Jean et Gillone Tridat ». La date correspond, c’est bien notre Jeanne - Marie étant sans doute son prénom de baptême et Jeanne le prénom d’usage, ou l’inverse... Parrain, toujours Arnaud Tridat, grand-père, marraine, Marie « Mazieu »

    Quant au nom de DELMAZEL que l’on trouve partout par la suite, cela ressemble beaucoup à une déformation de l’occitan, où « la fille du Mazeau, ou du Mazieu » se dirait en patois local « la filho del Mazéu ou del Maziù », facilement transcriptible en « Delmazel » pour rédiger un acte en bon français !
    Car dans tous les actes, les parents sont toujours « Jean et Guillone TRIDAT habitans du village de Constan ». .

    Et c’est encore sous le nom de Delmazel, toujours domicilié à Constant, que Jean est présent en 1809 au mariage de sa « fille légitime Jeanne, née à Saint-Félix en août 1773 et aussi fille de feue Guillone Tridat ».

    La famille a donc toujours été domiciliée au « village de Constant », or entre la 1re naissance en 1765 et le décès de la mère (Guillone Tridat) en 1803, aucun décès de Jean Mazieu ni aucun remariage de Guillone avec un Jean Delmazel.
    .
    Tout semble ainsi confirmer qu’il n’y avait bien qu’un seul Jean - nommé tout d’abord Mazeau, puis Mazieu (et même Magieu), puis enfin Delmazel, mais toujours bien l’époux de la même Guillone Tridat - à laquelle par contre je n’ai trouvé aucune homonyme...

    Donc pas facile avec 3 patronymes et des prénoms souvent récurrents dans une même famille !

    Il m’a fallu du temps pour comprendre, mais il suffit souvent d’un détail, et je suis sûre que vous trouverez... Bon courage, et n’abandonnez surtout pas !

    Répondre à ce message

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